‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 24 sur 226 · DE PARIS A BAYONNE.— LIBOURNE · texte numérisé non relu

DE PARIS A BAYONNE.— LIBOURNE

de Barbezieux. — Voit. df. corresp. pour Barbezieux, par Brossac ; — Aubelerre.

On entre dans le département de la Dordogne, et on traverse la Dronne près de Parcoul, petit bourg agréablement situé sur une colline; on aperçoit les ruines d'un pont que l’on dit être de construction romaine.

La Roclic-Chalais (Dordogne) — 2,100 hab. — station : 490 kil. de Paris. — Bourg sur la Dordogne, qui s’étend sur la cime d’une charmante colline. — Commérer : suif, cire, cuirs. — Voit, de corresp. pour Jonzac, par Montguyon, Montlieu, Montendre; — Périgueux, par Ribérac; — Hiberne; — Saint-Aulaye.

Contras (Gironde) — 3,400 hab. — station : 507 kil. de Paris. — Petite ville au confluent de l'Isle et de la Dronne, qui y font mouvoir plusieurs moulins à farine pour l’appro- \isionnement de Bordeaux ; chef-lieu de canton, célèbre par la sanglante bataille qu’y livra Henri, roi de Navarie, au duc de Joyeuse, général de l'armée de Henri 111 , le 28 octobre 1587. — On y voit un monument élevé à la mémoire du brave Albert, qui enleva aux ennemis le corps du général Marceau, blessé mortellement près d’Alteukirchen.

Saint-Dcnis (Gironde) — 2,700 hab. — station : 516 kil. de Paris. — Village sur l’Isle.

Libourne (Gironde) — 13,500 hab. — station : 534 kil. de Paris. — ( Hotels : des Princes, de l’Europe). — Jolie ville au confluent de la Dordogne et de l'Isle, avec sous-préfecture, tribunaux, lycée, bibliothèque de 8,500 vol., musée, athénée, jardin botanique, école de navigation. Libourne a été bâtie, en 1286, par Edouard I«r, roi d’Angleterre. — On y remarque : l’église Saint -Jean , édifice du xvi« siècle, d'une belle architecture; 1 ’eglise des Carmélites, dont la façade est très-gracieuse; l'hôpital. — La machine arithmétique de Pascal, la plus complète des deux qu'il a faites, est à- Libourne, et appartient à M. E. Burgade, bibliothécaire de la ville. — Deux beaux ponts sur la Dordugne, composés de 9 arches; le pont en fer sur l'Isle; les rues, larges, droites et propres; les casernes, le manège couvert, Tes promenades, une belle place, la statue en marbre de Montaigne. — Commerce : fabriques de petites étoffes, vins, eaux-de-vie, covderie. — Voit. df. corresp. pour Périgueux, par Montpou et Mussidan; — Bergerac, par Castillon, Sainle-Foix ; —

lüi PYRÉNÉES.— ROUTE 1.

Smivclerre, par Saint-Jean de Blagnac; — Caslillon, par Saint-Pey; — fi r aunes , G ail res , par Trappes; — Saint- Emilion, filaye, par Saint-André de Cubzac et Bourg.

Au sud de la ville se trouve Condat, le Condates-Portus, ancien séjour des rois d’Angleterre. La chapelle qui fut restaurée par Eléonore de Guyenne, est aujourd'hui remplacée par une petite chapelle très-gracieuse, connue sous le nom de Notre-Dame de Condat , lieu de pèlerinage.

On laisse à gauche, à 7 kil. de Libourne,

Saint-Emilion — 3,000 h.— quipossède une ancienne cl superbe église paroissiale. On y voit une église souterraine trèscurieuse.— Cette petite ville commerce en vins très-estimés.

On traverse la Dordogne, on touche Arers, où 1 on traverse un viaduc de 100 arceaux et de 1,500 mètres de long.

Vaj’POS (Gironde) — 2,100 bah. — station : 533 kil. de Paris.— Bourg sur la Dordogne, dans un territoire fertile en excellent vin.— Beau château où l’on montre la chambre et le lit où coucha Henri IV après la bataille de Contras.

Saint-Snlpicc (Gironde) — 1,100 hab. — station : J13.3 kil. de Paris. — Village dans une belle et riche campagne , au milieu de coteaux couverts de vignes, et d’où 1 on découvre le pont suspendu de Saint- André de Cubzac, jeté sur la Dordogne.

Saint -Loti liés (Gironde) — 2,600 hab. — station : 512 kil. de Paris. — Bourg sur la rive gauche de la Dordogne, dont on suit le cours. — Un grand circuit conduit le chemin de fer de la vallée de la Dordogne dans celle de la Garonne.

La Gravc-d’Anibarc» (Gironde) — 900 hab. — station : 545 kil. de Paris. — Village de la commune d'Ambarès, célèbre par ses vins. ,

Tonies les stations si rapprochées où 1 on s arrête depuis Libourne n’offrent de remarquable que le beau pays dans lequel elles sont situées. On suit de très-près la rive droite de la Garonne, on touche le Carbon-Blanc.

Lormont (Gironde) — 2,900 hab. — station : 554 kil. de Paris.— Village sur le bord de la Garonne, qui fut en cet endroit le théâtre d’un combat naval entre l’amiral duc d’Epernon et Sauvebœuf.

Magnifique vue du port de Bordeaux.

Bordeaux (Gironde), fiurdigala — 131,000 hab. —

DK PARIS A RAYONNE.— DORDKAüX. 103

station : 559 kil. de Paris. — Hotels : de Rouen et de France réunis, rue Esprits-des-Lois ; de Richelieu, Fossés-de-l’lntendance: des Quatre-Sæurs, cours du 30 Juillet: de Paris, Allées-d’Orléans; des Colonies, rue Espril-des-Lois; Marin, même rue; de la Paix, Fossés du Chapeau-Rouge; des Américains, rue de Condé; de la Marine, rue Dieu; des Sept- Frères, en face de la poste aux lettres; Lambert et café du Commerce, allée deTourny; des Voyageurs, rue du Ponl-dela-Mousque; des Navigateurs, rue Lafayette; de l’Europe, rue du Ponl-de-la-Mousque ; du Nord, même rue, 28 ; d’Angouléme, même rue, 21.

Cafés : de Bordeaux, de la Comédie, sous la rotonde du théâtre : déjeuners à la fourchette; déjeuners au café, au chocolat, de 73 c. à I fr.; Montesquieu , de la Préfecture, Fossés-du-Chapeau-Rouge ; Helvétius.

Restaurants : de Richelieu, de la Préfecture, Moreau. — On est très-bien à 3 fr. pour dîner aux hôtels, et à I fr. 50 c. ou 2 fr. pour déjeûner.

B mus publics : aux Quinconces.

Bordeaux, autrefois capitale de la Guyenne, aujourd’hui chef-lieu du département de la Gironde, est une très-ancienne et très-belle ville, située sur la rive gauche de la Garonne. Suivant Slrabon, elle était déjà considérable quand les Romains en tirent la conquête. Ravagée à différentes époques par les barbares, sa situation, si avantageuse pour le commerce, l’a constamment fait réparer.

Bordeaux possède un archevêché, une préfecture, une cour d’appel, deux temples protestants, une synagogue, deux académies, une faculté des sciences, des lettres, de théologie, plusieurs sociétés savantes, une école de navigation, un manège impérial, un musée, un jardin botanique , etc.

La façade des quais et le port de Bordeaux sont ce qui frappe d’abord le vovageur quand il arrive à la Bastide, village situé sur la rive droite de la Garonne, vis-à-vis de Bordeaux. Le mouvement, le bruit de ce port, celle immensité de navires, cette forêt de mâts hérissés de cordages et surmontes de llammes aux mille couleurs où se joue capricieusement la brise, le développement de la ligne demi-circulaire de façades qui s’élèvent sur les bords d'une immense rivière, dans l’étendue de plus d’une lieue, augmentent encore l’admira-

loti l’ï RENÉES.— ROUTE

lion et la surprise. Sur le port est une très-belle porte (Je ville nommée la porte Bourgogne, en forme d’arc de triomphe; elle termine les fossés des Salinières, promenade en forme de boulevards. A droite de ces fossés est une autre porte de ville dans le style gothique : c'est la porte du Palais , ouverte à l’une des extrémités de la place du Palais . sur laquelle on voit un ancien bâtiment remarquable par son architecture, et qui était autrefois l'hôtel de ville. Ce bâtiment est occupé aujourd’hui par M. Mérilhou , commissionnaire de roulage.

A droite s’élève, pour ainsi dire , le nouveau Bordeaux. L'hôtel de la douane est très-remarquable par son architecture, qui lui donne l’aspect d’un très-beau palais. Sa façade s’étend sur le quai et sur la place Royale. A l’autre extrémité est la Bourse, dont la salle est magnifique. Dans l’intérieur de ce monument il faut voir le grand escalier conduisant au premier étage, où sont les bureaux des courtiers d’assurances, la chambre et les salles du tribunal de commerce. La Bourse a cinq portes principales : deux s’ouvrent sur la place Royale, une troisième sur le quai, la quatrième sur la belle place Richelieu, et la cinquième sur la rue du Chapeau -Bouge, l’une des plus belles de Bordeaux , et dans laquelle on admire l'hôtel de la préfecture et l’une des façades latérales du Grand-Théâtre. La laçade principale de ce théâtre, chef-d’œuvre de l’architecte Louis, et auquel l’Europe n’a rien à comparer, est formée de douze colonnes d’ordre corinthien. La Irise qui les surmonte est couronnée d’une balustrade portant douze statues colossales qui répondent à chacune des douze colonnes. Deux vastes galeries sur les deux côtés latéraux offrent aux promeneurs un abri contre les chaleurs de l’été et contre les pluies de l’hiver. Le vestibule est immense et majestueux ; il est orné de colonnes d’ordre ionique supportant une voûte plate au-dessus de laquelle est une vaste et riche salle de concerts. Au fond du vestibule règne un double et vaste escalier, éclairé par la coupole, conduisant aux premières loges, au foyer, à la salle des grands hommes et à la salle des concerts. Cet escalier, les galeries qui l’entourent et la coupole oflrenl le coup d’œil le plus ravissant, tant l’architecture en est splendide. La salle de spectacle est somptueuse; toutes les loges forment des balcons élégants, séparés par des colonnes

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