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DE PARIS A BAVONNE.— BORDEAUX. II

«ne chapelle, une tour à mâchicoulis ; il est entouré d’eau et renferme encore la bibliothèque et les meubles de Montesquieu.

A la poudrerie impériale de Saint-Médard ; — aux châteaux de Pujeard, Laffitte , sur les bords gracieux de la Gironde;— à Royan , pour les bains de mer.

Blanquefort , — 2,300 liab., — 8 kil. N. N. O. de Bordeaux. — Bourg remarquable par les ruines imposâmes de son château féodal

Créon (Gironde). — Bourg â 18 kil. de Bordeaux. On y voit les ruines de l’antique abbaye de la Sauve, fondée au xie siècle par saint Gérard. L’église est un monument remarquable.

Prés de Créon, sur la droite de la Garonne, est située

Cadillac (Gironde) — 1,600 hab., — petite ville sur la rive droite de la Garonne, à 28 kil. S. E. de Bordeaux. — Le château, bâti par le duc d’Epernon : il sert aujourd’hui de prison pour 300 femmes; les tours et les murs de ses fortifications; le pont suspendu. — Coin. : excellents vins, fabrique de creusets.

La tour de Cordouan. — Placée à l’embouchure de la Gironde, elle domine majestueusement du sein des mers. Sa base est une île de rochers sur laquelle elle s’élève à la hauteur d’environ 73 mèt. Le diamètre extérieur de son mur d’enceinte est de 42 mèt. Louis de Foix, le premier architecte du xvie siècle, traça le dessin de celte tour. Audessus du rez-de-chaussée, s’élèvent deux étages : le premier, qu'on appelle la chambre du Roi, offre un vestibule et une grande salle avec sa garde-robe ; la chapelle occupe le second étage; elle est pavée, en pierres. On y remarque la couronne de France, dessinée en marbre noir. Les bustes de Louis XIV et de Louis XV, exécutés par Lemoine, ornent cette chapelle. Le buste de Louis de Foix fixe surtout les regards. L’inscription suivante est incrustée dans le mur :

Quand j’admire, ravi, cette œuvre en mon courage, Mons de Foix, mon esprit est en estonnement :

Porte dans les pensers de ton entendement Le gentil ingénieur de ce superbe ouvrage, etc.

Quatre immenses quinquels, avec leurs réflecteurs, sont posés verticalement les uns au-dessus des autres, dans une

lanterne qui a 9 inèt. île haut. La machine est très-simple; c’est un lournebroche dont le mouvement est réglé par un pendule; de ces quinquels s’élancent trois colonnes de l'eu séparées par des distances égales. Lorsque la machine est mise en mouvement, il apparaît d’abord une lumière me pendant 30 secondes; celte lumière décroît pendant 30 autres secondes, puis vient une éclipse qui dure 30 secondes; la lumière reparaît et croît pendant 30 secondes, puis redevient brillante, puis décroît, puis disparaît: cette révolution totale s’exécute en 8 minutes. Pendant la nuit, le feu s’aperçoit en mer de 38 k il . ; dans le jour, la tour se voit à 12 kil. — Ces feux durent toute la nuit; l’entretien en est confié à deux gardiens qui ne quittent jamais la tour : on leur porte des vivres deux fois par an, et assez pour six mois.

I n phare de premier ordre a été construit au cap Ferrel. La tour a de hauteur, du rez-de-chaussée à la plate-forme, 43 met. 50 centim. Le foyer de l’appareil domine de ol mèt. le niveau des pleines mers d’équinoxe, et est aperçu de six lieux marines. Ce beau travail est dû au talent de M. Deschamps (ils, ingénieur en chef des ponts et chaussées.

Après avoir quitté Bordeaux, on traverse des vignes; on laisse à gauche, un peu au delà de Médoquine, la maison carree de l’ancien domaine de Chollet, qui a appartenu au maréchal marquis de Pérignon. Sur la droite, on passe devant le joli cliateau d’IIaul-Brion, où l’on récolte les premiers crus des vins rouges de Grave; on franchit une vallée sur un viaduc de 91 arches, ayant plus de 900 mèt., et on arrive à

Pt'svnc (Gironde) — 2,100 hab. — station : 590 kil. de Paris. — Commune où se montrent les vignes du pape Clément, ancien archevêque de Bordeaux. — Dans les environs, on va visiter Gradignan, renommé par ses melons ; les ruines de l'ancien château d’Ornon, sur l’emplacement d’un tumidus gaulois, et la tour de Veyrène, qui offre une chambre ayant des peintures à fresques des xme et xive siècles.

A la sortie de ce village, ou traverse des plantations de pins ; on s’arrête à

Gaziuet (Gironde) — station : 597 kil. de Paris — oit 1 on voit une belle plantation de mûriers.

Toqiicfoucaii (Gironde) — station : 001 kil. de Paris, — c’est-à-dire en patois touche tout doucement, parce que ce

DK PA ltlS A RAYONNE. — LA LEVRE. 11!»

quartier était autrefois si marécageux, que l'on courait le risque de s’y engloutir avec son cheval et ses bœufs.

Mais les pins diminuent ; on passe devant une jolie maison gothique; on entre dans les landes.

Clicmin-de-Mio9(Gironde)— station:60S k. de Paris.

Ma relie p ri me ou Tcstcniore (Gironde)— station : 612 kil. de Paris.

On passe devant les Ârgenteyres (Gironde). — Hameau dans les environs duquel on rencontre un grand nombre de troupeaux de moutons avec leurs pasteurs huchés sur des échasses. Avec cette espèce de chaussure, on peut traverser les ruisseaux, les marais et les landes inondées, qui ont souvent plusieurs pieds d’eau dans les bas-fonds, et surveiller facilement les animaux que les hautes bruyères dérobent à la vue.

« Les échasses, en langue du pays, se nomment xcattgues. Un métaver qui envoie son fils au marché à quatre ou cinq lieues avec un agneau sur ses épaules, lui crie ; Xcangueslé ! prends tes reliasses! avec la même satisfaction que s'il disait de monter à cheval. Les échasses sont en effet pour les pasteurs une sorte de monture avec laquelle ils peuvent faire le voyage de Bordeaux k la Teste en cinq heures; ce qui suppose près de trois lieues à l’heure.

« Les bergers des Landes sont tous couverts de peaux de moutons. On voit parfois croisés sur leur dos un fusil pour chasser et pour se défendre contre les loups, et une poêle pour faire frire la sardine de Galice ou le tchitchon , morceau de lard rance. La poêle à frire est le meuble universel de la cuisine ; soupe, lard, côtelettes, œufs, omelette, poulet sauté, pommes de terre, cruchades, tout se fait à la poêle. »

Facture (Gironde) — station : 623 kil. de Paris. — Village après lequel on trouve des terres, des landes, des pins et des marais, avant d’arriver à la Leyre.

Près de Facture, à Andeuze, sont les étangs où M. Boissière se livre avec un grand succès h la pisciculture. Tout le fretin recueilli par les pêcheurs delà Teste et du littoral est déposé et parqué dans ces étangs, où il sc développe pour servir ensuite à la consommation de Bordeaux et d’une grande partie des villes du midi.

La Leyre ou Lamotlic (Gironde) — station : 626 kil. de Paris.

Ici se trouve l'embranchement qui conduit à la Teste par les stations suivantes : la Teich, Cantaranne, Meslras, Gujun, Meyran.

La Tf.ste-de-Bucii (Gironde) est une petite ville de 3,500 hab. — ( Hôtels : d’Arcachon, delà Providence, de Bordeaux, Chaumont). — Celte ville est située sur le bord occidental du bassin d’Arcachon, où elle a un port de cahotage très-fréquentée. — On y remarque le cap Ferret et le phare; V établissement des bains de mer ; la jolie chappelle d’Arcachon ; la grande forêt : arbres magnifiques, beaux sites ; le monument de l’ingénieur Brémontier, avec un cippe en marbre rouge, mais affreusement dégradé; les belles écluses du canal, la prise d’eau, les travaux d’irrigation de la compagnie d’Arcachon, les rizières, la féculerie, les ensemencements des dunes. — Commerce : résines , brai , goudron, essence de térébenthine.

Les bains de mer sont situés à Arcaoiox (2 kil de la Teste). Le voyageur trouvera toujours des voilures prêtes à l’y conduire. Depuis quelques années, on a construit sur le bord même du bassin un nombre considérable de jolies maisonnettes. La plage est sablonneuse et magnifique. La haute société de Bordeaux passe la belle saison dans ce gracieux village.

Reprenant notre route, nous passons devant:

Caudos ou Sanguinet (Gironde) — 198 hab. — petit village de la commune de Mios.

Salles (Gironde) — 4,000 hab. — grand et beau village situé sur la Leyre. 11 s’y fait un commerce assez important. Nous allons quitter le département de la Gironde pour entrer dans celui des Landes.

Ichoux (Landes) — 800 hab. — station : 659 kil. de Paris. — Village qui possède des forges et des hauts fourneaux.— Mines de fer et tourbières.

Laî>onlic,vPC (Landes) — 500 hab. — : 672 kil. de Paris. — Grand village assez commerçant, qui forme comme une oasis au milieu du Sahara landais. C’était autrefois une ville dite Herbefaverie , qui avait plusieurs portes, dont celle de l’est existe encore.

On voit à Labouheyre un lumulus romain. Deux fois l’an, en jujn et septembre, il s’y tient une foire considérable qui dure huit jours, et fréquentée par plus de

DK PARIS A BAYONNE. — LAHOUHEVHK. 121

5,000 personnes venues de toute la contrée. Il s’y vend beaucoup de vieux uniformes, qui sont fort recherchés par les paysans landais. Le mode de locomotion le plus usité dans le pays est le brou, espèce de charrette traînée par des bœufs, et qui fait environ 2 kilom. à l’heure. Lebros est toujours chargé de provisions pour bêtes et gens, de matelals, de draps, etc., car un voyage de vingt-cinq à trente kilom. à si petite vitesse, dans le désert, ne saurait se faire sans quelques haltes et sans une nuit passée à la belle étoile. On rencontre aussi quelques cavaliers et des échassiers , et parmi ces derniers les facteurs de la poste rurale dont le service se fait, sur beaucoup de points, à l’aide de ce moyen de locomotion. La transformation incessante des landes en sol exploité aura bientôt fait disparaître l'une des particularités pittoresques du sol landais, les échasses, parce qu’elle aura all'ermi le terrain. Le présence d’une voie de fer, le succès’ de plusieurs tentatives de défrichement, l'extension que prennent chaque jour les plantations de [tins ont augmenté la valeur de la propriété dans une proportion qui, depuis vingt ans, s’est élevée du simple au quadruple. L’hectare de terre qui se vendait alors 5 fr., valait, il y a quatre ans, 25 fr., et 40 fr. dans les terrains les meilleurs, c’est-à-dire les moins humides; aujourd’hui il atteint 100 à 350 fr.

L’immense étendue de ces surfaces de sable, le bas prix des terrains, la possibilité de s’appuyer à un mètre ou à un demi-mètre de profondeur sur un fond solide et résistant, l’absence des cours d’eau, des routes, des centres habités devaient, à première vue, faciliter la construction d’une voie ferrée à travers les grandes landes; celte magnifique ligne droite de 46 kilom. qui rattache Lamothe à Labouheyre en est la meilleure preuve. Mais l’entreprise avait compté sans les difficultés d’un autre ordre. Les gîtes, les ressources de toute espèce, les denrées, la viande, les légumes, le pain, l’eau, tout manquait aux travailleurs, et il en est résulté des embarras énormes. A mesure que ces nouveaux pionniers s’avançaient dans le désert, il fallait les faire suivre de convois de provisions qui retournaient se ravitailler à Bordeaux, à 120 ou 160 kilom. de distance. Couchant sous la tente et, vers les derniers temps, dans des villages roulants, les ouvriers réparaient difficilement leurs forces, et la fièvre,

l’un des lléau des Landes, a fait parmi eux de grands ravages. En présence de conditions aussi pénibles, beaucoup d’ouvriers se sont retirés, l'embauchage est devenu presque impossible, et les entrepreneurs n’ont plus trouvé que des hommes du pays, peu au fait des travaux de cette nature, et d’ailleurs en nombre insuffisant. Il en est résulté de grands mécomptes, et la voie nouvelle, après les efforts qui l’avaient conduite à Labouheyre, a péniblement pénétré au delà et a exigé de grands sacrifices avant d’atteindre Dax , où elle a enfin trouvé un meilleur terrain et des conditions plus normales. Nous signalons en passant les travaux qui ont été faits pour la consolidation des sables sur les talus des remblais et des déblais. Ces talus ont été couverts de branchages, sous la protection desquels croissent des genêts et quelques arbustes, Dessables, dont la mobilité est extrême, sont déjà à l'abri de l’action des vents; de plus la voie est close dans toute sa longueur par des barrières formées de lisses horizontales.

Nous passons devant :

Sabres (Landes) — 2,600 hab. — station:— bourg considérable, situé sur la Leyre, au milieu des landes et des marais. On v remarque Y église paroissiale, bâtie par les chevaliers du Temple; son architecture est d’une grande hardiesse. — Coin. : grains, matières résineuses, pelleteries, laines, cire, miel, farines; 3 foires importantes et très-fréquentées : 19 mars, S mai, 4*r septembre.

Itlorcenx (Landes) — 900 hab. — station : 692 kil. de Taris. — Village qui n’oflre rien de remarquable.

Ici doit se rattacher l’embranchement qui conduira à Mont-de-Marsan, et de là à Tarbes, par Rabastens. A Rabaslens se reliera une autre voie qui, passant à Auch, rejoindra à Agen le chemin de Bordeaux, à Toulouse et à Celle.

Ition (Landes) — 4,500 hab. — station: 705 kil. de Taris. — Village qui renferme une source d’eau minérale ferrugineuse. — 3 foires importantes : jeudi de la dernière semaine de mai et d’août, jeudi de la première semaine d’octobre. A quelque distance de Rion nous commençons à apercevoir les Pyrénées. Nous passons devant :

Huglose (Landes) — 100 hab. — C’est ici qu’est né saint Vincent de Paul. On y remarque une chapelle construite sur l’emplacement même «le la chaumière dans laquelle cet

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