‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 42 sur 226 · DE BAYONNE A BAYONNE.— TOI. OS A · texte numérisé non relu

DE BAYONNE A BAYONNE.— TOI. OS A

leciure ; elles sont généralement ornées de magnifiques balcons ou de loges fermées par des treillages; la façade de plusieurs d’entre elles est couverte par les armoiries bien conservées des anciennes familles de la province.

L'église paroissiale elY Hôtel de Ville sont situés tous deux sur la même place. L’église renferme le tombeau du capitaine Jean d’Urbieta, né à Hernani, qui, en 4525, lit prisonnier François Dr à la bataille de Pavie; 011 v voit unecbaire remarquable. L’Hôtel de Ville est d’une architecture en harmonie avec la destination de cet édifice.

( ommerce et industrie. Ancres de vaisseaux, ouvrages en fer, bois de construction, rames de navires, etc. Ces objets sont transportés sur des barques qui partent régulièrement pour Saint-Sébastien et le port du Passage.— Dans les environs, forges assez importantes.

Quelques instants après avoir quitté Hernani, on arrive à

Urnicta, petite ville de la juridiction civile et militaire de Saint-Sébastien, dans un beau pays, avec 4, 600 bah., une belle et grande église paroissiale. Cette ville, beaucoup trop vaste pour sa population, montre un grand nombre de maisons en ruines, tristes résultats des guerres civiles.

Avant d arriver à Tolosa, nous parcourons un pays fertile et bien cultivé.

Aiidoain , petite ville sur YOria, juridiction civile et militaire de Saint-Sébastien, possède 4,500 liai»., une belle église paroissiale, et un bon Iwtel : Parada de la silln-correo ; c’est la patrie du célèbre jésuite Manuel Darramandi, auteur d’un dictionnaire en langues latine, castillane et vascongade.

De là jusqu’à Tolosa. le pays offre une riante suite de de coteaux, de valléeset de bouquets d’arbres se dessinant en jolis amphithéâtres.

To,°"iV b, 100 bab. — ( Hôtel : le Parador, grande hôtellerie qui ressemble assez aux auberges de France. C’est ici que s arrête la diligence. Il y a aussi plusieurs posudas assez bien tenues, et beaucoup de tables d’hôte.)

Cette jolie petite ville est située dans une agréable vallée, au pied de belles montagnes bien cultivées, sur les rivières d Ona et d Arage. On traverse celte dernière sur un beau pont défendu par une tour. Tolosa fut fondée par un roi de Castille, Alphonse le Sage ; les Français s’en emparèrent le .» août I /!)i ; elle est la capitale de la province du Guipuzcoa,

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dont elle occupe le centre. Ses rues sont propres et bien pavées, et très-convenablement éclairées pendant la nuit.

Tolosa possède deux belles églises, surtout celle de Santa- Maria, avec un beau portique entre deux tours et un magniiique retable, de construction moderne ; on y remarque la nouvelle place du Marché et celle de Y Ayuntamieitio; les belles promenades le long de la rivière, et la montagne de Aldaba, avec les ruines d’un vieux château. — Marché considérable tous les samedis.

C’est près deTolosa que fut livrée la mémorable bataille de las Navas de Tolosa, dans laquelle les Musulmans furent écrasés par les rois d’Aragon, de Castille et de Navarre. — Relies et agréables promenades.

Commerce et industrie. — Fabrique de clous, de fers à cheval, ustensiles de cuisine de toute espèce, couteaux, grilles de fenêtres, lits en fer poli, armes blanches et à feu, cuirs. L’agriculture y est en progrès.

Diligences pour Saint-Sébastien, Pampebine, Bilbao et autres localités. — Malle-poste de Bayonne à Madrid.

De TOLOSA il LOYOLA, par ASPEITH.

Excursion qui demande 3 à i heures, en voiture; on est ordinairement escorté par deux escopeteros.

Cette excursion, des plus intéressantes, doit être recommandée au touriste; la route est très-pittoresque. On prend d’abord la direction de Vitloria que l’on ne tarde pas à quitter pour entrer dans la montagne : celte première partie de la route est d’une nature sauvage, et l’on parvient péniblement au sommet de la montagne. A peine a-t-on commencé à descendre la pente opposée, que l’on découvre la petite ville d 'Aspeitia et, tout auprès, le couvent de Saint- Ignace de Loyola; bientôt on débouche dans la vallée de Loyola, l’une des plus riches et des mieux cultivées de l’Espagne.

Aspeitia n’offre rien de remarquable que sa charmante situation et quelques habitations élégantes; il convient cependant de signaler l'église et un lavoir public.

D’ Aspeitia jusqu’au couvent, la distance est courte, et l’on peut facilement s’y rendre â pied en se promenant; nous disons en se promenant, car un froid glacial règne dans l’in-

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lérieur de l’église du couvent, et il serait imprudent d’y entrer ayant chaud.

Couvent de Loyola.— Ce magnifique édifice, aujourd’hui désert et abandonné, renfermait dans sa vaste enceinte, il n’y a pas encore longtemps, 500 élèves environ qui venaient y recevoir une instruction solide et se former aux devoirs de l’apostolat. Un prêtre et un sacristain sont actuellement les seuls habitants de cette immense demeure. — L'église, ornée d’une profusion de marbres aux couleurs les plus variées, est surmontée d’un dôme dont l’effet est grandiose. — Les chapelles, richement travaillées, méritent un examen attentif, — Un antre objet excitera l’intérêt de tous les visiteurs, c’est l’antique château de la famille de Loyola, dans lequel’ naquit, en I i9 1 , lnigo de Loyola, qui devint plus tard saint Ignace '. Ce château est renfermé dans l’enceinte même du couvent ; la porte d’entrée est encore surmontée des armes de celte noble famille.

De retour à Tolosa, dans la même journée, nous continuerons notre route.

A la sortie de Tolosa, la roule prend une direction S. K., et traverse une contrée montagneuse (pii offre des points de vue variés et charmants.

Liarza (Guipuzcoa) possède 700 hab. On y récolte du blé, du maïs, des châtaignes et des fruits.— On continue de suivre la vallée de l’Oria jusqu’à

Afaun . petite ville de 2,100 hab., située entre une plaine élevée et une vallée formée par le rio Agtnmza.— 1/2 heure de marche nous conduit à Arriba, — 500 hab. — village de la Navarre, diocèse de Pampelune, situé au pied du mont Élosua, au coniluenl de quinze petits cours d’eau.— Bientôt on traverse

Itetclu, village de 700 habitants, dans une riante

1 lnigo de Loyola, (pii avait d’abord embrassé la carrière militaire, commandait, en 1521, la défense du château de Pampelune ronire les habitants insurgés qui voulaient mettre Henri d'Albret sur le lions; il y fut blessé grièvement à la jambe. A la suite de cet événement, qui l'obligea d’abandonner le metier des armes, lnigo se confina dans une retraite profonde, et fonda bientôt l'ordre célèbre des jésuites.

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situation. — On trouve dans les environs des sources et des bains d’eau minérale. — La contrée conserve toujours un aspect pittoresque jusqu'à

Lccnnibcrri , charmante petite localité de 400 liab., située presque au centre de la jolie vallée de Larraun. — Excellente posada. — 2 heures de marche nous conduisent à

I ru r/. n n , l'un des quatorze villages de la verte vallée d’Araquil, avec 200 hab., puis à

Bcrrio-Plano, autre village de 200 hab. — Ici nous quittons les scènes alpestres pour prendre une mauvaise route, à travers des plaines arides et nues, qui nous mène à Pampelune.

Païupclunc ( Pamplona ), — 45,500 hab. — [Hôtel : Parador réal, bonne maison dont la cuisine est française ; cet hôtel est dans une belle situation, à l’entrée de la magnifique avenue qui conduit aux promenades et à la citadelle.)

Pampelune, ville frontière, ancienne capitale du royaume de Navarre, actuellement chef-lieu de la province du même nom, est située sur un éminence qui domine la belle plaine de C unira , de 7 lieues de circonférence, et qu'arrose VArga, l’un des principaux tributaires de l’Èbre. Le climat y est un peu humide et froid, mais ses jardins sont fertiles et ses prairies verdoyantes. Comme ville forte, sa position est bien choisie; de la hauteur où elle est assise, elle domine tout le pays. On y jouit d’une belle vue sur les Pyrénées. Elle est entourée de murailles, proprement tenue, bien bâtie et bien pavée.

Pampelune fut fondée ou reconstruite par les fils de Pompée, l’an G8 avant J.-C-, d’où lui vint le nom de Pompeiopolis, que les Maures changèrent en celui de Bambilonah, dont on a fait Pamplona, son nom actuel. Pompeiopolis soutint la cause de ses fondateurs, et fut, pour cette raison, délaissée par Auguste. Dans le moyen âge, elle fut nommée Irunia (la bonne ville). Les Francs s’en emparèrent en 542, et ruinèrent le pays; elle fui (Je nouveau détruite en 778, sous Charlemagne. Dans la guerre de la Péninsule, en 1808, elle fut prise par les Français, sous les ordres du général Darmagnac, et ne fut rendue qu’en 1813.

Pampelune prend le titre de muy noble, muy leal, y muy herotca ; ses armes sont un lion rampant, tenant une épée dans sa patte dextre. Celle ville, autrefois la résidence d’un

DE BAYONNE A BA YONNE. -PAMPELüNE. 153 vice-roi, est actuellement celle du capitaine-général ; son évèclié, fondé en 11 30, est sullYagant de l’archevêché de lîurgos.

On remarque h Pampelune : la Cathédrale, bel édifice gothique, construite en 1397, par Carlos el Nueble (Charles 111). roi de Navarre, sur l’emplacement d’une autre qui remontait à 1100; une partie des anciens cloîtres aux doubles galeries, aux piliers élégants, existe encore ; on y voit un trophée de la bataille de Navas de Tolosa; le chœur est orné d’excellentes sculptures représentant des saints et des patriarches, exécutées par Miguel Anchela ; il renferme le tombeau du fondateur el celui de sa femme Léonor de Castille : ces deux mausolées sont d’un beau travail. Le retable du maître-autel, entièrement doré, s’élève jusqu’à la naissance des voûtes; il est d’une grande richesse. L'intérieur de l’église est splendidement décoré et ses proportions sont monumentales. — On doit visiter : la Basilica, ou chapelle de Saint-Ignace; la Sacristia, de forme crucifère; la sala Preciosa, qui renferme ie tombeau du comte de Ganges; les Cloîtres ; une partie du réfectoire eide la cuisine des anciens chanoines; la Bibliothèque, riche et variée. Les stalles {silleria) oui été sculptées par le célèbre Miguel Anchela.

La principale entrée de ce temple, d’un style lourd, fut érigée, eu 1783, par Ventura Rodriguez ; elle n’est point en harmonie avec l’architecture du reste de l’édifice ; les dômes de pierre qui recouvrent les deux clochers sont d’un mauvais effet ; le portail représente l’Assomption de la Vierge et l'effigie de saint Firmiu, patron de la ville. Le 7 juillet, jour de sa fête, los (liyantes, images gigantesques représentant les Maures et les Normands, font une visite à l’hôtel de ville, et, après avoir dansé devant la cathédrale, vont à San- Lorenzo faire leurs dévotions à l’image de leur patron. C’est pendant celte feria ou foire, qui dure depuis le 29 juin jusqu’au 18 juillet, qu’il faut visiter Pampelune pour y rencontrer une foule de villageois et de montagnards dans leur costume national, que les affaires, la dévotion et le plaisir attirent dans la ville.

Les autres églises de Pampelune sont riches, mais ne méritent qu’une courte visite.

La Deputacion, édifice oit les corlès de Navarre tenaient leurs séances, renferme quelques peintures de second ordre

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représentant des membres de la famille royale. — Les ponts, sans être d’une haute architecture, sont pittoresques, ainsi que la citadelle, que nous ne vous conseillons pas d’esquisser sans une permission des autorités : sa forme est pentagone, et ses deux bastions, la liochapea et la Magdalena, font face à la rivière; les étrangers n'y sont admis qu’avec difliculté. Ignace de Loyola y fut blessé en 1521, et ce fut pendant sa convalescence qu’il conçut l’idée de fonder l’ordre si célèbre des jésuites. Ce fut aussi dans ies fossés de celte forteresse que Sanlos Ladron de Guevar fut fusillé, en 1839, par les chrislinos.

On peut voir encore le Collège ( Licco ), l’hôtel des Monnaies, les casernes d’infanterie et de cavalerie, le séminaire, le collège de médecine et de pharmacie, la casa de Ayuntamiento ; le grand aqueduc, construit au xvn* siècle par Ventura Rodriguez : il a 800 met. de long et se compose de de 77 arches de 12 mètres d’ouverture sur 22 de hauteur.

Places. — La vaste place dite plasa de Toros, où se donnent des courses qui attirent toute la population; la place de la Constitution, entourée de portiques, et sur laquelle s’élèvent le Palais neuf et le Théâtre, construits parla reine Isabelle; la plaza dcAbajo ou place du Marché, abondamment pourvue de comestibles. Celle dernière place offre un spectacle curieux et animé les jours de marché; on y voit les jeunes paysannes ( las pagsas), à la physionomie vive et coquette, avec leurs longues tresses ( trémas ), et les hommes coiffés du béret castillan.

Promenades. — Elles sont toutes remarquables, mais la plus magnifique est sans contiedil la Taconiera, ornée de statues d’un beau travail, parsemée de bancs de repos et d’où la vue est très-étendue; — la llioju est aussi une ravissante promenade.

La ville de Pampelune est bien approvisionnée, et la vie y est à bon marché.

Les environs de Pampelune sont beaux, intéressants et pleins des souvenirs de la guerre de la Péninsule.

Le commerce de cette cité, peu important, a pour objet la soie et la laine, qu’on expédie pour la France et l’Anglelere : on y trouve aussi quelques fabriques, mais l’agriculture y occupe le premier rang.

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La roule centrale que nous allons suivre est bien construite et l’une des meilleures d’Espagne, bien que traversant une contrée accidentée.

A la sortie de Pampelune et avant d’arriver à Villalba, nous passsons le rio Arga sur un beau pont de pierre (bonne postula). Entre Arre et Soraurrn, villages insignifiants, nous trouvons une médiocre postula. La route continue de se diriger au N. jusqu'à

Ostiz , village de 300 liait., situé dans la vallée d'Odieta, province et diocèse de Pampelune.

Nous traversons les insignifiantes petites localités de Olagne et Almandoz ; entre ces deux villages, nous franchissons, après une ascension assez longue, el Puertode Velat: toute celle section est bien pourvue de ventus, de ponts et de viaducs.

Avant d’entrer à Almandoz. nous passons le ravin appelé Mutin, sur un magnifique viaduc en pierre d’une grande élévation. On trouve à Almandoz une bonne posatla.

Ensuite on traverse Berroeta, village de 300 hab. ; puis Iruvita, et immédiatement après on arrive à

Elizondo — 1200 hab.— ( Hôtel assez confortable), — chef-lieu de la vallée de Bastan. Celte petite ville possède une église, dont l’intérieur est surchargé d’ornements et de dorures, comme toutes les églises d’Espagne, et un hôpital.

Elizondo n’est séparée à’Elvetea que par la Uidassoa, qu’on traverse sur un pont de pierre. De ce pont la vue est ravissante et mérite quelques minutes d’attention. Plus d’un paysagiste l’emportera dans son album.

De ce point central de la vallée divergent plusieurs chemins de montagne souvent rudes et difficiles. En prenant à droite, vous traversez plusieurs fois la Bidassoa, et en sortant de la belle vallée de ce nom vous gravissez le sentier sinueux taillé dans les rochers jusqu’au Puerto tle .\faga ; de cotte haute station, tout le pays vers Bayonne s’étale à vos regards comme une carte géographique. Continuant notre route, nous trouvons à 3 lieues environ d’ Elizondo. le Puerto de Onzontlo, d’où la route redescend el conduit à

lTi*dax. — 600 bah. — petite ville frontière de la Navarre. — A 1/2 lieue au delà coule une petite rivière peuplée de bonnes truites ; c’est la limite entre la France et la Navarre : h douane se trouve à el Barrio de Lttndivar. La richesse de

ce district provient des belles forêts de chênes qui le couvrent. En 1839, Don Carlos passa par Urdax, après la transactions de Vergara, pour retourner une seconde fois dans les prisons de France.

A Elizondo, une autre route nouvelle se détache pour Iran, passant par Fera, et communique directement entre la France et le N. E. de l’Espagne, sans faire un détour par Tolosa.

Bayonne (V. route 1).

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