DE BAYONNE A BAYONNE.— S. -SEBASTIEN
Fonlaraliic , en espagnol Fuente-Rabia , en latin Fous rapidus—t^OO hab.— est un petit port de mer. La ville s’élève à l’extrémité N. d’un promontoire escarpé, qui se détache de la Sierra de Juizquivel, que baignent les eaux rapides de la liidassoa. Bien que petite, celle ville est importante pour l’Espagne. En outre de ses fortifications, elle est défendue par les monts Jaizquivel qui la protègent du côté de la terre, et par le fort de San-Elmo, du côté de la mer. Son port est sôr; mais, dans les basses eaux, il reste presque à sec. Cette ville a beaucoup souffert des sièges qu elle a soutenus à différentes époques. François Ier s’en empara en 1521 ; Charles-Quint augmenta ses fortifications ; les Français s’en rendirent maîtres en 4719, 4794, 180s, 182.3. Ils y soutinrent un siège mémorable contre les Anglais, en 1813; le dernier siège eut lieu en 4837.— Cette ville présente encore aujourd'hui l’aspect de la désolation : à voir ces palais abandonnés, aux murs écroulés ou percés à jour par les boulets, ces maisons dont les toits enfoncés sont noircis par le feu, on se croirait au lendemain d’une de ces catastrophes que les guerres entraînent toujours à leur suite.
Fonlarabie est le siège d’un gouverneur; sa garnison est assez forte. \ue de l’embouchure de la Bidassoa, son aspect est très-pittoresque. Les seuls édifices remarquables sont : le palais du gouverneur et l’hôtel de ville.
ün passe successivement par RrHteriu , Les», le Passage, port célèbre situé entre deux rochers et des montagnes escarpées; puis nous arrivons à Suint-Sebastien.
Saint-Sébastien— 9,C00 hab.— (Hotels : Parador Real; Laffitte, tenu par un Français; Isabel). — Celte jolie petite ville était, au xu® siècle, une place très-importante, ayant des relations avec les principales villes du Nord; sa marine a été célèbre. Elle fut plusieurs fois saccagée et incendiée, notamment en 1397, en 1808 par les Français, et en <813 par les Anglais ; cette dernière fois, sur 700 maisons environ qui composaient la ville, il n’en resta que 30. Ses archives furent réduites en cendres.
C est depuis celle époque que s’est élevée la ville coquette que l’étranger admire maintenant. Elle est bâtie avec une extrême régularité et une certaine élégance. En 1823, cette ville (ut assiégée par les Français, et en 1836 par les car-
lis PYRÉNÉES.— ROUTE 2.
listes. — On y remarque : la plaza de la Constitution , sur laquelle s’élève Y Hôtel de Cille; celte place esl lort jolie cl entourée d’arcades et de magasins ; c’est là que se promène chaque soir le monde élégant; — le Théâtre; — le Port, très-sur, et qui serait plus fréquenté s’il n’était trop petit et d'un accès difficile ; — la Citadelle; — l’église Santu-Mariu, bel édifice du xvte siècle, richement orné ; — l’église San- Vicente, d'un style sombre, et où l’on voit des traces de gothique.
Pains de mer. — Us sont assez fréquentés, mais exclusivement par les Espagnols; on y vient de Madrid.
Tout près du port, une jolie promenade domine la ville et conduit au mont Ortjullo, que l’on gravit sans peine au moyen d’un chemin pratiqué en zigzags sur les lianes de la montagne. Avant d’arriver à la Citadelle, on rencontre les sépultures des officiers anglais tués pendant la guerre civile de 1836. La vue dont on jouit du sommet de l'Orgullo est fort étendue ; le veut y est souvent très-violent, et il faut s’en défier. — On redescend ordinairement par un autre chemin qui passe devant l'église Santa-Maria puis devant celle de San- Vicenle.
Le voyage par mer, de Rayonne à Saint-Sébastien, est fort intéressant. On peut, pour varier ses émotions, revenir à Rayonne parle premier navire en partance pour celle destination, et si c’est par une belle journée du mois d’août, on peut, dans ce trajet, se croire sur les côtes d Italie. Celte traversée ne dure que quelques heures.
La roule que nous allons prendre est maintenant presque abandonnée, et remplacée par une nouvelle route beaucoup moins pittoresque. Avant d’atteindre llernani, nous visiterons en passant le couvent de San-Barlolomeo, d’oii la vue est admirable.
llernani, petite ville de 2,600 hab , avec deux hôtelleries, est située dans une riante vallée, au pied du mont Santa Barbara, baigné par VUrumea, et sur le sommet duquel s'élève un fort. Celte ville a presque toujours joué un rôle dans les guerres civiles, et, dans ces derniers temps, les carlistes l'ont occupée à plusieurs reprises. Les rues sont bien percées, les maisons bien bâties, et il s’en trouve un assez graud nombre de très-anciennes qui se distinguent par le caractère tout à la fois grandiose et original de leur ardu-