‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 56 sur 226 · DE PARIS A PAU— AGEN · texte numérisé non relu

DE PARIS A PAU— AGEN

nières d’arbres fruitiers. — On y remarque : La place publique, entourées d’arcades; les boulevards, deux vieilles tours, la maison (Indue Alphonse, le théâtre, les moulins, les liants, l'hospice Suint-Cyr. — Commerce : prunes, fruits, vins, bestiaux, filature de soie, imprimerie.

Voitures publiques tous les jours pour Agen, Bordeaux, Caliors, Périgueux.

A E ysse, I kil. de Villeneuve, ancienne et célèbre abbaye dont les bâtiments Servent aujourd'hui de maison de détention, et renferment environ 1,400 détenus. Celte maison doit être considérée maintenant comme un immense bazar d'industrie, telle que marbrerie, ébénisterie, clouterie, etc.

Dans les environs de Villeneuve, un grand nombre de châteaux en ruine très-curieux.

La Croix Blanche (Lot-et-Garonne)-— 50 hab.— Hameau de la commune de Fauguerolles.

Agen (Lot-et-Garonne), Ageno, puis Nitiobrigum, cité des Nitiobriges, enfin Agiuum, après la conquête des Romains, qui l’ embellirent. — 16,050 hab. — Hôtels : du Pelil- Saint-Jean, agrandi et remis à neuf, chez Baron, renommé par ses terrines dites de Nérac, ses pâtés aux truffes, dont il fait des envois, et sa bonne cuisine; de France, tenu par M. Cazanobes, successeur de M. Gauthier, et gendre de -M. Lointier, de Paris : bonne maison; ces deux hôtels sont sur la promenade, à l’entrée de la ville ; au centre de la ville, l 'hôtel Georges.

Agen, ville ancienne située sur la Garonne, chef-lieu de prélecture, possède cour d’appel, évêché, deux séminaires, collège, théâtre, bibliothèque de 18,000 vol., bains publics, pépinières. Elle fut fondée par les Gaulois; les Romains s'en rendirent maitres; les Huns, les Vandales la saccagèrent successivement.

On y remarque : L'église de Saint-Capr ai s, la plus ancienne et la plus intéressante de la ville. Grégoire de Tours en fait mention dans son Histoire des Francs. Elle fut complètement ruinée par les Normands, rétablie au xie siècle, terminée au commencement du xvie siècle. Le chœur et le transept sont remarquables par la perfection du style auquel ils appartiennent. Avant la révolution, cette église était desservie par un chapitre collégial. Elle est devenue cathédrale depuis la destruction de l’église Saint-Etienne.

Le clocher appartient aux restaurations modernes. On doit visiter, à côté de Saint-Caprais, la chapelle du cloître de l'ancien chapitre : on y voit des chapiteaux remarquables et deux tombeaux antiques. — L 'église des Jacobins, fondée par les dominicains vers le milieu du xme siècle; elle n’olfre d’intéressant que sa façade, de construction qui parait avoir été souvent adoptée par les religieux de cet ordre. Sa nef est partagée en deux par trois piliers cylindriques: son clocher élancé et les fenêtres accusent parfaitement le caractère de son époque. — L'église de Saint-Hilaire , bâtie par les Cordeliers vers le milieu du xtv* siècle, est peu remarquable, mais on peut visiter à côté le clocher des Pénitents- Blancs, qui dépend de Saint-Hilaire ; sa base est couronnée par une zone de pierres de petit appareil et qui doivent provenir des débris de l'antique Agenaum. — L'église Sainte- Foi , de construction assez lourde; le chœur y lut ajouté au xvi* siècle. — L'ennitage Saint-Vincent, situé sur le mont Pompéjac, qui domine la ville, fut autrefois célèbre par l’habitation de saint Caprais et de saint Vincent. Louis XIII et la reine Marguerite l’ont visité tour à tour et doté. Il est aujourd'hui occupé par un couvent de carmes déchaussés. De ce point la vue est immense : on aperçoit les Pyrénées. L'hôpital de J-as. ou Saint -Jacques, fondé par Antoine de Las de Layon; Mascaron en posa la première pierre le 8 avril IG8(>. Situé sur les bords de la Garonne, il présente un coup d’œil magnifique; sa chapelle moderne est décorée avec luxe; l’autel, en marbre blanc d’Italie, est un cheld’œuvre de sculpture. La révolution en avait dispersé les diverses parties, qui ont été heureusement réunies. On y remarque les fresques de Bezard et le tombeau de Mascaron; la chaire en marbre blanc. — Le grand séminaire. Mascaron en jeta aussi les fondations eu 1084 ; une aile y fut ajoutée il y a quelques années, et la chapelle en lut décorée par Tailas; les peintures de la voûte méritent une attention particulière. Le gouvernement vient d’accorder les fonds nécessaires pour la construction d'une autre aile. — La préfecture, le pont-canal, les maguiliques promenades; une élégante passerelle suspendue sur la Garonne et d’une seule • travée; un pont de pierre, des quais magnifiques construits en pierre de taille; de vastes et nombreux bassins dans le canal, séparés par île nombreuses écluses: la prise d'eau

Dfc PARIS A PAU.— LECTOURE.

à la Garonne et la descente du canal en rivière; le théâtre bâti avec des débris de l’ancienne cathédrale Saint-Etienne' les derniers restes de cet important édifice ont été remplacés par la balle, de construction moderne; les anciennes fortifications.—Commerce : blé, vins, eaux-de-vie, bonnes prunes; manufactures d indienne, molleton, serges, cotonnades.

Agen est la patrie de Sulpice-Sévère. de Jules et de Joseph Scaliger, de Palissy, inventeur d’une belle espèce de poterie de terre; de Lacépède, du général Lacuée, de Borv- Samt-Y incent, des poètes Raymond Noubel et Jasmin, etc.

Ouvrages a consulter. — Mémoires sur quelques antiquités de lu ville d’Agen, par Chaudruc de Crazannes.

Malle-poste tous les jours pour Audi et Pau , pour Limoges, pour Bordeaux et Toulouse.

Voilures publiques pour Bordeaux. Toulouse, Audi, V illeneuve-d’Agen, Aiguillon, Port-Sainle-Marie, Astafibrt Londom, Lectoure, Nérac. »

Bateaux à vapeur sur la Garonne jusqu’à Bordeaux en 8 h., les bateaux sont petits et ne prennent point de voilures. r

Astafforl (Lot-et-Garonne)— 2,700 h. — Petite ville sur le Gers, chef-lieu de canton.

Lectoure (Gers), Lactora.—fy 300 bab.— (Hôtel : de ILmvers.) Ville très-ancienne, assise sur une montagne dont la base est arrosée par le Gers. La plupart des rues sont en pente. Sous-préfecture, tribunal civil, collège communal, bains. — Au sommet de la montagne s’élevait autrefois l’antique et célèbre château de Lertoure, dont il ne reste plus aucun vestige. Du bastion, une de ses places, on découvre une des vues les plus ravissantes qu’on puisse trouver en France. D’immenses et vastes prairies, à travers lesquelles serpentent les eaux du Gers, s’ollrent à vos veux plus loin, un bois antique et touffu ; à l’horizon, les llàutesrvrenées, dont les cimes blanchies par des neiges éternelles semblent se perdre dans les nuages.— On a découvert à Lectoure beaucoup d’inscriptions tauroboliques, la plupart remomanl au règne de Gordien III. Plusieurs débris antiques sont enchâssés dans les murs de la grande salle de V hôtel de vdle, et dans les piliers des halles. La fontaine est un monument antique et curieux qui se voit au bas de la montagne.

ISO PYRÉNÉES. — ROUTE 7.

Suivant une ancienne tradition , elle fut dédiée à Diane, qui avait un temple tout auprès. — Eylise de style saxongolhique, surmontée d’un liant clocher carré et de beaux bains publics. La statue en marbre du maréchal Lanius, élevée sur l’esplanade . — Commerce : blé, vins, eaux-de-vie, bétail, cuirs renommés, serges.— Patrie du maréchal Lannes.

Excursions: — Saint-Clar (Gers) — 1,700 hab. — 12 kil. S. E. de Lectoure. — Hôtel : de l’Etoile.— Saint-Clar possède une grande fabrique de rubans de fil.

Fleurante (Gers) — 1,820 hab., — à 8 kil. S. S. E., a une belle place, un hôpital, une usine et commerce en minois.

Sainl-Avit (Gers)— 000 hab —Petit village à 5 kil. N. E. de Lectoure.— A peu de distance, magnifique château gothique.

Montait rue (Gers)— 800 hab.— Bourg sur le Gers. Bains martiaux,

Audi (Gers), Auscii, Auyusla Ausciorum. — 12,200 hab. — ( Hotels : de France, où descendent les voitures pour Agen et Tarbes ; de la Paix , d’où partent aussi des diligences.) — Chef-lieu de préfecture, assis sur une élévation considérable. Archevêché, grand et petit séminaires, dont la bibliothèque et les collections scientifiques sont très-riches ; tribunaux de première instance et de commerce, lycée impérial, salle de spectacle, bibliothèque publique de G ,000 vol., musée, cabinet de physique, écoles de dessin et d'architecture.— La place, située sur la partie la plus élevée.^ est terminée à i’O. par une promenade charmante d’où l’on aperçoit les Pyrénées ; la calhédrüle , dédiée à sainte Marie , monument magnifique du xvir siècle, commencé sous le règne de Charles Vil 1 et terminé sous Louis XIV; elle est surnommée la reine des métropoles : on admire les chapelles souterraines, les tours, les vitraux, qui sont très-beaux et qui ont été peints, au xve siècle, par Arnaud de Moles ; les boiseries du chœur, les mausolées. La longueur de ce bel édifice est de 100 mètres, et sa largeur de 2i; les sculptures qui le décorent sont remarquables par le fini et la légèreté des formes.— L’escalier de granit, de 200 marches, qui conduit de la haute à la basse ville; la halle aux grains. construite en 1810; le château du Garros, oii est installé rétablissement de remonte ; l’hôpital , le théâtre, 1 hôtel de ville , le palais archiépiscopal , la préfecture, autrefois le palais prima-

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