‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 65 sur 226 · RENSEIGNEMENTS DIVERS · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS DIVERS

Médecins : M.M.Cazenave fils, Crouseilhes, sous-inspecteur des eaux; Darralde, médecin-inspecteur; Manès, Puyoo.

Pharmaciens : MM. Cazaux, Vergèz.

Librairie, papeterie, objets d’art et de fantaisie : M. Aug. Bassy, libraire de Pau, tient lui-même, pendant la saison, sous le péristyle de l’établissement thermal, une succursale de sa maison de Pau. Dans son magasin se trouvent réunis tous les articles de nécessité et de fantaisie, les objets en marbre des Pyrénées de la fabrique de M. Géruzet. les articles de bureau , vues, costumes et Album des Pyrénées , l’album des Eau.r-Honnrs et celui des Eau.r-Chavdes, les

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200 PYRÉNÉES.— KOUTE 8.

fi ii ides et Itinéraires de Richard et Ad. Joanne, pianos de

l’Ieyel à vendre el en location, etc., etc.

Cabinets de lecture, dans lesquels on s’abonne b raison de 6 fr. par mois, livres et journaux.

Poste aux lettres : A l’hôtel Casteran. — Les lettres sont distribuées tous les jours.

Poste aux chevaux : M. Taverne jeune, maître de poste.

Guides recommandés : Eslerl , llourcade, Lanusse, Lassalle, Maucor, Pulong, Salanave.

Tarif des prix : Non compris la nourriture, 5 fr. par jour. — Pour une promenade, 2 fr. 50 c. à 3 fr. 50 c., selon qu’elle est plus ou moins longue. — Si la course est longue et fatigante, il faut de plus un cheval pour le guide ; ce cheval coûte 5 fr. par jour.

Porteurs : — Tarifs des prix : Pour aller à la cascade du Gros-H (dre. 2 porteurs à 2 fr. chacun.

Pour la cascade de Larresecq, 3 porteurs à 3 fr. chacun.

Pour la Montagne-Verte , 2 porteurs à 2 fr. 50 c. chacun.

Pour le col de Gourzi /, 4 porteurs à b fr. chacun.

Faire ses prix et conventions d'avance, el devant témoins, pour éviter toute difficulté.

Chevaux et voitures : Un cheval, pour promenade, coûte ordinairement 3 fr. par jour, nourriture comprise.

Un cheval, pour excursion, de 5 à 7 fr., selon la longueur et les fatigues de l’excursiou (tout compris).

Un cheval, au mois, peut coûter 75 à 80 fr.

Il est d’autant plus important de bien convenir de ses prix , que vers le milieu de la saison , alors que l’affluence des étrangers est le plus considérable, les loueurs sont naturellement portés à augmenter leurs prétentions.

Les loueurs principaux sont Kuncewiecz, Lanusse, Maucor, Pecastella, Salanave.

Une voiture coûte de 8 à 10 fr. pour la demi-journée. Pour une journée entière, environ 18 fr. (tout compris).

Banquiers : M. Cazeaux , pharmacien, et M. Macquet, fermier des eaux.

Magasins : Magasin de soieries, nouveautés, etc., maison Pommé.

D’autres magasins réunissent un assortiment très -varié d’ouvrages en laine du pays, d'objets en marbre des Pyré-

nées de l;i fabrique de M. Géruzet, et d’objets de bureau et de fantaisie.

Chasse et pèche : Les guides dont nous avons déjà donné ies noms procureront aux amateurs les plaisirs de ia chasse et de la pêche, et dirigeront sûrement chacun selon ses goûts.

L'hôtel de France renferme un salon de conversation, de musique, de journaux, où tout étranger peut se faire admettre moyennant un abonnement de 6 fr. environ pour la saison. On y trouve un excellent piano de Pleyel.

PROMENADES ET EXCURSIONS »

La première promenade est le Jardin anglais, situé au centre du village. Du milieu de ses frais gazons s’élèvent, à côté des hêtres séculaires, de jeunes tilleuls et d’élégants sorbiers. Partout des bancs commodes, placés sous des berceaux de chèvre-feuille ou ombragés par d’immenses dômes de verdure, invitent les promeneurs au repos.

Promenade horizontale. — Celte belle promenade, destinée à établir une communication facile et agréable entre les Eaux-Bonnes et les Eaux-Chaudes, fut commencée en 181^ par les soins et aux frais de MM. Moreau, de Kergorlav’ Dulong de llosnay et de Ville. Elle est exclusivement réservée aux piétons. Les malades peuvent maintenant, sans fatigue, prendre un exercice salutaire grâce à la disposition du sol de cette jolie promenade, à laquelle on arrive en traversant le jardin anglais.

Du jardin anglais on monte lentement par les promenades Cramant et Jacqueminot , et par des sentiers sinueux sur les dernières ondulations de la montagne de Gourzij, couverte d une riche végétation forestière, au milieu de laquelle se dressent avec majesté d'admirables hêtres dont le tronc est d une grosseur prodigieuse.

Entre les gros hêtres s’élèvent les nombreux massifs de ce buis si commun à la base de la montagne, et, dans les clai-

1 C’est à un ouvrage de M. Édouard Valet, qui a décrit avec eaucoup de talent dans son Guide du Voyageur aux Eaux- Hnnnes les sites et les paysages qu’il a parcourus en artiste, que nous avons emprunté une partie de cet article.

rières, une foule de jolies bruyères étalent au soleil leurs corolles si riches de couleurs et de formes.

Le sentier chemine souvent à l’ombre des grands arbres, et plus souvent encore il se déroule au milieu des modestes buissons; tantôt il traverse une pelouse émaillée de mille jolies (leurs, et tantôt il trouve à peine sa place entre d'arides rochers. Partout la vue se repose sur des sites gracieux ou superbes, soit que le regard s’abaissant contemple le Jardin anglais et le village situé bien au-dessous de lui, soit que s’élevant il admire la belle forêt de sapins qui, montant en échelons, finissent par perdre leurs têtes dans les nuages. Au nord, la vallée d’Ossau et le village de Laruns apparaissent encadrés de montagnes ; au midi, la cime décharnée du pic de Ger et les neiges éternelles attirent les yeux par leur éclat. Des sièges, placés avec goût dans tous les lieux remarquables par les points de vue qu’ils dominent, invitent au repos et préviennent la fatigue.

De l’autre côté du village, et comme pour faire le pendant de la promenade deGramont, on trouve sur la rive gauche du Valentin , et à quelques centaines de pas de l’établissement, les délicieuses allées que lit ouvrir, il y a quelques années, M. Evnnrd, de Genève. Son séjour aux Eaux-Bonnes nous a procuré ainsi le moyen de jouir sans fatigue d'une foule de beautés qu’on n’eût pas soupçonnées sans lui. Douée d’un aspect qui lui est propre, la •promenade Eynard ne ressemble en rien à celle dont vous venez de lire une imparfaite esquisse. Située sur la pente rapide d’une colline très-boisée qui l’isole des Eaux-Bonnes, elle a, vis-à-vis d’elle, de l’autre côté du gave, les ondulations de la montagne Verte, qui, dépourvue d'arbres, mais couverte de prairies, de petits champs cultivés, et de nombreux chalets dans une partie de son étendue, présente le tableau des paisibles conquêtes de la culture sur un sol dont l’inclinaison semblait être un obstacle invincible. Audessus de toutes ces parcelles de prairie s’élevant par des étages et dont de nombreux ruisseaux d’eaux vives entretiennent l’éternelle verdure, apparaît la pêne 1 de Lassive, masse

1 Pêne est le nom donné très-fréquemment, dans les Pyrénées, à des masses de rochers arides et élevés. M. Patassou le fait dériver du mot celtique pen, qui signifierait élévation. M. Léon Dufour lui trouve une origine plus récente, et bien évidente, dans le mot espagnol penn, rocher.

énorme de rochers arides, qui semblent menacer de sa chute les frêles habitations répandues çà et lit sur les gazons de sa large base. Mais ce qui fait surtout le charme de ces allées si ombreuses et si fraîches, même aux heures les plus chaudes de la journée, c’est la présence et le voisinage du Valentin qui attire sans cesse le regard sur scs eaux impétueuses, en même temps qu’il charme l’oreille par la grave harmonie de ses nombreuses cascades. On ne peut se faire l'idée de lu variété d’aspects que présente ce petit gave, vu des différents points de la promenade Eynard.

De charmants buts de promenades sont encore la Butte du-Trésor, et le Kiosque sur la montagne qui fait face à celle deGourzy; la promenade La vielle, sur la montagne Verte, et le Belvédère Eannt.

cascades.

Il existe aux environs des Eaux-Bonnes trois cascades remarquables et qui méritent d’attirer votre attention. Elles pourront servir de but à vos promenades, et vous leur trouverez de l’intérêt, même après avoir vu les plus célèbres chutes d’eau des Pyrénées.

La cascade du Valentin ou des Eaux-Bonnes, ainsi nommée à cause de sa proximité de l’établissement thermal, est la première que vous devez naturellement visiter. Elle se trouve sur la gauche du chemin qui conduit au Pont d'Aas, et le bruit de sa chute en décèle seul la présence. Il faut, en effet, s'avancer un peu hors du sentier et se placer sur un petit rocher qui fait saillie au-dessus de la pelouse, pour voir celle cascade sous son premier aspect. De ce point vous la dominez entièrement; cependant le lieu où vous êtes est le moins favorable à la vue de la cascade, et pour la connaître vraiment il (aut descendre un petit sentier que vous avez près de vous, et qui conduit d'abord à une seconde station près de la charmante grotte Castellane. Arrivé là, vous vous trouvez à peu près à moitié delà hauteur de la chute et tout à fait au bord de la cascade. Elle passe sous vos yeux avec une telle rapidité, que si vous la regardiez fixement et longtemps, vous finissez par éprouver une sorte de fascination qui n'est pas sans danger.

Lorsqu’on se rend aux autres cascades, on suit, en sortant

de Bonnes, le chemin de la prairie Discoo. Ce sentier, taillé sur le penchant de la montagne, est interrompu par quelques ravins qui le dégradent chaque printemps , en enlevant les terres qu’emportent les torrents de neige fondue. Au commencement de la saison des eaux, le sentier est de nouveau réparé, et quoique bien étroit dans ces lieux, il est cependant praticable. Mais ce ne peut être sans effroi qu’en passant le second de ces ravins les promeneurs aperçoivent horizontalement, bien haut sur leur tête, un énorme bloc de pierre qui descendit autrefois de montagnes plus élevées, ainsi que l’indiquent ses formes arrondies, et ne tenant dans les terres friables et mobiles que par l’extrémité la moins grosse de l'ovoïde dont il a la forme.

La cascade nu Discoo, d’un genre tout différent, moins imposante, mais plus agreste que la première, prend naissance sous le pont du Discoo, h une demi-heure des Eaux-Bonnes, en remontant le Valentin. Il faut, pour la bien voir, passer le pont, suivre un tout petit sentier qui se glisse à gauche de la route sur les escarpements du ravin, et aller s’asseoir en face et un peu au-dessous de l’arcade. Elle projette son ombre sur l’origine de la cascade, et produit de beaux eifets de lumière par le contraste de sa teinte sombre avec la brillante transparence des eaux qui apparaissent au-delà, descendant par étages inégaux.

La cascade du (Iros-Hêtre est la troisième. Plus éloigne encore (I h. de chemin), mais sur la même route, elle est tellement cachée et si difficile à trouver, qu’il faut nécessairement y être conduit par quelqu’un qui la connaisse. Elle ne ressemble en rien aux deux autres: c’est une majestueuse colonne d’eau de 25 mètres d’élévation, tombant perpendiculairement et se brisant sur les rochers aigus du plus sombre et du plus étroit des précipices. Quand on s’y rend à cheval, il faut suivre le chemin de Cauterels qu’on ne quitte qu’à peu de distance de la cascade; mais si l’on y va à pied, on peut abréger le trajet et le rendre plus agréable en le faisant, après la fenaison, sur la douce pelouse des prairies qui côtoient le Valentin.

La grotte Bonnecaze, située à 25 minutes, sur la route de Laruns, mérite une visite.

Si votre santé vous permet les excursions un peu longues, et que vous soyez curieux de connaître toutes les chutes

d’eau des environs, vous ne pouvez vous dispenser d'aller voir la cascade de Larretecq. Il faut I h. 1/2 à 2 h. pour s’y rendre, et l’on n’est guère qu’au tiers du chemin à la cascade du Gros-llélre; mais ne vous plaignez pas de cet éloignement, car il multipliera vos jouissances en vous laisanl parcourir les sites les plus variés et les plus majestueux. L’échancrure du col de Torte, qui domine les Eaux-Bt/nnes de plus de 1 ,000 mètres, est presque toujours en face de vous: près d’elle les bizarres dentelures de la haute montagne de la Lutte attirent vos regards émerveillés ; et soit que vous les portiez plus haut encore sur la cime décharnée du pic de Ger, soit que vous les abaissiez au fond de la gorge oit fuit le torrent, partout vous rencontrerez de nouveaux sujets d’admiration. — On peut faire celte excursion à cheval.

Remarquez, à quelques portées de fusil du petit pont de Sandis, et dans l’endroit oit l’étroite vallée s’élargit sensiblement, l’entrée d’une gorge sauvage. Vous ne la visiterez pas aujourd’hui; mais elle sera pour vous un charmant but de promenade un autre jour, et elle vous conduira dans un des sites les plus sauvages et les plus romanesques de ces agrestes contrées.

Non loin de là, arrêtez-vous un instant, un peu avant d’arriver au frêle pont du Roi, et allez sur la droite de la route plonger vos regards dans un gouffre où se précipite le gave, dout les eaux se sont lentement frayé un passage en minant le cœur même du rocher. Ce coup d’œil est fort curieux ; mais, pour en bien jouir, il faut s’aventurer sur la pente trèsinclinée de ce rocher, et il y a un point de ce trajet glissant qui n’est pas sans quelque danger.

Ascension du col de Torte. — On peut la faire à cheval ou à pied; ce dernier mode est très-fatigant. — Il faut prendre un guide. — Du sommet, on jouit d’une vue admirable sur les pics de Gabizos, de Courette, de Gourzv et sur les montagnes environnantes. — Cette excursion demande 5 à fi heures, aller et retour.

Du col de Torte on peut aller à Cauterets en 1 2 heures environ, en passant par les pâturages de Sousouéou, Arreost, village près duquel est une forge à la catalane, Arrf.ns et sa chapelle dédiée à Notre-Dame de Poey-la-Houn ; Marsous, Aucun, villages: l’église de ce dernier est remarquable; le monastère de Saint-Savni et son église qui renferme lctom-

beau du saint; Arcisan- Dessus, Arras et Vicrre fille. A Pierrefille, un prend la grande roule. — Celle longue, faliganleet parfois dangereuse excursion, se fait ordinairement à cheval.

Ascension du col de Gourzt. — Elle peut se faire comme la précédente, à pied ou a cheval. — Prendre un guide. — De ce lieu on découvre toute la vallée d’Ossau, Pau, etc. — Aller et retour, 4 à 5 heures.

La crotte d’Izeste. — Curieuse à visiter. — On trouve à Izesle des punies. — 5 à 6 heures de cheval aller et retour.

Ascension du rie de Ger. — Prendre un guide. — Cette ascension se fait de deux manières, soit à pied, soit à cheval, mais par deux routes dillérentes. La première exige environ 12 heures, aller et retour; la seconde autant, quoique plus longue. — La vue dont on jouit du haut de ce pic est de toute beauté : sur le premier plan, Pau, Tarbes et tout le pays environnant ; dans le fond se déroule îi l’œil étonné toute la chaîne des Pyrénées occidentales.

Le lac d’Artouste, qui n’esi guère visité que par quelques amateurs passionnés de la pêche, ne vaut pas la peine que donne cette excursion, ni les dangers que présentent les fondrières de Sousouéou. Celte course demande 7 à 8 heures, autant pour revenir, et de plus on ne peut se passer d’un guide.

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