‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 64 sur 226 · EAUX- CHAUDES · texte numérisé non relu

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sauvage de ces lieux, qu’il en résulte quelque chose de triste et de fatigant. Telle est l’impression que ce petit morceau de grande ville a produite sur moi et sur beaucoup d’autres visiteurs. N’aurail-on pu avoir ici ses aises, comme à Saint- Sauveur, comme à Bagnères de Bigorre, sans défigurer entièrement un site assez joli? Est-ce donc (tour avoir des maisons alignées et parées que l’on vient aux Pyrénées? Il me semble que tout ce luxe, au milieu d’une nature paisible et solitaire, s’oppose à la douce quiétude que les malades viennent chercher aux eaux. Cauterets donne actuellement aussi dans ce mauvais goût, et d’ici à quelques années, les Eaux-Chaudes en feront autant. Heureusement pour Bagnères que la ville est bâtie, sans quoi, probablement, la même épidémie s’y répandrait et transformerait nos simples, mais propres, commodes et pittoresques maisons, en tristes palais au petit pied; il ne manque au travestissement parisien des Eaux- Bonnes que de petites buttes, de petits kiosques, de petits jets-d’eau, de petites forêts dans de petits jardins soi-disant anglais.

Nomenclature des sources. — Analyse et propriétés.

« Quoique l’usage des Eaux-Bonnes convienne à beaucoup de personnes, je leur recommande bien de ne pas les prendre sans le conseil d’un bon médecin, sur les lieux. Si chaque malade, entendant parler des vertus merveilleuses de ce remède, prétend l’employer à sa fantaisie et sans être bien dirigé, il se trouvera certes fort mal de l’abus qu’il pourrait en faire. Ce qui, bien employé, guérit, devient un poison violent si on s’en sert inconsidérément.» (Bordeu.)

lionnes possède cinq sources; mais en réalité il y en a à peine trois, car les deux premières sont évidemment des filets ayaut positivement la même origine, et presque le même point d’émergence. Ce sont :

Température Sulfure de sodium

La Vieille ou la Buvette.

centigrade.

par litre.

La Neuve

Ortech

La Froide

La Source d’En-Bas

1 Longrlia:np. " Gintrac.

Les trois premières sortent de la Bulte-du-Trésor etd’une couche de marbre ijris immédiatement située au-dessus du granit.

La Vieille , la Neuve et celle d 'En-Bus, sont exploitées dans l’établissement : la première fournit à la buvette, à cinq baignoires et aux douches; la seconde à six baignoires et à une douche seulement ; mais on est obligé de la ehaulfer. La source d 'En-lias est spécialement alïeetée aux bains et douches; celle d 'Ortech, remise à jour depuis quelques années, coule derrière la Bulte-du-Trésor, dans le voisinage de la cascade.

La Froide coule au pied de la forêt et de la montagne de Gourzi; elle est uniquement utilisée en boisson.

L'établissement nouvellement construit est petit, mais de bon goût et commode : au reste, le peu d'abondance des eaux ne nécessitait pas plus de développement.

Propriétés, analyse. — Les Eaux-Bonnes sont limpides et pétillent dans le verre ; leur saveur et douceâtre et un peu amère ; leur odeur est médiocrement forte et analogue à celle des autres eaux sulfureuses. Les canaux et les pierres sur lesquels elles passent sont enduits d’une couche assez abondante de glairine et de sulfuraire.

Il résulte des analyses auxquelles elles ont été soumises par M. Lemonnierque ces eaux contiennent une assez grande abondance de principes sulfureux, et en outre des quantités considérables de chlorure, des traces notables de chaux que l’on peut croire combinée avec l’acide sulfurique. Le faible verdissement du sirop de violettes indique manifestement qu’il n’y a pas, comme l’a prétendu M. Longchamp, de soude à l'étal caustique : il tient simplement à la présence des carbonates alcalins.

Ces eaux ont à peu près le goût d’œufs cuits durs, et sont d’une grande limpidité; leur saveur est agréable. Elles peuvent se transporter, hermétiquement bouchées, à de grandes distances sans rien perdre de leurs vertus. On en trouve des dépôts dans le chef- lieu de chaque département.

La réputation des Eaux-Bonnes est presque aussi répandue que celle de Baréges; mais elle est beaucoup plus ancienne, car elle est antérieure à François Ie»-, sous le règne duquel elles reçurent le nom d’ Eau d' Arquebusudes, en raison des salutaires effets qu’elles produisirent dans le traitement des

soldais blessés à la bataille de Pavie : elles étaient donc regardées à cette époque surtout comme vulnéraires, comme capablesde délerger de vieilles plaies, d’aider à la supuralion, de faciliter la sortie des esquilles dans les cas de carie, de raffermir les tissus, etc. Bordeu les recommande contre les rhumes récents et invétérés, contre l'alhsme humide, contre les maladies des organes de la respiration et de l’estomac, les pâles couleurs, les lièvres intermittentes, les rhumatismes et toute sorte d’obstructions ; enlin, il en prescrit l’usage pour équilibrer les différents éléments, les diverses forces de l’organisme.

Etablissement thermal. — Construit depuis quelques années seulement, il n’offre rien de remarquable; son architecture est de la plus grande simplicité. Cet établissement renferme, au rez-de-chaussée, une buvette, onze cabinets de bains intérieurement revêtus de marbre, et dont les baignoires sont également de marbre; les douches et le logement des garçons et lilles de bains. — Plusieurs magasins d’objets de fantaisie ou de luxe y ont trouvé place.

L’étage supérieur est entièrement occupé par les médecinsinspecteurs.

La chapelle. — Erigée en 1829, et attenant à l’établissement thermal, elle se distingue tout à la fois par ses petites proportions et sa simplicité. M. Moreau, de Paris, lui a fait don d une partie des tableaux qui la décorent et de l’horloge qui orne sa façade. Depuis 1819, un desservant est spécialement attaché à cette chapelle.

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