LES EAUX-CHAUDES,— EXCURSIONS
a» même endroit, fut de quatre heures et demie. Je quittai là mes chaussons et repris mes souliers.
« Je me rendis par le même chemin, en moins d’une heure et demie,, à Gabas, où je montai à cheval pour revenir aux Eaux-Chaudes, et j’arrivai avant la nuit. »
Pécoul, naturaliste, en 1823; de Laussat, en 1829, tentèrent et exécutèrent celle ascension.
Vinrent ensuite les ingénieurs-géographes chargés par le gouvernement de la constatation trigonomélrique de cette partie des Pyrénées; M. de Rippert, à deux reprises, en 4 833 et 4840; M. Badé et plusieurs autres.
M. Moreau, dans son Itinéraire d’un Touriste, donne la relation suivante, que nous croyons devoir citer textuellement, mettant ainsi en comparaison les trois ascensions qui nous semblent les plus importantes :
« Dans mon zèle consciencieux, j’ai consulté et étudié avec soin toutes les descriptions qu’on a faites de cette ascension ; je les ai lues à un congrès de guides des Eaux- Bonnes et des Eaux-Chaudes, réunis exprès, et qui avaient eux-mêmes fait celte ascension. Celle qu’ils ont trouvée la mieux tracée, la plus intelligible, est la relation qu’en a publiée Gaston-Sacaze, de Bagès-Béost, dans V Album Pyrénéen, livraison d’août 4 840, revue locale très-intéressante, qui malheureusement a cessé de paraître. Il ne faut pas chercher dans celte description un style travaillé et fleuri; c’est le langage simple et naïf d’un pasteur (pii dépose un instant le bâton de la montagne pour prendre la plume et écrire ses impressions. »
Gaston Sacaze s’exprime ainsi :
« Pic du Midi, le 5 août 1840, le thermomètre marque 45» Réaumur sur le pré, à onze heures du matin.
« 4° Un herboriste-pasteur qui, pour la première fois, fait l’ascension du pic du Midi d’Ossau, partant à six heures du malin de Gabas, passant par le chemin de Bious-Artigue, par Magne-Baïg, arrive sur la crête de Pombie à neuf heures, se repose demi-heure dans ce lieu (tout près du pic), puis s’approche du rocher perpendiculaire qui est tout formé de granit; il dépose son sac, sa boîte, ses souliers et son bâton
ferré, attaque le rocher par sa face nord-est; à vingt ou trente pas du lieu d’où il est parti, il trouve une excavation creusée par le choc des avalanches ; il aperçoit les traces du saut des isards qui ont laissé l’empreinte de leurs pieds dans certains creux du roc, oit il se trouve quelques décompositions ou humus provenant de crottes et lichens pourris; quoique environ 30 mètres de rocher perpendiculaire soient le premier escalier de celte pyramide, il surmonte cet obstacle en s'aidant des mains et des pieds, et souvent des genoux et du dos, à la façon des ramoneurs.
«■ 2» Il rencontre, au-dessus de ce premier et grand escalier, une pente moins inclinée d’environ une centaine de mètres, où le granit n’est pas uni, mais plus ou moins chargé d’aspérités, et même de blocs détachés de différentes grandeurs, se soutenant les uns sur les autres. (Cette pente est inclinée à 43 degrés du quart de cercle.)
« 3» Et successivement il attaque un autre escalier plus difficile que le premier, mais à la même direction perpendiculaire et même orientation: parvenu au-dessus, il grimpe une seconde pente moins inclinée, au sommet de laquelle il rencontre un troisième grand escalier moins difficile que les deux précédents. Jusque-là on suit la même orientation. Ici on trouve une pente transversale d’environ 200 mètres du sud au nord. Cette pente est inclinée de 30 degrés, et se trouve placée entre deux grands rochers à parois perpendiculaires, dont l’un au-dessous de celui qu'on vient de monter, l’autre au-dessus, qu'après environ 100 mètres de trajet, il faut se disposer à gravir. — Ici, on a devant soi trois espèces de ravines, mais peu enfoncées ou creusées; celle du milieu est la plus large, et par conséquent celle à monter ; elle est inclinée au moins de 60 degrés, et présente plusieurs zigzags à faire. En arrivant au sommet, on trouve un mur rond, haut d’un demi-mètre, que des chasseurs ont construit, pour qu’en revenant du haut du pic l’on puisse se reconnaître. — De ce lieu on monte une pente très-longue et assez, large sans gazon (tout comme ce qu’on vient de monter) ; celle-ci est inclinée à 33 degrés, et vous conduit au pic, à travers des fentes et des blocs de différentes grandeurs. Quelques tas de neige qu’on y rencontre sont là , comme tout exprès placés, pour que le curieux fatigué puisse en prendre quelques poignées qu’il porte dans la bouche