DE TARBES A LOURDES.— LOURDES. 27S
occupe la partie la plus élevée de ce rocher escarpé ; cet antique château servit de prison d'Etat sous l'empire. I.ord Elgin, le major Russillon et Charles d'Hozier y lurent renfermés â celle époque * ; il est occupé par une petite garnison et on obtient facilement la permission de le visiter, i.a vue dont on y jouit est magnifique. — l’Ius loin est un ancien pont sur le gave, qui occu|>e le Cirque. Le torrent se déploie sur un beau lapis de verdure, au milieu d'accidents qui donnent un aspect imprévu et nouveau pour les yeux accoutumés â l'uniformité des plaines.
Lourdes appartint aux Anglais jusqu'après le traité de Hreligny : le duc d'Anjou l’assiégea en 1374; le gouverneur Arnaud de Viri le défendit vaillamment. L’histoire a conservé un bel exemple de fidélité donné par un châtelain de Lourdes.
Un contemporain, Belle-Forêt, au service du comte de Fois, rapporte qu'Armanô de Béarn fut mandé par ce comte à Orthez.. • Quand il dut partir, il vint à Jehan de Béarn, son frere, présents les compagnons : Monseigneur le comte de Foix me mande, irai; si veux que ne rendiez le chàiel de lourdes qu'au roi d'Angleterre, mon seigneur naturel, de même que je le liens : ainsi le jura. Avmt que le troisième jour qu'il fut arrivé à Orthez, en présence île plusieurs chevaliers, écuyers, le comte de Foix lui fil commandement de mettre le châtel pour le duc d’Anjou. Armand fut tout ébahi. Vraiment vous dois-je foi et hommage, car je suis pauvre chevalier, de votre sang et de votre terre; mais le châtel ne rendrai-je ja... Vous m’avez. mandé, si pouvez faire de moi ce que vous voudrez. A personne ne le rendrai-je qu’au roi d’Ar.glelerre.... Quand le comte de Foix entendit cela, tirant sa dague : Oh! oh ! traître, as-tu dit que non! et le férit de cinq coups de sa dague, sans que les barons et chevaliers osassent aller au devant. Le chevalier disait : Oh! monseigneur, vous ne faites pas gentillesse, et mourut bientôt après. »
Lourdes, chef-lieu de canton, siège d'un tribunal de première instance, possède une prûon cellulaire curieuse à visiter. La belle propriété de M. Dauzat-Dambarère renferme une caserne de remonte contenant 400 chevaux. Un peu
1 Consulter la < ArontV/ue de Lourdti , par M. de l.agn ze, dont il y a on dépôt A l'hôtel I.afTit t<-
plus loin est la ferme-école fondée par M. Rauzat, qui possède un grand nombre de brebis pour la production, de beaux moutons pour la tonte, et des vaches laitières.
Commerce : Fabrique de toiles de lin, mouchoirs, crépons, vaches, laitières.
Pharmaciens : MM. Lapeyrère et Pailhassou ; ce dernier, renommé pour son chocolat stomachique et ses sirops, et quelques-uns des tableaux qui décorent le salon de son établissement.
Géologie. — Les environs de Lourdes présentent de vastes montagnes formées de calcaire de transition, contenant quelquefois des couches épaisses de scliislc argileux (ardoise). Ce calcaire et ce schiste sont la continuation de ceux que l’on observe à Campan, à Bagnères et à Labassère. Carrière de marbre à visiter.
On trouve aussi quelques roches d’ophite , espèce de porphyre vert noir avec des cristaux de feldspath. Cette roche plu tonique paraît due à des soulèvements partiels, agissant sur des points isolés et seulement au pied des Pyrénées, ce qui a causé des désordres dans la stratification et l’horizontalité des terrains crétacés qui se montrent dans celte partie île la chaîne.
Cavernes, Grottes. — Il faut visiter la grotte du Loup et celle des Spclugucs. C’est l’objet d’une promenade agréable. On y pénètre sans trop de difficulté. Trois anfractuosités ou crevasses se présentent aux regards : à l’extrémité de celle du milieu est un précipice dont il est difficile de déterminer la profondeur. Lorsqu’on y jette une pierre, l'eau bouillonne sourdement. Ces grottes sont habitées par des chauves-souris.