DE LUZ A BARÉGES.— BAREGES
La montagne située sur le côté septentrional de la rive gauche offre dans l’ombre une petite forêt bordée par un affreux ravin ; la montagne opposée, longtemps éclairée par le soleil, offre au milieu de ses ruines de larges plateaux bien cultivés, où d’en bas l’on n’avait soupçonné que des rebords étroits et stériles. C'est de ce côté que viennent les lavanges. L'autre côté y est moins sujet.
L’air de Baréges est tel que le plus souvent on s’y chauffe pendant les plus beaux mois de l’année. Baréges , dont les ours s’emparent quelquefois quand on le quitte, n’est habitable que pendant quatre ou cinq mois de l'année. Les gens du pays en partie en descendent au commencement d’octobre, et vont attendre dans leurs autres villages le retour de la saison des eaux.
« Enfin Baréges, dit M. Pâtissier, est d’un aspect si triste et si sauvage, que sans ses eaux merveilleuses personne ne voudrait y séjourner trois semaines. Burëges n ‘était , il y a cinq cents ans , qu’un cloaque impur où croupissaient tics eaux minérales sous un amas de débris granitiques; sa renommée est toute moderne, et ne date que du voyage de MmB de Maintenon , qui accompagnait le jeune duc du Maine. Placé presque au sommet d’une vallée étroite , ce village est abrité au nord et au midi par de très-hautes montagnes, au milieu desquelles coule un torrent impétueux connu sous le nom de Gave ou Bastan; il consiste en une seule rue longue et spacieuse, qui h ses extrémités présente les maisons destinées aux étrangers, et au milieu l'établissement thermal entouré de baraques couvertes de planches ou de toile cirée, qui, élevées au mois de mai, disparaissent au mois d’octobre. Pendant l'hiver, les avalanches , la neige, le froid n’en permettent le séjour qu’à trois ou quatre pasteurs préposés à la garde des maisons et des meubles. Baréges ne devient habitable qu’à la fin d’avril ; pendant l’été, les variations atmosphériques sont si brusques qu’il faut bien se vêtir en tout temps. Mille à douze cents étrangers, sans comnter les militaires, peuvent s’y loger; le voyageur est étonné d’y trouver des maisons propres, bien distribuées, des restaurants et des cafés bien servis, une pharmacie, une société brillante et nombreuse, en un mol tout ce qui peut serviraux nécessitéset aux agréments de la vie. Louis XV rendit Baréges commode aux militaires, en v élevant un hôpital
renommé dans toute l’Europe par les guérisons qui s'opèrent chaque année sur un grand nombre de soldats et d'officiers. »
Baréges est situé à 1,245 mèt. au-dessus du niveau de la mer, et à 800 mèt. du point où s’arrête la végétation des arbres.
Baréges est à 831 kR. de Paris, 270 de Bordeaux, 205 de Toulouse, 57 de Tarbes, 78 de Pau, 31 de Cauterets, 9 de Saint-Sauveur, 57 de Bagnères-de-Bigorre.
Nomenclature des sources. — Analyse et Propriétés.
On ignore à quelle époque furent découvertes les eaux thermales de Baréges, les plus élevées des Pyrénées; mais on sait que, malgré le voyage de Mn>e de Mainlenon, qui commença leur célébrité en y conduisant en 1675 son royal pupille , elles ne furent fréquentées longtemps encore que par les habitants des vallées voisines, que ne décourageaient pas les difficultés de leur abord. Les premiers bains y furent construits en 1735; maintenant des roules sûres y conduisent; des maisons élégantes y ont été élevées, et malgré l’âpreté de son climat nébuleux, l’altluence annuelle des favoris de la fortune y ramène à leur suite toutes les jouissances de la vie.
Les sources actuelles de Baréges portent encore les mêmes noms qui leur avaient été donnés autrefois.
TEMPERATURE