DE PARIS A CHERBOURG
370 kil. Chemin de fer, embarcadère, rue d’Amsterdam, B. 2 conv. par jour, trajet en to h. r* cl. 4i fr. 55 c.; 2* cl. 31 fr. 15 C.; 3* cl. 22 fr. 85 C.
239 kil. de Paris à Caen , voir R. 156.
Au delà de Caen , on passe près de la Maladrerie , hospice fondé pour des lépreux par Henri II d’Angleterre, transformé en une maison centrale de détention.
252 kil. Bretteville-V Orgueilleuse, ou Bretteville - sur - Laize , v. de 1 109 hab. , dont l’église a un beau clocher, moins beau cependant que la flèche à jour de Norrey , que l’on aperçoit à g. de la voie. *
259 kil. Audrieu, v. de 270 hab.
267 kil. Bayeui (hût. : du Luxembourg , le Grand-Hôtel , du Lion-d’Or) .
V. de 9667 hab., située sur l’Eure, à 12 kil. de la mer. Les druides y eurent une école célèbre. Les ducs de Normandie y résidèrent. Aujourd’hui elle est un chef-lieu d’arrond. du Calvados et le siège d’un évêché. Elle fabrique des toiles et tissus divers, des dentelles et du cidre justement renommé. Tous les samedis, il s’y tient un marché considérable, où l'on voit
de curieux costumes des environs. — La cathédrale de Bayeux est fort ancienne; mais il ne reste de l’édifice primitif, détruit par l’incendie de 1106, que les arcades de la nef. L’édifice actuel est postérieur à ce désastre. La façade occidentale, dont les trois porches sont ornés de charmantes sculptures , est surmontée de deux pyramides hautes de 75 mèt. (celle du S. n’a été bâtie qu’en 1424). Au-dessus du chœur s’élève une tour octogone de 73 mèt., de style grec, bâtie en 1714. L’intérieur a’ 102 mèt. de. long et 24 mèt. de large. On y remarque surtout les sfalles eh bois sculpté. Sous le chœur règne une crypte fort ancienne. — La chapelle du séminaire, près de l’Hôtel-Dieu, intéressera les archéologues; mais tous les étrangers devront visiter la célèbre tapisserie exposée maintenant dans une salle de l’hôtel de ville. En effet , cette broderie, attribuée à la reine Mathilde, femme de Guillaume le Conquérant, représente, en 55 tableaux, sur une toile dé lin parfaitement conservée, de 50 cent, de haut sur 68“,87 de long, les principaux événements de l’histoire de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. —La bibliothèque date de 1834; le musée, de
283 kil. Le Molay.
295 kil. Lison, v. de 665 hab., station où le chemin de fer se bifurque.
L’embranchement de g. se dirige sur Saint-Lô, voir R. 155.
305 kil. Isigny , V. de 2577 hab. , située au fond d un golfe formé par la Manche, et renommée pour son beurre et pour son cidre.
313 kil. Carentan (hôt. : de la Place, d’Angleterre) , V. commerçante de 3025 hab. , située au milieu dé vastes marécages, fortifiée en 1740 par Vauban, aujourd’hui démantelée. L’église est un édifice goth i que du xv* siècle, dont plusieurs parties sont de construction romape. Le port de Carentan communique avec la mer au moyen d’écluses placées au confluent des rivières d’Ouves et de Tante , et par un canal avec Saint-Lô Bt’Viré. — Le bétail du Cotentin a une réputation méritée.
325 kil. Chef-de-Ponl , v. de370hab.
33.") kil. Montebourg , b. de 2261 hab., qui a conservé des ruines pittoresques de l’église de son abbaye.
343 kil. VnlogneN (hôt. du Louvre) , V. de 5702 hab. , située sur le Merderet, chef-lieu d’arrond. du dép.
de la Manche , fait un grand commerce <i£ beurre salé, de toiles et de poissons. Ses andouilles sont renommées, ainsi que ses homards. — Son église date du xv' siècle. — Sa bibliothèque compte 12000 volumes et 108 manuscrits.— On peut visiter dans les environs les ruines romaines d’Alauna et de nombreux châteaux. — Correspond, our Saint- Sauveur- le -Vicomte (14 il.), qui possède de pittoresques ruines d’un château et d’une abbaye.
Excursion à la Hougue (3 kil:) , V.
maritime (port fortifié) de 3500 hab. , célèbre par la bataille navale de 1692, qui détruisit la flotte préparée par Louis XIV pour porter en Angleterre le prétendant Jacques II. — A 7 kil.
de la Hougue se trouve Bar fleur , V.
de 1185 hab. ,qui a bien décnude son importance passée (elle fut longtemps un des ports les plus fréquentés ae la Manche) , et dont le remarquable phare (â 1 kil.) fut construit en 1235.
352 kil. Sottevast, b. de 1100 hab.— Correspond, pour Briquebec (7 kil.), v. de 3998 hab. (Couvent de trappistes.) . . .
359 kil. Cnuville, v. de 700 hab.
365 kil. Uartinvast , v. de 810 hab. , près duquel on remarque un beau dolmen.
370 kil. Cherbourg; (hôti:de l’Europe , sur le quai ; d’Angleterre , quai du Bassin; du Commerce, rue de la Fontaine; de France; du Louvre), V.
maritime de 38309 hab. , située à l’extrémité N. de la presqu’île du Cotentin, à l’embouchure de la Divette, au fond de la baie comprise entre le cap Levi à l’E. çt le cap la Hague à l’O. ; port militaire, arsenal, place de guerre de lr* classe; chef- lieu d’arrond. du dép. de la Manche et chef-lieu d’arrond. maritime. — Son château existait au xi* siècle. — Guillaume le Conquérant y fit élever une église et un hôpital. Mathilde, fille de Guillaume le Conquérant, y bâtit une église à l’en-
droit où, revenant d’Angleterre, elle réussit à débarquer après une tempête (1145), dans l’anse de Chantereyne, qui fait partie du port de Cherbourg. Brûlée deux fois par les Anglais, elle les repoussa en 1346. Elle passa successivement au pouvoir de Charles le Mauvais, des Français, puis des Anglais, auxquels elle servit longtemps de point de débarquement., Charles VII la reprit après un long siège. Ses fortifications, commencées par V auban en 1 686 , après la destruction des vieilles murailles, furent abandonnées avant d’être terminées, et même rasées, ce qui permit aux Anglais, q'ui s’en rendirent maîtres pendant sept jours, de détruire le port et les jetées et de lever une contribution sur les habitants. Louis XVI avait compris l’importance de Cherbourg comme port militaire. L’ingénieur de Cessart inventa, pour fermer la rade au moven d’une aigue placée en travers de la baie, d’immenses cônes tronqués de 45 mêt.. de diamètre à la base, 19 mèt. au sommet et 19 mèt.' de hauteur, qu’on remplissait, après les avoir submergés , de 10000 mèt. cubes de pierre. Louis XVI assista à l’immersion du huitième cône. Les montants de bois ayant faibli dans plusieurs parties, on se contenta de couler des pierres à l’endroit où l’on voulait élever la digue. Ce procédé, plus simple, réussit mieux. Les travaux, poussés activement sous les gouvernements qui succédèrent à celui de Louis XVI , et notamment sous Napoléon I", Louis-Philippe et Napoléon III, sont terminés. Ils ont coûté, jusqu’à nos jours, 200 millions de francs. Ils ont été inaugurés' (voir cidessous, le bassin) le 7 août 1858, par l’empereur Napoléon III, en présence de la reine Victoria.
Tous les, étrangers visiteront avec intérêt ces gigantesques travaux , qui se composent de trois'ordres d’ouvrages distincts :
1» La digue , construite au N. de la rade, qu’elle couvre. Elle se divise en deux ouvrages, la jetée et la muraille. La jetée est formée de pierres immergées au fond de la mer, et dont iine grande partie provient-de fouilles pra-
FRANCE
tiquées dans le gneiss pour le creusement du port militaire. Essentiellement sous-marine; elle s’élève en talus très-incliné jusqu’au niveau des basses mers. Sa base a parfois 200 mèt. de de largeur; son sommet se termine par une plate-forme nivelée dont la largeur atteint jusqu’à 60 mèt. Sur cette- jetée a été fondée la grande muraille maritime , découverte à la basse mer et submergée aux deux tiers à la marée haute. Pour la garantir des affouillements de la naer, on a recouvert la basse berge d’un lit de blocs artificiels de 20 mèt. cubes chacun. Cette muraille, chef-d’œuvre de construction maritime, a pris, par suite de l’agrégation des matériaux , due à l’emploi des ciments à prise lente et à prise instantanée, le caractère d’un véritable monolithe de 3500 mèt. de long , de 9 mèt. d’épaisseur à la couronne, et de 9”, 28 au-dessus du niveau des basses mers. Le parapet de la plate-forme a 2“,50 d’épaisseur sur 1“ ,66 d’élévation. La construction de la digue seule a coûté 67 millions de francs, soit environ 18000 fr. par mèti£ courant;
2" Les travaux du port militaire , décrétés parle Premier Consul en 1801.
Ils consistent en trois bassins : 1* un avant-port. Creusé sous le premier Empire, il fut inauguré en 1813, Sa superficie est de 7 hectares ; 2" un bassin de flot, creusé sous la Restauration, inauguré en 1829. Sa superficie est de 6 hectares et demi ; 3° l'arrièrebassin , inauguré le 7 août 1858. Sa superficie est de 8 hectares et demi.
Les trois bassins réunis présententune superficie de 22 hectares et peuvent contenir aisément 40 vaisseaux de haut bord. Ils sont munis de cales de construction et de formes de visite pour la construction et le radoub des vaisseaux dè la flotte impériale. Indépendamment des arsenaux , ateliers et magasins de la marine, groupés autour de ses bassins, l’enceinte fcastionnée du port militaire contiendra les casernes de l’infanterie et de l’artillerie de la marine, ainsi que l’hôpital militaire.
La rade de Cherbourg, formée par la digue, présente une superficie de
1000 hectares, dont les fonds sont variables et en grande partie inaccessibles, pendant la basse mer, aux grands navires.- La partie accessible aux vaisseaux de ligne offre un mouillage réel de 200 hectares de superficie ;
3* Les ouvrages de défense élevés par le génie militaire. Une ligne de 7 forts, dont les batteries blindées soift à l’épreuve de la bombe, défend les approches du côté du large, et ferme l’entrée des passes de la rade. Deux forts défendent l’entrée des bassins militaires. Du côté de la terre, le fort du Roule, situé au S., domine la ville, et relie un système de 6 redoutes destinées à couvrir la ville et le port du côté de la terre.
Mentionnons encore à Cherbourg, outre 1 e port marchand , consistant en un avant-port et en un bassin long de 408 mèt. et large de'127 mèt., dans lequel une écluse de 120 mèt. de largeur retient, au fhoment de la marée, la quantité d’eau nécessaire pour que les navires puissent flotter. — L’église de la Sainte - Trinité , bâtie vers 1450 au bord de la mer. — La chapelle de Notre-Dame du Fceu, bâtie sur l’emplacement de celle que fonda la reine Mathilde d’Angleterre, voir ci-dessus.
— L’hôtel de ville, situé sur la. place d’Armes. Un obélisque fut élevé sur cette place en 1814, en l’honneur du duc de Berri. Le musée, installé dans les bâtiments de l’hôtel de ville, renferme quelques bons tableaux de l’école française et de l’école espagnole.
Il est ouvert tous les jours aux éfraners, et le dimanche au public. — La ibliothèque compte 61 448 volumes et 34 manuscrits.
Excursion de Cherbourg à (6 kil.) Querqueville , ham. dont l’église est un des plus anciens édifices du N. O.
de la France. Querqueville possède un phare et un fort construit en face de celui de la Roche-Chpvagnac. Tous deux servent à défendre l’entrée de la rade du côté de l’O.
Des bateaux à vapeur font un service régulier entre Cherbourg et le Havre. — Un autre service met Cherbourg en communication directe avec Weymouth (trajet en 5 heures), voir l’Angleterre.
<37 kil. Chemin de fer, embarcadère, rue d’Amsterdam , i3. De 5 à 6 conv. par jour, trajet en 3 h. 45 m. par trains express, en t* h. 55 m. trains omnibus. re cl. is fr. 35 c.; 3* cl, Il fr. 50 C.; 3* cl. 8 fr. 45 c.
Le chemin de fer passe sous les Bâti gnolles-Monceaux , laisse à g. l’embranchement d’Auteuil, traverse les fortifications, laisse à dr. Clichy-la Garenne, franchit la Seine à Asnières, voir Environs de Paris. Là il se .bifurque, laisse à g. l’embranchement de Versailles, àdr. celui d’Argenteuil, et plus loin à g. , au delà de Colombes , celui de Saint-Germain-. On traverse la Seine près de Bezons et en arrivant à
17 kil. Maisons ou Maisons- Lafitte (hôt. Talma), v. de 1500 hab. Le château a été bâti par Mansart pour René deLongueil, surintendant des finances vers 1650. Voltaire y a composé Marianne et une partie de la llenriade. 11 appartenait, avant la Révolu tion, au comte d’Artois. Napoléon Irl le donna au maréchal Lannes, duc de Montebello, et il devint plus tard la propriété de M. Lafitte.
22 kil. Confions, station établie au milieu de la forêt de Saint-Germain, pour desservir Conflans-Sainte-Honorine, qui se trouve sur l’autre rive de la Seine, à l’embouchure de l’Oise.
27 kil. «*oi**y (hôt. de Rouen), V.
ancienne de 4951 hab., a vu naître, dit-on, saint Louis (24 avril 1215), qui aimait à s’appeler Louis de Pôissy On montre encore dans la belle églisi paroissiale , mélange des styles roman et gothique flamboyant, — les fonts qui, suivant la tradition locale, servi rent à son baptême. Une conférence célèbre fut tenue à Poissy (1561) entre les catholiques et les protestants.
Poissy possède une maison de correction qui peut renfermer 1500 détenus.
Des marchés considérables de bes tiaux se tiennent tous les jeudis à Pôissy, pour l’approvisionnement de Paris.
35 kil. Triel, b. de 1900 hab. L’é-
glise paroissiale , de style ogival du xvi' siecle, renferme de beaui vitraux.
41 kil. Meulan , petite V. de 2048 hab. ,* située sur la rive dr. de la Seine, a joué un rôle important dans l’histoire du moyen âge. Son église est fort ancienne.
49 kil. Épône, v. de 1000 hab., possède des antiquités celtiques et gallo-romaines, et une église du xn* siècle.
57 kil. mante* , nommée encore Mantes-la- Jolie (hôt. : du Grand-Cerf, de la Chasse-Royale) , V. de 5046 hab. , agréablement située sur la rive g. de la Seine, jadis fortifiée, chef-lieu d’arrond. du dép. de Seine-et-Oise.
Vëglise Notre-Dame, bâtie au xm* siècle par Eudes de Montreuil, d’après les ordres de Blanche de Castille et de saint Louis, a une belle façade composée de trois portails et de deux tours fort élevées. — La tour de Saint- Maclou , qu'on voit à g. , dernier reste de l’église de ce nom, fut construite de 1340 à 1344. — Le pont actuel est dû à l’ingénieur Perronet.
Le chemin.de fer se bifurque : l’embranchement de g. se dirige sur Evreux, Caen, Cherbourg, voir B.
156 et 157.
63 kil. Rosny , v. de 700 hab. Son château, où naquit Sully (1560), fut, de 1818 à 1830. la résidence d’été de la duchesse de Berri.
OR traverse le tunnel de Rolleboise, de 2646 mèt de longueur, et dont 800 mèt. ont été creusés dans le roc vif. La montagne s’élève, dans sa partie centrale, de 75 à 80 mèt. alidessus du tunnel.
69* kil. Bonnières, v. de 800 hab. , situé sur la rive g. de la Seine.
80 kil. Trrnoa (hôt. : du Grand- Cerf, du Lion-d’Of) , V. de 7674 hab. , située sur la rive g. de la Seine, possède : une église dont quelques parties remontent aux xn* et xm*' siècles; un hôpital fondé par saint Louis; une tour, reste de son château. Le château de Bixy (I kil.) fut la propriété de la duchesse douairière d’Orléans, mère de Louis-Philippe.
93 kil. Gaillon, b. de 3578 hab. Le château , élevé polir le cardinal Georges d’Amboise, par les architectes Jean
FRANCE
Joconde et Androuet du Cerceau , possédait un merveilleux portique de Pierre Fain (1509), un des, plus beaux spécimens du style de la Repaissance.
Ce portique , sauvé par A. Letioir à l’époque de la démolition du château, se trouve actuellement dans la cour de l’École des beaux-arts , à Paris. A la
lace de cette magnifique résidence
es archevêques de Rouen , on a construit une maison centrale de correction (1200 détenus). — On peut voir aussi à Gaillon uue fontaine pétrifiante.
Correspond, pour (11 kil.) le» Anclely», V. de 5026 hab. , chef-lieu d’arrond. du dép. de l’Eure, qui a élevé, en 1851, une statue d N. Poussin.
On traverse les deux tunnels du Roule (1720 mèt. de longueur, 59 met.
au-dessous du sommet de la montagne) et de Venables.
107 kil. Saint-Pierre , v. de 430 hab. , station qui dessert (fi kil.) i.onvler»
(hôt.: de Rouen, du Mouton-d’Argent, du Grand-Cerf), V. manufactur. 1 de 10611 hab., située sur l’Eure et jadis fortifiée, aujourd’hui chef-lieu d’arrond. du dép. de l’Eure. — Ses nombreuses fabriques de draps, renommées npur leurs produits, occupent de 7 à 8000 ouvriers. On évalue à 50 000 le nombre des pièces de drap qui en sortent chaque année. — L’egiise Notre-Dame a été construite à différentes époques. Le grand portail de l’O. remonte à 1220; le portail du S. est de 1496.
Au delà de Saint-Pierre, on franchit la Seine (un peu avant l’embouchure de l’Eure) sur un pont de 6" arches de 30 mèt. d’ouverture.
119 kil. Pont de l’Arche, V. de 1699 hab., fondée sur la rive g. de la Seine en 85A, par Charles le Chauve.
La njarée se fait sentir jusqu’à son pont, reconstruit il y a peu d’années.
Son église gothique, inachevée' et mutilée, renferme des vitraux remarquables.
124 kil. Tourville, v. dedOOO hab., située sur la rive dr. de la Seine, .est la station d’Klbcuf (hôt. : du Bœufd’Oretdu,Lion-d’Or), Y.de 18821 hab., située sur la rive g. de la Seine. Ses I
manufactures, depuis longtemps célèbres, fabriquent annuellement pour 50 millions de drap et occupent 15000 individusdans la ville même, et environ 20000 dans les communes environnantes, — Ses deux églises paroissiales, Saint-Étienne et Saint-Jean, renferment 'de remarquables vitraux du xv« et du xvi* siècle. — Voit» pour Dieppe et le Havre. — Service de paquebots pour Rouen.
Au delà de Tourville, on traverse un tunnel de 445 mèt. de long, puis on franchit la Seine sur un pont de 10 arches, divisé en deux parties.
126 kil. Oissel , v. manufactur.' de 3589 hab. , occupés à la filature du coton. On entre par le faubourg de Saint -Sever à
1 37 kil. Bouen (rive g., arrivée), Rothomagus ( Omnibus : les Rouennaises,pour le transportées voyageurs et de leurs bagages : 40 cent, par voyageur sans bagages ; 1 fr. avec bagages (60 kilog.), 10 cent, par 20 kilog. au-dessus. — Hôtels : d’Albion ; d’Angleterre , sur le quai ; de Normandie , rue du Bec ; Vatel , rue dés Carmes; du Nord Grande-Rue; des Messageries, rue du Iîeci des Augustins, des Empereurs, surlequai ;duMidi, rue des Charrettes. — Restaurants : Le Pec ; Ifiesse; Heurtevent, sur le cours Boïeldieu; Busmont, place du Vieux- Marché. — Cafés : Thillard, rue des Charrettes: Fontaine, même rue. — Poste aux lettres , quai du Havre , hôt.
Quévremont; bureau supplémentaire, place des Carmes. — Poste aux ' chevaux, rue de Fontenelle, n. 29.)
Rouen, grande et ancienne V. de 103 323 hab. , est située sur la rive dr. delà Seine, traversée paf les trois petites rivières de la Robec, l’Aubette, et la Renelle , au pied de collines qui l’entourent presque entièrement. Comprise, sous les Romains, dans la detixiêîue Lyonnaise, accordée par Charles le Simple , avec la main de sa fille, à Rollon , premier duc normand , qui reçut en même temps le territoire qui l’environne; capitale de la Normandie, réunie sous Guillaume le Conquérant à la couronne d’Angleterre, à la couronne de France sous Charles Vfl; elle est aujourd’hui le
chef-lieu du dép. de la Seine-Inîér rieure, le siège d’un archevêché, le chef-lieu de la 15* division militaire, le siège d’une académie universitaire, d’une école normale, d’une école de soùrds-muets, d’une école secondaire de médecine. On cite, parmi les hommes illustres qu’elle a vus naître : les deux Corneille , Boïeldieu , Fontenelle , Jouvenet. — Elle fait un commerce considérable d’étoffes de coton connues sous le nom de rouenneries , de dragées, de confitures, de sucre de pommes fort estimé.
Son port, formé par la Seine, large en cet endroit de 27 7 mèt. , et profonde dp 6", 49, est sûr et commode. Depuis que la Seine a été canalisée en aval de Rouen, il est accessible aux navires de 7 OO à 800 tonneaux.
ÉDIFICES RELIGIEUX
La cathédrale, ou Notre-Dame, détruite en 1200, fut rebâtie durant plusieurs siècles. L’avant-portail et la partie supérieure de la façade sont dus aux cardinaux Georges d’Amboise (l’oncle et le neveu : 1509-1530). Les parties inférieures, d’un style plus pur, sont du xiii' siècle: les bas-reliefs des trois portes d’entrée ont été mutilés en 1562 par les calvinistes. Du sommet de la tour du N. de ce portail (la tour de Saint-Romain, qui renferme le beffroi) , on jouit d’un magnifique panorama. La tour du S. (tour de Beurre) , bâtie de 1485 à 1507, haute de74",70, est couronnée par une élégante galerie. Elle contenait la fameuse cloche Georges d’Amboise , qui pesait 36 000 livres et qui fut convertie, pendant la Révolution , en canons et en gros sous, la flèche centrale, qui remplace celle de bois que détruisit la foudre en 1822, élevée en fer fondu sur les plans de M Alavoine, a 143 mèt. de hauteur à partir du sol. — Le portail du N., commencé en 1280, achevé en 1478, ■“:I des Libraires, et le
t î- dit de la Calende, con-
portail ou 'près à la même époque, struit a r ^^ment d’attirer l’attention, jnéritenttb je Notre-Dame, depuis
L’intefie 1 -jj msqu’à la chapelle delà
le grandjfpSUre 13Gmèt.; lachapellede
Vierge, oe 29", 30. La hauteur
la Vierge mesu
de la nef est de 28 mèt. L’architecture est de la première période du style ogival. Le choeur, séparé delà nef par un jubé moderne du style grec, fut construit entre 1280 et 1309. Les stalles , dé'<1467 r sont ornées de sculptures curieuses ; les plus beaux vitraux (xiii* siècle) décorent les chapelles qui régnent autour du chœur. Trois ta*blettes de marbre , incrustées dans le pavage du sanctuaire, indiquent la place où reposait le cœur de Richard Cœur de Lion , et où reposent encore les testes' d’Henri le Jeune, son frère, et ceux du duc de Bedford, mort en.
1435. La chapelle de la Vierge possède un tableau de Philippe de Champagne (l’Adoration des b.ergers), et trois tombeaux appartenant à trois époques diffé- . rentes. Le plus ancien, de stvle gothique pur, est celui de Pierre ae Brézé, tué à la bataille de Montlhéry (1465).
A côté de ce tombeau est celui de Louis de Brézé , petit-fils du précédent , mort en 1531 , grand sénéchal de Normandie. Diane de Poitiers, sa femme, lui fit élever ce monument , l’une des plus brillantes productions de la Renaissance, attribuée à Jean Goujon ou à Jean Cousin. 11 est orné de trois figures : celle du duc à cheval, celle de sa nourrice , celle de sa veuve , et enrichi d’une épitaphe menteuse. Le tombeau des cardinaux d’Amboise, sur le côté dr. de cette chapelle , est placé dans l’épaisseur de la muraille. Il fut achevé en 1522, à l’époque de transition entre l’art gothique et celui de la Renaissance. Mentionnons encore , parmi les tombeaux que contient la cathédrale , celui de Rollon , dans la dernière chapelle de l’aile dr. de la nef, en remontant vers le chœur, et vis-à-vis, dans le collatéral opposé, celui de son fils , Guillaume Longue-Epée.
Véalise Saint-Ouen, l’un des plus parfaits édifices gothiques qui soient au monde , surpasse la cathédrale par la pureté ae son style et la hardiesse de sa construction. Elle faisait partie de l’ancienne abbaye de Saint-Ouen.
La première pierre en fut posée en 1318, par l’abbé Jean-Roussel Marcd’Argent. Le chœur, les chapelles et la majeure partie du transsept furent terminés dans l’espace de 21 années;
FRANCE
mais la tour et la nef ne furent élevées que dans le xv* siècle, et même dans le commencement du xvi*. Au-dessus du transsept s’élève une tour de 95" , 77 , composée de plusieurs étages à jour avec fenêtres en ogive, et terminée par une couronne octogonale fleurdelisée. Le portail méridional, appelé des Marmousets, en raison des innombrables figures qui y sont sculptées, mérite une attention particulière. — La nef, longue de 136 mèt. , haute de 32”, 48, est d’une rare légèreté; ses piliers sont dépourvus de chapiteaux.
Les trois roses sont magnifiques, et tous les vitraux sont peints. L’intérieur tout entier de l’édifice se trouve réfléchi dans l’eau du bénitier placé à l’entrée de la nef. L’architecte de Saint- Ouen repose dans la chapelle Sainte- Agnès (la deuxième à g. (lu choeur). Il se nommait Alexandre de Bemeval, et, suivant la tradition, il tua son élève par jalousie. On peut remarquer , à l’angle du transsept, du côté de l’E. , une tour normande dans le stvle du xi* siècle , reste d’une église plus ancienne : on l’appelle la Chàmbre aux clercs. Un jardin public bien dessiné, mais de petite dimension , entoure l’église dans sa partie S. E. et N. E. ; il fait face à l’hôtel de ville.
L’église de Saint-Maclou , située près du quai, a un portail composé de trois porches, et qu’on regarde comme un. des beaux spécimens du style gothique fleuri du xv* siècle. On remarque surtout les portes, d’une exquise délicatesse de sculpture (elles sont attribuées à Jean Goujon), l’escalier circulai re qui conduit à l’orgue, les Vitraux.
L’église Saint - Patrice , bâtie en 1535, possède d’admirables vitraux du xvi' siècle. — L’église Saint-Gerrais , située au haut du faubourg Cauchoise, passe pour l’un des plus anciens temples chrétiens de France. Sa crypte paraît remonter au iv* siècle. Le chevet de l’église , qui repose sur cette crypte, est de la première époque normande. Guillaume le Conquérant mourut (1087) au monastère de Saint - Gervais, auquel appartenait cette église. — L’église de Saint-Romain , construite en forme de croix grecque, date de 1676. — L’égliie Saint-Godard
a de beaux vitraux. — Sainte-Madeleine, de construction moderne (ordre corinthien), est, attenante à l’Hôtel- Dieu. — Saint-Éloi , sur le marché de la volaille, a été transformé en temple protestant.. — Saint - Vincent , jolie église gothique , est surmontée d’une tour carrée.
Rouen compte, en outre, 15 autres églises qui ont cessé d’être consacrées au culte.