MONUMENTS CIVILS ET ÉTABLISSEMENTS REMARQUABLES
L’hôtel de ville, vaste bâtiment moderne touchant au transsept septentrional de l’église de Saint-Ouen, était le dortoir des religieux. La façadb occidentale est ornée de colonnes corinthiennes. Il renferme au deuxième étage la bibliothèque publique (ouverte tous les jours, excepté le jeudi et le dimanche) , qui contient 1 10 000 volumes et 2355 manuscrits , parmi lesquels on cite le Graduel d'Aubonne, orné de 200 miniatures: et les salles du musée (ouvert les jeudis et les dimanches), l’une des plus importantes collections de tableaux des départements. On y remarque : une Vierge, de Van Eyck"; une Visitation, du Pérugin; une belle copie de la Madone de Saint-Sixte par Raphaël; une Extase de saint François, par Annibal Carrache; une Mort (le saint François, par Jouvenet; un Ecce Homo, par Mignard; une Conversion de saint Matthieu , par Valentin, et quelques autres tableaux remarquables de Pœlenbourg, Ruysdaël, Jordaens, Salvator Rosa, Restout, et d’artistes modernes, entre lesquels nous citerons M. e! Delacroix.
Le palais de justice, l’un des plus intéressants monuments de l’architecture gothique civile, a été élevé de 1493 à 1499. La façade a une étendue de 66 mèt. L’aile g*, est presque entièrement occupée par la salle des Procureurs (1493), longue de 48”, 72, large de 16", 24, et dont la voûte, ressemble à la coque d’un navire renversé. Le bâtiment qui doit, après l’achèvement des travaux, former le milieu de l’édifice ( a été construit, en 1499, par Louis XII, pour la Cour de l’Échiquier de Normandie. Les piliers angulaires
des trumeaux, chargés de dais, de statues et de clochetons ; les sculptures délicates des fenêtres; la balustrade de plomb qui- termine le toit; l’élégante tourelle octogone qui divise cette façade en deux parties égales, sont de la plus grande beauté. On travaille à la reconstruction de l’aile dr.
dans le style primitif. La salle où se tiennent aujourd’hui les assises, ancienne grand’chambre du parlement de Normandie, est regardée comme l’une des plus belles du N. de la France.
La tour de la Grosse-Horloge , dans la rue pittoresque qui porte son nom, date de 1449. Elle est ornée de curieuses sculptures, et renferme la cloché dite d’argent, qui sonne encore aujourd’hui le couvre-feu de l’époque narmande , à 9 h. du soir.— Les sculptures de la fontaine voisine de la tour représentent Alphée et Aréthuse. — Deux vieilles maisons de la même rue, n" 115 et 129, méritent la visite des amateurs. — L'ancien hôtel de ville, entre la rue Massacre et la rue Thouret, est un intéressant monument du xvi" siècle. — L’ancten hôtel du Bourgthefoulde , bâti à la fin du xv' siècle et au commencement du xvi”, par Guillaume le Roux, seigneur du Bourgtheroulde , forme un édifice carré , orné à l’intérieur d’une suite de bas-reliefs, dont les plus remarquables représentent l’entrevue d’Henri VIII et de François I" au camp du brap-d’Or.
Il est situé à l’angle occidental de la place de la Pucelle, appelée aussi Marché aux veaux. C’est sur cette place que Jeanne d’Arc fut brûlée vive en 1431, comme sorcière et hérétique, à l’endroit même où s’élève une statue insignifiante, qui surmonte une fontaine. Ce n’est que 24 ans après son supplice, qu’une bulle du pape proclama son innocence , et qu’une croix fut élevée sur le lieu de son supplice.
On peut encore visiter à Rouen :
V Hôtel-Dieu, dont les vastes bâtiments sont bien appropriés à leur destination; — le bâtiment ‘nommé les Halles , où se fait la vente des toiles , et situé sur l’emplacement de l’ancien palais des ducs de Normandie. La halle aux grains occupe undes quatre côtés de ce bâtiment. Un monument de la
Renaissance s’élève au milieu de la façade N. Là, au premier étage, avait lieu, tous les ans, au jour de l’Ascension , la levée de la Fierte pour la délivrance d’un criminel; — l’hôtel de la préfecture, rue de Fontenelle; — le musée d'antiquités , établi dans le couvent supprimé de. Sainte-Marie. Fondé par l’administration municipale en 1833, il renferme un grand nombre d’objets curieux, parmi lesquels nous mentionnerons des statues provenant de fouilles faites à Lillebonne; la châsse de saint Sever, dont la forme rappelle celle d’une chapelle gothique de la fin du xn* siècle ; une collection considérable de médailles romaines et gauloises, de sceaux et d’anciennes monnaies françaises et normandes; des chartes et d’anciens titres normands. Les fenêtres des galeries, au nombre de 15, sont ornées de vitraux peints du xin* au xvu* siècle, dont les plus intéressants proviennent de' l’église de Saint-Eloi (aujourd’hui transformée en terùple protestant). Le muséum d’hùtoire naturelle est placé au premier étage, dans le même bâtiment; — plusieurs fontaines gothiques , dont les plus remarquables sont celle de la Croix de pierre (carrefour de Saint-Vivien), érigée en 1500, par le cardinal d’Amboise; celle de la Crosse, à l’eflcoignure des rues des Carmes et de l’Hôpital, ornée d’élé- ants feuillages du xvr siècle , et celle e Lisieux, rue de la'Savonnerie la statue érigée à Boïeldieu, sur le quai, en face de l’ancien hôtel des monnaies ; celle de Pierre Corneille, sur le pont de pierre ; — la maison où naquirent Pierre et Thomas Corneille , rue de la Pie, n° 4; — celle qu’habitait Fontenelle, rue des Bons-Enfants, n°‘ 132- 134 ; — de vieilles maisons gothiques , rue de la Grosse-Horloge (voir plus haut), et dans les rues Grand-Pont, des Carmes, Saint-Patrice, des Juifs, de Saint-Romain.
Rouen possède deux théâtres ; le théâtre de la Comédie , rue Grand- Pont, et le théâtre du faubourg Saint- Sever. ■
Le pont de pierre a été livré à la circulation en 1829. — Le pont suspendu date de 1836. Il a remplacé le pont de
FRANCE
bateaux qui reliait, au même endrôit, les deux rives de la Seine. Ou a ménagé au milieu, au moyen d’arcaides en fer très-élevées, une ouverture pour le passage des navires à voiles. .
Les boulevards ont été plantés en 1760 sur l’emplacement des remparts de la ville. — Le faubourg industriel (usines et fonderies) et manufacturier (filatures et fabriques de tissus) de Saint-Serer , situé sur la rive g. de la Seine, est le plus important des faubourgs, qui se trouvent tous en dehors des boulevards.
Les principales promenades de Rouen' sont, outre les boulevards : le cours de la Reine, ou Grand-Cours, faubourg de Saint-Sever; — le Jardin des plantes, même faubourg;— le mont Sainte-Catherine , roche escarpée de 130 mèt. de hauteur au-dessuS au niveau de la mer, et de laquelle on découvre un magnifique panorama.
Excursions à : (3 kil.) Bonsecours ou Blossei'itle-Bonsecours , lieu de pèlerinage célèbre, où l’on vient de construire, sur les plans de M. Barthélemy, architecte de Rouen, une belle église dans le style ogival du xnr siècle, surmontée d’une tour de forme pyramidale , accompagnée de deux campaniles et de clochetons. La longueur intérieure de l’église est de 44 mèt., et la. largeur de 17 mèt. — (4 kil.) Bapaume, v. de 700 hab., qui possède d’importantes usines.
Voit, de 'correspond, de Rouen pour (42 kil.) Forges-les-Eaux, voir R. 164.
Paquebots tous les jours pour le Havre; plusieurs fois par jour pour Elbeuf et la Bouille. ’
De Rouen au Havre , R. 159. — à Honfleur et Trouville, R. 160 ; — à Fécamp, R. I6i r — à Dieppe, R..I62; — au Tréport, R. 163; — à Amiens, R. ts%; — à Beauvais, R’. 165.