DE PARIS AU HAVRE
229 kil. Chemin de fer. k conv. par jour, trajet en a h. 50 m. et 5 h. 15 m. par les trains express, en s b. 15 m. par les trains
omnibus. 1T* cl. 25 fr. 65 c.; 2* cl. 19 fr. 25 c.; 3* cl. it fr. 10 c.
89 kil. De Rouen au Havre. 5 conv. par jour, trajet en 1 h. 50 m. par trains ex; press, en 3 h. par trains omnibus.. irc cl. 10 fr. 30 c.; 2* cl. 7 fr. 75 c.; 3* cl.. 5 fr. 95 c. — jV. B. On peut aussi faire ce trajet par les bateaux à vapeur de la Seine. U s’effectue en 8 h.
137 kil. de Paris à Rouen (rive g., arrivée) , voir la R. précédente.
Lo chemin de fer s’élève , par une pente continue, jusqu’à la Seine, qu’il traverse sur.un pont de 8 arches de 40 mèt. d’ouverture , appuyé sur l’île Brouilly et élevé de 14 mèt. au-dessus de l’étiage. Ce pont a été reconstruit depuis l’incendie de 1848. On entre alors dans le tunnel de Sainte-Ca therir^e (1040 mèt. de longueur), à la sortie duquel on franchit la vallée de Saint- Hilaire sur un viaduc de 19 mèt. de haut et de 600 mèt. de long ; puis on passe sous les boulevards Saint-Hilaire et Beauvoisine (tunnel de 1160 mèt.).
140 kil. Rouen (rive dr. , départ:
station de l’embarcadère, située dans la rue Verte). On passe ensuite, dans un tunnel de 1134 mèt., sous les faubourgs Bouvreuil et Cauchoise, et sous le cimetière Saint-Gervais. Enfin on traverse un cinquième tunnel, qui se termine près de Déville.
145 kil. Maromme, v. içdustr. (fabrique de tissus) de 3124 hab. -
146 kil. Malaunay , v. de 1450 hab. , ossède des papeteries hydrauliques et es filatures de coton. On traverse la
vallée du Gailly à une élévation de 25 mèt. , sur un viaduc de 8 arches de 15 mèt. d’ouverture. — Le chemin de fer se bifurque. L’embranchement de dr. se dirige sur Dieppe, voir R. 162. Celui du Havre traverse les hauteurs de Pissy-Pôville dans un tunnel de 2?00 mèt. , suivi d’un second tunnel de 220 mèt. ; puis il franchit la vallée de
157 kil. Barentin, b. manufactur.
de 2671 hab. , sur un immense viaduc courbe de 33 mèt. de hauteur, de 478 mèt. de longueur, et composé de 27 arches de 15 mèt. d’ouverture. On s’élève ensuite , à partir de
159 kil. Pavilly , v. indust. de
2787 hab. , jusqu’au sommet du pays de Caux, à la dr. d’Yvetot, voir cidessous.
1 70 Jsil. Motleville, v. de 600 hab., où l’on trouve des voitures de correspond. pour (30 kil.) Maint- Valéry , V. de 4800 hab., petit port de mer sur la Manche , resserré entre deux hautes falaises.
178 kil. Yvetot (hôt. des Trois- Marchands) , V. de 3604 hab. , située sur une hauteur, chef-lieu d’arrond.
du dép. de la Seine-Inférieure, rendu surtout célèbre par une chanson de Béranger.
Yvetot fut, suivant une tradition locale, qui ne s’appuie d’ailleurs sur aucun titre historique , érigé en royaume par Clotaire, fils de Clovis, en faveur des héritiers du sire d’Yvetot, Gauthier, qu’il avait tué -devant le maître autel de l’église dè Soissons , un jour de vendredi saint. Yvetot possède des manufactures de velours. — Excursion d’Yvetot au village d’Allouville (6 kil. j, qui possède une église ornée de beaux vitraux. Le magnifique chêne d’Allouville , auquel on attribue 900 ans d’existence, a 13 mèt.
de circonférence et 10 mèt. de hauteur. Il renferme deux chapelles.
Des voitures de correspond, relient Yvetot à (11 kil.) caudebee (hôt. : de la Marine , de la Poste, du Commerce) , V. de 2257 hab., située sur (a rive dr. de la Seine, autrefois capitale du pays de Caux, qui a gardé quelques pans de muraille dé ses anciennes'fortificatioils , et qui a perdu ses fabriques de gants de peaux de chèvre -et de chapeaux appelés des caudebecs. Son église , charmant édifice gothique dans le style fleuri du xv* siècle, a deux portails, le grand portail et celui du midi, richement ornés de statuettes, ün remarque encore : à l’extérieur, sa flèche élégante ; à l’intérieur, de beaux vitraux du xvi* siècle ; les pendentifs de la chapelle de la Vierge; les fonts baptismaux.
189 kil. Alvimare, v. de 1000 hab.
197 kjl. Btlbec et Nointot ; ce dernier n’est qu’un village. Bolbec est une ville mdustr. (fabrique de mouchoirs dits de Bolbec) de 9283 hab. , située sur la rivière de Bolbec. On
trouve à Bolbec des voitures de correspond. pour (11 kil.) Iitllebonne, Juliabona (hôt. du Commerce) , V. de 5089 hab. , située dans un vallon arrosé par la rivière de Bolbec, et riche en antiquités de plusieurs époques.
Son théâtre , qu’on a commencé à déblayer en 1812, comprend en surface 67 ares de terrain. La partie destinée aux spectateurs était presque entièrement taillée dans le coteau, ce qui diminuait sensiblement la dépense de ces gigantesques travaux. — Le château de Lillebonne, bâti sur un autre coteau, possède des constructions de différentes époques, parmi lesquelles on remarque les ruines d’une tour du xi' siècle (où Guillaume le Conquérant assemblait, dit-on, des barons) et une belle tour ronde, à. trois étages, du xv* siècle. Cette dernière a 16", 69 de diamètre : les murs ont 4",21 d’épaisseur. Véglise paroissiale de Lillèbonné possède un remarquable portail et un beau clocher en pierre. •
On passe, au delà de Bolbec ? sur un premier viaduc, puis, à Mirville,. sur un admirable viaduc courbe long de 524 mèt. et composé de 48 arches de 9", 20 d’ouverture, dont la plus haute a 35 fhôt. de hauteur. On descend ensuite, par un plan incliné, à
202 ail. Beuseville, station où le chemin de fer se bifurque. L’embranchement de dr. se dirige sur Fécamp , voir R. 161.
211 kil. Saint-Romain , bourg de 2000 hab.
225 kil. Harfleur, V. de 1500 hab: , autrefois baignée par la Seine, et i port souverain de la Normandie, »
n’est plus arrosé aujourd’hui que par la Lézarde, petite rivière d’une navigation difficile. Elle fut assiégée et prise en 1415 par Henri V,‘ qui substitua aux habitants descolonsanglais.
Vingt ans après , 104 des anciens habitants, àidés par une troupe de paysans cauchois, s’en rendirent maîtres. La chapelle d’Harfleur est remarquable par son clocher , l’un <fes plus élégànts de ceux de la Normandie; sa hauteur est de 65 mèt. Voit, de correspond. pour (5 kil.) MontlvIlHer», V. de 407 8 hab. , située puf la Lézarde , et qui renferme une vaste église dé-
FRANCE
pendant d’une ancienne abbaye de Bénédictines. L’architecture en est en partie romane ou normande, en partie du style gothique fleuri du xv* siècle.
Le chemin de fer passe ensuite près de Gr avilie, joli v. dont l’église est du xi* siècle, et qui fait aujourd’hui partie du Havre.
229 kil. I,e navre ( Hôtels : Excellent hôtel Frascati : établissement de bains sur la plage, concerts, bals, soirées musicales ; de l'Aigle-d’Or, rue de Paris; de l’Amirauté, Grand-Quai; des Armes de la ville , rue d’Estimauville; de Bellevue, rue de Paris; de Bordeaux, rue de la Gaffe; de la Bourse, rue Molière; du Bras-d’O.r, Grande-Rue; de l’Europe, rue de Paris; de France, Grand- Quai; des Indes, Grand-Quai ; de Londres ; de la Marine; de Normandie; de Paris; du Périgord; Richelieu; Weickleis.
La plupart de ces hôtels ont une table d’hote et des dîners à la carte. — Restaurants : Guichard, place Louis XVI; Capron (veuve), rüe Caroline; Joly, rue de Paris ; Lamy neveu, rue Royale.
— Cafés : des Arcades; Tortoni; de France; de Paris.— Bains ; Bains Frascati, hôtel Frascati; du Havre, rue du Croissant; Notre-Dame, rue de Pa-' ris. — Poste aux lettres, placeLouisXVJ.
— Télégraphe électrique, boulevard d’ingouville, 20 ; gare du chemin de fer. —Omnibus. Dans la ville, la course, 30 cent. ; la demi-course, 20 cent.).
Le Havre, V. maritime de 04137 hab., située $ur la rive dr. delà Seine et à son embouchure dans la Manche’, fut bâtie en 1516 ou 1526 par François Ier, sous le nom de Havre-de-Gràce. Elle a absorbé dans son accroissement les villages voisins d’ingouville et de Gravide. Mlle de Scudéry, le naturaliste Lesueur, Bernardin de Saint-Pierre, Casimir Delavigne, Ancelot, etc., y sont nés. Elle est un chef-lieu d’arrond. du dép. de la Seine-Inférieure, un port de commerce important, qui peut recevoir jusqu’à 1500 navires; un 'marché d’importation des articles étrangers destinés à l’approvisionnement de Paris; un des principaux points de communication entre l'Europe et l’Amérique (surtout les États- Unis) ; en un mot, Le Havre justifie ,
par sa prospérité commerciale, cette parole de Napoléon 1er: «Paris, Rouen et le Havre forment une même ville dont la Seine est la grande rue. » On compte au Havre près de 40 bâtiments employés à la pêche de la baleine, et plus de 300 qui font les voyagesde long cours. 15000 navires, suivant les dernières statistiques, entrent annuellement dans le port. Si l’on excepte les chantiers de M. A. Normand, d’où sont sorties lés coques du yacht impérial de Napoléon 111 et du yacht royal du roi de Prusse, le Havre n’a plus , à proprement parler, de chantiers xle construction; mais on y trouve des ateliers de fabrication de tous les objets nécessaires à l’armement des navires.
Les établissements maritinies du Havre offrent plus d’intérêt que ses édifices. La jetée du N. O., de laquelle on jouit d’un magnifique coup d’œil sur le cap de la Hève, au N., que surmontent ses deux phares, sur les coteaux d'Ingouville et de Graville, sur le golfe formé par leseauxde la Seine , et sur les rochers du Calvados, qu’on aperçoit au S., reçoit tout d’abord la visite des étrangers. Elle présente en effet un beau panorama, chanté par Casimir Delavigne. A 10 mèt. de l’extrémité de la jetée s’élève une tour surmontée d’un fanal à feu fixe d’une portée de 10 milles.
Le Havre possède , outre un immense avant-port, les six bassins suivants :
les bassins de la Barre (59540 mét. de superficie) ; du Commerce (67 600 mèt.); du Roi ou Vieux-Bassin, groupés au N. O. de l'embouchure de la Seine, et les grands bassins de Vauban (livrés au commerce en 1842), de l’Eure, des Florides, situés au N. E. de cette même embouchure. Ce dernier sert, au moyen d’écluses, à dégager ehaque jour l’entrée du port delà vase et du galet qui l’encombrent. Les quais qui bordent ces bassins sont très-animés.
La rue principale du Havre est la rue de Paris, qui s’étend depuis la porte d’ingouville jusqu’au quai, près de la tour de François /**. Cette tour, qui dérend l’entrée du port, est le seul reste des anciennes fortifications. Les fortifications modernes , dues en partie
à Napoléon, consistent en un double rang de fossés qui entourent la ville.
La citadelle, bâtie par Richelieu, et en grande partie désarmée, sert de caserne. Ce fut dans cette citadelle que le cardinal Mazarin tint enfermés, en 1650, les chefs de la Fronde, les princes de Condé , de Conti et de Longueville , qui furent rendus à la liberté seulement une année après.
L'église Sotre-Da me est le plu s ancien édifice du Havre. Bâtie par Duchemin en 1574, elle a été restaurée à plusieurs reprises. Le portail principal est regardé comme un chef-d’œuvre de la Renaissance. Sur sa tour, plus haute jadis qu’aujourd’hui, on allumait des feux pour guider les navires. On y plaçait aussi des coulevrines pour battre la rade et la colline d’Ingouville.— Le nouvel hôtel de ville, dont le prince Jérôme a posé ia première pierre en 1851j, va remplacer l’ancien hôtel de ville, situé près du musée. Il a été construit sous la direction de M. Uebaines. La surface qu’il occupe est d’environ 2500 met. Les parties les plus riches sont les deiyt pavillons des ailes et le pavillon central, que surmonte un élégant beffroi. Les appartements de l’Empereur occupent l'aile . Les panneaux et les plafonds sont e magnifiques tableaux de Boucher et de ses meilleurs élèves, peints pour le château de Luciennes. En face du nouvel hôtel de ville s'étend un beau jardin public. — Le musée a été construit sur les dessins de M. Debaines, par M. Ladvocat. Il a coûté 7U0000 fr.
Il renferme une bibliothèque de 25587 volumes et 18 manuscrits: une collection d’histoire naturelle donnée en grande partie par Lesueur, né au Havre en 1778; un salon de peinture , où l’on trouve quelques bons tableaux anciens de Rubens, de Murillo, de Velasquez (portrait de jeune fille), et quelques toiles intéressantes d’artistes modernes, Muller, Couture, Yvon, Troyon, Cabat. En face du musée sont les statues de Casimir Delavigne et.de Bernardin de Saint-Pierre, dues toutes deux à David d’Angers. — Le théâtre , construit sur la place Louis XVI et inauguré en 1825 par une représentation solennelle où Casimir Delavigne