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ÉGLISES

Benserade , Vaugelas , Lamothe Le Vayer , Tourville et Chevert.

Saint- Germain des Prés , place Saiut- Germain-des-Prés , fut commencée dans les premières- années du xi' siècle.

Le pape Alexandre III en fit la dédicace le 21 avril 1163. L’intérieur est important pour l’histoire de l’art, en ce qu’il montre à côté du style roman la naissance de l’ogive. La décoration polychrôme qu'on y a rétablie, et qui produit un grand effet, est l’teuvre de M. H. Flandrin. On y remarque le Tombeau de Casimir V , roi de Pologne , d’abord jésuite , puis roi, puis abbé de Saint-Germain. Dans une aes chapelles situées autour du chœur sont les tombeaux de Descartes et de Mabillon. Le cœur de Boileau est renfermé dans la chapelle Saint-Paul.

Saint-Germain l’Auxerrois, place Saint-Germain l’Auxerrois, en face du Louvre, a été bâtie sous Philippe le Bel, dans les premières années du xiv” siècle; mais le vestibule qui précède la façade est de 1429. Ce vestibule a été récemment décoré de peintures archaïques par M. Motte/.. L’Ange du jugement , qui couronne l'édifice , est de Marochetti. On remarque dans l'intérieur des verrières de Jean Cousin , et des vitraux modernes de Maréchal de Metz; le banc d’oeuvre, dessiné par Lebrun et Perrault ; h. grille du chœur ; le bénitier , sculpté par Joulïroy , d’après un modèle ue Mme de Lamartine; la Descente de Croix, fresque par Guichard.

C’est le beffroi de Saint- Germain l’Auxerrois, qui a donné le signal du massacre de la Saint-Barthélemy dans la nuit du 24 août 1572. En 1831 , l’iutérieur de cette église fut saccagé.

Saint-Germain l’Auxerrois, transformée alors en mairie du 4’ arrondissement , fut rendue au culte en 1838.

Saint - Gervais, rue du Pourtour- Saint-Gervals , commencée en 1212, fut terminée en 1420: la façade de 1616 est de Jacques Debrosse , architecte du Luxembourg. Philippe de Champaigne et Scarron y sont enterrés.

Saint-Jacques du Haut-Pas. rue

FRANGE

Saint-Jacques , renferme quatre tableaux attribués à Lesueur.

Saint-Louis en l’ile, commencée en 1664, possède de bons tableaux; Quitiault y fut enterré.

La Madeleine , dont Louis XV posa la première pierre le 3 avril 1764, n’était point encore terminée quand la Révolution éclata, et les travaux en furent abandonnés. Un décret iraérial, rendu à Pose ri le 2 décemre 1806, transforma l’église en temple grec e et ordonna qu’on écrirait sur le fronton : L’Empereur Napoléon aux soldats île la grande armée, et qu’on y célébrerait chaque année les anniversaires d’Austerlitz et d’iéna. L’architecte Pierre Vignon dut modifier en conséquence les plans de Contant d’Ivry et de son successeur Couture.

En 1816, nouvelle révolution; le tem-

Ke de la Victoire redevint l’église de Madeleine, On y travailla lentement.

Vignon mourut, et M. Huvé lui succéda en 1828: mais sa place n’était guère qu’une sinécure. Enfin une loi.

rendue le 23 mars 1832. donna a M. Huvê le moyen d’achever cette église, qui a coûté 13 079000 francs, et qui forme un carré long, autour duquel règne un portique d’ordre corinthien. La façade principale est décorée d’un fronton sculpté par M. Lemaire, et au-dessous duquel se lit cette inscription : d. o. m. sdb. ikvoc. s. m. magdalenæ. « A Dieu très-bon, très-grand, sous l’invocation de sainte Marie-Madeleine. » Les portes de bronze, qui s’ouvrent sous rie péristyle . sont une œuvre remarquable de M. de Triquetti. L’intérieur, éclairé seulement parle haut, est couvert de peintures , de dorures et de marbres . qui forment une décoration somptueuse. La grande composition allégorique, qui décore la voilte du chœur, et qui représente tous les souverains de la France rendant hommage à la religion catholique , est de Ziégler; les autres peintures sont de MM. Abel de Pujol, Schnetz , Signai, Delaroche et Couderc. La plus remarquable est l'Evanouissement de la Vierge, par Bouchot, L'Assomption de marbre blanc qui orne le maître autel est l'œuvre de M. Marochetti ;

les statues de la voûte sont de Rude et de MM. Foyatjer et Pradier ; les bénitiers, d’Antonin Moyne; le groupe de la chapelle des mariages , de Pradier; celui ues fonts, de Rude; les sculptures des autres chapelles sont dues à MM. Bra , Seurre , Barye , Raggi , Duret et Étex.

Saint - Merry , rue Saint-Martin, près de la rue de Rivoli, fut commencée sous François l,r, et terminée seulement en 1616- Cette église , qui fut le quartier général des insurgés en juin 1832 , possède deux bons tableaux de Carie Vanloo. Les fresques modernes sont de MM. Lehmann. Amaury-Duval, Cliassériau etLèpaulle.

Saint-Médard, rue Mouffetard, est du xn* siècle. On y voit une rainte Geneviève de Watteau.

Saint-Nicolas du Chardonnet, rue Saint- Victor , possède de beaux tableaux (Lesueur, Coypel, Lebrun, Mignard), et un admirable tombeau de la mère de Lebrun.

Notre-Dame de Lorette, à l'extrémité de la rue Laffite , a été construite en 1823 sur les dessins de M. Lebas. Elle se distingue surtout par le luxe de son ornementation; les peintures sout de MM. Blondel, Heim, Drolling, Orsel.

Le Panthéon, place du Panthéon, est actuellement l'église Sainte-Geneviève. La Constituante en fit un temple élevée au génie, et inscrivit ces mots sur le fronton : Aux; grands hommes la patrie reconnaissante. La Restauration le rendit au culte en 1822 ; la Révolution le lui arracha de nouveau en 1830, et enfin un décret de décemhre 1851 le rétablit dans ses droits d’église patronale de Paris.

Les vingt-deux colonnes du péristyle soutiennent un fronton sur lequel David d’Angers a réprésenlé la Patrie distribuant des récompenses au talent, au courage et à la vertu. Dans la foule des citoyens, le grand sculpteur n’a placé qu'un seul portrait, et c’est celui du général Bonaparte. Le dôme, qui domine à la fois l'édifice et la ville, est un prodige de hardiesse. On s’aperçut, après la construction, qu’il manquait

t»AtUS. —

de solidité, et Soufflot, l'illustre architecte du Panthéon, en mourut de chagrin. On trouva pourtant un remède facile à cette imperfection de son œuvre, et le dôme, maintenant soutenu

Ïiar de puissants contre-forts placés à 'intérieur , n’a rien perdu de sa beauté : Gros a peint, dans la coupole, une Apothéose de sainte Geneviève, qui est un de ses chefs-d’œuvre. Les quatre peintures d fresque qui décorent les angles, au-dessous de la coupole, sont de Gérard. Les autels , les boiseries dn chœur, et les autres travaux d’appropriation pour les nécessités du culte catholique , sont provisoires.

Une crypte souterraine contient un grand nombre de tombeaux, parmi lesucls on remarque ceux de Rouaseàu , e Voltaire, et celui de Soufflot, l'architecte du monument Cette crypte a contenu les cendres de Mirabeau et celles de Marat, qui y furent portées par un premier decret de la Convention, et qu’un seoond décret en fit bannir.

Le point culminant de la lanterne du Panthéon est à 117 mèt. 60 cent, au-dessus du pont de la Tournelle. On peut toujours , en s'adressant aux gardiens, visiter les tombeaux et monter au dôme (20 cent, de pourboire).

Au mois de juin 1848, le Panthéon fut criblé de balles et île boulets , car les insurgés s’y étaient fortifiés.

V église des Petits-Pères ou Notre- Dame des Victoires , terminée en 1740, possède plusieurs tableaux dé Vanloo.

Saint-Rock, rue Saint-Honoré, fait face à la rue du Dauphin. Louis XIV et sa mère, Anne d’Autriche, en posèrent la première pierre en 18.13; mais ce fut seulement en 1720, sous la régence du duc d’Orléans, que le financier Law fournit l’argent nécessaire à son achèvement. Construite sur les plans de Robert de Cotte , elle fut terminée en 1740 par son neveu, Jules de Cotte. Les offices sont célébrés avec une pompe extraordinaire dans cette église, une des plus riches paroisses de Paris. On remarque à Saint- Roch : la chaire, quelques bons tableaux ; le tombeau du cardinal Dubois, par Coustou le jeune ; le buste1 de Mi-

ÉGLISËS.

nard, par Coustoii Paint:; «ri beau liste de Le Nôtre, par Cttysevox; les tombeaux de Pierre Corneille , de Mme Deshoulières , de Pontchartrain , du président Hénault, de l’abbé Mably et de l’abbé de l’Épée , etc.

Saint - Séverin , rue âaint-Séverin , remonte au xr siècle; on travaillait encore à cette église en 1347 , et elle fut fort agrandie en 1489. Dans sa forme actuelle , on peut dire que c’est un monument du xv' siècle. Klle est précédée d'un portail irrégulier, qui appartenait à l’église démolie de Saint- Pierre aux Bœufs , et qui a été transporté là pierre par pierre. Les pendentifs de ses voûtes et son buffet d’orgue de 1747 méritent l’attention. La chapelle de Saint-Jean a été peinte à fresque, par M. Flandrln, avec un rare talent.

Saint-Sulpice , place Saint- Sulpice, fut commencée en 1646, avant Saint- Roch, sur les dessins de Gamart, continuée par Louis Levau , pais par Oppenord et Daniel Gittard ; mais elle a été achevée seulement au milieu du xvut' siècle par Servandoni, qui lui a donné son caractère définitif. Le portail qui est entièrement de lui, sauf la tour de gauche, a 118 mètres de longueur ; l'élévation des tours est de 70 mètres, et dépasse de 3 mètres la hauteur de celles de Notre-Dame.

Le maître autel q été dessiné par Oppenord; l'orgue de Cliquot repose sur une tribune qui est l'œuvre de Servandoni. Les douze apôtres du chœur sont dus à Bouchardon ; les éeux bénitiers à Pigalle; saint Paul et saint Jean l'évangél iste , placés près de la sacristie, à Pradier. Plusieurs des chapelles ont été peintes à fresque par MM. A. de Pujol, Guillemot, Vinchon, Henri et K. Delacroix. On admire, derrière le chœur, la chapelle de la Vierge-, conçue par Servancfoni , peinte par Vanloo * décorée par les frères Slodtz , et dont Lemoine a peint la coupole de ses plus éclatantes couleurs.

La statue de la Vierge, éclairée par un demi-jour mystérieux, est une œuvre charmante de Pajou. Sairit- Sulpice possède une curieuse méridienne tracée sur le pavé par Henri

FRANCE

de Sully, et qui sert à déterminer l'équinoxe du printemps et le solstice d’hiver. L’église souterraine mérite d’être visitée.

Saint-Sulpice fut sous la Révolution le principal temple des théophilanthrophes. Le 15 novembre 1799, on y donna un banquet par souscription au général Bonaparte.

V église de la Sorbonne, place du même nom, a été fondée en 1253, par Robert, avec l’aide de saint Louis, dont il était le confesseur-, rebâtie en 1326, et réédiliée à nouveau trois siècles plus tard par le cardinal de Richelieu, dont on admire à l’intérieur le tombeau, chef-d’œuvre de Girardon.

Saint- Vincent de Paul, à l'extrémité de la rue Hauteville , commencée en 1824 par M. Lepère, a été terminée par M. Hittorf. Un amphithéâtre de rampes en pierre conduit de la place La Fayette au péristyle de l’église, orné d’un bas-relief de M. Lemaire, et flanqué de deux tours carrées d’un effet assez médiocre. La peinture extérieure représentant la sainte Trinité a été exécutée sur lave fusible par MM. Jolivet et Hachette. L’intérieur est décoré avec une grande richesse. Les peintures murales sont de MM. H. Flandrin et Picot. Le beau calvaire en bronze qui surmonte le maître autel est de Rude. Les boiseries du chœur, par MM. Millet et Molchnet, et les vitraux de M. Maréchal (de Metz) méritent d'être signalés. I.’église a 80 mètres de long sur 37 de large.

L’église du Val-de- Grâce , rue Saint- Jacques, fondée en 1645 par Anne d’Autriche, fut commencée par François Mansart, et, après lui, elle eut successivement pour architectes Charles Lemercier, Pierre Lemuet et Gabriel Leduc. Elle est surtout remarquable par les harmonieuses proportions du dôme qui la surmonte. L'intérieur, décoré avec beaucoup de richesse, renferme : une gloire, c’est-à-dire un ciel, peint par Mignard avec un incontestable talent, et célébré par Molière dans un poème médiocre : de belles peintures exécutées par Philippe et Jean-Baptiste de Champaigne , et un

beau maitre autel, imité de celui de Saint-Pierre de Rome. Cette église dessert l’hôpital militaire du Vàl-de- Grâce, fondé par Napoléon I".

La statue de Larrey, par David d’Angers, a été inaugurée dans la cour du Val-de-Grâce, le 8 août 1850.

Nous mentionnerons encore deux chapelles : la Chapelle expiatoire ou monument de Louis XVI , rue d’Anjou- Saint- Honoré, et la chapelle Saint- Ferdinand, au nord-ouest de Paris, sur la route du chemin de la Révolte, élevée à l'endroit où le duc d’Orléans, fils aîné de Louis-Philippe, se tua en sautant de sa voiture, dont les chevaux s’étaient emportés (voir page 58).

CultcM dlMNidcnUt. — Nous sinalerons : Y Église arménienne, rue e Monsieur, 12, et l’ Église grecque , rue la Fraternité, 12;

Pour les calvinistes : YOratoire, rue Saint-Honoré, 157, bâti en 1621 sur les dessins de Lemercier ; le service s’y fait en français, le dimanche, à onze heures un quart ; Y Église de la Visitation ou Sainte-Marie , rue Saint- Antoine, 216, bâtie en 1623 par François Mansart ; le service s'y fait tous fes dimanches à midi et demi ; le temple de Pentemont, rue de Grenelle- Saint-Gerraain ;

Pour la confession d’Augsbourg :

Y Église des Carmes, rue des Billettes, bâtie en 1745 par le frère Claude : service le dimanche, à midi en français, et à deux heures en allemand ; YÉ'glise évangélique de la Rédemption, rue Chauchat : service en français le dimanche à onze heures ;

Pour le culte anglican, Y Église épiscopale, rue d'Aguesseau, où l’on voit des tableaux d’Annibal Carrache, et la Chapelle Marbeuf, avenue de Marbeuf : service le dimanche, à onze heures et à trois heures.

Citons encore : le temple de la Rédemption, rue Chauchat, service le dimanche à onze heures ; la chapelle Taitbout, rue de Provence, 44, service en français le dimanche à midi ; YÉglise évangélique réformée de la rue du Temple; la chapelle Wesleyenne de la rue Ko vale : service en anglais et en français ; 1* Église des Suisses , rue

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