PARIS. — ÉGLISES. — PALAIS
Saint-Honoré, et celle des Frères Morares, rue Miroménil.
Le culte israélite a sa synagogue au coin de la rue du Vert-Bois et de la rue Notre-Dame- de -Nazareth: l’ancienne synagogue, rue de Lamartine, 23. est affectée aujourd’hui au rit portugais. La nouvelle synagogue a été réparée récemment avec beaucoup d’art .par M. Thierry.
PalalM et édlilcea rlvll». —
Le Louvre occupe l’emplacement sur lequel, dès l’an 1200, s’élevait un château fort de Philippe-Auguste. Ce château fut agrandi par saint Louis et par Charles V , mais ce fut François 1" qui commença le Louvre actuel (1528) sur les dessins de Pierre Lescot. Henri II , Henri III , Henri IV , continuèrent l’œuvre de François I*'. Jean Goujon sculpta les magnifiques cariatides de la façade ouest. La façade qui regarde l’église Saint-Germain FAuxerrois, connue sous le nom de colonnade du Louvre , est le coup d’essai et le chef-d’œuvre de Claude Perrault ( 1 667 ) ; celle du quai est due à Gabriel. Percier et Fontaine furent chargés en 1803 de mettre la dernière main aux constructions du Louvre, terminées seulement en 1812. Les sculptures intérieures sont de Jean Goujon, Germain Pilon, Sarrasin, Houdon, Coustou, Clodion. Le Louvre • fut habité par Charles V (vieux Louvre) , Charles IX , Henri III , Henri IV , Louis XIII , et peu de temps par Louis XIV. La Convention y plaça les musées (voy. page 46).
Le Louvre est situé presque dans le même axe que les Tuileries ; la galerie construite par Napoléon pour relier ces deux palais mesure environ 500 mèt. de longueur.
Le gouvernement provisoire de 1848 avait décidé en principe le raccordement du Louvre aux Tuileries, par le côté de la rue de Rivoli; les plus grandes difficultés qui se présentaient étaient, d’une part, les différences de niveau ; de l’autre, l’obliquité de l’axe passant par les pavillons de l’horloge du palais des Tuileries et du Louvre.
Les plans de Visconti furent acceptés; l’empereur Napoléon III fit commencer les travaux , poussés dès lors avec
adivité. La première pierre fut posée en juillet 1852. Visconti étant mort en 1853, M. I.efuel le remplaça.
Deux grandes ailes . qui partent du Louvre, rejoignent, en faisant un retour d’équerre sur la place du Carrousel, les bâtiments principaux ; elles sont décorées de portiques surmontés de statues , et ornées de frontons sculptés. Un édifice transversal, terminé par' deux pavillons, divise en deux cours chacun des deux espaces renfermés dans les constructions nouvelles.
On compte établir au nouveau Louvre : du côté du Palais-Royal, la bibliothèque du Louvre, une exposition permanente des beaux-arts, le ministère d’État et le ministère de l’Intérieur; dans les bâtiments de l’autre côté, l'entrée du musée (pavillon central), l’exposition périodique des ouvrages d’artistes vivants , la salle des États , un manège ; — autour des cours sont les écuries de l'Empereur.
Les principales sculptures du nouveau Louvre sont des artistes suivants :
Côté du Palais-Royal, MM. Diebolt (pavillon de Rohan) : Cavelier, Guillaume (pavillon d’angle près du Carrousel) ; Duret, Bosio, Follet, Cavelier, Barye, Gruyère (pavillon central); Vilain ( pavillon d’angle, près du Louvre) ;
De l’autre côté ; MM. Dumont (pavillon Lesdiguières) ; Jouffroy et I.e-
3uesne (pavillon d’angle de la place u Carrousel); Simart, Briant, Jacquot, Ottin, Robert, Gruyère, Barye (pavillon central).
Le nouveau Louvre a été inauguré le 14 août 1857.
Les squares de la place Louis Napoléon, plantés d’arbres pour dissimuler le défaut de parallélisme des bâtiments, recevront les statues équestres de Louis XIV et de Napoléon I".
Les Tuileries furent dans l’origine un palais bâti hors de la ville; le mur de Paris traversait l’espace qui s’appelle aujourd'hui la place du Carrousel.
Ce palais fut commencé par Catherine de Médicis sur les dessins de Philibert Delorme. Successivement accru , il s’étend depuis la Seine jusqu'à la rue de Rivoli. La façade comprend neuf
FRANCE
pavillons, dont le plus central est le pavillon de l'Horloge : le plus rapproché de la Seine s’appelle le pavillon de Flore ; le plus rapproché de la rue de Rivoli , le pavillon de Marsan.
Les Tuileries servirent quelquefois de pied-à-terre à Louis XIV ; Louis XV les habita pendant sa minorité seulement. Louis XVj y demeura depuis la journée du 6 octobre jusqu'à celle du
10 août. Elles furent, sous la Terreur, occupées par la Convention , le Comité du salut public et le Comité de sûreté générale. Bonaparte, premier consul, y installa le siège du gouvernement, qui y resta établi jusqu’en 1848. La révolution de février essaya d'abord d’y fonder un hospice des Invalides civils, idée malheureuse, qui n’eut pas même un commencement d’exécution; puis elle y mit l’exposition des beaux-arts; et enfin, elle les laissa désertes, ne sachant à quel usage les employer. Le président de la République" s’y établit en décembre 1851.
L'Empereur les habite aujourd’hui.
Le jardin est l’œuvre de Le Nôtre , et ne remonte par conséquent dans sa forme actuelle qu’à Louis XIV;
11 renferme plusieurs belles statues de Coysevox , de Lepautre et de Guillaume Coustou , et des statues plus modernes de David (d’Angers) , Pradier, Foyatier, Lemaire, etc. (Voir page 54.)
On peut, en en obtenant la permission du ministère d’Etat, visiterles Tuileries, quand l’Empereur n'est pas à Paris; un drapeau tricolore flottant au sommet de la tour de l’Horloge indique sa irésence. On remarque principalement a salle des Maréchaux , la chapelle , la salle de spectacle.
Le Palais -Royal , situé en face du nouveau Louvre, du côté qui regarde la rue de Rivoli, fut construit par le cardinal de Richelieu , commencé par Lemercier en 1636 ( et achevé en 1686.
On l’appelait Palais-Cardinal. Richelieu en mourant fit don de ce palais à Louis XIII. A la mort de Louis XIII, Anne d’Autriche , régente du royaume , vint l’habiter, et il porta le nom de Palais-Royal. Louis XIV, en 1672, le donna à son frère, et le Palais-Royal devint l’apanage des ducs d’Orléans.
Philippe-Egalité, n’étant encore que duc de Chartres, construisit les bâtiments qui enferment le jardin , séparé des rues voisines par une simple grille- Le public murmura, et les habitants riverains firent au prince un procès, qu’ils perdirent. Le palais fut mis en loterie sous la Convention. On y établit successivement le Tribunat et la Bourse. Lucien Bonaparte y demeura pendant les Cent-Jours. Louis-Philippe, à qui la Restauration le rendit, fit construire la galerie d’Orléans et achever les façades sur la rue par M. Fontaine. La révolution de février y plaça la garde mobile et le Comptoir national d'escompte. En 1849, on y établit l'exposition des tableaux. Il est aujourd'hui le palais du prince Jérôme Bonaparte et de son fils. Outre les appartements intérieurs qu’on peut visiter en l’absence des princes qui y résident , le Palais-Royal présente de" belles galeries au rex-de-chaussée , bordées de magasins consacrés aux objets de luxe , et de somptueux cafés et restaurants.
La plus belle de ces galeries est la galerie d’Orléans, longue de 100 met.
Pour le jardin, voir page 54.
V Élysée-Napoléon est un palais construit en 1778, par Muller, pour le comte d’Evreux. Mme de I’ompadour l’habita, et après elle, son frère le marquis de Marigny , puis le financier Beaujon, et enfin la duchesse de Bourbon. Sous la République, on y établit l'imprimerie de l’Etat; il devint, sous l’Empire, l’habitation de Murat. Napoléon s’y retira après Waterloo. Le président' de la République s’y installa en décembre 1848, et le quitta en décembre 1851 , pour prendre possession des Tuileries. De récents travaux d’embellissement ont fait de ce palais une habitation charmante. On eu voit le jardin depuis les Champs Êlysées, à peu près dans l'axe du Palais de l'Industrie. Le lierre qui en entoure la grille ne permet pas aux regards indiscrets de pénétrer dans l’intérieur.
Le Palais du Luxembourg , situé rue de Vaugirard, sur la rive gauche de la Seine, fut construit en 1615 par Desbrosses , sur les ordres de Marie de Médicis, qui avait, dit-on, proposé pour