PARIS. — PALAIS. — MINISTÈRES
lonnes corinthiennes. La grande salle, entourée de galeries, renferme des grisailles de MM. Meynier et Abel de 'Pujol. L’entrée des galeries est seule permise aux femmes. Le Tribunal de commerce est au premier étage, au fond de la galerie. La Bourse s'ouvre à une heüre après-midi , et se ferme à trois heures. Depuis le 1" janvier 1857 , on paye 1 fr. pour y entrer.
Le Palais ou Hôtel des Invalides s’élève sur la rive gauche de la Seine , à F extrémité ouest de Paris. Louis XIV, réalisant une pensée d’Henri IV , le fit construire pour les vieux soldats (il peut contenir 5000 hommes). Il fut commencé par Libéral Bruant en 1670, et achevé en 1790. Le dôme date du commencement du xvm" siècle ; Jules Hardouin-Mansart , l’architecte de Versailles, en fut l’architecte.
La statue de Louis XIV, placée au milieu de la cour d’honneur , est de Coustou. Les peintures de batailles qui ornent les réfectoires sont de Martin, élève de Van der Meulen. On visite en outre aux Invalides : une belle bibliothèque, les plans en relief des places fortes de France (visibles seulement au mois de mai ) , les réfectoires , et les célèbres marmites dont les vastes flancs peuvent contenir 600 kilog.
de viande.
La voûte de l’église est décorée de drapeaux pris sur l’ennemi. L’intérieur du dôme est, comme l’extérieur, plein . de majesté et de hardiesse. Les peintures ont été exécutées par Coypel, Jouvenet, le§ frères Boulogne et Lafosse; les sculptures, par les frères Slodtz, Michel Corneille et Girardon.
La crypte qui contient le Tombeau e Napoléon a été construite sur les essins de Visconti. Des deux côtés de la porte , sont les statues de la Force civile et de la Force militaire, par M. Duret. On a placé dans le vestibule les tombes de Bertrand et de Duroc.
Les bas-reliefs de la crypte sont de M. Simart; les statues colossales , de Pradier. Pour accompagner, ou plutôt pour annoncer le tombeau de l’Empereur, on doit placer dans la cour Vauban la statue de Napoléon, entouré de sçs douze maréchaux.
Les restes de Napoléon ont été apportés de Sainte-Hélène par le prince de Joinville, et déposés aux Invalides en 1840.
N. H. Il est d’usage de donner une petite pièce de monnaie à chacun des invalides qui font successivement l’office de cicerone dans les diverses parties de l’hôtel.
MlulHtère*. — Le ministère d'État et de la maison de l’Empereur est établi au palais des Tuileries, sur la place du Carrousel. L’administration de ce ministère comprend , entre autres attributions , les beaux-arts , les théâtres , les bâtiments civils et les archives impériales. C’est au Ministère d’Etat que les étrangers doivent adresser leurs demandes , tendant à obtenir l’autorisation de visiter les résidences impériales et les établissements non publics, pour lesquels une carte spéciale est nécessaire.
Ministère de la Justice, place Vendôme , 13 : des Finances, rue Rivoli , 48 ; de l’Intérieur, rue de Grenelle-Saint- Germain, 101; de. la Guerre, rue Saint-Dominique-Saint-Germain , 90 ; bureaux, même rue, 86 et 88; des Affaires étrangères, ci-devant rue des Capucines, présentement quai d’Orsay ; de la Marine et des Colonies , rue Royale-Saint-Honoré; de l’Instruction publique et des Cultes , rue de Grenelle- Saint - Germain , 110; des Travaux publics , du Commerce et de. l’Agriculture , rue Saint-Dominique-Saint-Germain, 62.
Pour obtenir une audience d’un ministre , il faut lui adresser une demande par écrit, dans laquelle on spécifie l’objet dont on désire l’entretenir.
^dlUce* publica et établlaaementa remarquable*. — L’Hôtel de la Banque de France , rue de la Vrillière, est l’ancien palais du comte de Toulouse, habité après lui par son fils le duc de Penthièvre, et son petit-fils le prince de Lamballe , dont la veuve fut une des plus touchantes et des plus malheureuses victimes de la Terreur. Cet hôtel, qui renferme une salle magnifique, a été considérablement agrandi en 1854 et 1856-
FRANCE
L'Hôtel des Monnaies est situé sur le quai Conti, entre le Pont-Neuf et l'Institut; commencé en 1771, il présente une façade de 120 mètres, décorée de statues de pierre. 11 renferme à la fois les ateliers et laboratoires de la monnaie (les personnes munies d’une permission spéciale du directeur peuvent les visiter les mardis et les vendredis) , et un curieux musée numismatique. contenant en outre une collection de modèles des machines employées autrefois pour le fabrication des moauaies et des médailles. Ce musée est public les mardis et vendredis,
La Manufacture impériale de tapisseries des Gobelins. située rue Motiffetard, 254, doit son origine à Jean Sobelin, qui, en 1450, établit en cet endroit une teinturerie alimentée par les eaux de la Bièvre. I.a teinturerie , devenue fabrique de tapis , fut en 1662 achetée par Colbert, l’habile ministre de Louis XIV. (In Visite aux Gobelins , les mercredis et les samedis , les ateliers de fabrication et une collection de tapisseries achevées. Il est nécessaire d'être porteur d’un billet qui se délivre, soit au ministère d’Ëtat, Soit à l’administration des Gobelins.
L'Imprimerie Impériale est établie actuellement rue Vieille-du-Temple , dans des bâtiments qui appartenaient autrefois au duc de Rohan. On ne peut la visiter qu’avec l’autorisation du directeur.
Paris renferme un grand nombre d’établissements militaires et de casernes; nous citerons parmi ces dernières ; la caserne Sapnléon , près de l’Hôtel de ville, et celle qu'on élève près du Château -d'Eau. — A l’unedes extrémités du Champ de Mars se trouve l'fc'coie militaire, qui flit bâtie par Louis XV, en 1751- Lachapelle ne fut commencée qu’en 1769. C’est Un édifice imposant, qui a été construit sur les dessins de Gabriel. A partir de 1792, l’École militaire n'a plus été qu’une caserne, agrandie en 1855.
Halles , marchés . abattoirs.— ■
Les halles centrales , qui ne sont pas encore achevées (à l’extrémité des rues Montmartre et Montorgueil, derrière
Saint-Eustache) . sont destinées à remplacer le dédale de balles et de "marchés entassés à l’angle formé par les rues Saint-Honoré et Saint-Denis. Dé larges rues viennent ou viendront y aboutir. Elles se composeront de six magnifiques pavillons de fonte et de verre, bien éclairés, bien aérés — où marchands et acheteurs seront à l'abri des intempéries de l’atmosphère — et reliés entre eux par de larges rues couvertes. Ces six pavillons et les rues occupent un espace (le 20000 met.
Deux ont déjà été inaugurés en 1857.
Les autres le seront prochainement.
La halle aux blés . rue des Deux Écus , est un vaste édifice circulaire de 42 mètres de diamètre, construit en 1763 par Le Canpis, et rebâti en 1806 sans autres matériaux que le fer et la pierre : on voit à oôté la petite tour de Catherine de Médicis, bâtie en 1572, seul reste d'une ancienne demeure royale.
La halle aux vins, ou entrepôt , occupé, sur le quai Saint-Bernard, l’emplacement de l'abbaye de Saint-Victor.
C’est un entrepôt des vins destinés à l’approvisionnement de Paris ; mais le véritable marché aux vins est à Bercy , en dehors du mur d’octroi.
Le marché aux chevaux se tient près du Jardin des Plantes, boulevard de l’Hôpital (mercredis et samedis , de 2 à 4 heures) ; le marché aux oiseaux , tous les dimanches, rue Lobineait (marché Saint-Germain).
Paris compte 4 abattoirs placés aux extrémités de la ville ; les abattoirs Montmartre, Ménilmontant, de la barrière d’Italie et de Grenelle.
muaéen et collection». — Le
Louvre est ouvert tous les jours au publio, le lundi excepté; il renferme 1 1 musées différent* (pas de pourboire). Les livrets de ces musées sont bien faits , mais volumineux et chers ; le meilleur guide que nous puissions recommander pour les tableaux et les sculptures est l'ouvrage intitulé ; Musées de France , de M. Louis Viardot.
Les salles du rez-de-chaussée comprennent; I* les sculptures antiques,
PARIS. -
parmi lesquelles on remarque particulièrement la merveilleuse statue connue sous le nom de Venus de Milo , trouvée eu 1820 dans l’ile de Milo ou Melos ; 2“ les sculptures de la Renaissance (les Prisonniers de Michel Ange; la Diane ou cerf ; le portrait de Diane de Poitiers, par Jean Goujon ); 3“ les sculptures modernes : (Milon de Crotone, par Puget; Alexandre et Diogène, par le meme , l’Amour et Psyché, deCanova; Enfant à la Tortue, de Rude) ; 4° le musée assyrien, le musée d’Asie Mineure, le musée égyptien, le musée algérien.
Au premier étage se trouvent les peintures, les dessim, cartons des maîtres, et les gravures, les antiquités grecques et romaines, les antiquités égyptiennes (vases, bijoux, statues et statuettes); les musées des émaux, des bronzes et bijoux, le musée des souverains.
Parmi les tableaux, nous devons, faute de place, nous borner à signaler ; dans le grand salon carré , salon d'honneur, où sont réunis les cnefs-d’œuvre les plus précieux des maîtres italiens , llamands, français et espagnols : la Vierge, du Pérugin, 442; le Christ enseveli, du Titien, 465; le Sommeil d’Antiope, du Corrége, 28; la Vierge, de Raphaël, 376; la Conception de la Vierge, de Murillo, acheté en 1852, à la vente de la collection du maréchal Soult, 650000 fr. ; la Femme hydropique , de Gérard Dow, 121 ; le Couronnement de la Vierge, par Van Eyck, 162 ; le portrait de Mono Lisa (la Joconde) , de Léonard de Vinci, 184; une Sainte famille, de Raphaël, 377 ; une autre du même artiste, la Belle jardinière , 375; la Reine Tomyris faisant plonger dam le, sang la te'te de Cyrus, par Rubens, 433; les Noces de Cana, par P. Véronèse, 103; le Mariage mystique de sainte Catherine, par le Corrége, 27; portrait de Charles J«r, par Van Dyck, 142; Prédication de saint Paul, par Lesueur. Dans le salon carré de l’école française, salle des sept cheminées, se trouve le Naufrage de la Méduse, par Géricault. Nous mentionnerons aussi, dans la belle galerie d’Apollon nouvellement restaurée, une peinture du plafond, Apollon vain-