PARIS. — PALAIS
modèle A l'architecte le palais Pilti à Florence. Rubens et Jordaens le décorèrent île leurs peintures. Plus lard, Louis XVI le donna à sou frère, le comte de Provence, depuis Louis XVIII, qui l'habita jusqu’en 1791, époque de son émigration. La Convention en fit une prison où furent détenus Hébert, Camille Desmoulins, Danton, Robesierre, le peintre David, Joséphine eauharnais ; il devint ensuite le palais du Directoire, puisjusqu'en 1800 le palais du Consulat; l'Empire y installa le Sénat conservateur; la Restauration, la Chambre des pairs. Louis-Philippe y fit ajouter la façade qui donne sur le jardin. La Commission des travailleurs
Î' tint ses séances eu 1848; il est auourd'hui le palais du Sénat.
On obtient, sur la présentation d’un passe-port, l’autorisation de visiter les salles, parmi lesquelles on remarque la salle des séances du Conseil, la salle du Trône; le plafond de la coupole de cette dernière est pettft par Eugène Delacroix (les Champs-Êlysécs). La chapelle a été restaurée en 1852.
Le Palais du Corps législatif ou Palais-Bourbon , fut construit en 1622 , par Girardini. Il devint propriété nationale en 1790. On y établit successivement le conseil des Cinq-Cents, l'École polytechnique, qui y resta jusqu’en 1805 , le Corps législatif et la Chambre des députés. La Constituante de 1848 et l’Assemblée législative y siégèrent clans une salle provisoire, construite au milieu de la cour d’honneur, et qui (ut détruite en décembre 1851.
L’élégante façade, qui donne sur la rue de T Université et la place du Palais-Bourbon , est l’œuvre de Girardini. Le péristyle, sur le quai et la place de la Concorde, a été construit par Poyet, de 1804 à 1807. Le frouton a été sculpté par Cortot.
A l’Intérieur, le salon de la Paix et la bibliothèque contiennent de magnifiques peintures de M. Eugène Delacroix. Dans la salle des séances, on voit plusieurs tableaux et des statues de marbre : la Liberté, l'Ordre public, par Pradier; la Force, par Desprez; ta Justice, par Dumont; l'Éloquence, par Allier. La cheminée en marbre de
la salle des Conférences est d'Antoniit Moyne. Les plafonds de la salle des Pas'-Perdus ont été peints par M. Ho* race Vernet.
L’Hôtel de ville fut commencé en 1 532 sous François Ier, reconstruit sous Henri II (1549) , sur le nouveau plan de Dominique de Cortone, et terminé en 1605 sous Henri IV ; Louis-Philippe, à l’ancien édifice composé alors du corps de bâtiment qui renferme l’horloge et de deux pavillons , fit ajouter les vastes constructions qui longent le quai , la rue de Rivoli et la rue Lobau.
L’intérieur, dont la décoration n’a été achevée qu’en 1854, est d’une rare magnificence. Le salon de la Paix a été décoré par M. Eugène Delacroix.
M. Ingres a peint l’apothéose de Na* poléon dans le salon de l’Empereur j M. Schopin, les allégories de Napoléon III. La galerie du Secrétariat général et la galerie des Fêtes méritent aussi une attention particulière. Pour visiter l’Hôtel de ville , ii faut adresser une demande à M. le préfet de la Seine.
Le Palais de Justice (sur le quai de la Cité) fut dans l’origine la résidence des rois de France; mais Henri II le céda au parlement, qui pourtant ne l’occupa pas toujours. De l’ancien palais, il ne reste aujourd'hui que la tour de l’Horloge (on vient d’en restaurer le cadran) , les deux tours voisines , la Sainte-Chapelle, une partie de la galerie et les cuisines. Les incendies de 1618 et 1776 ont détruit toutes les autres constructions. La façade date de 1776 ainsi que ses deux avant-corps. Sous le règne de Louis-Philippe, de vastes bâtiments qui sont aussi vulgaires qu’incommodes furent ajoutés aux bâtiments existants.
Ces travaux d’agrandissement et de restauration ne sont pas encore achevés. On vient ( décembre 1857 ) de rebâtir en partie l’entrée de la Conciergerie et de démolir la préfecture de police.
La Cour de Cassation, la Cour impériale (Cour d’appel), le Tribunal de première instance, la Police correctionnelle, siègent au Palais de Justice; leurs audiences sont publiques. La grande salle des Pas-Perdus, dans laquelle se promènent Tes avocats et
FRANCE
leurs clients, a été rebâtie en 1622.
F.n 1821 on y a érigé un monument à la mémoire de Malesherbes par Rosio.
Le Palais de l'Institut , situé en face du Louvre, sur la rive gauche de la Seine, s’élève sur l’emplacement de l’ancienne Tour de Nesle. Fondé par Mazarin en 1661 , sous le nom de Collège des Quatre-Nations , pour élever soixante gentilshommes ou bourgeois de Pignerol , de l’État ecclésiastique , d’Alsace , de Flandre et du Roussillon , il est devenu le palais de l'Institut depuis le 3 brumaire an v (26 oct. 1795).
Les Académies y tiennent leurs séances, et il renferme, outre leur bibliothèque, la bibliothèque Mazarine. On obtient des cartes pour les séances de l’Institut, en s'adressant au secrétariat (dans le palais même). La séance des cinq sections réunies, celle dans laquelle se distribuent les prix que décerne l’Institut, a lieu le 15 août de chaque année.
le Palais des Beaux-Arts, rue Bonaparte, est à la fois un musée de monuments et d’antiques, et une école pour les peintres , les sculpteurs , les architectes et les graveurs. Il occupe l’emplacement de l’ancien cloître des Petits- Augustins, dans lequel, par les soins d’Alexandre Lenoir , avaient été réunis une grande partie des monuments enlevés aux églises, aux couvents et aux châteaux, pendant la Révolution.
La première cour renferme le portail du château d'Anet, chef-d’œuvre de Jean Goujon et de Philibert Delorme, et l’arc du château de Gaillon.
La seconde cour est décorée de fragments de sculpture et d’architecture, formant une sorte de musée spécimen de l’art français, depuis l’époque gallo-romaine jusqu'au xvje siècle. Au fond , s’élève la façade principale . dont le style ferme et "élégant rappelle les constructions de Pierre Lescot et de Philibert Delorme. Au rez-de-chaussée , on a placé , entre les arcades , des copies de statues antiques, exécutées par les élèves de l’école de Rome. L’entrée "de la façade à l’est conduit à une salle serin - circulaire , formant amphithéâtre, décorée d’une vaste fresque , incendiée en partie en décem-
bre 1855, mais restaurée depuis, où Delaroche a représenté les principaux maîtres de toutes les écoles et de toutes les époques, groupés autour d’Ictinus et de Phidias, l’architecte et le sculpteur du Parthénon. Le premier étage renferme les salles d'exposition des concours ; une galerie présente la reproduction exacte des loges de Raphaël.
Dans l’ancienne église des Augustins, se trouvent les rudiments a’un Musée de la Renaissance. Le fond de la nef est occupé tout entier par 4a copie du Jugement dernier de Michel- Ange, exécutée par Sigalon. Une chapelle contient les moulages des statues du Pensernsn, de Côme de Médicis , de Moïse , de la Pieta de Michel-Ange , et ceux du baptistère de Florence.
Le Palais de la Légion d’honneur, qui déploie son élégante rotonde surmontée de statues sur le quai d'Orsay , a son entrée principale sur la rue <le Lille. C’est une colonnade et un arc de triomphe au dessus duquel est écrite la devise de l'Ordre : Honneur et patrie. Ce palais fut construit en 1766, pour le prince de Salm, par l’architecte Rousseau. Mis en loterie en 1782 , il était devenu la propriété du marquis de Boisregard, dont les fêtes somptueuses attirèrent tout Paris, jusqu’au jour où il fut reconnu pour un échappé des galères, et renvoyé à Toulon. Ce même hôtel de Salm fut habité un instant, sous le Directoire , par Mme de Staël.
Le Palais du quai d’Orsay, comme celui de la Légion d’honneur, a sa principale entrée sur la rue de Lille ; mais sa plus belle façade est celle qui fait face aux Tuileries sur le quai.
Le rez-de-chaussée est occupé par le conseil d’Êtat, et le premier étage par la Cour des comptes. On y voit des peintures de Chassériau et de M. Gendron .Cet édifice , commencé sous l’Empire et terminé sous Louis-Philippe, a eu pour architecte M. de Lacornée.
Le Palais de la Bourse , situé sur la place de ce nom , est un vaste parallélogramme de 69 mèt. de long sur 41 mèt. de large, supporté par 66 co-