ENVIRONS DE PARIS. — VINCENNES
(167 G) , a près de 2400 mèt. de long et présente un magnifique panorama.
La superficie de la forêt, qui s'étend aii noru de Saint-Germain, est de 4400 hect. ; on évalue à 380 lieues la longueur de ses routes.
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A 2 kil. 600 mèt. de la barrière du Trône. A 5 kil., 100 mèt. de la Bastille. Chemin de fer en construction. Omnibus : à la Bastille, boulevard Beaumarchais, 10 : les jours ordinaires, <10 cent, le coupé et 30 cent, l'intérieur; dimanches et fêtes, 6o cent, et so cent ; à la porte Saint-Martin, hôtel de l’Union, rue Saint-Martin, 256, 60 cent, le coupé et 50 cent, l’intérieur; les dimanches et fêtes, 90 cent, et 75 cent. Moyennant un supplément de 20 cent., les voitures de Vincennes correspondent à la Bastille avec tous les omnibus.
Au delà de la barrière du Trône s’ouvre une large avenue, traversée, à la moitié à peu près de son parcours , par le chemin de fer de ceinture, qui la croise à niveau, et, un peu plus loin , par les fortifications. A l'extrémité de cette avenue , près du restaurant de la Tourelle, se trouve une porte qui donne accès dans le bois de Vincennes ; mais les omnibus, suivant la route ou plutôt la rue qui continue l’avenue, ne s’arrêtent qu’en face du château.
Le château (visible tous les samedis de midi à 4 h. du soir, pour les personnes munies d’une permission délivrée par la direction de l’artillerie de Paris) commencé par Louis VII, rebâti par Philippe Auguste et par Philippe de Valois, fut continué par les successeurs de ce dernier. Louis XI en fit une prison d’Etat. Catherine de Médicis (1560) et Louis XIV (1662) y ajoutèrent de nouveaux bâtiments. Dès le milicuduxvm'siècle.ilcessad’ètreune résidence royale. On y établit, en 1740 , une fabrique de porcelaine, plus tard transférée à Sèvres; en 1751, une école militaire , transférée ensuite à Paris; et en 1757, une manufacture d’armes. Il fut réparé en 1807 , en 1812 , en 1819. Les agrandissements commencés en 1832 par Louis-Philippe ont été complétés de 1848 à 1852.
Le château de Yineennes a été le
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théâtre d’un grand nombre d’événements historiques : le départ de saint Louis pour ses deux croisades ; le jugement u’Enguerrand de Marigny (1315) ; la mort de Louis X(1316); de Philippe V (1322),deCharlesIV (1328); lanaissance de Charles V (1337) ; la mort de Mazarin (1661); la condamnation par une commission militaire et l’exécution, pendant la nuit du 20 mars 1804, du dernier des Condés, le duc d’Enghien, fusillé dans un fossé où il fut enterré; la résistance de la forteresse aux alliés en 1814 et 1815, sous le commandement du général Daumesnil. Aujourd’hui Vincennes, dont la formation des bataillons de chasseurs à pied a illustré le nom , est à la fois une forteresse , une caserne, un arsenal et une école de tir. On y visite : la salle d’armes qui renferme aes armes pour 120000 hommes , la chapelle construite sous saint Louis (1248) par Pierre de Montereau, achevée seulement en 1552 (sept de ses vitraux sont de Jean Cousin) ; le donjon, entouré d’un fossé indépendant du château; il a cinq étages. Enguerrand de Marigny (1315), Henri IV, alors roi de Navarre (1574) . le duc de Beaufort (1643), le cardinal de Retz (1652), Fouquet (1661), Latude(1749), Diderot (1749), Mirabeau (1777), les ministres de Charles X (1830), furent détenus dans ses prisons.
Le village de Vincennes (11 502 h.) n’offre rien d’intéressant ; Sa fête patronale est célébrée le dimanche qui suit le 15 août. Le bois de Vincennes, illustré par les assises qu’y tenait saint Louis, a été depuis le commencement de ce siècle diminué de près de moitié ; sa superficie est de 1009 hect. On y a entrepris des travaux destinés à le convertir en parc comme le bois de Boulogne.
L’Asile impérial (hospice des Invalides civils ) qui a été créé dans le bois de Vincennes, près de Charenton, en vertu du décret du 8 mars 1855, est destiné au traitement des ouvriers dont les blessures ne sont pas incurables; il occupe 16 hectares 95 ares de terrain; la surface des constructions est de 8000 mètres carrés; il contient 500 lits. Il a été inauguré en 1857.
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7 kil. de la gare de Paris par le chemin de fer du Nord , trajet en 12 min., 19 conv. par jour. Le prix est de : ir* cl. , 80 cent. — 2* cl., 60 cent. — 3* cl., 40 cent. Des omnibus conduisent gratuitement de la station dans la ville.
On peut encore aller à Saint-Denis, soit parles voitures de l’Union des Postes, boulevard Saint-Denis, 229 et passage du bois de Boulogne, 12 (départs toutes les demi-heures, 50 cent., 60 cent, le dimanche), soit par les voitures des Batignolles et de Saint-Ouèn.
7 kil. Salnt-Wenl» (Mt. Au Lapin qui fume, rue de Paris; liôt. du Grand-Cerf), V. de 18 110 h., située, dans la plaine à laquelle elle a donné son nom, près de la rive droite de la Seine, sur les ruisseaux le Crou et le Rouillon , et sur un canal qui la met en communication avec le canal de l’Ourcq, est un chef-lieu d’arrondissement uu département de la Seine.
L’abbaye de Saint-Denis jouissait, aux premiers temps de la monarchie française, de grandes richesses et de
Îiriviîéges considérables. En 653 Clovis ui accorda le droit d’asile, même pour les crimes de lèse-majesté. Ses religieux rédigèrent une histoire connue sous le nom de Grandes chroniques d% Saint-Denis. Elle compta Suger parmi ses abbés; et son dernier abbé commendataire fut le cardinal de Retz. La maison de la Légion d’honneur a été établie dans les batiments qu’elle occupait, et qui sont du reste de construction moderne. Napoléon fonda cette institution en 1809 pour l’éducatiou des fdles ou des proches parentes des légionnaires.
L 'église de Saint-Denis, bâtie par sainte Geneviève, sur l’emplacement d’un oratoire, reconstruite par Pépin en 754, et plus tard par Suger, ne fut achevée, telle que nous la voyons aujourd’hui , que dans le cours du xm* siècle ; dévastée par la Révolution , elle allait Être démolie . lorsque le Concordat la sauva. Elle a subi depuis un certain nombre de restaurations, dont plusieurs en ont dénaturé le
style primitif. On se propose toutefois de la restaurer d’après les plans de AL Viollet-Le-Duc, telle qu’elle était avant la Révolution. En 754, Pépin y fut sacré par le pape Etienne III; eu 1429, Jeanne d’Arc, blessée devant Paris, y déposa son gantelet et son armure; en 1593, Henri IV y abjura le protestantisme. Pendant plusieurs siècles les rois d« France y lurent inhumés.
Le portail , qui fait face au couchant , est percé de trois portes. Les figures de la porte centrale représentent de* scènes du Jugement dernier, celles de la porte du m idi , le martyre deaaint Denis. Les figures (modernes) de la porte dû nord ne méritent pas d’attirer l’attention. Une quatrième porte monumentale s’ouvre à l’extrémité du croisillon septentrional : elle est ornée de grandes statues qui sont, non pas, comme on l’a cru longtemps, des rois de la dynastie capétienne, mais les ancêtres de Jésus-Christ.
En pénétrant dans l’église de Saint- Denis par le portail occidental, qn trouve deux premières travées qui forment le porcae intérieur ; elles datent du temps de Suger. La nef, jusqu’à la hauteur de la troisième travée, a été bâtie sous les règnes de saint Louis et de Philippe le Hardi. Le sanctuaire et l’abside sont divisées en treize travées dont les deux premières, à droite et à gauche, sont ne la même époque que la nef; les sept chapelles du chœur remontent, ainsi que le mur extérieur de l’abbaye, à la construction de Suger, 1140-1144. Quant à la grande chapelle, dite Chœur d’Iiirer, et à la petite , sarristies situéesdans le bas côté à droite de la nef, elles sont de construction moderne, et ont été ajoutées de notre temps aux parties dont nous vepons de parler. — Les vitraux, pour la plupart modernes, ont été justement critiqués.
L’église Saint-Denis a les dimensions suivantes :
Avant la Révolution, l’église haute contenait 5 chapelles sépulcrales , 21 sarcophages avec statues , une colonne et quatre tombes places; aucun de ces monuments n’était antérieur au . xiu* siècle , ni postérieur au xyi* siè-
ENVIRONS DE PARIS, -c SAINT-DENIS. — SCEAUX.
cle; car, à dater du règne d’Henri II, en n’éleva plus de tombeau dans la partie supérieure de l’église; les corps, placés dans des cercueils de plomb, furent rangés dans les caveaux à côté les uns des autres, sur deux lignes de tréteaux de fer. Les royales sépulttires furent violées en 1793', le brorize des tombeaux transformé en canons, le nlomb des cercueils en balles de fusil; les restes des rois jetés pêle-mêle dans de grandes Risses. En janvier 1817, seulement, on fit des fouilles pour les retrouver, et on réintégra les ossements dans des caveaux préparés à l’intérieur de l’église. Quelques-uns des monuments funèbres sauvés par A. Lenoir, et placés au musée des Petits-Augustins, ont été depuis rendus à l’église; les autres sont plus récents, on les a répartis entre l’église haute et les cryptes. Les plus intéressants sont : dans l’église haute, le tombeau du roi Dagobert (dans le porche intérieur, côté nord), l’un des plus curieux monuments du moyen âge ; le tombeau de Louis XII et d’Anne de Bretagne, terminé en 1591 (ancienne chapelle Saint-Hippolyte) ; le tombeau d’Henri II et de Catherine de Médicis, œuvre de Germain Pilon, dans la même chapelle : le tombeau de François I" et Claude de France (chapelle Saint-Michel) , un des plus beaux monuments de la Renaissance, commencé en 1552, sous la direction de Philibert Delorme; dans la crypte, dont les chapelles correspondent à celles de l’église : le caveau central qui était réservé à la sépulture des Bourbons ; il renferme aujourd’hui les restes de Louis XVI et de Marie-Antoinette; la tombe en mosaïque de Frédégonde ; le monument commémoratifde la bataille de Bouvines, érigé en 1373; le tombeau de la maison d’Orléans, admirable morceau de la Renaissance, exécuté par ordre de Louis XII.
■ceaMX. Orsay, Cbevreuse, Uamplerre.
Sceaux est à u kil. , Orsay à 22 kil. de Paris par le chemin de fer de Sceaux et d’Orsay. Embarcadère , barrière d’Enfer ;
quinze départs par joûr : Sceaux, i« cl.* t fr. — 2° cl., 65 cent. — s* cl., 50 cent., pendant la semaine; les dimanches et fêtes ; i fr. îo cent., 85 cent, et 65 cent, Orsay : 2 fr. 20 c., i fr. 50 c., î fr. 20 c. — Les dimanches et fêtes : 2 fr. *5 c., 1 fr. 86 c., et t fr. 35. Omnibus spéciaux, rue du Bouloi, 22 et place Saint-Solpice, 8.
On peut aussi, pour aller à Sceaux, prendre les Gondoles de Sceaux, i2 départs par jour, passage Dauphine ; 50 cent, en semaine, 70 cent, les dimanches.
6 kil. Àrcueil, v. de 1200 h. L’aqueduc et l’église méritent une visite; l’aqueduc ancien existait au temps des Romains; l’aqueduc moderne a été construit en 1613.
8 kil. Boury-la-Reine. Le chemin de fer s’y bifurque.; la voie de gauche conduit directement à Orsay.
9 kil. Fontenau-aux-Jloses, v. de 1100 h., qui cultivait autrefois des rosiers, et qui cujtïve aujourd’hui des violettes et des fraises. Scarron l’a habité ; l’institution de Sainte-Barbe y possède une bellçsuccursale. On monte ensuite en zigzag, par des courbes à faible rayon , a
11 kil. Sceaux, V. de 2000 h. . cheflieu d’arrondissement du départ, de la Seine. Colbert y fit construire, par Perrault, un château que Lebrun décora de peintures, et dont Le Nôtre dessina le parc , orné de statues de P uge t et Girardon. Il y reçut deux fois Louis XIV. Le duc du Maine acquit ce château en 1700, et la duchesse du Maine y donna des fête?
somptueuses. Voltaire y avait un appartement. Florian, qui y composa ses pastorales, y mourut en 1794. 11 avait été détruit depuis la Révolution, mais M. de Trévise le fait reconstruire sur un plan nouveau.
Le l/al de Sceaux a joui d’une grande vogue sous la Restauration. II est encore très-fréquenté , les dimanches et jours de fête. Il se trouve près de l’embarcadère du chemin de fer, dans la partie de l’ancien parc qui s’appelait la Ménagerie, et qui a été conservée.
A 15 minutes de Sceaux , au-dessous d’une carrière de sable dominée par la terrasse du beau parc de M. Ha-
FRANCE
chette, on peut aller visiter Robinson, ham. de restaurateurs et de cabarets, récemment créé dans une forêt de châtaigniers, entre Aulnay et le Plessis-Piquet. On y a établi des salles à manger dans les arbres; les environs, la vallée aux Loups , où Châteaubriand se fit construire une maison de mauvais goût, et le bois de Verrières, offrent d’agréables promenades.
Quand on va de Paris à Orsay, on laisse à gauche Bourg-la-Reine et à droite le chemin de fer de Sceaux.
11 kil. Antony, v. de 1500 h.
l^kil. Massy, v. de 1000 h., d’où l’on aperçoit Verrières sur la droite.
17 kil. Palaiseau, b. de 1760 h., situé sur la rive gauche de l’Yvette (omnibus pour Igny et Bièvre).
22 kil. Oreay, v. de 1200 h., situé dans une charmante vallée arrosée par l’Yvette. On y remarque une église dont plusieurs fragments appartiennent au xii* et au xui* siècle.
On trouve à Orsay des voit, de correspondance pour
Chevrenae, V. de 1700 h., située dans la belle vallée de l’Yvette à laquelle elle donne son nom. Son vieux château, offert par François I" à la duchesse d’Etampes, aujourd’hui ruiné et transformé en ferme, vient d’être acheté par M. le duc de Luynes. A 4 kil. ouest de Chevreuse est le château de «amplerre , reconstruit sur les dessins de J. H. Mansart, entouré de fossés , et présentant un aspect roval mais sévère. Il appartient à M. le tfuc de Luynes, qui v a réuni un nombre considérable d’objets d’art (statue de Minerve par Simart, Louis XIII par Rude , statue en argent).
Ermenanvllle et Morte fontaine.
Ermenonville est situé à 40 kil. de Paris, à 13 kil. de Senlis. Il n’existe pas de service de voitures direct de Paris à Ermenonville; il faut aller soit à Senlis, soit à Dammartin, et y louer une voiture pour
le reste du trajet. Dammartin est à 35 kil. de Paris ; des voitures publiques partent tous les jours de Paris pour Dammartin du faubourg Saint-Denis, 47. Trajet en 3 h.
Ermenonville (auberge de M. Sarron) , v. de 450 h. , est célèbre par la beauté du parc qui entoure le châtèau , et par la mort de J. J. Rousseau, qui y fut enterré en 1778. Le parc se divise en grand parc, petit parc et désert. Le tombeau de Rousseau est situé dans l’Ile des peupliers (grand parc) ; il est conçu <Ians le style antique et porte cette inscription :
Ici repose l’homme de la nature et de la
vérité.
On peut aller d’Ermenonville à Mortefontaine à travers bois en 2 heures; un guide est nécessaire.
mortefentalne ou Mortfontaine (hôt. de la Providence) v. de 300 h. , situé à 36 kil. de Paris, fait partie de l’arrond. de Senlis; son parc passe pour l’un des plus beaux jardins anglais de l’Europe. Cette magnifique propriété, embellie surtout par Joseph Bonaparte, qui y fit de prodigieuses dépenses , passa en 1827 au duc de Bourbon; elle appartient aujourd’hui à Mme Corbin, nièce de Mme de Feuchères. Le parc est divisé en deux parties,* le petit parc qui renferme la maison d’habitation, et le grand parc, le seul que les étrangers visitent.
Les lacs Colbert, de Vallière et de l’Epine ou grand lac sont, avec la tour Dubosq, les endroits les plus intéressants et les plus visités.
Voir : pour Montmorency , la route de Paris a Boulogne; pour Fontainebleau, la route de Paris à Lyon; pour Chantilly, la route de Paris à Boulogne; pour Compïègne, la route de Paris à Namur.