PALAIS
Le PalalD d’hiver. — On obtient facilement de le visiter quand la famille impériale ne l’habite pas ; il fut construit en 1704. par le comte Rastrelli, et réédifié par Kleinmichel, après le terrible incendie de 1837. C’est un vaste monument à trois étages tous voûtés, où 6000 personnes à la fois peuvent être logées. D’une architecture bizarre et originale, chargé d’ornements, de colonnes et de moulures, il est imposant d’ailleurs par sa masse, mais défiguré par la couleur fauve dont il a été badigeonné et les statues informes qui le couronnent, qui ont été épargnées par l’incendie, ainsi que les immenses trésors d’art soigneusement rassemblés par les précédents monarques. La croix d’orqui surmonte la chapelle impériale résista également à l’atteinte des flammes, ce qui frappa vivement l’imagination du peuple -russe. L’empereur Nicolas fit si promptement rebâtir ce palais, qu’en mars 1839, il renaissait de ses cendres plus magnifique qu’auparavant. L’intérieur est d'une richesse inouïe; ce ne sont que peintures, bronzes , marbres précieux , lapis , jaspe et malachite. C’est dans le palais d’hiver que se donne chaque année la fête à laquelle lemonarque invite tous ses sujets sans exception , en qualité de père. Elle a lieu le l*r janvier; 20000 personnes y trouvent place.
Le premier étage est consacré aux réceptions officielles. L’escalier des ambassadeurs, du côté de la Newa, commence par une belle avenue de colonnes ; les marches de l’escalier sont d’énormes blocs de marbre blanc venu d’Italie.
La galerie militaire contient 342 portraits de généraux russes qui figurèrent dans les années 1812, 1813, 1814, peints par un anglais, M. Dawe; la salle du Trône est la plus grande de ce genre en Europe. Elle est toute revêtue de marbre blanc, et soutenue par des colonnes de marbre blanc monolithe ; la salle de Pierre le Grand est tapissée de velours nacarat et ornée du portrait du fondateur; la salle blanche, dont toutes les décorations étaient autrefois blanches, a été très-agrandie,
RUSSIE
et décorée d’or et d’armoiries; la salle d’Alexandre I" possède un portrait équestre de ce prince, par Dawe, et des bas-reliefs représentant les victoires de 1812; la salle des mari chaux est remarquable par ses portraits, entre autres celui de Wellington ; la salle des brillants renferme le sceptre, la boule et la couronne iaipériale. Le di niant du sceptre, l’un des plus brillants qui existent, du poids ne 194 carats, fut acheté d’un Grec par Catherine 11, moyennant 450000 r. arg. et une foçte pension viagère; les salles de batailles sont enrichies de belles toiles de Peter Hess, de Kotzebue , de Willewad .
d’Horace Vernel (de ce dernier la Prise de Varsovie); la chambre d’or , où se tient la famille impériale, est d’une richesse merveilleuse; elle renferme une belle mosaïque ancienne; les salles de Pompei, et le jardin d’hiver de l'impératrice, sont remplis déplantés, d'arbustes, de fleurs exotiques, d’eaux jaillissantes, d’oiseaux rares. Des deux chapelles, l’une est resplendissante de dorures et peinte par Brulofl. On y montre un morceau de la croix et une peinture de saint Luc.
L’Krmltaixe (on se procure des billets avantd’entrer, au palais d’hiver; le billet est pour quatre personnes; l’habit noir est de rigueur; rien à payer) est une continuation du palais d’hiver du côté de l’Ë. : il fut commencé en 1765 par Catherine, qui venait en faire les honneurs en simple maîtresse de maison. Les parties nouvellement reconstruites, les plus monumentales sans contredit, sont dues à l'architecte de la Pinacothèque de Munich, M. de Klenze. La façade est enrichie de bustes et statues des hommes célèbres de tous les pays. On entre par un péri* style surmonté d'une terrasse, et d'un aspect étrange et splendide. En guise de colonnes, huit cariatides colossales et monolithes, en granit taillé et poli comme du métal, soutiennent la terrasse. Un escalier droit et large, aux degrés de marbre de Carrare monolithes. conduit au premier étage, où sont exposés des vases gigantesques, formés îles plus durs et des plus précieux minéraux de la Sibérie, et d’un remarquable travail.
Le palais de l’Ermitage renferme une belle salle de spectacle construite en 1765 par La Motte : on y joue tri srarement. Pour leacolleotions artistiques et littéraires que renferme l’Ermitage, voir ci-dessous, Musées et collections.
Le PalalM<lemarbre,situéunpeu
en amont, à l’K. , au bord de la Newa, sur le quai de la Cour, est un bel édifice. construit, de 1753 4 1783, par^tinaldi, pour Grégoire OrlofT, le favori de Catherine. U est blfi en briques et revêtu de marbres qui résistent mal à l inclémence de ce climat. Le cuivre doré et les marbres en sont les seuls matériaux extérieurs L’aspect en est simple, majestueux et sévère. Il n’y a rien à y visiter, sinon une chambre en lapis-lazuli. — Le pala's de la Tanride, situé à l’extrémité E. de Péiersboprg, fut ainsi nommé par Catherine, du nom de la Chersonèse Taurique (Crimée) , que venait de conquérir son favori Potemkin (Patiomkin«), pour qui elle le fit construire. C’est un édifii'e long et peu élevé, dont l’exiérieur n’a jamais été remarquable, mais oui renferme de magnifiques salles de fêtes; l’une n’a pas moins de 106 mèt. , et reçoit pour les bals l’éclairage de 20000 Éoufiies; elle communique par une longue colonnade avec un beau jardin d’hiver. Le palais de la Tauride a un musée provisoire des antiques, qui possède une belle Vénus pudique donnée par le pape Clément XI, un Hercule, un Silène et des marbres arabes, persans, géorgiens.
On obtient facilement la permission de visiter le jardin anglais de la Tauride, le plus beau de la ville. — La première maison de Pierre le Grand, située dans le vieux Pétersbourg, fut élevée en 1703; elle se compose de deux chambres, un vestibu’e et une cuisine. Catherine, pour la conserver, la fit revêtir en pierres et laissa l’intérieur intact. On y montre l’image sainte que l’empereur portait sur lui dans les batailles, une chaise et un bateau faits de sa main.
Pierre le Grand se fit construire une autre habitation nu bord de la Fontanka et de la Newa, qu’on appelle
maintenant palais d’été. De nouveaux bâtiments y ayant été ajoutés, Elisabeth fit tout rétablir dans sa forme primitive. Un vaste jardin peuplé de statues de marbre le précède; la grille en est remarquable. — Le palais MichaîlofT. en face du jardin d’été, est plutôt un château fort qu’un palais; il est entouré de fossés remplis d’eau; le czar Paul, qui ie fit bâtir, le dédia à l’archange saint Michel. Il est maintenant occupé par l’école du génie, possédant une belle colleoiion de
Bilans et de modèles. — Le palais de a grande-duchesse de Leuchlenberq , Marie Nicolaiewna , près du pont Bleu, en face de l'église de Saint- Isaac, renferme une précieuse collection de tableaux italiens- — Le palais d’Annitchkoiï , perspective deNewsky, était la résidence favorite de l’empereur Nicolas: il n’est pas visité et ne renferme rien qtii mérite une mention. — Le palais du grand-duc Michel, l’une des plus élégantes constructions de Saint-Pétersbourg, est dû à l’architecte Rossi; il a vue sur la perspective, en face du Gastinnoïdvor. Ses colonnes de style corinthien supportent un fronton grec. On y visite une belle collection d’armes.
ÉDIFICES CIVILS
Le Sénat et le Saint-Synode sont deux vastes édifices situés sur la place Saint-Isaac, et dont les assises sont composées de blocs de granit taillés et réunis sans ciment ni mortier, mais avec des lames de plomb dans les interstices. Ils n’ont rien d'intéressant à l’intérieur.
L’Amirauté est si tuée au centre de la ville, sur la place de ce nom. Fondée par Pierre le Grand, elle fut d’abord une citadelle ceinte de remparts et de fossés; c’est un grand bâtiment entouré de promenades de tilleuls et surmonté u’une longue flèche dorée.
Il renferme un vaste chantier, des modèles de tou'e sorte, une belle église et une bibliothèque de 50 000 volumes. La nouvelle Amirauté, reconstruite et agrandie par l’empereur Nicolas , possède plusieurs docks et des chantiers de construction.
Les arsenaux sont situés près du palais de la Tauride et ornés à 1 extérieur de canons pris sur les Turcs. Le vieil arsenal, construit en bois par Pierre I". fut réédifié en pierre parle prince OrlofT; le nouveau, par l’empereur Alexandre I".
Le premier est fort 'intéressant au point de vue historique; il renferme une collection de vieilles armes dont se servaient les populations slaves (flèches, masses d’armes), des canons de bois et de fer, les étranges drapeaux des Strelitz. ces janissaires détruits par Pierre le Grand, les uniformes successifs des soldats russes, les costumes et les décorations des empereurs, des clefs, des drapeaux conquis * ou reçus en dons : chinois, japonais, turcs, persans, polonais, prussiens et français. Le deuxième, riche et splendide bâtiment aux portes colossales, est plein d’armes de réserve, de canons, de mortiers, de trophées enlevés sur les nations d’Orient. Il possède une grande fabrique d’armes. La fonderie de canons est au bout de la rue Litenaïa.
L’hôtel de l’état-major général est un très-vaste édifice situé vis-à-vis du alais d’hiver; sa façade à arcades est écorée d’une Victoire menant un char à 6 chevaux.