‹ Guide du voyageur en EuropeChapitre 583 sur 816 · DE CHAMBÉRY A SA1NT-JÉXN-DE-AI AERIENNE · texte numérisé non relu

DE CHAMBÉRY A SA1NT-JÉXN-DE-AI AERIENNE

7o kil. — Chemin dé fer. 3 conv.. par jour, trajet en 2 h. 3o min. ou 3b.

Après avoir longé la Baisse, on la franchit sur un pont en tôle ; puis on .traverse une plaine riche, laissant : à . g. la Ravoire (861 hab.), Saint-Jeoire , <695 hab.) et les. vignobles de Chignin , v. Je 1057 hab., caché derrière les trois tours de son vi.eujx château; à dr. , Saint-BaMolplie , v. de 1013 hab., Apremont, y. de 874 hab., et la chapelle tiolre-Dame-de-Myans.

"10, kil. Route de Grenoble, station établie pour desservir les Rdrches , v.

de 1659 hab», avec, un ctiâteau. A dr.

On,' découvre toûte la vallée du Grésivaudan jusqu’à Grenoble.

5 kil. Yl-ontiuélian. eq.ital. Monlemigliano (hôt. : des Voyageurs) , petite V. de 1500 hab., située sur la rive dr. de l’ISère, à 264 mèt. Sa forteresse; acluellemenf en ruines, é{âit autrefois regardée comme l’une . des positioùsTes'phîs fortes (le l'Europe. ; — Les vins blançs des environs sont estimés. —'On découvre une belle vùe du rocher fortifié 'qvfi s’élève à l’E. On remarqué le Chàtçifu des Mollettes, et, plus loin, celui de Saint-Jean-Pied - Gatitlèr. que dominent les deux tours de btontnmyeur. Le chemin de fer franchit l’Isère sur un pont en tôle de 4 archds , et remonte alors la rive g. de l’Isère’, au pied' de petits coteaux. Sur la rive dn se montrent :

Cruet, Saint- fean-de la-Porte, Bourg- Evescal, et enfin •

24 kil. Saint Pierré-d’Albigny, V.

de 3437 hab.

On continue à remonter la rive dr.

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ROUTE <à03 : DE CHAMBÉRY A SUSE.

de l’Isère, et bientôt on remarque, sur la g. , les ruines pittoresques du château de Miolans, ancienne prison d’Etat.

28 kil. C hamouAHet , v. de 249 hab. , situé près 'du confluent d* Insère et de l’Arc.

De Chamousset à Albertville , R. 4#o.

36 kil. Aiguebçlle. Le chemin franchit l’Arc sur un pont en tôle 'd’unç seule arche , puis un torrent. On laisse à g. les hauts fourneaux de Chdieauneuf, Argentine, v. de 1476 hab.; à dr. Saint-Georges-d’Hur Hères v v. important par ses mines de fer, Saint- Albgn-des- Hurtières, v. de 1263 hab.

dont l’église Se dresse pittoresquement sur la colline , et Saint-Vierre-de- Beileiille.

46 kil. Epierre, v. de 540 hab. Oü continue à remonter la rive dr. de l’Arc, et. laissante dr. Saint-Léger, v. de 531 hab. , on laisse à g. Safnt- Remy , v. de 676 hab. , et Ton traverse le Bugion.

59 kil. La Chambre , v. de 681 hab. , dominé par une vieille tour. — Au delà de La Chambre, le chemin dafer atteint le plateau où se trouve l’ancienne fonderie dé plomb de Pontamafray, laisse à g. une vieille tour, noiûmée tour de Bérold (839 mèt.).

puis franchit l’Arc et se termine à la station de

70 kil., Halnt-jean-de-nmirlenne (hôt. : [de l’Europe, de la Poste), V. de 2837 hab. et chef-lieu de la province de Maurienne, située sur une terrasse plantée de vignes, au pied des glaciers de Saint-Jeand’Ar.ve et de Saint-Sorlin. Sa forme est celle d’une croix. La cathédrale date du xv* siècle. A l'intérieur, on remarque les boiseries du chœur et le reliquaire de saint Jean. A côté de la cathédrale se trouvent un cloître gothique non achevé et la vieille église de Notre- Dame, dont la porte est du xm* siècle. En face est le pala is épiscopal ; au milieu de la place s’élève une ancienne tour.

de saint- jean-de-ma uriekne a suse.

94 kij.— Chemin de fer en construction.

Route de poste. — Diligence. Trajet en 13 h. 30 m. Prix .- 30 fr. et 25 fr.

On traverse J’Arvam et on laisse à g., de. l’autre' côté de l’Arc, Je petit établissement de bains seHureux de VEchaillon. puis Villard de Lément, et à dr. Villargondrân.

83 kil. (taint-Mlchel (hôt. : de Londres), v. industriel de 1850 hab., dominé par son église et par une grosse toür carrée. En face, au S., le torrent de Valmeinier vient déboucher dans l’Arc. — La route traverse l’Arc trois fois, et, laissant à g. Saint-André, v. de 1208 hab. , Feney et Fourneaux, remonte la rive g. dii torrent jusqu’à

100 kil. Modane (hôt. : du Liond’Or; des Voyageurs), b. de 1216 hab.', important par lé grand nombre dé voyageurs qui s’y arrêtent, et par ses marchés de bestiaux.

Le chemin de fer remonte la rive dr. de l’Arc, à partir de Saint-Michel, passe l’Arc à Modane, atteint une grande .élévation au-dessus de la vallée, ét entre dans lamontagne près de la gorge de Notre-Dame du Charmet. Le tntinel des ilprs, l’œuvre la plus colossale du siècle . si elle- est jamais terminée, aura 12 kil. 1/2 de longueur . passera sous la Crpix de Faite , entre le col de Fréjus et le col du Grand-Vallon, et viendra déboucher dans la vallée de Rocbemolle , près de Rardonnèrhe. Là, le chemin de fer n’aura plus qu’à suivre le torrent jusqu’à Suse.

Lorsque sera achevée cette œuvre grandiose, on pourra se rendre de Paris à Turin en 22 heures, et de Paris h Ijilan en 27 heures. Le fort de l’Esseitlon ou de Bramans, auquel on arrive après avoir contourné une gorge sauvage, ferme complètement par ses nombreuses fortifications Tétroit défilé dans lequel la route vient s’engager.'

Au delà du défilé, on traverse le torrent de St-François, on laisse à dr.

Bramans, puis

111 kil. Verney (hôt. : du Soleild’Or). Ensuite on traverse le v. de Sollières, puis on franchit l’Arc, en deçàde Thermlgnon (hôt. : du Lion-

SAVOIE

d’Or), v. de 160 hab., situé au confluent de l’Arc et du Doron.

■123 kil. l.ann-le-Boiirg (hôt. :

Royal, du Petit-Paris), b. de 1584 hab., situé à 1390 mèt., au pied du Mont-Çeuis. -Au sortir de Lans-le- Bourg, on laisse à g. une ancienne caserne bîltie du temps de Napoléon , on passe l’Arc sur un pont ae deux arches, et l'on gravit immédiatement les pentes du tlont-Cenic. On trouve, .

entre Lans-le-Bourg et Suse, vingttrois maisons de refuge, numérotées en partant du Piémont.

En tournant le n° 15, la vue s’étend tout à coup sur le plateau du Mont- Genis où se trouve Vtiospice (1940 mét.) , dont on fait remonter la fbndation à Charlemagne. L’édifice actuel, bftti par Napoléon, est occupé, la moitié par un corps de carabiniers piémontais qui examinent les passeports, et l'autre moitié par des moines

bénédictins; qui exercent l’hospitalité envers les voyageurs.

Le milieu du plateau est occupé par un lac assez considérable (1917 met.) qui reste gelé pendant six mois de l’angée: il est renommé pour la qualité de ses truités. On laisse à dr.

Ferrière et Noralese , et on traverse Molaret etjaillon (Giaglione).

La route, aujourd’hui une des plus sûres des Alpes , et la plus praticable pendant l’hiver, fut commencée en 1804 et terminée en 1810.

164 kil. gn»e (hôt. : de la Poste, de France), V. de 3189 hab., située sur la Doire, à l'embouchure du torrent de Novàlese, et dominée du N. par des rochers nus 'que'couronnent-les ruines du fort de la Brunétte. On remarque à Suse l’arc de triomphe romain érigé en l’honneur de César Auguste, et la cathédrale romane consacrée en 1028.

De Suse à Turin, V. Italie.

<êé3>'

ITALIE

RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX

i. Limite*. — 2. Superficie et population. — 3. Littoral. — 4. lies. — 5. Montagnes. — 8. .Constitution géologique. — 7. Hydrographie , lacs. — 8. Climatologie, pluies, vents, température. — 9. Aperçu sur l'histoire de l’art en Italie : peinture, architecture, sculpture. — to. Du voyage en Italie : voyage dans l’Italie du no'rd ; voyage dan* l’Italie du sud; projets. d’itinéraires. — 11. Passe-port. — 12 Bagage, douane. — 13. Monnaies.— 14. De la mesure deS milles en Italie. — 15. Moyens de transport; domestiques de place.

1. Limite*.- L’ïtalfe est utrè contrée de l’Europe méridionale, presque entièrement formée de la .grande presqu’île baigpée ali N. E. par l’ Adriatique, au S. E. par la mer Ionienne, au S. 0. par la mer Tyrrhénienne et la Méditerranée proprement dite. La partié septentrionale par laquelle cette contrée se rattache au continent, considérée dans ses limites naturelles, comprend tout le versant. des* Alpes, depuis les Alpes maritimes et cottienries jusqu’aux Alpes juliennes. Mais les frontières politiques ont modifié faussement oes limites naturelles ; la Suisse, par le canton .du Tessin et.un peu par celui des Grisons, ainsi que le Tvrol, empiètent sur le versant méridional dès Alpes, qui devrait appartenir à l’Italie.

2. Superficie et population. — Le tàbledu qui suit contient la population respective des divers Etats1 de l’Italie, et la superficie en milles éarrés géographiques italiens.

Superficie en milles carrés

géographiques italiens.

Population.

États Sardes

Royaume lombard-vénitien.. .

Toscane

Duché de Parme,... -

Duché de Modène

Royaume de Naples et Sièile.

États de l’Église : . .

Principauté de Monaco ......

République de Saint-Marin. .

3. Littoral. — « Aucune partie de l’Europe, dit Napoléon dans ses Mémpires, n’est située d’une manière plus avantageuse que l’Italie pour devenir une grande puissance -maritime. Elle a, depuis les bouches du Var jusqu’au

l. Un nouvel arrangement de L’Italie du Nord, et même, il faut l’espéTer, de l'Italie centrale, doit être la conséquence de la guerre de 1 859 ; mais l’ensemble de cet arrangement étant encore à l'état oonje. tnral au mdment où cette partie du Guide eh Europe est mise squs presse (novembre I85a), on conserve ici les divisions territoriales consacrées par le temps et dont quelques-unes d'ailleurs correspondent à des divisions ethnographique*.

ITALIE

détroit'de la Sicile, 230 lieues de côtes; du détroit de la Sicile au cap d’Otrante, 130 lieues; du cap d’Otrante à Pefnbouchure de ,1’Isonzo, sur l’Adriatique, ‘230 lieues; les trois liés de Corse, de Sardaigne et de Sicile ont 630 lieues de côtes. L’Italie, compris ses grandes et petites îles, a donc 1200 lieues de côtes. La France a sur la Méditerranée 130 lieues de côtes; sur l’Océan, 470; en tout, 600 lieues; ainsi l’Italie a moitié de côtes de plu? que la France. » Les côtes de l’Adriatique (qui vers le N. sont basses, marécageuses et-envahies par les lagunes de Venise et de Comacohio) sont peu sinueuses. On n’y voit que deux enfoncements remarquables le golfe de Venise et celui de 'Manfrqdonia, déterminé par le promontoire du mont Gargano, l’éperon de la botte à laquelle on se plaît à comparer la configuration de l’Italie. Le talon de la botte, talon singulièrement allongé* du reste, est termijiô à son éxtré-. mité, sur la mer Ionienne, par le cap di Lenca. A l’O. s’ouvre. le grand golfe de Tarente, fermé au S. par la pointe d’Alice, au delà de laquelle on trouve le cap Nau o \\ delle Colonne , et le cap Rizzuto; à l’Q. de ce' dernier est le golfe deSquillacç; enfin,' à l’extrémité S. de l’I.taiie, sur la mer Ionienne, est le cap Spartivento. De là, en remontant vers le N. la côte occidentale, on trouve successivement le golfe, de Gioja-, le cap V,àticano, le golfe de Santa Eufcmia, cçlui de Poli cas Iro , les pointes de Palinur,e et Licosa, (e golfe de Saler/ie, celui de Naples, entre les Caps Caxnpaivella et Mtiène, le golfe de Gàëie, je cap Circé, à ^extrémité S. des Etats romains, et enfin le vaste enfoncement connu sous le nom de golfe de Gênes. — Entre le Var et le duché de Lucques, la côte est. rocheuse, élevée et sgi ne. Le littoral du duché de Luc: ques, de la Toscane et des Etats de l’Église est au contraire bas, bordé de marécages et exposé aux atteintes endémiques de la malaria. Les marais, de la côte de Toscane portent ls nom de Maremmes; ceux qui sont au S. du Tibre s’appellent les marais Pontins.

4. Ile*. Elles sont presque toutes dans la Méditerranée et dans la mer Tyr-

rhénienqe.. Ces îles sont, outre Ta Corse et Plie de Malte, séparées de l’Italie politiquement, lès deux grandes îles de la Sardaigne et de la Sicile, et, parmi les petites , îles, la Gor-gona, Capraja, l’Ue d'Elbe, Pianosa, ilonte Crislo, del Giglio, Gianutri, le golfe des lies Ponces, Ischia et Procida, Capri, le groupe de Lipari, Uslica, les îles Egades, et entre la- Sicile et l’Afrique, l’tle Pantellaria. Sur la mer Adriatique, il faut mentionner seulement le petit groupe napolitain des fies Tremiti. . "

5. jnontaxneo. — Le relief du sol dé l’Italie est. formé -par déux systèmes de montagnes ; les Alpes et les Apennins. — Les Alpes forment une chaîne

• qpi sert de-ceinture à l’Italie et. décrit autour d’e.lle un grand arc de cercle, du S. O. au-N. E. Elles la séparent de la France, de la Suisse et de l’Allemagne. Elles se divisent en Alpes maritimes, entre le col. de Tende et le Mont- Viso; "Alpes cottiennes, entre le Mont-Yiso et le Mont-Cenis; Alpes grecques , entre le Jlorit-Cenis et le col du Bonhomme, près du Mont-Blanc-; Alpes pehnines, entre le Mont-Blanc et le Moiit-Rose; lépontiennes ou helvétiques, èntre le Mônt-Rose et le Mont-Bernardino (une partie seulement confine à l’Italie); rhétiques, entre le Bernardino et le pic de’ Tre Signori (Valteline). Au delà du Tyrol sont lés Alpes carniques, qui séparent le Tyrol et la haute Car-inthip des provinces du gouvernement deYenise. La chaîne des Alpes carniques continue vers le S. E. sous’le ilom d’Alpes juliennes, qui vont se joindre au système des Alpes de l’Hlyrie. Les Alpes ont leur versant abrupt, leurs grands

escarpements' du côté de l’Italie. Vue de la Superga (voir p. 841)-, près de Turin, la chaîne des Alpes se dresse sur la plaine du Piémont comme une muraille,dont les oréneaux et les dentelures se .dessinent sur l’horizon; du côté de la France et de l’Allemagne, au contraire,, elle s’abaisse en pentes plus douces et par gradins successifs. — La chaîne des Apennins se détache des Alpes un peu 'à l’E. du col de Tende, au point où les Alpes et les Apennins ont la moindre élévation; élle contourne d’abord le golfe de Gênes, puis se dirige -au S. E.-, à la hauteur de ,1a Toscane et'att N. de l’Arno,. et traverse ensuite toute la péifinsule italienne, dont elle forme pour ainsi dire la charpente osseuse et comme l’épine dorsale; puis, à travers les Calabres, elte vient se terminer au détroit de Messine; les Neptmiennes, ou montagnes de Sicile, semblent en être une continuation^ Le développement de la ligne-sinueuse décrite par la crête des Apenpins est estimé à 350 lieues." L’élévation des Apennins est de beaucoup inférieure à celle des Alpes..Le point culminant de la chaîne, le Gran’ Sasso d’Italia, n’a que 2678 mèt. Les Apennins envoient de nombreux rameaux dans la direction soit de la Méditerranée, soit de l’Adriatique. Outre ces contre-forts, qui s’appuieht sur la chaîne centrale, il y a encore des groupes de montagnes formant des systèmes à part, tels que de Sub-Apennin toscan ^compris entre les vallées de l’Arno et du Tibre; le Sub-Apennin romain, couvrant la partie méridionale des Etats de l’Eglise, et composé de montagnes courant parallèlement à la chaîne principale. « C’est au pied de leurs derniers .degrés que se trouvent d’une part les sept collines qui devinrent le berceau de Home, et de l’autre les marais Pontins.» L’aspect des Apennins est en général triste et sévère ; leurs sommets sont nus ou couverts de forêts à" la sombre verdure, — Outre le double système de-montagnes désigné sous le nom d’A'lpes et d’Apennins, l’Italie en présente un troisième bien remarquable par les-pbénomènes si curieux et si terribles qui s’y rattachent, nous voulons parler des montagnes volcaniques : l’Etna (3313 mèt.) en Sicile; le Vésuve (1198- mèt.) prè» de ' Naples ; Stromboli dans les îles de Lipari, sont en activité. • .

PRINCIPAL X CQL$ UC PASSAGES A TRAVERS LA CUAtSE DES ALPES.

• ‘ •• Mètres.

ColdeTende * s 1795

— du Mont-Viso ou de la Traversette. 3040

— du Mont-Genèvre .. . —, 2000

— du Mopt-Genis 2100

— du Petit-Saint-BeruaEd -, . 2192

-i- du Bonhomme, 2455

— du Grând-Saint-Befnard . , 2^20

— de Saint-ThèoduJe ou du Cervin 3383 — 3410

— du Simplon • .' 2193

— . du Saint-Gothard (Tessin). . .*. .. 2075

— du Sphigsn. ,,t. T e. . • 1925

— du Steivio i’50 — 2870

Le col de Tende est au point de partage entré les Alpes et les Apennins L’Apennin ligurien, qui borde le littoral dü golfe de Gênes, est le moins élevé de la chaîne: Sa hauteur moyenne est de 800 mèt. Ainsi que la chaîne des Alpes, son versant méridional est abrupt, tandis qu’au N. il s’abaisse en pentes douces" sur la vallée du 'Pô. : *

6. Constitution géologique. — Les Alpes et les Apennins, qui entou-

ITALIE

rent ou traversent I’Jtalie, y constituent deux reliefs étendus aux pieds desquels sont venus successivement se déposer des terrains de formation secondaire , après des périodes alternatives de soulèvement et de repos. Les couches plongent des deux côtés vers l’axe central. Leur inclinaison est d’autant plus forte qu’on s’élève davantage sur leurs flancs, jusqu’à ce qu’elles soient verticales : on dirait d’un éventail ouvert vers le sommet. Ces couches verticales du faîte sont formées en général découches granitiques, de gneiss et de micaschiste. A partir du fahe, les deux versants se -ressemblent peu; du côté du N. et de l’O. les montagnes sont presque toutes calcaires. Les roches primitives, au contraire, sur le versant méridional, descendent jusqu’aux plaines de l'Italie. — On considère la partie de l’Apennin septentrional comme appartenant aux formations primitives ou de transition. — « La partie centrale des Apennins est d’une constitution géognostique remarquable par, sa simplicité. Elle contient des calcaires blancs sans couches étrangères. Les montagnes sub-apennines diffèrent de celles du centfe par leur forme et par leur constitution; elles appartiennent aux terrains tertiaires, a' A l’extrémité de la presqu’île, la dernière chaîne apennine est. composée de roches granitiques, de gneiss, etc. ' . ■

Depuis Turin jusqu’aux confins extrêmes des Calabres, ,’leé .collines qui bor-« dent les côtés de la grande chaîne péninsulaire portent un terrain d’origine lacustre et marine. Cette formation, qui supporte lqs dernières allusions, se compose de grès coquilliers, de ligmtes, de travertins qui. ont servi -aux constructions des temples de Pæstum et à oelles des basiliques de Rome , etc.... »

Les terrains volcaniques sont indépendants de la constitution géologique générale de l’Italie. Ils y forment des groupes séparés,, et qui sont presque, tous 'sur le versant occidental des Apennins. Déjà on en trouve des traces au S. de Vicence et à l’O. de-Padoue. Éntre l’Adlge et la Brenta on trouve les monts Euganéens. Les traces des phénomènes volcaniques sont plus marquées encore en Toscane (laves de Kadicofani, traohytesdu mont Amiata, etc.) Le tuf volcanique compose en grande partie Iq sol de Rome ; mais c’est dans la Campanie et surtout autour de Naples que les phénomènes volcaniques prennent lé plus d’extension ,^et ils y sont encore en activité. — En Sicile l’Etna est un volcan d’une puissance supérieure, et quelques-unes de ses Iles, telles que les Iles Lipari, sont également de fQrmation volcanique.

7. Hydrographie. — L’Italie est partagée par les Apennins en trois versants : de la Méditerranée, de l’Adriatique et de la mer Ionienne. L’Italie septentrionale porte presque toutes ses eaux à la mér. Adriatique; élle constitue presque exclusivement le bassin du Pô, alimenté au S. par les cours d’eau qui descendent des Apennins, et au N. par les fleuves et les torrents qui descendent des glaciers de la haute chaîne des Alpes. On estime le trajet du Pô à 160 lieues. Les affluents'du Pô, son,t : à droite, le Tanaro, gonflé de la Stura et de la Bormida; la Trebbia, le Taro, la Parma, la Secchia , le R(no; à.gàuche, le Clusone, les Poires Riparia et Balleà, la Sesia , le Tessin (qui prepcl -sa source au Saint- Gothard, arroseje pântoh auquel il donne son nom, passe à Bellinzona, traverse le lac Majeur, sépare le Piémont de la Lombardie, et se jette dans le Pô, près de Pavie); VOloila, 1 eLambro, 1 ’Adda, qui arrose la Yalteline et traverse le lac de Côme, ÏOglio, qui traverse le lac d’Iseo, le M incio, .qui soit du lac de Garda à Pçsçhiera et va baigner Mantoue.

RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 825

Les rivières qui tombent directement dans l’Adriatique sont : VAdige^ qui prend sa source dans les Alpes du Tyrol, passe à Trente et Vérone,- et se jette par plusieurs embouchures dans la mer; le Bqcchiglione , qui passe à Vicepce et à Padoue et se perd dans les lagunes de Venise, ainsi que la Brenta, qui descend de Bassano; la Piave, qui passe à Bellune et se jette dans les lagunes au N. de Venise; le Tagliamento , qui descend des Alpes càrniques et a son embouchure au fond du golfe Adriatique. Les autres principaux cours d’eau de la Péninsule sur le versant de la Méditerranée sont : le Serchio ( territoire de Lucques); l 'Arno, qui traverse Florence et Pise; le Tibre , le second fleuve de l’Italie, dont le cours n'a que 80 lieues, et qui baigne Pérouse et Rome; le Garigliano , le Volturne, qui arrose Capoue; sur le versant de de l’Adriatique : YOfanto, la Pescara, le Trento, le Chient i\ te Métaure, le Rubicon ; sur le versant de la mej Ionienne, le Basenle et autres torrents.

Laça. — Les principaux sont au pied des Alpes , les lacs Majeur, d’Orta, de Varèse, de Lugano, de .Corne, d'Iseo, de GaiÜa ; dans les États de l’Église, ceux de Trasimène. de Polsène, de Bracciano; dans le royaume de Naples, celuj de1 Fucino ou de Celano, et sur le versant orièntal de l’Apennin, ceux de Lésina et de Parano.

8. climatologie. — Ptale. Il pleut en. Italie, pendant l’automne plus que pendent chacufie des autres saisons, a -Les derniers mois de l’année sont, en effet, la véritable et presque la seule •époque ‘des grandes pluies et de ces terribles inondations qui se renouvellent dans de courtes périodes' et désolent les campagnes latérales de l’Apennin. » Les débordements du Tibre Sont attestés déjà par les écrivaiiis antiques. Les pluies diluviennes particulières à l’Italie méridionale n’y troublent que passagèrement l’atmosphère, et n’interrompent que momentanément la sécheresse de la saison. « C’est ce qui expliqué la beauté sereine des hivers et des automnes dans quelques localités de la Péninsule. » Il n’en est pas de même dans la région septentrionale. Les pluies s’y distribuent dans chaque saison et presque dans chaque mois avec une certaine uniformité,

Tenta, — ■ Les. vents sont désignés par les noms dés points de l’horizon, cardinaux et intermédiaires, d’où ils soufflent : S. (mexiogiomo) ; S. E. (scirocco), ce vent apporte une chaleur énervante ; E. (levante)-, N. E. (greco ); N. ( t ramontana) ; N. O. (maestro), le mistral du midi (te la France; O. (pon ente), le zéphire, le favonius, si cher -aux Romains; S. O. (libeccio).

Outre les vents variables, Il y a dans les îles et sur le littoral de l’Italie, une brise de mer qui- s’élève tous les jours dans la saison chaude 'ter-s 10 ou 11 heures, devient plus forte vers midf, et atteint sa plus grande intensité vers 2 heures. Après le coucher du soleil, la brise commence au contraire à souffler de terre vers la mer : elle dure ainài toute la nuit jusqu’au matin. Ce phénomène périodique s’explique par la différence de températüfe des surfaces de la mer ou du continent, échauffées par le soleil, et par l’Inégalité de leur rayonnement. ‘ • ■ • •

Les Alpes, par leur élévation, forment une barrière contre laquelle s'accumulent les nuages, selon la 'direction du vent. Les - Apennins, qui parcourent la Péninsule dans toute sa longueur, la divisent en denx versants qui, abrités contre les vents des deux directions opposées, forment deux zones climatériques différentes.

Température. — Le tableau suivant fournit le ‘moyen de comparer

■ITALIE

les températures extrêmes de plusieurs villes pendant les mois de janvier et de juillet. • '

. Moyenne du mois Moytrine du mois

le plus froid. le plus chaud.

Paris..-. "... . -t- 1,8 .. 18,9

Milan o,6 23,7

Venise -1,8 * d3,9

Gênes..- : .’. 7,3 , 24,2

Florence : : 5,3 25,2

Pise 7,5 ‘ 24,3

Nicei. .’ -, 8,3 23,6

Sienne .4,4 .■ 22,7

Hdme 7,2 23,9

Naples ' '. . . 9,2 24,5

Païenne ... lo,7 • 24,5 '

Catane : . , 11,3' 28,4

Les villes avancées dana l'intérieur, telles que Milamel Florence, ont, proportion gardée, des étés plus chauds et des hivers plus froids cjue les .villes maritimes sous' la même latitude, telles que Venise et Livourne.

9. Aperçu sur rhlHtolre.de l’art e.n Italie. — Peinture. La chaîne des peintres ne fut jamais complètement interrompue , pas plus que celle- des sculpteurs; aux époques où on a. le moins peint, les miniaturistes et les mosaïstes la continuaient. — La mosaïque est lïntermédiairç entre l’ajrt ancien et l’art moderne. 1 " ' ■ *

Quand Cimabue vint au monde (1240) , les Pi sans- avaient déjà one école formée par les artistes grecs qu’ils avaient amenés d’Orienl. Parmi les premiers peintres de ce temps,' nous citerons Aûdrea Rico, de Candie, mort en 1105, dont le celoris est si frais, si éclatant; Margarüone, d’Arezzo (1236-1313); Andrea Ta/i, Guida, de Sienne; Giunta, de pise.

L’art néo-greo; la peinture traditionnelle, vient expirer à Cimabue. qui ne s’en dégage pas. Le véritable créateur de l’école italienne, c’est Giotto (1276- 1336). Avec lui , la peinture sort pour U première, fois du conventionnel. Giotto , peintre, sculpteur et architecte, communique un grand, mouvement artistique à l’Italie; il exécute des fresques à Florence, à Pise’ à Assise, à Arezze. à Ravenne, à Bologne, à Padoue, à Milan, à Rome,' 4 Naples. 1)1 fut le chef d’une école nombreuse et florissante.- Pendant longtemps l’art italien ne re? leva que de lui. .

A un siècle de distance, Masaccio (1402-1443) marque i’avénement du grand style. Ses fresques de l’église del Carminé (Florence) sont étudiées par Léonard de Vinci, Michel-Ange, etc. Entre Giotto et Masaccio, les noms les plus célèbres à citer sont : Bxîffalmacco, Simone Me'mni oü Sfemmi , Taddeo et AgnoloGaddi, Spinellod'Arezzo, Antonio Venejiano , Giottino, Orcagna, Gentile da Fabriano, Maso lino da Panicale-, Paolo Uccello, qui étudia avec passion la perspective; Peselli Avansi ou d’ Avenu 0 et ■Aldighie.ro da Zexio ; ^quarctonc(1394-1474) , qui rapporta de la Grèce des riessiqs, des fragments et des moulages, et fonda une école nombreuse. Mantegna (1430-1506) fut son élève le plus illustre, et fit faire des progrès à. la perspective et à la science des raccourcis. SquarGione et Mantegna sont les représentants de l’art savant. C’est à d’autres artistes qu’il faut demander le sçntiment et la grâce. Parmi ces derniers Frà Angelico da Fiesole (1387-J4&5) répand dans ses oeuvres la

RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX

sérénité angélique qui s’exhalait de la pureté de -sa vie et de sa douce imagination. Ce sentiment intime et tendre est rare dans l’école florentine,, qui fait montre de science, étonne ou séduit l’esprit, plus qu’elle he parle au cœur. On le retrouve, à cette première période de l’art, dans -Gentile da Fabriçtno , et cher les peintres de l’école d’Ombrie.

En dehors de cette direction Spiritualiste de quelques artistes, la tendance générale de la peinture est plutôt de se rapprocher de la réalité. ,On étudie, on copie la nature, un se livre à l’étude du portrait', suivant l’exemple donné par Masaccio. Parmi les peintres qui se rattachent à ce nouvel aspect de l’art , il faut citer : Frà Filippo Lippi (1412-1469), Andrea del Castagno (1406- 1480), Baldovinetti (1425-1499), Botticelli (1437-1515), Benox^o Goztoli, le peintre fécond du Campo Santo, ainsi que Domenico Ghirlandajo (1451— 1495); LucaSignorelli (1441-1524).

■ Trois peintres nous semblent marquer unq époque solennelle de l'art : le Vénitidn Jean Bellin (1426-1616) , — Pérugin (1446-1534) , — Francesco Francia de Bologne (1460-1517). fe triumvirat contemporain ejt placé sur 'L’extrême limite de deux systèmes tout à fait opposés : d’un’ côté, ils sont l’ex-, ► pression dernière , la. plus élevée de i’anpienne école encore' primitive ; d’un autre côté, ils ne manifestent pas encore, excepté Bellin pour le coloris, lé caractère pittoresque qui ressort déjà des conquêtes successives et des progrès de la peinture, et qui va aller se développant de jour en- jour. Ces trois artistes, qui meurent à 5 ou 6 années de distance, ^ont effacés par la splendeur de- ceux qui les suivent : Bellini, qui ouvre l’école vénitienne, est bientôt effacé par Giorgion, par Titien, par Paul Véronèse? Pérugin, qui est le couronnement de l’école ombrienne, disparaît dans là gloire^de son élève Raphaël; Francia est le plus grand nom de la première école de Bologne. Derrière lui, mais après un laps de .temps , se lève la brillante école des Carraclje. , * .

Avec les trois peintres Jean Bellin, Pérugin et Francia’se ferme la première grande période de la peinture italienne. Derrière ces grands hommes, voici les géants qui s’avanpent. Quelques progrès qu’aient fait faire à l’art les peintres de Florence, d’Ombrie, de Venise, ils vont être effacés par six artistes, qui nés vers la fin du X\m sjècle, portent les plus .grands poms dg, l'art de la peinture : Léonard de Vinci (1452-1519), Michel-Ange. Buonarotii (1474-1564), Corrétfe (1494-1534), Giorgione (1477-1511), Titien '(J 47 7-1 57 6), et celui o en qui se résumèrent, toutes les qualités spéciales des cinq autres, * liaphaël (1483-1520). La lumière éclate partout à la fois. Complètement dégagé de l’art traditionnel, chaque peintre manifeste son originalité propre. En même temps se prononcent les grandes individualités désignées Sous le nom d’écoles. Il en sera parlé successivement aux articles particuliers *qui les concernent.

Architectore. — Arnblfo di Lapq (1232-1210) ; qui commença le dôme de Florence,' ouvre l’histoire de l’architecture moderne en Italie. Mais le véritable, fondateur d’une ère nouvelle est Brunellesclii (1377-1446), auteur de la coupole du dôme de Florence. Vers la fin du xiv* siècle, les savants, les littérateurs et les artistes s’étaient de nouveau dirigés vers l’antiquité classique. L’Italie revint comme à spn génie naturel; et, quand elle reprit goût à Ja savante symétrie des ordres classiques, l’architecture ogivale ne tarda point à disparaître d’un sol eû son essor avait toifjours été plus ou moins comprimé. Vitruve devint le nouveau code des artistes du temps. n '

ITALIE

Leone Batiista Alberli (1404-1472) surtout exerce par ses écrits une influence précieuse sur la direction de l’architecture. A côté de ces éminents artistes viennent* successivement les Florentins : Michelozzo 'Micheloszi , Giuliano et Benedetlo da Majano ; le Cronaca; Rosellini; Baccio d’Agnolo; Baccio Pintelli, qui florissait en 1475 , et produisit beaucoup à Rome (S* M“ del'Popolo; S. AgostiHO; S. Fietro in Vincoli; hôpital S. Spirito, etc.); les Lombardi de Venise (xv‘ siècle). — Enfin apparaissent les grands matties de l’art : Bramante, d’Ürbin, (1440-1514); le 'Florentin Antonio da San Gallo (1470-1546); le Siennois Baldassare Peruzzi (1481-1537), etavec eux, vers la fin du xv* siècle et le commencement dù xvp, l’architecture italienne atteint son apogée. — Voici , à partir de cette époque , la liste des principaux architècles italiens : San Micheli (1484-1559) (F. Vérone); Sansovino (1479- 1570) (F. Venise); Galeazzo Alésai (1500-1572) (F. jGônes) ; Michel-Ange Buonàrotti (1474-2564); Jules Romain (1492-1546); Vignole (Giacomo Baruzzi da Fignola (1507-1573>, législateur plein de- raison et de goût; Ammanati (1511-1592); Palladio, . de Vicence (1518-15801, créateur d’un .style clairet élégant, qui servit de modèle au xvr siècle, et un des maîtres de l’art par ses écrits; Pirro Ligoriù (florissait en 1580); Giacomo délia Porta (florissait en 1580); Domenico Fontana (1543-1607); Scainozzi, de Vicence (1552-1616); Carlo Maderno (1556-1629); Flaminio Ponzio (1568-1613); Rainaldi i-Gtrolamo) (1570-1655); Pietre de Cortone (1596-1669); Le Bernin (1598-1680); Borromini (1599-1667); Rdinaldi {Carlo) (1611....); Fontana (Carlo) (1634r 1714); Alessandro Galilei (1691-1737); Fuga (Ferdinando) (né en 1699); VanviteUi (1700-1773).

Rome, après avoir manifesté dans les- œuvres de Bramante les modèles du goût le plus pur, dans celles de Balthasar Peruzzi ceux de la plus exquise élégance, devient aussi, au temps des Borromini et.de6 Bernin, une école de maniérisme, d’innovations fastueuses," d’ornementation tourmentée et de mauvais goût.

Sculpture. — Bans. cet art1 encore, l’Italie a une série de noms glorieux à citer : Nicolas, de Pise, (F1275); Jean, de Pise (51320) ; André, de Püe( 1270- 1345); Agostino et Agnolo, de Sienne (tau milieu du xiv* siècle); les deux Masuccio, de Naples (t 1305 et 1388); délia Quercia (+1418); Luca délia Robbia (1400-1481) : la famille des deila Robbia a fourni plusieurs sculpteurs; Matteo Civitali, de Lucqaes (+ 1501); Ghiberti (: 1455); Donatello (1386-1468); Desiderib da Settignano (tvprs 1485) ? Mino da Fiesole (1400-1486); Giuliano et son frère Benedetto da Majano { 1442, taprès 1498); Verocchio (tl4S8); Pallajuolo (t 1408); Properzia de 'Rossi, morte de chagrtn d’amôur, en 1530; les Lombards Agostino Bmti (Bambaja)' (t vers 1540), et Bran\billa....-, le Tribolo ( 1550)7 Bandinellt (t 1559) ; Michel-Ange (tl564); scs élèves Montorsoli (+1563) et Baccio da, . Montelupo (t 1533, ?) ; fine. Danti (+ 1567); Benvénuto Cellini (+1570); Sansovino ( 1 1570 ) ;' les Lombardi; Ammanati *(t 1589); Guillaume de la Porte (t 1577); le Flamand Jean de Bologne, né à Douai (1524-1599); Francavilla , (t lj6l 1) ; T acta (tl640); le Bernin (1680) . l’Alyarde (t 1654).

Les influences les plus opposées précipitent l’art vers la décadence. Tantôt ce sont les imitateurs à la suite de Michel-Ange, peintres* et sculpteurs, qui visent au colossal et font montre de science anatomique. Un siècle plus tard, & la suite du Bernin, c’est le gracieux conventionnel qui est à la mede, et les

artistes peignent et sculptent de pratique , contournent les mouvements et les attitades, recherchent les expressions mignardes, tourmentent et font voltiger les draperies sans motif.

La division de l’Italie en petits Etats, qui eut pour résultat funeste de l’empêcher de fonder son unité nationale, développa la prospérité des villes, et 'servit à entretenir la rivalité. Dès le xip siècle, ces petits, Etats, constitués en républiques, manifestèrent, à travers leurs agitations, un mouvement intellectuel favorahle à l’enfantement des grandes choses. Les citoyens, partagés en communautés, par quartiers, par professions, rivalisèrent entre eux pour l’embellissement de leurs monuments publics. Les princes, qui -avaient ramassé la puissance dans les désordres, civils, continuèrent le mouvement. « Il était de leur- politique de faire oublier ia liberté au milieu du rayonnement des talents et des intelligences. Héritiers -des forces 'vives que les institutions républicaines avaient fait naître, ils n’eurent qu’à les recueillir, à les pousser à l’oeuvre, et à s’en parer comme d’un titre de gloire', t’est ce qui fit l’éclat du règne des premiers M.édicis à Florence. Ces princes, protégèrent les arts et les lettres de tout leur pouvoir, et de toutes lgurs richesses.» Les princes dés -autres Etats et les riches familles imitèrent cet exemple, ét ce mouvement se continua pendant le xvi' siècle. C’est ainsi que les papes : Jules If, LéonX , Clément VII et Paul III , à Rome^ les Médicis, les Sirossi, les Soderini, les Rucellai, à Florence ;• Louis Sforce, à Milan; les ducs Guidobaldo et délia Rovere, à Urbin; Alphonse d'Este et Lucrèce Borgia , à Ferrare; les Gonzague, à Mantoue,. se plurent à ëncourager les arts.- - • •

10. Du voyage eà Italie. — Trois mois’ sont le temps le moins considérable qu’on puisse consacrer à un voyage dans toute l’Italie, sans y comprendre la Sicile. Il suffit, pour s’en oonvaincre, de se rendre compte de l’emploi des journées Turin ét visite 5 la Supergà, 2 jours; — Gênes, 2; — Milan, Pavie et la Chartreuse, 5; — Plaisance et Parme, 2; — Vérone et Mantoue (paljisduT), 2; -r Vicence et Ppdoüe, 2; — Venise, 6 ou 8; t- Bologne, 2s — r Florence, 6 ou 8; — Pise', 1; — Sienne, 1; — Pérouse et Assise, 2; — Rome et environs, la; Naples et environs, 15;— auxquels il faut ajouter 20 à 25 jours pôur 1e temps passé 'en route. Total : 3 mois.

Voyage dans l’Italie du Nord: — Projet d’itinéraire .-—De Paris à Genève," et entrée, en Italie par le Simplon. — S'arrêter à Baveno pour visiter les îles Borromées. -r- Au lieu de.se rendre 'directement de Sesto-Calende à Milan, nous conseillons de se faire débarquer sur la rive- du lac Majeur, à Lavenc-- (en face.de Baveno), d’y louer un babriolet pour aller visiter la’ If adonna de „ Monte et .gagner Varè^e. — De Varèse, par la diligence, àComo. (On peut visiter lé lgc en bateau à .vapeur.) De Como, par le chemin de fer, à Monza. — De Monza- à Milan. — Visiter la Chartreuse été Pavie. — De Milan à Brescia. (On peut traverser le lac de Garda en bateau à vapeur.) — De Brescia à Vérone. — De Yérone, eàclirsion à Mantoue. — -Dë Vérone, par Vicence et Padoue, à Venise. — De Venise, par Padoue et Fërrare, à Bolognp. — De Bologne à Florence. — De Florence, excursion à Vallombreuse. — De Florence à Pise. (On doit faire une excursion à Sienne.) De Pise à Gênes (sdit par terre, pqr la Spezia ; soit en s’embarquant à Livourne). — De Gênes à Turin, par le chemin de fer (ou de Gênes, par la Corniche, à Nice, et de Nice à Turin par le- col de Tende et Coni). — De Turin, rentrer en France par le, mont Cenis et Chambéry, ou enr Suisse, par Aoste et le Grand-Saint-

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Bernard. Ce- voyage peut être, effectué eA 6 semaines, en ne perdant ânéune journée.

Variante. — De Bologne, au lieu d’aller à Florence (si on remet cette visite à -un autre voyage) , on' peut {lasser par Modène, par Parme , par Crémone ou Plaisance (visiter Pavie et la Chartreuse), et delà gagner soit Milan, soft Alexandrie et Turin , sojt îy'ovi et Gênes. , • ' ;

N. B'.. Si l’os entre en- Italie par Nice: il faut gagner Gênes par le chemin de la Corniche,. -*■ Si l’on y entre par le mont Cenis :au lieu- d’aller directement de Turin à Milan, il vaut mieux gagner Gènes e( faire, le voyage dans le sens inverse dé celui décrit Ci-de6sus; i- par le Saint-Gothard ou par le Bernardin : il faut,- de Bellinzotia, aller àAIagadino, sur les bonis du lac Majeur, prendre le bateau à vapeur et- se- rendre à Milans — par le Spfugert/ il faut,, de Cfhiavenna, aller à Oolico, sur les bords du lac de Como, prendre-le bateau à vapeur, et sé rendre de Coruo Îi-Milan; — parle passage du Stelrio (Stifserjoch) , il faut descendre par la VaLteline à Colieo, et suivre le voyage comme an paragraphe précédant. • • , . '

Si l’on arrive par la vallée de l’Adige et Trente, nous conseillons d'aller de Roveredo à Riva, sur- les bords du lac de Garda , prendre le bâtéau à vapenr, et de là on gagnera Vérone par Peschiera. On ferait bien, alors’, de se diriger vers Venise; pnis, après avoir visité- Feorarg, Bologne, Florence, Pise, Lucques, on pourrait regagner Modène par Pistoja, ou-Parme par la Snçzia et Pontretnoli; et, de Parme, on se rendrait par Plaisance et Lodi à Milan, et de Milan , par Pavie et Novi , à Gênes, et dé là à Turin , ainsi qu’il est indiqué plus haut. * ’

Voyage dans l’Italie du Sud. — Projet d’itinéraire : — Florence étant le point de départ (soit qu’on y soit arrivé par terre, soit qu’on' y soi) arrivé pat- Nice ou Gênes et la voie de mer),' trois points principaux attifent avant tout l’attention dans cette partiede la péninsule: Florence-,' Rome et Naples. La voie de mer offre le moyen le plus rapide d’aller d’un île ces points à l’autré. (De Florence on va s'embarquer à Livourne.) Mais, pour peu qu’on ait le temps, il faut* donner la préférence; au voyage par terre. Deujt routes- principales, riches en beaux aspects, ‘et traversant des villes d’un haut intérêt au point de vue de l’art et des antiquités , se présentent, au voyageur ■ pdur aller de Florence à, Rome : Tune est connue sous le nom de route de Sienne, l’autre sous celui de route de Pérouse ; voir R. -V>8. — Comme on peut facilement aller, do Florence, par le chemin de fer, voir Sienne, il vaudrait mieux prendre de* préférence la seconde de ces roùtep, et, entre Péreuse et Foligno, s’arrêter pour vijiter Assise. Ce voyage peut s’effectuer à petites journées, par voiturin, en 5 jours (50 à 60 fr., nourriture fit coucher compris).

Entre Rdrae et Naples, il y a également deux routes, présentant chacune de l’intérêt : lu par les marais Pontins et Terracine; 2® par Frosinone et San Germano. — Pour les excursions aux envi r 6ns de Rome et celles aux environs de Naples, nous renvôyonsà Y Itinéraire . — La majorité des voyageurs dépassent rarement Pæstum, au S. de .l’Italie. Une partie assez considérable de ('Italie, celle du littoral dé l'Adriatique, celle des Abruzzes et de l’extrémité méridionale de l’Italie, reste en dehors des itinéraires tracés ci-dessus; mais cette partie est eu général peu fréquentée.' - *

U. p«e»e-i*ort. — Pour les formalités et les visas, voir p. 16. — Le passeport est un des soucis d’un- voyage en Italie, et aussi une de ses dépenses.

RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX

Il faut l’exhiber à" chaque instant sur la route, à l'entrée et à la sortie- des villes. Partout où la, police n’exige pas que le porteur se présente en personne, on fera bien de s’épargner la pente de temps qu’entratnent les. formalités, eh chargeant-le domestique de place de ce soin. — -Dans toutes les villes où l’on, séjourne quelque temps, on reçoit, en entrant, en -échange de sôn passe-port, un récépissé* énumérant. les obligations imposées au voyageur. Sur la présentation de ce récépissé, or obtient une carte. de séjour (carter di soggiorno) ou son passe-port. La carte de séjour est partout soumise à une taxe ; elle n’est obligatoire, du reste, qu’au, bout .d*un nombre variable de jours : on devra se faire renseigner à cet égard. (Ainsi on peut rester \rne semaine’à Napiesq tnais, après ce temps , il faut obtenir une' permission de séjourner (carta di sicur.esza) , qui est ordinairement accordée pour deux mois. )

12. bagage. — i»onane. — On fera bien delsimplifier son bagage, au-

tant que pofsible, et de se charger de très-peu de livres en dehors de ceux Relatifs au' voyage. On- peut, en.gjissant une petite gratification au douanier chargé de la* visite des effets,, abréger singulièrement cette visite. Les voyageurs apprendront vite, en Italie, à connaître toute l’efficacité de là' buonü mono. • ■ * -

13. monnaie*. — Piémont et Liourie. — La' livre nouvelle (lira quorù),

de 100 centimes. (cen(cifmi) , dont la forme et la valeur sônt celles du franc , est la monnaie légale et de compte. — On coqipte à Gênes par lire de 20 sous (ïoldi) =$0 cent. ( . •' •* .

Lombardie, -t fca monnaie légale sera désormais la livre italienne (lira italiana ) ayant Ja même valeur que le franc, et se divisant de même. Avant les événements de 1869, la monnaie en usage 'était la livre autrichienne ( lira •austriaca) ==,87 cent, de France et de Piémont, -^t' divisée en 100 centimes. La lira austriaca est’la- même que le zieanziger (prononcez Swuan’zig); c’est lé tiers du florin. — Dans l’usage , on dit una lira plutôt qu’un zwanziger. — La livre milanaise ( lira milanese), ancienne monnaie de compte, divisée en 20 sons, et valant 76, c. de France, avait presque entièrement disparu de la circulation. •'

Ténêtie. — Outre le zwanziger ou lira adst^iaca, il y a unp monnaie de compte particulière, ayant un cours ajmsif ; savoir : le carantano , qtii équivaut à 1 sou ou 5 c.-Un rwanziger .équivaut à 20 carantani. Cette manière de compter est usitée parmi les bateliers, les marchands, dans les cafés > etc.

Dbchê de Parme. — La-monnaie légale est la livre (lira) , ayant la forme et la valeur du franc. Il y a,' en outre, un grand nombre de monnaies ayant un cours abusif et variable. • y

Duché- de Mçdêne. — Les comptes s’y font en livres italiennes à 100 c., ou en livres de-Modène à 20 soldi-; le sou- se subdivise en 12 denari (deniers). 100 livres de Modène = 38 fr. 39 c. • • •

Toscane. — La monnaie légale, est la lira italiennemu franc. Avant les derniers événements , on 'comptait généralement en paoli (pauls) et en crazie; là -livre flmrfentine se subdivisait en- 12 crazie ou2ü sous, et se composait de 1 paul 1/2. La livra toscane = 84 c. de France. *

Monnaie d'argent. — Le scudo on francescone == 10 pauls ou 80 crazie cm 5 fr. 61 c. — La lira (livre) =el paul !/?.qu 12 crazie ou 84 c. — Le pablo (paul)==l paul ou 8 crazie ou 56 c. Il y . a des pièces de 5 pauls ou mezzo scudo=2 fr. 80 c. ; — de 2 pauls = 1 fr. 12 c. ; — de 1/2 paul = 28 c. — Le

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change de la pièce de 20 fr. de France est de 35 1/2 à 86 pauls. La pièce de 5 fr. = 8 pauls 6 crazie.

États de l’Église. — Les comptes se font ordinairement en pauls.

Monnaie d’argent. — Le scudo (écu roniain ou de Bologne) = 10 pauls ou 100 baïoques ou .5 fr. 37 à 45 c. — Le testone=3 pauls ou 30 baïoques ou 1 fr. 61 c. — Le papetto=2 pauls ou 20 baïoques ou 1 fr.-07 c. — Le paolo

paul) = 1 paul ou 10 baïoques ou 0 fr. 54 c. — Le grosso 5= 1/2 paul ou

5 baïoques ou 0 fr. -27 c. ' •

• La pièce de 30 fr. de France circule au prit de 3 écus romains 72 baïoques;

la pièce de 5 fr. , au prix de ,93 baïoques. - • • •

Royaume de Naples. — On compte' en ducats. Le ducato n’est plus aujourd’hui qu’une monnaie de compte conventionnelle. Les comptes usuels sont fajts en grani., Le grano est la plus ancienne monnaie du royaume.de Naples, il = 4 c. de France. — Le carlin (caçlino), introduit en 1665 par un vice-roi; en l’honneur de Charles V, équivaut' à 10 grani, el=42 C. *

La pièce de 20 fr. de France varie de 460 5 .470 grani. — Le scudo romain passe pour une piastre. .

Monnaie d'argent. — Piastra= 12 carlinb, 5 fr. 10 c. — Ducato = 10 carliqs, 4 fr, 24 c. .— 1/2 piastre (mezza piastra) =6 carlins, 2,fr. J2 c. — Tari = 2 carlins, 0 fr. 85 c..t- Carlino = 10 •grani , 0 fr. 42 c. — 1/2 carlino = 5 grani, 0 fr. 21. c.

14. De la mesure des mille* en Italie. — Dans toute l’Italie,

60 milles géographiques correspondent' à un degré -de l’équateur, ou 25 lieues de France. Cependant le rapport des milles communs avec le degré de l’équateur varie en plusieurs endroits (on sait que le kilomètre =j 1000 mèt., et la lieue=4 kilomèt.); or, le -mille d’Italie de 60 au degré =1852 mèt.; le mille de Toscane= 1653 met.; — le mille de Piémont (71e 800 trabucchi ; le kilqmèt. = 324 trabucchi )= 2466 mèt.; — Le 'mille romain, et napolitain = 1852 mèt. • "

15. Moyens île transport. — On trouvera dans VJilinéraire les renseigne-

ments nécessaires sur les bateaux à vapeur, les cheqiins de fer, etc. — Outre la poste, il y a sur toutes les grandes lignes de communication des services publics de diligences, qui sont le mode de transport le plus certain,, le plus rapide et le moins cher! Mais* il ne permet pas de 6’arréter pour • voir les choses remarquables qui sont sur la route. Pofir’cela, il vaut mieux, voyager -par les petites voitures du pays, et entre autres avec les voi turi ns . (vetluripi) , ’ en faisant un accord en conséquence avec eux. D’ordinaire,, l’accordo, ou contrat fait en double avec le voiturier, comprend dans le prix des places- le souper et le coucher à l’auberge. ■ •

Une fois arrivé dans les villes, on peut les visiter. én voilures de place, les cochers sachant par habitude quels sont les palais, les .églises et les collections à visiter. — Si 1km ne sait pas l’italien et Si l’on fait un voyage rapide, il faut se faire accompagner par un domestique dP place. (On en trouve dans tous les grands hôtels. On lui donne environ 4-fr. pqur la. journée. Ufait les commissions, se charge de Taire yiser le passe-port, etc.)

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