PREMIÈRE SECTION. — PIÉMONT
•ÀPÎRÇO GÉNÉRAL.- - . .
Le Piémont ( Piemonte ou Pie-di-montç) tire son nom expressif de sa situation au pied des hautes montagnes formant autour de lui une vaste ceinture de frontières naturelles : au S. les Apennins et les Alpes Maritimes ; à l’O. les Alpes Cottiervnes et les Alpes Grecques; au Si. les Alpes f’ennines et Léponttennes. Parmi ces montagnes dominent successivement les monts Viso, Genèvre , Cenis , 1 er Petit-Saint-Bernard , Je mont Blanc , lé Grand-Saint-Bernard, leCervin, le ment Rose. C'est sur son territoire, comme op le voit# que se dressent les -deux montagnes les plus hautes de l’Europe : le mont Blanc et le mont' Rose. Le Tessiq et le lac- Majeur forment en grande partie la limite k l’E. . - • . „ ...
Quoique la Méditerranée en baigne le littoral-, le Piémont appartient entièrement au bassin de l’Adriatique , à -laquelle il envoie toutes1 ses eaux par le Pô , à l’exception de quelques torrents peu étendus et à sec pendant l’été , qui descendent des Apennins dans le golfe de Gênes.
Fleuves et rivières. — Lè Pô, le plus grand fleuve de l’Italie, presque le squl cours d’eau navigable du Piémont, prend sa source sur les pentes du mont Viso. Ses principaux affluçnts sont, à droite v la Vraita, la Maira, le . Tanarô , baignant Cherasco-, Asti, Alexandrie, et recevant lui-même la Stura, baignant Cuneo et Ja Bormida r baignant Acqui; la Scrivia, la Staffvra, le Tidone, la Trebbia. Les. principaux affluents à' g., sont : le Chisone, passant non loin de Pignerol ; la Dora-Riparia , se jetant dans le Pô près de Turin ; l’Orco , venant du mont iseran ; la Dora-BaUea , venant de la vallée d’Aoste ; la Sesiar~VAgogna, le Terdoppio, et le Test in. * -
Confiné. - — Le Var, dans la partie inférieure de son cours-, sépare le Piémont de la Franeei-Borné.à l’O. par la France, au N. O. par lâ Savoie, au N. par la Suisse# à l’E. par la Lombardie et le duché de Parme, au S. par la Méditerranée, le Piémont proprement dit, sans' tenir compte des augmentations dfe territoire- dues aux événements de l’année 1859, a 60 1. du N. au S. et 50 dans sa plus, grande largeur.
La population du Piémont était estimée fi près de 4 millions en 1852.
Le dialecte est mélangé de tournures et mots français et affecte une prononciation particulière. Le génois forme un dialecte particulier.
Klatolre. — Straboti dit que les Salàssi, qui habitaient une partie de cepays, eurent de fréquents démêlés avec les Romains. Auguste en-'fit vendre 40 000 comme esclaves et envoya des Romains peupler le pays. Cette contrée passa aux Goths, pufs aux Lombards : Charlêmagne l’enlevji à ce« derniers; les rois d’Italie , ses descendants , la possédèrent longtemps. Une partie resta sous la puissance des çfnpereurs d’Allemagne.’ Enfin, au commencement du xv* siècle# elle fut dttnëxée aux États d’Amédée VIII, duc de Savoie,
et de cette époque date la réunion,' mal faite au point <fe vue géographique, de la Savoie et du Piémont, dont elle est naturellement séparée par les plus hautes montagnes de l’Europe; Victor?Amédée II , fondateur de la monarchie sarde, "consolida- sa puissance, acquit une partie du Milanais et le royaume de Sardaigne. Après son abdication, son fils Charles^Emmanuel III, qui le fit emprisonner, étendit ses conquêtes, tes .rois de la maison de Savoie prirent aussi le titre de rois m Chypre, de Jérusalem et d’Arménie. Peu de maisons élevèrent autant dé prétentions que- oes princes guerriers. Ils réclamèrent la Morée, prétendirent à la couronne impériale de Constantinople, etc. En 1796, le Piémont fut' envahi -par les Français .et fit partie de la République et de l’Empire j où il forma les départements fie la Doive , du Pô>de la Sesia, de Marengo/du fanaro et de la ’Stura. En 1815.' la maison de Savoie a recouvré subiterhenf tout son- patrimoine,- augmenté même du' .territoire de la République de Cènes. — Après le mouvement insurrectionnel créé-, par la révolution de février 1848 eq France, et la révolte de M.ilan , Charles-Albert, prononçant les paroles fameuses,: Ifalia fard da se, « l’Italie se suffira à elle-même, »$e décida à aller au secours dç-la Lombardie. Le 30 mai, 11 bat les Autrichiens & Goite (près du Mificio, à 8,n»ill-. N-.* O. de Mantoue)., et il y est légèrement blessé,, ainsi que -le duc de' Savoie. Le général, autrichien reprend l’avantage ; un armistice est signé Le 9 août. Une nouvelle campagne s’ouvre le 20 mars 1849. Le 23 mars Parméq piômontaise, mal organisée, perd la bataille'de.Novare; Charles-Albert, qui y g vainement cherché la mort, abdique en faveur de son fils, le duc-de Savoie, actuellement régnant sous- la hom de Victor-Emmanuel II. Depuis lors le'&age développement et la réelle intelligence des institutions constitutionnelles ont attjré sur le ‘Piémont les regardé de l’Europe, et la part prise par lui à la guerre de .Crimée lui a fait conquérir une haute importance politique; elle vient d’être encore augmentée par la réunion de plusieurs territoires, dont le plus important est la Lombardie, enlevée à l’Autriche' à la suite des rapides Victoires de la -campagne de l’année 1869, où l’armée piémonialse , valeureusement, commandée par son souverain, a noblement secondé la généreuse intervention de T-armée française combattant pour l’affranchissement de l’Italie.
Rois nE Sardaigne-: — Victor-Ainédée lierai en 1713. — Charles-Emmanuel III, 1730. — Victor-Amédée JIl, 1773. — -Charles-Emmanuel -IV, 1796. — Charles- Félix, 1821, — Cliarles-Albert, 1831. --■Victor-Emmanuel II, 1849. 11 est né le 14 mars 1820, il a épousé en ,1842 Marie -'Adélaïde -Françoise de Lorraine, duchesse d’Autriche, fille de. Rénier, archiduc d’Autriche, née le 3 juin 1822, et a eu de son mariage 6 enfan.ts. Spn fils aîné. est Ch.-Emmanuel- Jean-Marie-Ferd.-Eug. , prince de Piémont, >oé en 1844...' . '
GUERRE p’iÏAilE (1859). \ '
• Nous placerons ici un sommaire rapide de cette oampagne militaire : Le 27 avril 1859 les corps de l’armée française les plus rapprochés de» Alpes reçoivent l’ordre de franchit la Frontière pour secourir le Piémont attaqué par l’Autriche.' — Le 20 mai, la. division dégénérai Eorey inaugure glorieusement la campagne en gagnant une bataille sut un corps d’armée autrichien, près du village de Montehello , nom déjà illustré par lé succès de .nos armes