DEUXIÈME SECTION. — LOMBARDIE ET VÉNÉTIE
APERÇU GÉNÉRAL
Cette partie .de l’it«lle, située entre 44° 48'' et 46" 40' de lat. N. et entre 10° 15 et 11" 20' de long. É. , avait pour limites : au S. le duché de Parme, dont le Pô. la sépare ( le duché de Modène , ies États de l’Église , dont le PO la sépare également;à l’O. le Piémont, dont elle était séparée par le Tessin et le lac Majeur; âu N. la Suisse et le'Tyrol; à l’E. i’Illyrie et la mer Adriatique. Sa longueur , de l’E. à l’O. , est de 85 lieues , et sa largeur moyenne de 30. La partie septentrionale est couverte par les Alpes et leurs ramifications, où. se trouvent le Splügèn, l’Ortler, le Legnone, le monte dell’ Oro; le reste du pays, et- c’est la plus grande portion, se compose de vastes plaines, grasses et féoorides, mais marécageuses à l’E. C’est là que s’étendent les lagunes de Venise, le long de l’Adriatique, où se rendent toutes les eaux de cette contrée. Les principales rivières sont : le Pô, YAdigc, 1 ’Adda, le Tessin , la Brenta. Le Pu reçoit k plupart des rivières f quelquesrûnes , comme lé Tagliamento , la Piave, la Brenta, le Bacchiglione et l’Adige, débouchent immédiatement dans la mef. — Un grand nombre de canaux entrecoupent le* pays; les principaux sont le Naviglio Grande, celui de la Martesana.
Le Lombard-Vénitien a, au pied des Alpes, [des lacs nombreux, les plus considérables de l’Italie : le lac Majeut , celui de Parère, celui de Lugano , plus en Suisse qu’en Itfllie ; ceux de Côtne , d'Isco , d'Mro et de Garda, le plus grand de tous. . . •
Agriculture. — .Lè sol es! partout d’une fertilité prodigieuse; une eufture soignée et un large système d’irrigation . remarquable surtout sûr les territoires de Milan, de Lodi et de Pâvié, concourent à développer de plus en plus sa richesse naturelle, et à donner à cette .contrée, une des plus productives de l'Italie, beaucoup de rapport "de ressemblance avec las Flandres. La moitié de la plaine de la Lombardie, plus de 4000 kil., est dotée d’irrigation ; il s’en écoule, par les milliers de canaux creusés de main d’homme, une quantité d’eau qu’on estime à 30 millions de mèt. cubes par jour. — Ces plaines basses et marécageuses sont favorables à la cülture du riz, qui forme
ITALIE
une des richesses du 'pays'. Mais aussi les rizières sont des foyêrs de lièvres pour les populations qui les cultivent:. . ■ .
Quoique le Lombard-Vénhien soit pauvre en bestiaux, sur certains points il existe d’excellents pâturages; on y fait des fromages renommés: le stracchino (de fabrication incomplète, avec le lait caillé A peine trait et non dépouillé du beurre); le meilleur se fait à Gorgonzola, 12 milles E. de Milan. Le parmesan (parmigiano)-, improprement nommé, et qui devrait plutôt s’appeler lodigiüno, parce que c’est principalement sur, le territoire de Lodi qu’on le fabrique, est désigné dans le pays sous lo-nom de grana.
BeaiiiHirta en j.ombnrdlc. Architecture. — Les maîtres de Côme ( Comacini ) ^ont- cités par les lois lombardes comme les meilleurs architectes du temps. Jusque vers la fin du xiiic siècle, les monuments élevés en Italie furent exécutés dans le style lombard de la seconde époque ou roman. A partir de laün du xin* siècle, l’ogive Tend à substituer un nouveau style que les Italiens ont nommé allemand ou gothique. Mais,, en Italie, le style ogival trouve des esprits bien moins disposés à accueillir ses tentatives hardies et son luxe d’ornementation. — L’architecture milanaise ne manifèste; pas un caractère original. Dans l’architecture civile, qui aune si grande importance à Venise et Yicence, qui a un caractère si tranché à Florence, Milan u’offre rien de saillant.
Peinture. — A laf différence dés écoles florentine, Vénitienne et romaine, qui eurent pour siège les villes de Flôrence, de Venise et -de Rome, le souvenir et la gloire de l’école lombarde nç s’attachent point à- une ville <*i particulier. L’expression d’école lombarde manque donc de vérité. Aussi Lanzi ( Histoire de la Peinture) parle-tril des écoles lombardes de Mantôué, de Modèné, de Parme, de Crémone, de Milan, trop distinctes pour justifier une dénomination uhique. — Vincènzo Voppa (1420-1 4Ô2) est, considéré comme le fondateur dë l’ancienne école milanaise, mais elle prend .un nouvel éssor avec Lconard.de Vinci , Ses élèves forment , l’époque la plus florissante Je l’école milanaise. Ils eurent un gofit à peti près uniformè. On y. trouve le froid Beltraffio; l’aùstèrê Cesare da Scsto, qui imita plus tard Raphaël; Marco d’Oggiono, Andrea Salai, F. Melzi. On doute -qug Bernardino Luini ; surnommé le Raphaël milanais, ait été élève de L. de Vinci ; mais ■Il s’est approprié tellement le style dh grand artiste de la Toscane, que l’on hésite pour savoir à qui des deux oh doit attribuer plusieurs ouvrages importants. — A côté de ‘cette nouvelle école, l’ancienne, sans sé confondre avèc elle, avait profité des exemples de L.' de Vinci, et elle compta dans Gaud.ienzo Ferrari, coloriste riant et animé, qualité rare chez les Milanais, un des plus habiles peintres du temps-; un de ses élèves les plus distingués fut Bernardino Lanino. Mais l’école perdait de son originalité. A la fin du xvtc siècle , il ne restait plus de trace? du style dé L. de Vinci ni de celui de G. Ferrari. Les styles étrangers avaient fait des prosélytes. Les PrOcacçini ouvrent une . nouvelle école. Le cardinal Frédéric Borromée fonde une académie des beaux-arts. Le nom de Daniel Crespi, mort en 1630, est le dernier grand nom de l’école milanaise, et, parmi les modernes, celui d ’Appiani, mort èn 1817.
ninlecte. — « Le milanais (qui a un accent nasal) et le haut lombard suppriment les voyelles .finales et souvent même fes médianes. Ils ont en commun avec le piémontais et le génois, les voyelles eu et u et les nunnations an.' in, on, un, ainsi qüe la consonne ÿ, toutes valeurs phonétiques françaises, et