LOMBARDIE
qu’on ne retrouve pas dafis le bas lombard de Crémone ou de Mantoue. De tous les dialectes italiens, le bergamasque est le -plus rude, et cela par la multiplicité de ses contractions. »
Histoire» Au m" siècle Milan prit de l’importance sons l’empereur Maximien, qui en fitsa capitale. Les lombards s’établirent à leur'tour dans le pays, en 568. Charlemagne les vainquit et annexa leur royaume à ses Etats. Ses descendants le possédèrent jusqu’en 960, époque où il passa sous la domination d’Othon le Grand, . empereur d’Allemagne. Les querelles entre les papes et les empereurs, connues sous le nom de. guerres des Guelfes et des Gibelin ». l’ensanglantèrent , mais furent favorables k la liberté. G’est'au xi* siècle que se propagea en Italie le mouvement d’affranchissement des communes. La nécessité de la défense réunit plusieurs communes dans' un même but et donna lieu à la ligue lombarde. Mais les villes italiennes renouvelèrent le spectacle des rivalités de" l’ancienne Grèce. En 1111, Milan rase I.odf et soumet ses habitants au plus dur despotisme. Les empereurs d’Allemagne se firent un levier de ces divisions. En 1162, Frédéric Barberousse détruisit Mi.lan, épuisée par la famine, et appela à cette dévastation les habitants de Pavie, de Crémone, de Lodi et de Côme, aux vengeances desquels certains quartiers furent assignés. La ligue lombarde prit.à honneur de relever ses murailles. En 1 176, Frédéric, descendu une sixième fois en Italie, était vaincu par les Milanais à la bataille de Legnano. Le Milanais, déchiré par les luttes du peuple avec les nobles, et des nobles entre eux, ne put. toutefois se maintenir en république, et eut successivement pour maîtres les chefs des factions formées dans son sein : les Torriani ou délia Torce, les Visconti et les S for sa, A la fin du xiu" siècle, on comptait dans le N.' de j’italie presque autant de princes qu’il y avait de villes lihres dans le siècle précédent. Vers 1330, les États de la Lombardie centrale étaient soumis aux Visconti. Qtiatre autres familjes : celles d’Este, à Ferrare et Modène ; de la Scala , à Vérone ; de Carrare, à Padoue; de Gonzague, à Mantoue , pouvaient à peine lutter contre la puissance des Visconti , qui finirent ‘ par absorber todte Tltalie du N. En 1395, Jean GaléaS Visconti, moyennant 100 ÛOO florins, obtintle titre de duo dè Milan, de Wencéslas, empereur d’Allemàgne. Des enipoisonnemènts, dès assassinats, .des cruautés inouïes, cotisaerent les noms de plusieurs membres de la famille Viscbnti à l’horreur dè la postérité. — En 1450, un des condottieri, si communs alors en Italie, François Sforza ; qui avait épousé'uné fille naturelle.de Philippe-Marie, assiège et prend Milan, et s’y fait .proclamer duc. En 1464, il devient seigneur de Gênes. Sforza était fils naturel d’un paysan, Muzio Attendoloi, qui se fit par son épée une grande fortune. — Voici la succession des Sforza : Galéas-Marie , fils de François, 1466 ; JeaçGaléaS, 147ff; Louis-Marie, dit le More;' 1494, déposé en 1500 ; Maximilien Sfbrza, 1512,. déposé en 1515; François II Sforea, -dernier duc, 1521-1529; il meurt en 1535. — Louis le More , qui avait usurpé le pouvoir sur son neveu, appelle Charles VIII à son secours contre le roi de Naples, défendant contre lui les intérêts de son gendre. Louis XII, réclamant le Milanais du chef de son ajeule , Valentine, fille de Jean Galéas Visconti, mariée en 1389 au duc d’Orléans, fait prisoiinler Louis le More, s’empara du Milanais et en obtient l'investiture de l’empereur d’Allemagne. Mais Jules II forme la sainte ligue pour l’expulsion des Français: Louis XII perdit le Milanais. François I*’ le reconquit, de nottveaih La bataille de Pavie le lui- fit peplre encore; mais elle ne rendit qu’une autorité précaire à François'-Marie Sforza.
ITALIE
A sa mort, Charles-Quint s’empara du Milanais comme d’un fief dévolu à l’Empire. A partir de ce moment, il ne compte plus parmi les États indépendants de l’Italie ; il fait partie de la monarchie espagnole jusqu’à la guerre de la Succession, dont. la mort dé Charles II (1700) fut le signal. Le Milanais passa alors au pouvoir de la maison d’Autriche, qui .acquit aussi le duché de Mantoue. Les Français envahirent le, Milanais en 1796. Le traité de Campo- Formio, 1797, rendit une. apparence d’indépendance à Milan, qui devint le chef-lieu de la république Cisalpine. En 1805, le Milanais fit partie du royaume d’Ita).ie. En 1815, Milan devint, soys là domination de l’Autriche, la capitale du royaume lombardo-vénitien. « Le 18. mars 1848, les Milanais se soulevèrent, et , après cinq jours de combat, les troupes autrichiennes se retirèrent de la ville et se concentrèrent dans. les forteresses. Un gouvernement provisoire fut établi, et dura cinq. mois, tant que dura la guèrre entreprise par le rôi de Piémont, Charles-Albert. Les Autrichiens rentrèrent dans Milan le 6 du mois- d’août. » — La Lombardie, par suite de la guerre de 1859, vient d’être enlevée à l’Autriche et réunie au Piémont.
HOOTE 417. .