‹ Guide du voyageur en EuropeChapitre 61 sur 816 · DE PARIS A GIVET · texte numérisé non relu

DE PARIS A GIVET

Chemin de fer en construction jusqu'à Soissons. Route de poste. 286 kii.

De Paris à Laon 131 kii. , par la route (le poste, 176 kii. par le chemin do fer, voir R. 11 et 12.

154 kil. Marie, V. de 2000 h. , située sur le Vilpion.

1711 kil. Montcnrnet , V. de 1743 b., sur la Serre , jadis place forte.

190 kil. Brunehamel , v. de 947 h.

214 kil. Maubert- Fontaine , b. de 1426 h.

230 kil. Roeroi (hôt. du Commerce), V. forte de 3240 h. , entourée par la forêt des Ardennes, chef-beu d’aTrond.

du départ, des Ardennes. C’est sous ses murs, entre Maubert-Fontaine et Rocroi , que fut livrée , en 1643 . la bataille qui porte son nom, et que Condê, alors âgé de 22 ans, gagna sur les Espagnols.

246 kil. Fuma y, V. de 3545 h., sur la Meuse ; les produits de ses ardoisières sont estimes.

268 kil. Civet (hôt. : du Mont d’Or, de l’Ancre), V. fortifiée de 5859 h., située sur la Meuse et composée de trois parties distinctes : Givet-Saint- Hilaire (sur la rive g. du fleuve), Givet-Notre-Dame (sur la rive dr.) , que réunit un beau pont construit en 1810 sur les ordres de Napoléon, achevé en 1816; Charlemont, sur la rive g., fondé par Charles-Quint , et qui domine les deux Givet. Sa forteresse, sur un rocher à pic, passe pour être un des chefs-d’œuvre de Vauban.

Elle a vu naître Méhul , auquel on a érigé une statue. Elle est un port de transit entre la France et la Belgique ; elle possède des fabriques de pipes, des tanneries importantes; elle exploite des carrières de pierres bleues , connues sous le nom de pierres de Givet. On remarque, au pied du rocher de Charlemont, de belles casernes qui peuvent contenir 6000 hommes. Bateaux pour Mézières et Dinant.

A 2 kil. de Givet, se trouve From-

melennes , fonderie et manufacture de cuivre laminé.

De Givet à Dinant et à Namur, voir Belgique.

Chemin de fer : embarcadère place de Strasbourg. 502 kil. k convois par jour ; trajet en il h. par trains express, en 16 h. to m. par trains omnibus. — i**cl., 56 fr. 20. — 2* cl., k2 fr. 15 c. — 3» cl., 30 fr. 90 c.

9 kil. Noisy-le-Sec , v. de 2156 h., où le chemin de fer se bifurque ; l’embranchement de (lr. se dirige sur Mulhouse, voir R. 34.

11 kil. Bond y, v. de 719 h., qui a donné son nom à la forêt voisine.

13 kil. Le Raincy , station établie dans l’ancien parc de ce nom , vendu pat lots.

14 kil. Villemomble, v. de 614 b.

et Gaqny , v. de 948 h.

19 kil. Chelles, v. de 1632 h., qui possédait jadis un manoir royal, et une abbaye de Bénédictines, fondée en 660 par Bathikle, femme de Clovis II, supprimée en 1790, et dont les bâtiments sont convertis en habitations particulières. Chilpéric fut assassiné à Chelles en 584 ; la place où eut lieu ce meurtre est indiquée par un piédestal , mis au nombre des monuments historiques.

28 kil. Lagny , V. de 2817 h. , située sur la Marne. On traverse la Marne et le souterrain de Chalifert (168 màt.) , avant

37 kil. Esbly , v. de 372 h. , où l'on franchit encore la Marne.

45 kil. wcaui (buffet, hôt. de la Sirène), Meldi, V. anc. de 10 491 h., sur la Marne et le canal de l’Ourcq, chef-beu d’arrond. du départ, de Seineet-Marne, siège d’un évêché, illustré par Bossuet, qui fut surnommé l’Aigle de Meaux. La cathédraleSaint-Etienne , dont les parties les plus anciennes remontent au xn* siècle , et qui , sans être i encore terminée aujourd’hui , fut con- \ tinuée jusqu’au xvi* siècle, est un bel

édifice gothique. Elle a malheuréusement perdu une partie des sculptures extérieures. La tour a 61 mèt. de haut ; on y monte par un escalier de 310 marches ; de la plàte-forme on jouit d’une belle -vue. L’intérieur, qui mesure 84", 35 de long sur 41" de large, est remarquable par l’étendue du chœur, la beauté des chapelles , le monument élevé à Bossuet en l'822 (statue par M. Ruxtiel). Bossuet avait été inhumé (1704) dans le chœur de la cathédrale sous le trône épiscopal actuel. Le 14 nov. 1854, son cercueil fut exhumé et ouvert en présence de M. Allou, évêque actuel de Meaux, puis replacé dans son caveau après avoir reçu les honneurs funèbres, au' milieu "d’une grande affluence de fidèles et de Curieux. On peut visiter encore à Meaux l’église Saint-Nicolas, le palais épiscopal . qui renferme le cabinet de travail de Bossuet. Voit, de correspond, pour Coulnmmiers (26 kil.), V. de 4218 h.

51 kil. Trilport, v. de 881 h., sur la Marne, qu'on y traverse.. On traverse le tunnel d'Armentières (672 mèt.) entre Trilport et

58 kil. Champs, v. de 200 h.

66 kil. I.a Ferté-sona-Jonarre , autrefois La Ferté-Condé (hôt. de Paris), V. anc. de 4183 h., sur la Marne, dominée par Jouarre, dont on aperçoit le clocher sur les hauteurs. Elle "fait un commerce considérable de meules de moulin, les plus estimées en Europe et même en Amérique. Elle a vu naître Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour. Il ne reste plus que le corps principal de l’ancien château, qui a appartenu successivement à MM. les aucs de La Force, aux princes de Condé et aux ducs de La Rochefoucauld. Correspond, pour Jouarre, Im, Ferté-Gaucher (28 kil.), V. de 2132 li. , Montmirail (25 kil),’ Sézanne . V. de 4347 h., Montmirail , V.

de 2600 h., est célèbre par les batailles dont ses plaines furent le théâtre en 1814 : victoires de Napoléon, 11 févr. , sur les Prussiens et les Russes à Montmirail; 10 et 14 févr., â Vauchamps, à 7 kil. de Montmirail, et à Champaubert , à 11 kil. de Montmirail. Cette série de victoiresse terminait, le 24 mars suivant , au Champ-des-

Pleurs , à 56 kil. de La Ferté-Gaucher.

Marmont y était battu par les Alliés.

En quittant La Ferté-sous-Jouarrë, on traverse deux fois la Marne avant le tunnel (940 mèt.) de

74 kil. Nanteuil-sur-Marne , b. de 450 h., au delà duquel on traverse encore la Marne.

84 kil. Nogent-V Artault , v. de 1245 h.

95 kil. eiiitrun-Thlrrry (buffet, hôt. : d’Angleterre, des Messageries), Castellum Theodorici, V. de 5523 h., sur la Marne, chef-lieu d’arrond. du départ, de l’Aisne, célèbre par la victoire de Napoléon sur les alliés en 1814. Patrie de La Fontaine. L’église Saint-Crépin, située sur le sommet de la colline, est d’une architecture massive qui la rend semblable à une forteresse ; le château, dont il ne reste que quelques débris, a été élevé par Charles Martel ; la maison de La Fontaine existe encore, rue des Cordeliers; sa statue a été élevée à l’extrémité de la promenade de la levée.

104 kil. Mezi-en-Brie , v. de 360 h.

106 kil. Varennes, v. de 170 h., correspond, pour La Fcre-en-Tardenois, V. de 2317 h., qui possède les ruines du château de Robert de Dreux.

117 kil. Dormons, V. de 2134 b.; port sur la Marne.

126 kil. Port-à-Binson , ham. qu’on laisse à g. Châtillon-sur -Marne , V. de 908 h. , possède les ruines d’un château fort détruit par les Calvinistes.

135 kil. Damery-sur-Mame , V. de 1740 h.

142 kil. Kpernay (buffet, hôt.: de l’Europe, de la Croix d’Or, de la Sirène) , V. anc. sur la Marne, de 9346 h., centre de la fabrication et du commerce des vins de Champagne mousseux et non mousseux. (Certaines caves taillées dans le roc méritent d’être visitées.) Sa bonneterie est renommée.

Les vitraux peints de l’église (moderne) sont remarquables. Correspond, pour (43 kil.) Sézanne.

A Ëpernay le chemin de fer se bifurque, l'embranchement de g. se dirige sur Reims par Aï, voir R. 16.

148 kil. Oiry, v. de 307 h.

159 kil. Jalons.

173 kil. Ch&lona - *nr - Marne

8$ FRANCE

(buffet, hôt. : de la Cloche et du Palais-Royal), Catalaunum-Ihtro, Catalaunum, V. de 16551 h., située sur les rivières de la Marne, de Mau et de Nau : irrégulièrement bâtie , et fermée de murs peu élevés; clief-lieu du départ, de la Marné, siège d'un évêché et de la 4' division militaire. Patrie de Marion Delorme. Les plaines de Châlons (champs Catalauniques) furent, en 451 le théâtre d’une sanglante bataille dans laquelle Attila fut vaincu. Le principal commerce de Châlons est celui des vins de Champagne. L’établissement de M. Jacuesson , dont le clocher coupole attire e loin les regards , possède des caves taillées dans le roc et qui méritent’ une visite. La cathédrale occupe l’emplacement d’un temple d’Apollon , sur lequel on avait Construit un oratoire en 450; elle a été plusieurs fois rebâtie ( les deux flèches en pierre sont de 1821). Elle mesure une long, totale de 90’", 40. une larg. de 40”, 70; l’élévation des flèches, y compris les tours, est dé 63 mèt. L’intérieur présente un beau vaisseau, trois remarquables chapçlles absidiales et quelques beaux vitraux. La crypte est antérieure à la reconstruction de l’église. L’église Notre-Dame, classée au nombre des monuments historiques, commencée vers 1157, fut achevée seulement en 1322 ; le clocher n’a été terminé qu’en 1852. Notre-Dame en possédait autrefois quatre semblables. Elle renferme de beaux vitraux du xvie siècle et un curieux pavé en mosaïque. On peut visiter encore : l’église Saint-Alpin (vitraux) , et l'église Saint-Jean , fondée au iv° siècle : l’hôtel de ville qui daté de 1772: l’hôtel de la préfecture, construit en 1764; le couvent de Saint- Pierre, transformé en caserne; l’école des arts et métiers ; la porte Dauphine , élevée en 1770 pour le passage de Marie-Antoinette; la magnifique promenade du Jard , qui occupe près de 8 hect. de terrain.

On trouve à Châlons-sur-Marne des voitures de correspondances pour :

Vouziers, Sedan, voir R. 19;— Sainte- Menehould, Clermont, Verdun, voir R. 20;.— Longuyon et Longwy, voir R. 21.

1)« ( li&lona an camp.

25 kil. chemin de fer : 5 convois par jour, trajet en 45 min. — lr«. cl., 3 fr. ; — 2* cl. 2 fr. 25 ; — 3* cl., I fr. 65.

Ce chemin de fer, ordonné le 7 juillet 1857, et commencé le 12 du même mois, était terminé et inauguré le 12 septembre suivant; 60 jours avaient suffi â sa construction. A 1200 mètres environ de Châlons, il quitte la ligne principale qu’il laisse à dr. , traverse la vallée de la Marne et le canal latéral entre Recy et Saint-Martin , entre dans la vallée de la Vesle qu’il franchit à Bouy, et atteint.

25 kil. Mour.melon-le-Pelit (buffet), v. de 267 hab., situé à la limite du camp.

Le camp, dont l’Empereur a voulu faire une école permanente de grandes manœuvres, se compose de 1200 hectares qui s’étendent des deux villages de Mourmelon vers Suippes et Cuperly, dans les plaines stériles de la Champagne, sur le plateau crayeux oit se livrèrent à diverses époques de sanglantes batailles. Attila y fut vaincu (451) par Aétius et Mérovée; les Prussiens yfurentdéfaitsen 1792(bataillede Valmy). Le camp présente un polygone irrégulier. Le pavillon impérial est peint en imitation de coutil. De chaque côté s’élèvent deux chalets; à droite sont les cuisines et plusieurs constructions non terminées. Du pavillon impérial, on aperçoit le campement des troupes, qui s’étend sur le ruisseau du Mourmelon. Le village du Grand-Mourmelon, 599 hab., est déjà encombré de marchands, de cafés et de guinguettes. Le camp de Châlons possède deux cafés chantants, et un théâtre improvisé par les troupes.

188 kil. Vitry-la-Viïle , v. de 198 h.

199 kil. Lnisy , v. de 764 h.

205 kil. l'itry-le-ïrançols (hôt.

des Voyageurs) , V. de 7832 h. . sur la Meuse, fondée en 1545 par François Ier, qui lui donna son nom. Vitry-le-François reçut les habitants de Vitry-le-Brùlé. que Charles-Quint venait de détruire : c’est un chef-lieu d’arrond. du départ, de la Marne.

Avant d’arriver à la station suivante , le chemin de fer se bifurque; l’embranchement de dr. se dirige sur Chaumont, voir R. 29.

217 kil. Blesmes , v. de 225 h.

225 kil. Pargny, v. de 423 h.

231 kil. Sermaise, b. de 1802 h., sur la Saulx. On traverse le canal de la Marne au Rhin.

238 kil. Revigny-aux-Yaches , b. de 1640 h., sur l’Ornain qu’on traverse à peu de distance de

254 kil. nar-le-Duc ou Bar-sur- Ornain (buffet, confitures de Bar; hôt. : du Cygne, de Metz), V. de 13835 h., clïef-lieu du départ, de la Meuse,' jadis capitale du duché de Bar, bâtie en amphithéâtre et divisée en ville haute et ville basse. Patrie des maréchaux Excelmans et Oudinot (elle a élevé une statue à ce dernier). L’église de Saint-Pierre /ville haute) renferme le tombeau de René de Chàlons, prince d’Orange , tué sous les murs de Saint-Dizier (1544), squelette de marbre blanc, par Léger Richer. 11 ne reste que des débris sans importance de son vieux château. Le café des Oiseaux, mérite une mention. Correspond. pour Stenày, Montmédy, Longuyon, voir R. 21. *

258 ail. Longueville, v. de 1500 h.

sur un bras de l’Ornain.

265 kil. hancois-le-Petit, v. de 250 h. Correspond, pour Ligny (2 kil.) , V. de 2892 h. sur l’ Ornai n.

276 kil. Loxeville, v. de 260 h.

289 kil. Lerouville, v. de 504 h.

294 kil. Commercy (hôt. de la Üoche d'Or), V. de 4193 11., sur la Meuse; chef-lieu d’arrond. du départ, de la Meuse. Le château a été bâti par le roi Stanislas de Pologne. Corresp.

pour Saint-Mihiel (19 kil.), Vaucouleurs (20 kil.), Neufchâteau,voirR. 30.

[Saint-Mihiel est une ville de 5245 h., sur la Meuse; le cardinal de Retz y écrivit ses Mémoires. L’église Saint-Etienne renferme un beau monument de sculpture, connu sous le nom de sépulcre de Saint-Mihiel, et dû au ciseau île Léger Richer (xvi* siècle) , élève de Michel Ange. — Vaucouleurs , V. de 2663 h., est la patrie de la comtesse Du Barrv. C’est a Vaucouleurs que Jeanne a’Arc déclara sa mission au

sire de Baudricourt, et c’est de là qu’elle partit pour aller trouver Charles Vil en Touraine. — Domrémy ou Domremy-la-Pucelle, à 20 kil. de Vaucouleurs, v. de 319 h., exempt d’impôts jusqu’à la Révolution, vit naître Jeanne d’Arc(1412). La maison natale de la Pucelle d’Orléans, convertie en écurie pendant l’invasion, a été restaurée souâ la Restauration. Un monument a été élevé en 1820 à Jeanne d’Arc par le département des Vosges.] • En sortant de Commercy on passe la Meuse à Ville-Yssey.

302 kil. Sorcy, b. de 1489 h. On traverse un souterrain de 750 mèt. , à 308 kil. Pagny-sur-Meuse , v. de 778 h. . et un autre souterrain de 1120 mèt. entre Pagny et 313 kil. Foug, b. de 1484 h., où l’on voit les ruines d’un beau château, bâti en 1238, et démoli sous Louis XIII.

319 kil. Tout (hôt. de l’Europe), Tulli Leucorum, V. anc. de 8191 h., forteresse de 4' classe sur la Moselle. Elle appartenait à l’Empereur au moyen âge; devenue plus tard l’un des trois évêchés, elle fut définitivement cédée à la France par le traité de Westphalie (1648). Patrie de Gouvion de Saint-Cyr. La magnifique église Saint-Etienne, autrefois cathédrale, a été commencée en 965 ; la façade et le portail furent élevés sous la direction de Jacquemin de Commercy (1470); ses fours, de 76 mèt., sont ornées de clochetons découpés, de niches, de gargouilles. La voûte plate qui supporte l’orgue passe pour un chef-d’œuvre. L’église de Saint- Gengoult possède , outre de beaux vitraux peints, un tombeau du xv* siècle. L’hôtel de ville, ancien palais épiscopal, est un édifice moderne; l’nôpital civil a été fondé en 923.

Au delà de Toul on côtoie et on passe ensuite le canal de la Marne au Rhin.

328 kil. Fontenoy , v. de 400 h. , sur la Moselle. On franchit la Moselle en deçà et au delà de 337 kil. Liverdun, b. de 1065 h., sur la Moselle , jadis ville fortifiée , situé près du canal de la Marne au Rhin , qui y traverse un souterrain de 500 mèt.

345 kil. Frouard, b. de 898 h., au confluent de la Moselle et de la Meurthe,

FRANCE

anc. place de guerre. L’église ilate de 1566. Sur une hauteur se voient encore les ruines d’un ancien château fort construit par Féry, sur la fin du xu' siècle.

Le chemin de fer se bifurque , l’embranchement de g. se dirige sur Metz, voir R. 23.

363 kil. s«nry (buffet ; la gare est située entre le faubourg Saint-Jean et le faubourg Saint-Stanislas , sur l’emplacement des étangs où périt Charles le Téméraire ; hôt. ; de France , de l’Europe, des Halles), V. de 48199 h. , située sur la r. g. de la Meurthe. Elle appartenait au xni* siècle aux ducs de Lorraine, qui y avaient établi leur résidence. Elle fut prise en 1475, par le duc de Bourgogne. Charles le Téméraire , qui voulait en faire la capitale de ses États et qui périt en voulant la reprendre à René II , duc de Lorraine , car celui-ci s’en était emparé à son tour. Une croix de pierre désigne l’endroit où le cadavre défiguré de Charles fut retrouvé dans les étangs. En 1663 la ville de Nancy, qui avait appartenu jusque-là aux (lues de Lorraine, vit l’entrée triomphale de Louis XIII ; toutefois elle passa encore , avec clause de retour à la couronne de France, entre les mains du roi Stanislas, surnommé le Bienfaisant; en J766, elle revint à la France. Elle est aujourd’hui le- ctief-lieu du départ, ue la Meurthe. le siège d’un évêché, d’une école forestière , la seule qui existe en France, et de l’un des cinq grands commandements militaires. Elle a vu naître le graveur Callot, le maréchal de Bassompierre , Isabey, Mathieu de Dombasle, le général Drouot. Les batistes, les mousselines, les broderies , les boules d’acier de Nancy, sont renommées.

Nancy se divise en deux parties, la vieille ville, et la nouvelle ville, qui. bâtie sur un plan régulier , offre un bel ensemble. Nous mentionnerons d'al>ord les places les plus remarquables : • la place Royale ou Stanislas, qui se compose de cinq édifices principaux, l’unde74mèt. de long. , dont l’escalier est décoré de peintures par Girardet, et qui renferme l’hôtel de ville avec le musée (tableaux de : Léonard de

Vinci, le Pérugin, André del Sarts, Pierre de Cortone, Caravage, G. de Crayer , Jordaens . Philippe de Champagne, Vanloo, Boucher, E. Delacroix, Isabey); les autres' pavillons sont le théâtre, l’évêché et des maisons particulières ; de belles grilles de fer, ne magnifiques fontaines, ornent cette place au centre de laquelle s’élevait autrefois la statue de Louis XV, érigée par Stanislas, détruite sous la Révolution, et remplacée en 1831 par celle de Stanislas lui-même; la place Carrière, séparée de -la place Stanislas par une grille en fer, est décorée d’une colonnade qui aboutit à la préfecture.

Elle renferme la Bourse et le palais de Justice; c’est au palais de Justice u’on conserve la tapisserie trouvée ans la tente de Charles le Téméraire, et représentant l’histoire d’Assuérus ; la nlace Dombasle (statue de Dombasle par David d’Angers, inaugurée en 18511); la place d’ Alliance, ornée d’un large bassin, du milieu duquel s'élèvent sur un rocher trois fleuves qui laissent échapper de belles nappes d’eau ; la place de Grève (jet d’eau au milieu), le cours Léopold , terminé par un arc de triomphe, la porte Neuve, construite en 1785.

l.a cathédrale , destyle italien, fut bâtie de 1703 à 1742; le portail est couron né par deux tours; l’église des Cordeliers, commencée en 1477 par Henri II de Lorraine, achevée vers 1484, possède ; le tombeau de René II, beau monument de la Renaissance (1515), à l’exception de la statue, qui est moderne, ainsi que celle de la Vierge; celni dér cardinal de Vaudemont ; ceux de Callot, d’Antoine de Vaudemont, de Philippe de Gueldres (ce dernier, chefd’œuvredeLégerRicher) , et le tombeau de .Gérard d’Alsace (xn* siècle), près de l’entrée de la chapelle ducale,, nommé chapelle ronde ou rotonde et récemment restaurée. L’église Notre- Dame de Bon-Secours, â l’extrémité du faubourg Saint-Pierre, fut bâtie au xvm* siècle; Stanislas en posa la première pierre ; on y voit le tombeaude ce prince par Nicolas Sébastien Adam, et celui de sa royale épousa Catherine Opalinska, deux stèles érigées par les Polonais avec des inscrip-

lions touchantes (1814-1832), des étendards enlevés auiTurcs par François Il de Lorraine. L 'église Saint- Eprre, dans la vieille ville, est du xv" siècle: elle renferme une belle sculpture de Drouin de Nancy, la Cène (1582).

L’ancien palais des ducs de Lorraine, dont le portail est curieux, a été transformé en gendarmerie. La porte de Craffe, ou Notre-Dame, remonte au règne du duc Jean II. Elle a été réparée en 1747. Les portes Saint-Jean, Saint-Georges. Saint-Nicolas, ont été élevées sur les dessins d’Orphée de Galéan.

On remarque encore à Nancy : la colonne ou croix de Bourgogne, hors de la porte Saint-Jean; la maison de Callot, rue de Callot; la statue du général Drouot, par David d’Angers; les halles, fondées en 1758 par Stanislas ; le cabinet d’histoire naturelle ; le jardin botanique, etc.

[ A 30 kiL de Nancy se trouve ChAtran Malin* , V. de 2242 h., sur la Seille, chef-lieu d’arrond. du départ, de la Meurthe et dont le château a été bâti en 1342 près des salines établies en 1330 et abandonnées, ainsi que celles de Moyenvic (à 8 kil. de Château-Salins) , depuis qu’on a découvert à Dieuze , Decem patji, à 43 kil. de Nancy, V. de 3596 kil. , une roche de sel. 400 ouvriers sont employés à cette saiiqe.]

On traverse le canal, la Meurthe et la Rouanne entre Nancy et

365 kiL Varangeville , y. de 669 h., au delà duquel on passe le canal et le Sanon.

370 kil. Rosières-Eaux-Salines , V.

de 2136 h., qui possédait de belles salines abandonnées en 1760; on y remarque un beau haras.

377 kil. Blaim ille-la-Grande , v. de 910 h., d’où part l'embranchement d’Epinal, voir R. 31. On franchit deux fois la Meurthe en arrivant à

385 kil. ■.iiBévIlle (liôt. des Vosges), V. de 13 301 h., sur la Meurthe et la Vesouze, jadis fortifiée, démantelée au xvji° siècle, célèbre par le traité (1801) qui porte son nom; patrie de Boufflers. Elle possède des fabriques de broderies estimées. L’église

paroissiale renferme le tombeau de la marquise du Châtelet. Oui y remarque encore : la caserne des Carmes, modèle des constructions de ce genre ; le manège couvert, un des plus beaux d’Europe; la promenade des Bosquets , près du château qui, construit par Léopold I*r, en 1706 (Stanislas, qui y tenait sa cour, y mourut en 1769), a été incendié en 1746, 1755, 1813, et le 23 nov. 1849.

[A 24 kil. de Lunéville est ■aecarM, V. de 3565 h., qui possède la plus belle cristallerie de France.]

393 kil. Maraineilliers.

402 kil. Ébermenil , v. de 400 h.

410 kil. Avricourt, v. de 667 h.

424 kil. Hémmg , v. On traverse le canal et la Sarre.

432 kil. SarrebMrx (buffet, bôt.

du Sauvage) , V. de 2929 h. , sur la Sarre, incendiée en 1461, rebâtie en 1463. Au delà de Sarrebourg, on entre dans la chaîne des Vosges , où l’on traverse le tunnel de Hommarting (2678 mèt.), qui a une pente de 5 millim. par met. (à l’entrée on a le canal à dr. , et à la sortie il se trouve à g. ; le canal croise le chemin de fer dans la montagne) et cinq autres souterrains longs de 245 , 432 , 395 , 500 et 308 mèt. On franchit plusieurs fois la Zorn. Audessus d’un de ces tunnels se dressent les ruines du château de

448 kiL Lulselbowrg, v. de 611 h., situé sur la Zorn. Correspond, pour (19 kil.) Phalsbourg, V. de 4125 h. . fortifiée par Vauban : patrie du maréchal Lobau. On traverse ensuite plusieurs tunnels, le canal , et la Zorn : on aperçoit les deux châteaux de Haut-Barr et de Geroldseck, avant d’arriver à

458 kil. «avernr, en allemand Zabem (hôt. du Soleil) , V. de 5348 h. , située près du canal de la Marne au Rhin. ' A dr. de la station s’élève le château, bâti en 1666 pnr l’évêque de Strasbourg, Egon de Ftirsteraberg, transformé en caserne en 1817 et 1818, destiné aujourd’hui aux veuves et aux filles des hauts fonctionnaires de l’Empire. Au-dessus de la ville se dresse la tour du château ruiné de Greifenstein.

463 kil. Sleinbourg, v. de 1111 h.

466 kil. Dettwiller, v. de 1082 h.

FRANCE. '

475 kil. Hochfelden, v. de 2585 h., Le portail principal de la cathésur la Zorn. drale de Strasbourg est orné «l’un

479 kil. Mnmmenheim , v. de 1280 h. pilier sur lequel repose la statue de la 485 kil. Brumatli, V. de 5169 h., Vierge, portant l’enfant Jésus dans ses sur la Zorn , possède une source d’eau liras , de statues des prophètes et des minérale froide, découverte en 1824. apôtres, de bas et de nauts reliefs :au- On laisse à g. l’embranch. de Wissem- dessus on admire une telle rosace teurg un peu avant en vitraux de diverses couleurs, de

493 kil. Yendenheim ou Ffgenheim, 44 mèt. de circonférence intérieure, v. de 1342 h. couronnée par une galerie où se trou-

502 kil. Mtranbotirg (Buffet. Oran. vent les statues des apôtres, et plus de la gare dans la ville, 25 c., sans ba- haut celle de Jésus-Christ. Au bas, et gage; à la citadelle, 50 c. ; aux hôtels, de chaque côté de cette rosace, les 50 c. , avec ou sans bagage. Corres- statues équestres de Clovis , Dagobert , pond, pour Kehl. — Hôtels ; de la Ville Rodolphe de Habsbourg (1291) et de Paris; Maison-Rouge, la Pomme Louis XIV (1828), décorent les piliers d’Or; la Fleur, la Ville de Metz.— Ca- saillants de la façade. Au portail de g. fés ; Adam, sur le Broglie; Cadé, place 12 vierges écrasent les péchés capi- Kléber; — restaurants: du Rocher de taux; on remarque au portail de dr. Cancale, rue Brûlée; Spiegel rue du les vierges sages et les vierges folles; Château. — Citadines, 50 c. le quart au portail du midi, 2 statues sculptées d’heure , 90 cent, la demi -heure , par Sabine, la fille d’Erwin; et sur le 1 fr. 50 c. l’heure), Argentoralum , parvis devant le portail, les statues V. de 77 656 h., sur l’IU et la Bruche, d’Erwin et de sa fille. A l'intérieur la à 4 kil. du Rhin, et 145 mèt. au-des- nef, éclairée par de magnifiques visus de la mer; antérieure à César; traux, est soutenue de chaque côté ville impériale en 1205; capitale de par sept piliers, formés de faisceaux l’Alsace; réunie à la France en 1681 de colonnes rondes. On compte 115“, 41 par Louis XIV; aujourd’hui chef-lieu de l’entrée du grand portail au chœur, du départ, du Bas-Rhin, place de 44 mèt. de larg. et 31 mèt. de haut, guerre et citadelle de lre cl. (Vauban insqu’à la voûte. Les vitraux, nouvell'a rendue presque imprenable), Sept lement restaurés, sont du xiv' siècle portes conduisent dans son enceinte, et exécutés par Jean de Kirschheim, dont le pourtour est de 6578 mèt. On Jean Markgraf, Jacques Vischer, les y parle plus généralement allemand frères Link. L’orgue de 1716, par Anque français. La moitié de la popu- dré Silbermann, a 3 claviers et 46 relation est protestante : Strasbourg a gistres. La chaire de 1487 est d’Hamvu naître Gutenberg, Kléber, Keller- merer; le baptistère, en pierre sculpmann, Andrieux. Ses jambons et ses tée, de Jos§e Dotzinger, mort en pâtés de foie gras sont estimés. 1449, est un vase entouré d’une brous-

La cathédrale, fondée par Clovis en saille de sculpture. Une horloge astro- 510, embellie par ses successeurs, par nomique remplace celle qui était re- Charlemagne surtout, incendiée en gardée comme l’une des sept merveilles 1002 et 1007 , fut reconstruite en 1015, de l’ancienne Allemagne; cette nouet terminée en 1439 par Jean Hultz de velle horloge, haute de 20 mèt., finie Cologne; 10000 ouvriers, selon la en 1842, est de Ch. Schwilgué. La tradition, y travaillèrent longtemps statue de l’évêque Wernber, placée pour le salut de leur âme. te tour a en 1840, est en face de l’horloge. Le 142", 10 au-dessus du sol; c’est le plus chœur de l’édifice est de style byzanhaut des monuments humains, car la tin. Le jubé a été démoli en 1682; la grande pyramide d'Egypte a environ colonne qui supporte la coupole du maintenant 4 mèt. de moins. Com- chœur (colonne des anges ou d’Erwin) , mencée en mai 1227 sur les plans formée de légers piliers et ornée de d’Erwin de Steinbach , elle fut conti- statues, passe pour avoir été sculptée nué par son fils Jean et d’autres ar- par la fille d’Erwin. On devra visiter chitectes inconnus. aussi : la crypte sous le chœur (saint

sépulcre à l'entrée , figures de grandeur naturelle); la chapelle Saint- André, la plus ancienne; celle de Saint-Jean, qui renferme le monument de l’évêque Conrad de Lichtenberg; celle de Sainte-Catherine (monument de Conrad Bock).

635 degrés montent au sommet de la tour (billets d’entrée chez le concierge, 15 cent.). La plate-forme est élevée de 72 mèt. La tour de la flèche est octogone ; quatre escaliers conduisent à la flèche et sont entièrement à jour; les huit escaliers tournants mènent à la lanterne , terminée par la couronne et la croix (une permission spéciale du maire est nécessaire pour monter jusqu’à la lanterne). Le plan de la cathédrale est gardé dans le Frauenhaus (maison de Marie), place du château royal, qui renferme en outre un bel escalier et les restes de l’ancienne horlpge.

Le temple de Saint-Thomas , fondé en 670, rebâti en 1031, puis en 1144 et de 1270 à 1398. renferme le tombeau trop vanté du maréchal de Saxe, par Pigalle (1777) ; le cercueil en pierre de l’évêque Adeloch, les monuments de Schœpflin, Oberlin, Koch, Sehweighæuser, Emmerich Herrenschneider, et les deux horribles momies du comte de Nassau ot de sa fille. Sùr les murs intérieurs du Temple neuf, on découvrit en 1824 une danse des morts.

Le chœur, séparé de l’église par une allée, est divisé en plusieurs étages et renferme une collection d’antiquités (le cabinet Schœpflin), la salle des vitraux, et la bibliothèque , fondée en 1631 , 180000 vol. imprimés et 1589 manusc. , dont plusieurs précieux ( llortus deliciarum, missel en lettres d’argent sur parchemin pourpré).

Le château Royal fut bâti, de 1728 à 1741, parle cardinal Armand Gaston de Rohan-, évêque de Strasbourg.

L’hôtel de la préfecture est situé rue Brûlée, ainsi nommée de ce que 2000 juifs y furent brûlés en 1349. On remarque encore à Strasbourg : l’hôtel de ville; l’intérieur a été restauré en 1853-1854, rue Brûlée (archives importantes) : le Luthof, séjour des empereurs à leur passage à Strasbourg ; le théâtre sur le Broglie , statues par

Ohmacht; le lycée, sur l’emplacement au Thiergarten où Gutenberg fit ses premiers essais en 1436 et établit une presse en 1439; l'École, la Direction d artillerie et la Fonderie de canons; 1 arsenal, l’un des plus beaux de France (armes pour 400 000 hom.); la citadelle ; la statue de Gutenberg, par David d’Angers, inaugurée en 1840, et ornée de quatre bas-reliefs représentant l’influence de l’imprimerie dans les quatre parties du mônde; la statue de Kléber, par Grass (1840) : l Académie (musée d’anatomie, muséum d’histoire naturelle, bibliothèque spéciale de 30 000 vol.) ; le Broglie , promenade due au maréchal deBroglie .

1770; la Robcrtsau (prairie Robert) ; les Contades, les bords de l’IIl, etc.

La distancé de Strasbourg au pont de Kehl, sur le Rhin, frontière d’Allemagne, est d’un kilom. et demi. Un ont de bateaux unit actuellement les eux rives du Rhin, qui doivent être reliées en outre par un beau pont fixe à tabliers tournants, pour laisser passer les bateaux üiâtés.

De Strasbourg à Bâle, R. 28; — à Wissembourg, R. 27 à Kehl, Baden-Baden, Bâle, par Freybourg, Carlsruhe, Francfort, etc., voir l'Allemagne.

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