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DESCRIPTION DE VENISE

Venise est située dans les lagunes de la mer Adriatique, sorte de lacs ou de flaques d’eau épanchées sur un rivage plat, peu profond à marée haute, et découvrant à marée basse une quantité de bancs /de sable : c’èst entre ceux-ci que s’étendent les canaux plus profonds qui servent à la navigation.

La hauteur de la marée est de 3 pieds environ: Veni'se est protégée du côté de Ta juer par une langue étroite -de terre nommée le Lido (rivage qui a 3 entrées fortifiées). Elle est formée d’un groupe d’iles , reliées les unes aux autres par- 450 ponts. Le Grand- Canal (canal Grande), long de 3750 mè-' très, la. divise en deux parties inégales. Deux .ponts le traversent :

l’ancien pont de pierre du Rialto et le pont nouveau, en fer, vis-à-vis de l’Académie des béaux-arts. Au sud des deux principaux groupes d’îlots sur lesquels Venise est assise, et dont le plus grand est occupé par la place Saint-Marc, sont deux lies : celle de San Giorgio , faisant face à cette place, et celle de la Giudecca, séparée de'Venise par le large canal de la Giudecca. — Presque toutes les maisons sont bâties sur pilotis, les façades principales tournées . vers les canaux. Un trèsgrand nombre ont également une issue sur des rues intérieures. Depuis 1829, Venise est un port franc. Cette ville,, d’un aspect si pittoresque, est la plus étrange du monde. Elle ne connaît ni le bruit, ni la poussière. Le pied de ses maisons est dans la mer; ses rues

sont des canaux ; ses voitures sont des gondoles. La décadence de cette reine de l’Adriatique est écrite dans les étranges destinées de ses palais, dont . les uns appartiennent aujourd’hui à ’ des danseuses , ou sont tranformés eu auberges.

La plage St-Marc est formée de* deux places d’inégale grandeur , communiquant ensemble, à angle droit.

La plus grande, la place St-Marc, est entourée sur trois côtés de belles constructions et d’arcades , et avant à l’autre extrémité la basilique de St-Marc.

Cet antique forum de Venise, aujourd’hui que savie politique est terminée, n’est plus qu’un vaste salon, où se réunissent les habitants de la ville et les étrangers.

La petite place ( Piazsetta ), prolongement de la première vers le rivage, est bordée à PE. par un des côtés du Palais ducal, et à PO. par un palais à arcades, qui devait- être la bibliothèque de St-Marc; ces arcades continuent celles qui entourent la place St-Marc, et forment une promenade couverte, d’un long développement. Le quai, auquel elle aboutit, s’étend des deux cô-' ■tés et prend le nom de môle, jusqu’à l’extrémi'té du Palais ducal et au pont de la Paille, que domine le célèbre pont des Soupirs (V. Palais ducal).

— Au delà du pont de la Paille, commence le quai des Esclaions (dei Schiavoni) , le plus fréquenté de Venise.

A Rentrée de la Piazzetta sent deux colonnes de granit érigées en 1170.

L’une est surmontée de la statue de saint Théodore ; l’autre du lion ailé de saint Marc, qui remplaça le premier comme patron de Venise. Ce lion , transporté à Paris, fut pendant un temps sur la place des Invalides. Le Conseil des dix faisait accrocherà ces colonnes les cadavres des criminels d’Êtat. — A l’O. est l’élégant Palais de la libre ria Vecchia, construit par Sansovino (1536), terminé par Scamozzi (1580).

Place Saint-Marc. On y remarque :

le clocher de St-Marc (Campanile), commencé au xe siècle ; il domine tous les édifices de Venise et a 98 mèt. de hauteur. On a d’en haut une admirable vùé; — la loggia, petit édifice carré, par Sansovino ; trois piliers en brome

ITALIE

supportent des mftts, où Ton arborait les étendards de la République ; la tour de l’horloge.— A côté de cette horloge s’étendent les façades des Procuratie Yecchie, édifices commencés vers 1495 et qui servaient aux procureurs de St- ' Marc.' Ce sont aujourd’hui des propriétés particulières ; au fond de la place est l’aile nouvelle, qui forme , avec les Procuratie nuove, édifice en retour, et la libreriaVecchia, le Palais-Royal.

On y voit quelques tableaux.

Palais ducal. Édifice d’un aspect grandiose et original; il fut com:

mencé sous le doge Marino Faliero.

Les façades sur la piazzetta et sur le môle sont de 1422; la façade sur le canal délia Paglîa est en style de la Renaissance. Deux des façades de la cour intérieure ne sont pas terminées. L 'escalier des géants, ainsi nommé de deux statues colossales, par Sansovino, conduit à la galerie. L’intérieur du palais offre un grand intérêt par les objets d’art qu’il renferme ; salle du grand conseil (peinture de Paul Véronese et de Tinloret, etc.). On visite successivement la Salle du scrutin ; la bibliothèque deSt-Marc , ouverte de 10 à 3 h. , possédant 120 000 vol. et 10000 manuscrits; Musée archéologique ; Salle degli Scarlati; delio Scudo; des bas-reliefs ; des bronzes ; délia bussola'; du Conseil des dix; des Quatre-Pùétes ; du Sénat ou des Pregad,i; de, VAntieollége; du Collège. Ces dernières salles contiennent des peintures remarquables des maîtres vénitiens, f- On visite aussi, comme une curiosité, les prisons des plombs , auxquelles les Técits de Casanova du Seingalt et de Silvio Pellico ont donné de la célébrité . et sur1 tout celles dites ; lespuits, qaehots souterrains privés de jour. — Le pont des Soupirs, si pittoresquement jeté audessus du canal de la Paglia, fait communiquer le Palais ducal avec les prisons, construites en 1589 par A. da Ponte.

La basiliqüe Saint- Marc, modèle précieux d’architecture byzantine , fut commencée vers 977 et inaugurée en 1094. Quatre chevaux de bronse (transportés de Rome à Byzance , et de Constantinople à Venise en 1205, et qui ont été plusieurs années à Paris sur

l’arc de triomphe de la place du Carrousel) lorment une des décorations les moins motivées de la façade. Dans le péristyle sont des mosaïques des Zuccati ; à droite est la chapelle Zen.

A l’intérieur, la basilique est enrichie d’une profusion de marbres, orientaux, de sculptures, de bronzes,, de dorures et de iposaïques, exécutées depuis le x' jusqu’au xm* siècle. On y compte 500 colonnes enlevées à l’Orient. A.dr.

est la curieuse chapelle des fonts baptismaux. Au maître autel se conserve la pala d'oro, curieux ouvrage byzantin, en or et argent, émail, avec ciselures, camées et pierres précieuses. La porte de la sacristie est due au talent de Sansovino. Lé. Trésor a perdu la majeure partie de ses richesses.

Églises. 1” A l’E. et au 17. du grand canal; Sancta Maria Formosa , — SS.

Jean et Paul (San Zânipolo, 1236-1430), sorte de Panthéon vénitien rempli'des mausolées de doges et de grands hommes (parmi les peintures, il faut citer ; le martyre de saint Pierre , dominicain, chef-d’œuvre du Titien). — Près de cette église est la statue équestre du général Colleoni , coulée en bronze par Alex. Leopardi , d’après lé modèle commencé par Andrea del Verocchio S. Francesco délia Yigna , par Sansovino (peintures) ; — S. Pietrp di Castello (peintures) ; — S . Giovanni in bragora (peintures) ; — S- Giorgio de’ Schiavoni; — S. Giorgio de’ Greci (les étrangers ne manquént pas d’y assister à un office grec); —S. Zacearia (peintures) ; — S.Salvatore (tombeau du doge Vénier par Sansovino; Ta Cène à Emmaüs, chef-d’œuvre de Jean Bellin);.

— S. Jean-Clirysostome (Zangrisostomo, peintures) Sta Maria de’ miracoli;— SS. avostoli (peintures); — Jésuites (chef-d’œuvre de mauvais goût); — Sta Catterina; — Madonna dell’ nrto (en rèstauratiph); — S.Giobbe; — Scalsi, architecture de la décadence par Longhena (peintures).

2° Au S. et à l’O. du grand canal :

Santa Maria délia Salute, d’un goût incorrect, par Longhena (xvui* siècle), bais formant à l’entrée du grand canal uhe des belles perspectives de Venise (peintures) ;—Gesuuti (luxeintérieurde mauvais goût) ; — S. Sebastiano (tom-

-Diaitized bv Goi

beau et peipture de P. V éronèse) ; — Cornu?» (peintures);— S. iVmtaieone (peintures ) ; — Frart (mausolées de Titien (1852); de Canova; du doge Pesaro, monument théâtral et incorrect, par X-onghena); -r -S. Rocco et Scuola diS.

Rocco (cette église et la oonfrérie.sont remplies des ouvrages de Tintoret); — S. Giovanni Elemosinario (peintures).

— Dans l’île S. Giorgio-, l’église S. Giorgio maggiore est un ouvrage célèbre ae Palladio; la façade a été dessinée par Scamozzi (peintures). — Dans l’île de la Giudecca : Église du Redentore, par Palladio (peintures).

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