TOSCANE. — APERÇU GÉNÉRAL
Bivlèmt. — VAmo et VOmbrone sont les deux cours d’eau les plus importants de la Toscane. L’Arno prend sa source dans l’Apennin, traverse Florence et Pise, et va se jeter dans la mer à 10 kil. environ de cette ville. L’Omb-rtme prend sa source près de Sienne, et se jette dans la mer au S. E. de Grosseto ; enfin le Tibre prend sa source à l’extrémité E- de la Toscane et entre bientôt dans les Etats de l’Eglise. L’Arno seul se remonte depuis Pise jusqu’à Florence dans les saisons pluvieuses. — Le canal le plus important est celui de la Chiana, qui a assaini une contrée marécageuse empestée, et l’a transformée en un pays fertile. La rivière Chiana bu Chiane sortait autrefois d’une longue plaine marécageuse entrecoupée de petits lacs, dont les eaux n’avaient pas plus de pente vers l'Arno que vers le Tibre. Il a fallu de longs travaux, plusieurs fois interrompus et repris, pour transformer la vallée de la Chiana. Us commencèrent en 1551 et n’ont été terminés qu’en 1832. Le long des côtes s’étendentles Raremmes, plaines basses, marécageuses, malsaines et presque désertes, séparées de la mer par des collines de terre d’alluvion, et qui ont une superficie d’environ 330 lieues. les Maremmes (Maremma, Maritima) se divisent en plusieurs bassins. La Maremma, qui s’étend aux envi-' rons de Sienne , de Pise et de Livourne , qui contient à peine 40 habitants par mille, était, avant la domination romaine, la partie la plus peuplée de l’Italie. Plusieurs villes étrusques y étaient .florissantes. Elle s’est couverte successivement de bois et de marécages. Les anciens ducs de Toscane ont fait de vains efforts pour la repeupler. Les travaux de dessèchement entrepris en 1828 ont assaini le pays et rendu des terres à l’agriculture.
Gouveraement1. — 11 est absolu. 11 y a un conseil d’État et 7 ministères.
Budget (pour 1857). — Recettes : 38048500 lire (1 lira = 84 cent, de France). Les impôts directs comptent pour 7 600 000- lire, et les impôts indirects pour 216937 770 lire. — Dépenses : 38 000 200 lire (ministères des finances, du commerce et des travaux publics : 21 857 300 lire. — Min. de la guerre, 8076 300. — Min. de l’instruction pub. : 856 400. — Min. du culte : 815 500). — Armée de terre et de mer, 14 084 nommes '.
Langue. — On parle en Toscane l’italien le plus pur v c’est un axiome admis généralement; toutefois les Toscans eux-mêmes- reconnaissent que leur langue ne gagne pas à. être parlée par eux, et, comme tous les autres Italiens, ils en définissent l’idéal par ce dicton Lingua toscana in bocca romand. Us donnent à 1 ’h, au c dur et au ch la valeur du ch allemand ou de la jota (j) espagnole.
Histoire de l'«rt. — Antiquité. — La Toscane a été à deux époques différentes la terre' privilégiée de l’art en Italie : dans l’antiquité, quand elle ôtait habitée par les Etrusques; au moyen âge, et à. l'époque de la Renaissance.
Temps modernes. — Au milieu des fureurs des Guelfes et des Gibelins, rien n’annonçait à .l’Italie, vers l'an 1200, qu’elle fût sur le point de voir ses villes se remplir des chefs-d’œuvre de l’art. Le mouvement partit de la Toscane; et, pour la seconde fois, fut donné au monde le Spectacle de l'art s’épanouissant sous toutes les formes,- à côté des luttes d’une liberté orageuse, mère des grands caractères. Athènes est dans l’antiquité le nom qui résume ce magui-
i..Ces indications se réfèrent à l'état de choses antérieur à la guerre de 185a.
ITALIE
fique développement de d’esprit- humain. Florence est le nom qui le résume dans les temps modernes. La splendeur de l’art florentin coïncide , il est vrai , avec l’époque des Médicis; mais ce n’est qu’au temps de la République, aux xm* et xiv* siècles, qu’il se montre, à proprement parler, créateur. Le mouvement communiqué aux esprits est antérieur à leur domination; ils n’en furent que les heureux héritiers.
Sculpture. — Nicolas de Pise (f vers 1275) donna le premier choc il la barbarie (Chaires de Pise et de Sienne; tombeau de St Dominique à Dologne). Il fut pour la sculpture ce que Cimabuë fut pour la peinture. André de Pi.se , auteur d’une des portes du baptistère de Florence , fut pour son art ce que (1270-1345) Giotto fut pour le sien. Jacopo délia Quercia (f 1438), appartenant à l’école de Sienne, s’inspire plus directement de la nature. — Un artiste à la foisorfévre, sculpteur, peintre, architecte, devait dépasser tous les sculpteurs qui l’avaient précédé : Lorenzo Ghiberti (1381-1455), dans ses fameuses portes du baptistère de Florence , manifeste une pureté de style, une élégance de forme inconnues.-— A côté de Ghiberti, Donatello (1386-1468) imprime à la 'sculpture et à l'école florentine un caractère qu’elles ne perdirent plus, de l’imitation exacte de la nature. — Luca dellà Bobbia (1400 à 1481), bccupe une place à part. La majeure partie de ses ouvrages sont en terre cuite 'et vernissée, ressemblant à de la faïence. Mais il a laissé aussi des sculptures qui sont des chefs-d’œuvre de grâce et de candeur. Parmi lçs artistes qui leur succédèrent, nous citerons seulement Jean de Pise, Michetoszo Michelossi (f après 1470), Desiderio da Settignano, élève favori- de Donatello, mort à 28 ans vers 1485, et qui communiqua au marbre une grande douceur; Mina da Fiesole, Benedelto da Majano (1442-1498), etc. Antonio del Pollajuolo (1483-1498) se montre le précurseur de Michel-Ange par ses connaissances en anatomie. — Le plus célèbre des élèves de Donatello, Andrea Verroechio, peintre et sculpteur (1432-1488), montre également de la science anatomique.
Le Titan de l’art, non-seulement pour l’Italie, mais pour toute la sculpture des temps modernes, fut Michel- Ange. Il manifesta sa puissante originalité en donnant à la forme humaine un caractère excessif de forcé et de grandeür. Son exemple ne û que jeter le trouble dans l’art. Déjà, à. côté de MicheL- Ange, Baccio Bandinelli (1487-:1559), qui veut rivaliser avec lui, tombe dans l’enflure. — Benvenuta Ceflimyl 500-1 570) prouva par sa statue de Persée que le plus habiles des orfèvres d'une époque- qui en cpmptait de si habiles aurait pu devenir un des plus grands statuaires de l’Italie s’il s’était livré exclusivement à cet art. — Sansavinjo (1477-1570) se fit un style élégant; et fut un des, preimers’sculpteura de son temps; mais l’architecture finit par l’absorber presque exclusivement. — Ammanati , auteur du Neptune de la place de Florence, s’abandonna au style conventionnel des imitateurs de Michel- Ange. Il se fit surtout un nom comme architecte. — Jean Bologne (1524-1599), né à Douai, vint de bonne heure en Italie. Il est plein d’imagination, de mouvement'et de -hardiesse; mais, par la facilité de son ciseau et sa recherche des effets pittoresques , il précipita la décadence de l’art.
Architecture. — (Voir l’introduction page 827).
Peinture. — - Cimabuë (1240-1300). On date de- lui la renaissance de la peinture. Vasari a abusivement créé cette suprématie et ce droit d’aînesse. La plus belle création de Cimabuë fut Giotto (1276-1336) (voir p. 826). Parmi