ROUTE 448 : DE FLORENCE A PISE ET A LIVOURNE
au pied des monts Pisans, groupe de montagnes de 3000 pieds de haut nui se détache des Apennins et l’abrite des vents du N. Elle s’étend sur les deux rives de l’Arnr, à 10 kil. de son embouchure da-is la mer; elle est bien bâtie, mai? déserte {Pisa morta). Elle comptait î50 000 hab. quand elle était la capiiale d’une république. La douceur ae ses hivers, son atmosphère en général tranquille, font qu’on y envoie souvent les personnes affectées de maladies de poitrine.
Histoire. — Pise est une des glorieuses et des plus antiques cités de l’Italie; grecque d’origine, puis tour à tour colonie romaine, gouvernée par des comtes et des marquis, et enfin ré-
fiublique célèbre par les armes, par le ustre des arts et par le renom scientifique de son université. Au moyen âge, quoique gibeline de principe, elle forma de fait une république démocratique. Elle soutintde fréquentes guerres contre Lucques, Gênes et surtout Florence. Vendue par trahison aux Florentins (1405), elle se rend après un siège soutenu héroïquement. Plus tard , soutenue par Venise et par le duc de Milan , elle recommence la guerre contre Florence. Elle a encore un blocus et plusieurs aîsauts à supporter. Elle se défend avec uue héroïque fermeté ; les femmes elles - mêmes travaillent nuit et jour aux fortifications. A la fin ses alliés l’abandonnent ; le roi de France la vend pour >00 000 florins, et Ferdinand le Catholique pour 50 000; et, après une guerre de quatorze ans et sept mois, elle rentre une dernière fois sous l’obéissance de Florence ( 1 509) . Alors beaucoup de nobles familles et de 'riches marchands émigrent pour se soustraire à l’avilissement et à l’esclavage, et la ville décline d’importance et subit désormais les destinées de la Toscane.
Pise; par son 'école de sculpture, qui commença au xm* siècle, tient une place importante dans l’histoire de la Renaissance de l'art en Italie. Les fragments de sculpture antique , trophées de leurs conquêtes transportés par leà Pisans dans leur ville , fournirent une direction pOur sortir de la barbarie ou de l’immobilité traditionnelle. Nicolas
de Pise (1207-1278) apprit la sculpture de praticiens grecs travaillant à la décoration du Dôme et du Baptistère. Son fils Jean (Giovanni Pisano, f 1320) fut sculpteur et architecte. André de Pise, auteur d’une des portes du baptistère de Florence (1270-1345) et contemporain de Giotto, fit faire des progrès à la sculpture , comme Giotto lui-même faisait faire un pas immense à la peinture. Aussi l’un et l’autre créèrent-ils-,une école florissante. — Pise n'a pad eu d’école de peinture.
Les beaux quais de la ville forment un agréable lieu de promenade: ils communiquent par trois ponts : en amont, le, ponte alla Fortexsa; en avdl , le ponte al Mare; et, au milieu, le ponte di Mexxo. — Places : les plus belles sont : la place du Dôme , où sont réunis les quatre monuments principaux qui sont une des gloires de cette ville déchue et aujourd’hui silencieuse;' celle de Sainte-Catherine, avec la statue de Léopold Ier, et la piazza de’ Cavalleri , ornée d’une fontaine et de la statue de Cosme Pr, par Francavilla, et en?
toUrée de plusieurs édifices importants.
— Le Dôme de Pise est un monument considérable dans l’histoire de l’architecture italienne, etqui servit longtemps de modèle. Ce magnifique édifice, commencé en 1003 , par Buschello? fut consacré en 1118. Sa longueur èst de 292 p.; celle de la nef transversale de 218. On y voit des statues de Jean de Bologne ;"des peintures d’Andrea del Sarto;,de Beccafümi; de Pierino del Vaga, etc. »
Le Campanile , ou la célèbre Tour penchée, bâtie en 1174 par Bonanno de Pise e't Guillaume d’Jnnsbruck, est de forme cylindrique, et à huit étages de colonnades superposées, au nombre de 107 colonnes. Sa hauteur est de 54 mètr. 474; elle a 16 mètr. de diamètre. Son inclinaison est, à l’extérieur, de 4 mètr. 319.
Baptistère , commencé par Diotisalvi (1153) et terminé au xiv° siècle. Il est en marbre, ainsi que le Dôme et le Campanile. 11 possède une chaire de Nicolas de Pise.
Le Campo Santo. Ce célèbre monument, de Jean de Pise, est un cimetière que les Pisans voulurent con-
ITALIE
sacrer à leurs grands hommes. Ils y mirent de la terre qu’ils avaient rapportée de Jérusalem. Commencé en 1278 . il paraît qu’il ne fut pas terminé avant 1 464. Les murs du Campo Santo sont couverts de fresques qui sont des monuments de l'ancienne peinture italienne (le Triomphe de la Mort; le Jugement dernier, par Andrea Orcagna; une suite de sujets bibliques, par Benozzo Gozzoli, peints de 1469 à I486-, etc...'.) On y a réuni aussi des sculptures antiques et modernes.
Églises ; Santa Catherina (1253) ; à l’autel de Saint-Thomas-d’Aquin , tableau curieux, par F. Traini (1340); — San Francesco, fresques du choeur attribuées à Taddeo Gaddi; — Sta Maria délia Spina, petite église gothique élégante, sur le bord de l’Arno (1230); San Mnrtino; — S. Michèle in Borgo; — S. Nicota (clocher de Nicolas de Pise); — San Paolo ; — San Stefano (peintures duCigoli, de Grist. Allori, du Bronzino, etc.).
Université ( Sapienza). — Édifice commencé en 1493. L’Université de Pise, fondée au xu* siècle, a joui d’une grande célébrité.
Académie des beaux-arts (tableaux).
Palais ; Lanfranchi ; Lanfreducchi.
Environs.. — La Cascina, ferme di San Rossore*, établie sur une plage abandonnée par la mer: un troupeau de chameaux errent en liberté sous les pins, ou sont employés aux travaux de la ferme.
De Pise à Livourne, le chemin de fer traverse un pays plat et coupé de quelques marais.
Livourne , 78 000 hab. (Ilôt. ; San Marco ; Due Principi ; Vittoria ; Aquila Nera; du Nord; Crocedi Malta.
-J Restaurants : la Pergola; îl Giardinetto) , port franc , grand entrepôt de commerce entre l’Italie, l’Europe occidentale et le Levant ; Livourne est un point de relâche -pour les paquebots entre Marseille et les eôtes'de l’Italie.
Sur la place , vers le port , est une statue en marbre de Ferdinand Ier, par Giovanni dell’ Opéra; quatre esclaves en bronze , enchaînés aux angles du piédestal , sont de Tacca.
Églises. — Dôme (façade d’Inigo Jones); — la Madonna.