DE GIRGENTI A SYRACUSE
Palma, 11 186 hab.
Licata ( 25 mil. de Girgenti } , 15 000 hab. (albergo di Londra).
Terra Nova, 10700 hab., petit port commerçant.
DE TERRA NOVA A SYRACUSE, PAR l’intérieur de l’ile.
Au lieu de suivre le littoral, on se dirige le plus ordinairement sur Caltagirone. Les montagnes qui y mènent sont pittoresques. Le chemin peut être difficile après un temps de pluie. Le trajet ne peut se faire encore qu’à cheval. On trouve une route de voiture en approchant de la ville.
Caltagirone (en sicil. Cartagiruni), 622 mèt. au-dessus de la mer (48 mil.
de Catane), — 22 819 hab. (Albergo Francese.) Ville commerçante, où l’on voit presque autant d’églises et de couvents que de maisons. Elle est située sur une hauteur conique où l’on arrive par une montée longue etroide. — A 7 mil.
de Caltagirone on trouve
Gram, Michèle (538 mèt.), 9000 h.
Les traces de terrain volcanique, les laves rougeâtres, deviennent de plus en plus fréquentes.
Kùim ( 15 mil. de Caltagirone , 44 mil. de Catane), 12 908 hab., perché sur un rocher. — Plus on s’éloigne de Vizini , plus les montagnes devien-
nent sombres et arides. A la suite démontées et de descentes alternatives de rochers calcaires, on voit à g. la montagne dite monte Lauro (756 mèt.), dôme volca'nique reposant sur une base calcaire.
Buccheri (24 mil. de Noto), 4219 h.
— Les femmes de ce bourg misérable passent pour avoir un caractère de beauté énergique.
Buscemi, 3140 hab,, sur une riante colline. Les ruisseaux et les torrents très-abondants dans cette partie de la Sicile rendent les communications difficiles. — Gravissant une route escarpée, on atteint après une journée de 26 milles
Palazzolo, 10000 hab. ‘ — De Palazzolo , on gagne, par un vallon dont les rochers sont percés de mille grottes :
Floridia ( en sicilien Xiuriddia ) , 8352 hab. Continuant à descendre, on aperçoit à l’horizon , au bord de de la nier Ionienne , la vieille ville Syracuse.
Syracuse (Syracusæ), 18291 h.
'(albergo del Sole). De toutes les parties dont était composée cette ancienne et opulente cité, la seule habitée aujourd'hui est l’ile d’Ortygie, qui forme la moderne Syracuse. Elle est séparée de la Sicile pur un canal étroit, ouvert par ordre de Charles-Quint , et au delà duquel sont des ouvrages de fortification. — Les rues sont étroites et tortueuses; celle de Maëstranz, large et ayant quelques belles maisons, sert de promenade. — Le vin de Syracuse est estimé, ainsi que son miel, déjà célèbre dans l’antiquité.
Histoire. — La fondation de Syracuse, la plus puissante de toutes les colonies grecques , remonte à une haute antiquité. Selon Strabon, la ville entière couvrait un espace de 7 lieues de tour. Gélon (484-477 ) fut le fondateur de sa puissance; il remporta sur les Carthaginois, alliés des Perses, une grande victoire le même jour que ces derniers perdaient la bataille de Salamine. 11 eut pour successeur ses frères Hiéron et Tnrasybule, qui fut chassé pour sa tyrannie. Le gouvernement
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SICILE. '
républicain fut rétabli pendant quelques années. — Les Athéniens entreprennent une expédition contre Syracuse et éprouvent une complète' défaite (414). Syracuse soutient ensuite plusieurs luttes' contré les Carthaginois. Profitant dès dissensions intestines, Denys s’empare du pouvoir absolu, en 405. Son fils Denys II opprime les citoyens, et est deux fois chassé; il va mourir à. Corinthe. Cette' dernière ville envoie à Syracuse Timoléon , grand homme qui y rétablit le gouvernement républicain (343). Agathocle s’empare du pouvoir en 317; il porte la guerre en Afrique. Syracuse jouit de quelque repos sous le gouvernement de Hiéron II, fidèle pendant 50 ans' à l’ailiance romaine, etqui meurt en 21S.
Bieittôt Syracuse, entraînée par les intrigues d’Annibal, se déclare contre les Romains. Elle résiste pendant 3 ans à Marcelfus, qui s’en empare en 212, malgré les efforts d’Archimède, qui est tué par un soldat. Elle suivit depuis lors la fortune de Rome.
Antiquités. — 11 reste peu de choses de l’ancienne Syracuse.
Murailles. — Selon DiodOre de Sicile, Denys l’Ancien ftt élever en vingt jours, par 60 000 ouvriers et 6000 bœufs, une enceinte d’une force prodigieuse. On en retrouve des traces’du eôtéde l’E.,etce!iesde 18 portes.
Amphithéâtre. — (Fossa dei Granati.) En partie taillé dans le roc ; on le croit de l’époque d’Auguste.
Thédtïe. — Creusé en partie dans le roc ; c’était , suivant DiodOre, le plus beau de la Sicile. Cet édifice , dont Cicéron signale la grandeur, est probablement des premiers temps de Syracuse.
Latomies. — Nom donné à des excavations assez nombreuses à Syracuse, et qui, dans le principe, étalent sans doute des carrières de pierre.
Près du tbéAtre sont les carrières dites latomia del Pomdiso. Elles sont à ciel ouvert. Un énorme pilier est debout au milieu. Au fbnd, à un des angle»; est l’entrée d’une caverne, célèbre sous le nom d’oreille de Denys, haute de 70 pieds environ, et longue de 175. Les moindres bruits y acquièrent une résonnance extraordinaire. Elle coms
muniquait avec une cellule creusée dans le rocher au-dessus de l’entrée delà grotte^ et d’où l’on suppose, fort ridiculement, que Denys venait écouter les plaintes des victimes emprisonnées dans cette caverne. C’est dans ces latomies que furent emprisonnés pendant 8 mois, après la défaite de Nlcias, les Athéniens en proie à la faim, h la soif, à une chaleur étouffante. — Les latomies du couvent des cd/pucins sont les plus belles de toutes.
Tombeau d’Archimède. — Cicéron raconte (Tusc., V, 23)' qu’il retrouva ce tombeau du grand mathématicien , dont; les Syracusains avaient déjà oublié l’emplacement 157 ans seulement après qu’il avait été élevé. Le tombeau ü’on montre aujourd’hui, à peu de istance de l’oreille de Denys, comme étant d’Archimède , ne correspond nullement avec celui décrit par Cicéron.
Fontaine Aréthuse, — située dans la partie occidentale de l’tle d’Ortygie, et ainsi nommée d’une nymphe que Diane changea en fontaine pour la soustraire à l’amour d’Alphée, fleuve du Péloponèse. Aréthuse, s’ouvrant une voie sous' la mer Ionienne, vint ressortir dans l lle d’Ortygie. La fontaine Aréthuse, à laquelle se rattachent tous ces souvenirs mythologiques-, est située aujourd’hui au pied de tristes bastions du xvi* siècle , et c’est lé rendez-vous de blanchisseuses hâJées, déguenillées, « vêtues sans pudeur, comme sans poésie. » — Dans l’ile d’Ortygie est aussi le
Temple de Minerve, aujourd'hui cathédrale — Cicéron a; décrit la magnificence de ce temple , construit 5- siècles avant l’ère chrétienne, et que Yerrès dépouilla de ses riches ornements. Le rang de colonnes- latérales qui subsistent encore a été en partie engagé dans la maçonnerie , quand on a converti ce temple antique en église.
Ces colonnes sont inclinées dans des directions diverses par suite des tremblements de terre.
Musée. — Ce musée, peu richepour un sol classique aussi célèbre , possède une belle tête de Jupiter et une admirable statue de Vénus, en marbre de iParos, trouvée en 1804-