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PRODUCTION , COMMERCE, POPULATION

L’Me de malle, située par 35", 53’ 50" de lat. N., et 12° 1 1’ 6" de long. E., est placée en quelque sorte sur les limites de l’Afrique et de l’Europe.

C’est cette position avancée dans un canal étroit qui lui a donné de tout temps une si grande importance au point de vue stratégique , et qui en a fait la position dominante de la Méditerranée. — Par sa formation et sa constitution géologique, l’archipel de Malte se rattache à la Sicile , dont il a suivi longtemps 1a destinée politique.

L’tle principale. Malte, n’a pas plus de 4 1. de large , 8 de long et 20 de cir-

cuit. Elle compte 103 247 hab., non compris la garnison anglaise, qui en temps de paix est d’env. 2.">00 h. , population considérable pour une ile si petite et si pauvre qu’elle peut à peine nourrir le tiers de ses habitants.

Le premier aspect de l’Ile de Malte est singulier et peu attrayant. Au delà des fortifications de la capitale, on aperçoit une campagne poudreuse sans arbre et sans verdure , découpée comme un vaste damier par un nombre infini de clôtures, et couverte de villages aux proportions monumentales.

La température de Plie est celle de l’Afrique, mais les variations y sont fréquentes et brusques. Le vent d’Afrique (sirocco) produit une chaleur accablante et insupportable, surtout pendant les mois de juillet et d’août.

La culture du sol est extrêmement remarquable. La terre végétale manque presque partout, mais les Maltais vont en chercher jusqu’en Sicile; on y récolte le coton , des légumes et des fruits savoureux ; les oranges surtout ont une réputation méritée: le commerce est très-restreint, et l’importation dépasse de beaucoup l’exportation. Les Maltais sont de laborieux cultivateurs, mais ils sont encore plus marchands et navigateurs. Ils émigrent dans tous les ports du Levant, où ils exercent les professions de portefaix , bateliers , interprètes , etc. ; mais, dès qu’ils ont amassé un petit pécule, ils reviennent dans leur île. La langue maltaise est une espèce de patois dont l’arabe forme la base, mais qui a emprunté un certain nombre de mots aux langues des différents dominateurs de Plie : mots grecs, italiens, allemands, etc. Les Maltais s’entendent facilement avec les Barbaresques et la plupart des riverains de la Méditerranée ; du reste , dans l’île de Malte presque toute la population parle l’italien, et à la Valette, l’anglais et la plupart des langues européennes.

l.« Valette , la capitale moderne de Malte, est située sur la longue presqu’île qui sépare le grand port, ou Grande Marse (port du S. E.) du port de la Quarantaine, 0u Marsa- Muscetto (au N. O.). C’est une ville

MALTE

9'il

régulièrement bâtie , divisée en 22 rues, dont les plus importantes sont, du N. O. au S. E. . la strada Ponente, strada Zecca , Strada Forni , - strada Reale, strada Mercante et strada Levante. La strada Renie, rue principale, occupe le sommet de la presqu’île dans toute sa longueur, depuis le fort Saint-Elme jusqu’à la Porta- Reale, qui conduit à la Floriana. En la parcourant,- on rencontre la place San Giorgio, le palais des grands maîtres, l’église Saint-Jean et les principaux édifices. En dedans de la Porte- Lascaris, où. l’on débarque du grand port, on trouve un marché aux fruits et aux légumes, avec une fontaine de marbre surmontée d’un Neptune en bronze. Les maisons de la Valette sont construites avec élégance, les toits sont en terrasse et les étages donnant sur la rue sont garnis de balcons de pierre en saillie, couverts d’une espèce de loge vitrée qu’on nomme rniradore.

Les boutiques des rues Reale, Mercante et Santa Lucia attirent les regards des étrangers, car elles offrent un singulier mélange des produits de l’Orient, de l’Italie et de la civilisation britannique. La ville est d’une propreté merveilleuse.

San Giovanni (Saint-Jean des Chevaliers) est l’église principale de la ville. Elle n’offre rien de remarquable à l’extérieur, mais l’intérieur est d’un effet, plein de grandeur et de magnificence. Une voûte immense, peinte à fresque par le Calabrese, et représentant la vie de saint Jean, avec ^des allégories relatives aux victoires 'des chevaliers; le pavé de l’église, vaste mosaïque de marbres incrustés, qui marque les tombeaux de plus de 400 chevaliers; le maître autel, quelques chapelles latérales, où l’on remarque la décollation de saint Jean, par Michel-Ange de Caravage, et le tombeau du comte île Beaujolais, par Pradier, tels sont les objets qui frappent le plus le voyageur.

Le Palais des grands maîtres s’élève sur la place San Giorgio ; c’est un vaste édifice d’une grande simplicité; il est surmonté d’une tour élevée qui sert à signaler les navires au large.

L’intérieur contient de beaux appar-

tements, qu’on peut visiter en s’adressant aux gardiens (pourboire 6 pence).

Le musée des armures contenu dans ce palais est moins riche en armes turques qu’on ne pourrait s’y attendre.

La Bibliothèque publique et le Musée sont insiallés dans un bâtiment attenant au palais. Nous signalerons encore à la Valette ; — les anciennes auberges de Castille et de France, strada Mezzodi; celles de Provence et d’Auvergne, strada Reale; celles d’Aragon et d’ Allemagne , strada Ponente , etc. C’étaient les lieux de réunion des chevaliers de chaque langue. Citons encore l’Université, bâtie par Rohan , l’hôpital militaire des Hospitaliers (près de strada Mercante). , la Bourse et le Théâtre , qui sont des constructions modernes.

Les fortifications sont une des principales curiosités de Malte; elles sont immenses et ont été cfeusees dans le rocher. On y voit le fort Saint-Elme, qui croise ses feux avec ceux du fort Ricazoli, pour défendre l’entrée du grand port, et avec ceux du fort Tigne élevé sur la-pointe de Dragut, pour défendre l’entrée du port de Marsa-Muscetto; le bassin de la Quarantaine dominé par l’ile du Lazaret et le fort Manoël, le fort Ricazoli, le château Saint-Ange et les ouvrages de la Sangle.

Le faubourg de la Floriana, situé entre deux enceintes de fortifications, rgnferme deux jardins, quelques églises et établissements peu dignes d’intérêt. Les faubourgs de Borgo ou Città Vittoriosa , de la Sangle ou Isola, et de Burmola ouCospicua, ne contiennent rien de bien curieux.

Les excursions les plus intéressantes dans l’intérieur de l’île , sont celles de :

Cltta-vecehla ou Wotablle, l’ancienne capitale de l’Ile , à 10 kil. de la Valette (hôtels : Victoria llotel et British llotel). — La ville renferme de beaux édifices, entre autres les palais du grand maître et de l’évêque, le séminaire et la cathédrale, édifice moderne de style corinthien , dont l’intérieur n’a de remarquable que ses grandes dimensions. On’ ne devra pas oublier de monter sur la terrasse élevée de la cathédrale, dont la vue em-

MALTE

brasse presque toute l’Ile de Malte. En dehors de Città-Vecchia s’étend le faubourg de Rabbato ; on y visitera IVglise et la grotte Saint-Paul , les Catacombes, dont l’étendue est considérable, mais dont ou a fermé les couloirs principaux.

BMehetto, à 3 kil. S. O. de Città- Vecchia; ou rencontre d’abord le château de Verdale, on descend ensuite dans la petite vallée de Bosclietto, la seule vallée de l’ile véritablement boisée. On y trouve un bea-u jardin d’orangers et une grotte en cailloutis avec un frais bassin.

Ben Cruima, à 5 kil. O. de Città- Vecchia, est le point le plus élevé de l’Ile (18ü met. au-dessus de la mer) ; on y compte une centaine de grottes sépulcrales fort anciennes: les tombeaux qu'elles contiennent sont d’une remarquable exécution.

La grotte de Calypso , à 13kiL N. O., ne répond en rien aux poétiques descriptions d’Homère et (le Fénelon. A Beu de distance est Marfa, où l’on s'embarque pour passer de Malte à Gozzo.

On revient à la Valette, par la Calle ou port de Saint-Paul, où la tradition place le naufrage de l'apôtre , la Calle des Salines, ou port de Benhouarra, Casal-Nasciar où se trouvent encore quelques grottes sépulcrales, Casal- Mousta, Casal-Lia, Casai Balzal et Birkircara, qui contiennent quelques églises assez remarquables, et le Jardin de Sont' Antonio, où l’on admire c^e magnifiques orangers, des fontaines et des bassins. ,/

Dans la partie S. E. de l’Ile, nous signalerons surtout les ruine» de Crendl (io kil.). Ce sont deux enceintes pélasgiques à ciel ouvert, formées (rénormes pierres à peine dégrossies. Ces ruines forment des salles qui paraissent avoir étédes temples, où l’on a trouvé beaucoup d’ossements , des vases , quelques restes d’autels, et des figures sculptées à formes monstrueuses.

Enfin, l’ile de cuisxo mérite une excursion : ou s’y reud, soit directement par mer, soit en allant s’embaruer a Marfa, à l’extrémité O. de i’ile e Malle. Dans le trajet on passe, près

l’Ilol de Cumino, qui doit son nom à une espèce d’anis, le cumin, qui y croit avec abondance.

L’ile de uow.no, éloignée de 5 mil.

de Malte, a environ 30- mil. de circonférence, 12 de long et 5 de large.

La population est d’environ 17 mille h. On y trouve plus de végétation qu’à Malte, mais pas de grands arbres. On y cultive avec succès le blé, le coton et les arbres fruitiers. Elle produit aussi de l’albâtfe- Ses habitants sont d’excellents marins et se livrent à la pêche et à.lachasse des oiseaux.

On débarque à la calle Miggiara, petit village près duquel on aperçoit le fort et la cité Chambray ; on trouve à Miggiara des ânes et des chevaux pour se rendre à Rabbato, la forteresse et le chef-lieu de l’Ile: on peut visiter près du Cazal Zebug un couvent de capucins; un peu plus au N., la saline de l'Horloger , espèce de puits auquel se rattache un phénomène hydraulique fort bizarre; l’ Écueil aux Clwmpigmns vers l’extrémité S. O.

de nie; et dans la partie orientale, près du village (le Xara, la Tour des Géants, vaste monument pélasgique semblable aux ruines de Crendi'. — Enfin, en faisant le tour de Gozzo en barque, on admirera surtout ses rochers à pic, les vastes cavernes qui s’v sont ouvertes et où la mer s’engouffre avec un fracas assourdissant, la hardiesse des habitants qui se suspendent à (le longues cordes soit pour se livrer à la pêclie , soit pour pénétrer dans les caverne» à la citasse des oiseaux aquatiques.

Quand on se rend de Malte en Grèce, On, perd complètement la terre de vue pendant 46 h. jusqu’aux caps Matapan et Malce (P. p. 950); le navire se dirige au N. E., à travers l’archipel, lungede près les îles de Kalconera, Milo. Aati- MJlo, Kimolos, ainsi qu’un grand nombre d’iiots sans importance, passe entre Siphuos et Sériphos, et laissant au S.

Antiparos, Paros ut Naxos, et à l’E.

Délos et Myconos , contourne la pointe S. de Elle (le S y rus, (tour mouiller dans le port de Syra. (K., p. 91 ii.)

GRECE

RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX

I. Situation, limites, étendue. — 2. Montagnes, lacs, rivières, volcans, etc. — ï. Climat. — 4. Gouvernement. — S. Divisions administratives et population. — ». Justice.

— 7. Monnaies, poids -et mesures. — 8. Agriculture, industrie, commerce. — . 9. Armée, marine, — to. Religion. — H. Instruction publique. — 12. Races. —

13. Communications maritimes» — 14» Hôtels, khani, hospitalité, couvents. —

15. Chevaux, agoyàtes, courriers, etc. — 16. Modèles d'itinéraires.

1. situation, i imite», étendue. — La Grèce, la plus orientale des trois

péninsules, de l’Europe méridionale, est située entre T7° et 22“ de long. E. et entre 35° et 40° de lat. N., en y comprenant l’Epire et la Thessalie, qui appartiennent politiquement à l’empire ottoman. La péninsule hellénique est ,< à son origine , comprise entre le golfe de Salonique et le canal (TOtrante. A cette hauteur, une chaîne de montagnes la sépare de la Macédoine et de Plllyrie. De tous les autres côtés, elle est entourée par la nier, à l’E. , par la mer Egée ou l’Archipel, qui prend au S. le nom de mer de Candie, et à l’0., par la ras Ionienne, qui se continue au N. avec le canal d’Otranteet la mer Adriatique. Le golfe de Corinthe la coupe transversalement et la divise en deux parties bien distinctes : la péninsule de Morée ou Péloponèse au S. , et la Grèce propre au N. Plusieurs golfes découpent profondément ses côtes et en multiplient considérablement l’étendué : les principaux sont les golfes d’Arkadia, de Coron ou deMessénie, de Marathonisi ou de Laconie, d’Êgine ou d’Athènes. La, Grèce présente !» caps principaux : les caps Gallo, Matapan et Malée ou St- Ange , au S.' de la Morée ; le cap Scillée (Skyli) , à l’E. de FArgolide ; le cap Sunium(C. Colonnes), au S. E. de l’Attique. ;

La plus grande longueur de la péninsulè hellénique, du cap Matapan au mont Olympe, est de 41 1 kil. ; sa plus grande largeur, de la côte O. d’Acarnanie' à la côte de Marathon, d’env. 195 kil. : sa superficie, de 180 mil. carrés géograph. pour la Grèce propre, est de 478. 5 pour la MOrée.

A la Grèce continentale, il faut ajouter les îles, qui se divisent naturellement en deux groupes principaux, les Iles Ioniennes et les tles de l’Archipel, comprenant les Cyclades, File de Crète ou Candie, FEubée ou Négrepont, etc.

2. MMlagnoi, lac», rivière», caverne», Hntavotlira. volcan», ete. — Les montagnes de la Grèce peuvent être considérées comme une dépendance de la grande chaîne de i’Hémos. Des monts Cambuniens et Lingons, qui bornent au nord la péninsule hellénique, se détache la chaîne du Pinde, qui court du N. N. O. au S. S. E. et donne naissance aux principales montagnes de la Grèce; le mont Othrys, qui s'étend directement à PE. entre les golfes de Vola et de Larni»; FQEta, qui s’étend vers le S. E.; le mont Olympe, auquel font suite le mont Ossa et le mont Pélion; le Parnasse, l’Hélicon,

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