V. Itinéraire de l'Orient, par A. Joanne et E. Isambert
GRÈCE
le Cithæron, le Parafes, l’Hymette et le Pentélique. Dans ces montagnes se trouvent à l’E. la grande plaine de la Thessalie, arrosée par le Pénée, la plaine de la Béotie arrosée par le Céphise, l’Hercyne, le Permesse et l’Asopus, et où-l’on trouve le grand lac Copaïs; enfin l’Attique, qui n’offre pas de cours d’eau important. Toute la région O. , au contraire, forme les provinces montagneuses de la Phocide, de l’Etolie et de l’Acarnanie, dont les fleuves principaux sont l’Arta et l’Achéloüs.
Les montagnes de la Morée n’ont rien de commun avec celles de la Grèce propre. Leur point culminant est formé par la haute muraille qui s’élève au N. de l’Arcadie et s’étend de l’E. à l’O. entre les mont Cyllène, Aroaniens et Érymanthe ; les autres monts principaux sont : le Parnon, le Lycée, le Taygète et le mont Ithôme. L’Élide, située à l’O. de la Morée et au N. de la Messénie, est une région beaucoup plus plate , arrosée par l’Alphée , le Ladon et le Pénée. La région du S. E. n'a qu’un fleuve important, l’Eurotas.
Les cours d’eau de la Grèce, secs en été, sont en hiver de véritables torrents; un grand nombre viennent se perdre dans des gouffres souterrains appelés Katavothra, et vont reparaître plus ou moins loin : les principaux de ces gouffres sont, ceux du lac Copaïs et du lac Stymphale.
La Grèce contient un grand nombre de cavernes, dont quelques-unes ont une très-grande célébrité, telles que la grotte d’Antiparos et celles de Vari, de Marathon et du Parnasse. — Elle compte aussi plusieurs volcans, le Lykodixno, près de Modon, le mont Ocha en Eubée, la presqu’île de Méthana, les lies de Milo et d’Antimilo et surtout celle de Santorin, qui ont été le théâtre de phénomènes actifs dans les temps modernes. Les tremblements de terre y ont toujours été fréquents.
. 3. .Climat. — Le climat de la Grèce parait avoir été plus sain dans l’an-
tiquité qu’il ne l’est aujourd’hui. Les calamités qui ont désolé ce malheureux pays peuvent expliquer ce changement. Le vent du N-. est un véritable fléau. Les pluies commencent en septembre ou octobre, les neiges ne tombent que vers la fin de décembre et durant les mois de janvier et de février. ■
Le climat varie beaucoup, du reste, selon les localités. Dans les montagnes de l’intérieur, l’hiver est long et rigoureux ; dans les plaines, près de la mer, l’hiver est doux et la gelée presque inconnue. En quelques jours de voyage , on peut, comme dans tous les pays de montagnes, passer des chaleurs de l’été aux neiges de l’hiver. On vante avec raison la pureté, du ciel de la Grèce et la transparence de l’air. . ■ . V
4. Gouvernement. — Le gouvernement de la Grèce est une monarchie
constitutionnelle et héréditaire. Le pouvoir législatif s’exerce par le roi, le sénat et la chambre des députés. La personne du roi est inviolable, les ministres sont responsables. Tout homme qui possède une propriété quelconque ou qui èxcrce une profession indépendante est électeur à 25 ans ; tout électeur est éligible à 30 ans. Les députés sont nommés pour trois ans et reçoivent 250 drachmes par mois durant la session. Les sénateurs sont nommés à vie par le roi ; ils doivent avoir 40 ans ; ils reçoivent 6000 drachmes par an. La charte garantit aux citoyens l’égalité devant la loi, la liberté individuelle, la liberté religieuse , la liberté de la presse , la gratuité de l’enseignement primaire et supérieur. •
5. UIvImIoom adminlNtratlves et population. — La Grèce est divisée en 10 nomarchies ou préfectures et en 30 éparchics ou sous-préfectures, qui
RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 945
se subdivisent en dimarchies ou cantons, et celles-ci en communes administrées par des parèdres, espèces de maires. Tous ces fonctionnaires sont nommés par le roi. La population du royaume de Grèce s’élevait en 1855 à 1 043 153 h., ainsi répartis :
Préfectures.
Populations,
Chefs-lieux.
Attique et Béotie
Athènes.
Eubée .
Chalcis.
Phthiotide et Phocide ...
Lamia.
Acarnanie et Étolie
Missolonghi.
Argolide et Corinthie . .. .
Nauplie.
Achaîe et Élide
Patras.
Arcadie
Tripolitza.
Messénie
Kalamata.
Laconie ,
Sparte.
Cyclades
Syra.
6. Judtlee. — La Grèce possède un conseil d’Êtat, une cour des comptes, une cour de cassation qui prend le nom d 'Aréopage, deux cours royales siégeant à Athènes et à Nauplie, dix tribunaux de première instance, trois tribunaux de commerce, cent vingt justices de paix, un jury, des avocats,’ des notaires, des huissiers et point d’avoués. Elle possède un code civil provisoire emprunté au droit romain, au code Napoléon et à la législation allemande ; un code de commerce, un code pénal, un code de procédure, dus à M. Maurer et calqués sur les codes français. Malheureusement les juges ne sont pas inamovibles et ils sont mal payés.
7. monnaie, poids et meanre*. — L’unité de monnaie grecque est la drachme, qui vaut environ 90 centimes de France, et se divise en 100 lepta (au singulier lepton). Des pièces de cuivre de 1, ‘2, 5 et 10 lepta sont les seules monnaies grecques qui circulent dans le royaume. Les pièces d’argent de 25 lepta, 50 lepta, 1 drachme et 5 drachmes, et les pièces d’or de 20 drachmes, qui ont été frappées à l’origine, ont complètement disparu. Ce sont les monnaies étrangères qui en tiennent lieu. Le zwanzig autrichien, dont la valeur légale (95 lepta) est à peu près celle de la drachme, est la monnaie la plus usitée : il subit un rabais considérable si le chiffre 20 est effacé. La pièce de 5 francs vaiit 5 drachmes 58 lepta. Le thaler d'Autriche de 2 florins vaut 5 drachmes 78 lepta; la piastre d’Espagne ou colonnate, 6 drachmes : c’est encore une des monnaies favorites de l’Orient. Les pièces d’argent des Ues Ioniennes et les demi-couronnes anglaises n’ont pas cours, tandis que l’or anglais gagne beaucoup : le souverain vaut 28 drachmes 12 lepta.
Les poids et mesures Ont été réglés suivant le système métrique par ordonnance du 28 septembre 183G, mais ils ne sont pas encore communément adoptés. Le peuple emploie encore pour toute mesure de longueur la pique de 56 centimètres, comme au temps des Turcs; pour poids il ne connaît que Voque, poids turc de 1250 grammes. L’oque se divise en 400 drammes ( drd mia). Les mesures de capacité ont été établies en pure perte. Le peuple achète tout au poids, même le vin. Les distances sont comptées en heures, qui représentent environ 5 kilomètres, r
8. Agriculture, industrie, commerce. — La Grèce est un pays pauvre, parce qu’elle manque de bras, de capitaux et de routes; mais elle n’est
GRÈCE
lias infertile, a Sur une étendue totale de 7 618469 hectares, on compte approximativement 2 50Ü000 hectares de montagnes et de rochers. 1 120000 hectares de forêts et 8 000 000 de terres arables, dont 800 000 hectares appartenant à l'Etat. Sur ces 3 000 000 d’hectares, on n’en compte pas plus de 500000 eu culture. »
La rareté de l’eau courante est sans doute un grand obstacle; cependant le sol peut produire des céréales, de la vigne, des mûriers et des arbres à fruit, on cultive le coton .avec, succès, surtout à Livadie, à Argos et dans les îles. La garance et le tabac réussissent également, .et le tabac indigène se vend en Grèce au prix de une drachme l’oque. La culture des oliviers est une des principales richesses du pays. -Le vin est le meilleur de tous les produits de la Grèce. Le vin de Santorin, et surtout le vino santo, est le plus estimé. Le raisin de Corinthe se cultive sur presque tous les rivages du N. et de l'O. de la Morée. La culture des mûriers et l’élève des vers à soie méritent d’être encouragées. ' '
Malgré ses nombreuses forêts, la Grèce achète au dehors ses- bois de cou- ' struction ;. elle nourrit peu de bestiaux , parce qu’elle a peu de pâturages. Les chevaux qu’on y trouve viennent presque tous delà Thessalie, de la Macédoine, ou de laSyrîe ; on les nourrit d’orge. L’âne est une monture précieuse et bien plus alerte que dans nos climats. Le gibier consiste surtout en lièvres, perdrix rouges, bécasses, canards sauvages, cailles, tourterelles et grives. Le poisson est abondant sur les côtes. L’aigle, le vautour et l’épervier sont les oiseaux de proie les plus communs.
L’industrie est à peu près nulle en Grèce : quelques filatures de soie à Athènes, au Pirée, à Mistra et à Calamata, une filature de cotou à Fatras, sont les Seules fabriques du royaume. La construction des navires à Syra, au Pirée, à Fatras, à Galaxidi, est actuellement l’industrie la plus développée.
La Grèce n’a d’autre commerce que le Commerce maritime. Le plus sérieux obstacle qui s’oppose au. commerce grec est le manque de-capitaux.
L’intérêt légal de l’argent est de 10 pour 100 pour, les prêts ordinaires, et de 12 pour 100 pour les .affaires de commerce; la banque nationale, organisée par un Français, M. Lemaître, et soutenue par des capitaux particuliers, est le seul établissement de crédit qui inspire de la confiance.
La Grèce- est presque entièrement privée de roules. Celles d’Athènes au Pirée (2 lieues), de Nanplie à Argos (3 lieues) et de Loulrakl à Caliiiuaki (2 lieues) sont les seules véritablement carrossables. Le reste de la- Grèce n’a plus que des sentiers praticables seulement pour les chevaux. Partout les ponts tombent eu ruine, et on franchit à gué les rivières. Le gouvernement grec a fait appel aux capitaux étrangers pour remédier à cet état de choses. Un chemin de fer d’Athènes au Pirée a été récemment mis en adjudication ; mais il faudra sans doute bien du temps pour réaliser ces projets.
9. Armée, marine. — L’armée grecque se monte à environ 10000 h. La cavalerie y figure pour 306 h-., l’artillerie pour 466 U-, l’infanterie de ligue pour 6474 h., la gendarmerie pour 1898 h. L’uniforme est composé d’une tunique bleue, d’un pantalon blanc. La gendarmerie rurale, qui a conservé de costume national, présente -seule un aspect vraiment pittoresque. L’armée ainsi que la marine sont encombrées d’officiers saps emploi: le personnel ma- -ritime se compose de 1150 h., dont 450 officiers. Le matériel est de 26 bàitimeuts, portant 149 canons, dont deux corvettes et un bateau à vapeur:
RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
l'Othon, de 6 canons, «goélettes, dont 4 à vapenr, etc. Les finances sont peut-être la branche là plus1 déplorable de l’administration ; le budget de la Grèce est constamment en déficit, et les embarras s’accroissent d’année en année.
10. Heilglen. — L’immense majorité des Grecs appartient S l’Église schismatique d’Orient1, qui s’intitule Église orthodoxe ou anatolique, et se divise en quatre grands patriarcats, dont le siège est à Constantinople, à Jérusalem, à Antioehe et à Alexandrie. Avant la guerre de l’indépendance , l'Église de Grèce relevait du patriarcat de Constantinople. Depuis 1833 , elle ne relève que d’elie-même; elle est régie par le Saint-Synode, siégeant à Athènes, et composé de cinq meihbres, présidés par le métropolitain d’Athènes : elle compte vingt-quatre sièges épiscopaux, dont onze archevêchés. Les' prêtres grecs Ipapas) sont mariés.
12. Instruction pnltliqne. — Elleest gratuite à tousses degrés, et compte un assez grand nombre d’établissements : outre l’université d’Athènes , dont l’enseignement est réparti en quatre facultés de théologie, de philosophie , de droit, et de médecine, elle possède une école polytechnique, qui n’est qu’une école d’arts et métiers; une école normale, qui ne forme que des instituteurs primaires; un séminaire, sept lycées, un établissement pour l’éducation des filles, cent soixante-dix-neuf écoles helléniques , où l’on apprend nn peu de grec ancien , et trois cent soixante-neuf écoles communales , qui ne donnent que l’instruction élémentaire; une école militaire et une école d’agriculture.
Nous citerons encore l’observatoire d’Athènes” la bibliothèque, quelques musées naissants, les hôpitaux. Il est à remarquer que tous ces établissements publics ont été fondés par des souscriptions particulières. La Grèce compte aussi' plusieurs sociétés savantes; la plus connue est la Société archéologique d’Athènes. Les sciences comptent aussi la Société médicale et la Société d’histoire naturelle.
Athènes possédait, en V8S2, dix-neuf imprimeries"; il se publiait quatre recueils périodiques et vingt-deux journaux, dont deux en français ; le Jf fauteur et le Spectateur de l'Orient.
12. n«ee». — La race grecque compose la grande majorité de la nation. On divise les Grecs proprement dits en Phanariotes, Pallicares et Insulaires. Les Phanariotes sont des familles grecques civilisées et1 riches, originaires de Constantinople ; les Pallicares sont les anciens chefs montagnards de la Thessalie et de l’Albanie, qui se- sont établis dans le royaume. Entre les Pallicares et les Phanariotes , mais plus près des derniers , se placent les Insulaires des Cyclades , qui sont presque tous des marins ou marchands. Les Grecs sont un des peuples les-phis intelligents de l’Europe; ils aiment l’étude;1 ils sont d'itne sobriété exemplaire; ils n’ont pas de passions Violentes , et leurs mœurs sont chastes; on leur reproche leur indiscipline, leur jalousie et leur égoïsme; leur réputation de probité n’est pas non plus très-brillante. # Les Grecs lettrés d’Athènes affectent beaucoup de civilité pour les étrangers; mais s’ils ressemblent à peu près aux autres- peuples de l’Europe , on est bientôt frappé de l’énorme disproportion qui existe entre cette élite peu nombreuse et le reste de la nation. Sans sortir d’Athènes, on pourra observer que le peuple ignore les premiers éléments des arts les plus nécessaires à la vie. — A côté des Grecs proprement dits, on rencontre en Grèce les Albanais et les Yalaques, Les Albanais forment pfès du quart de la population du pays.
GRÈCE
C’est une race forte et patiente, aussi propre à l’agriculture que les Grecs le sont au commerce. Les Valaques nomades sont tous bergers. On leur attribue la plupart des rapines qui se commettent en Grèce. En approchant des troupeaux ou villages, l’on devra se défendre contre les chiens qui se précipitent en nombre sur tout Européen qui passe ; on ne s’en débarrasse qu’à çoups de pierres. Selon M. About, il est inutile d’emporter des armes : les- brigands grecs ne vous attaquent qu’en grand nombre , et toute résistance ne peut être que funeste. Nous croyons toutefois qu’une paire de revolvers est une bonne précaution contre les maraudeurs, dans un pays où tout le monde est armé.
13. Communication» maritime». — On se rend ordinairement en Grèce par Marseille, Trieste ou Constantinople. Les paquebots à vapeur des Messageries impériales françaises et du Lloyd autrichien ont établi à cet effet des services d’une grande régularité. Les paquebots français conduisent de Marseille au Pirée, soit directement par le détroit de Messine, soit par Malte et Syra. Les paquebots autrichiens conduisent de Trieste à Corfou , et de là au Pirée, soit en doublant la Morée, soit en traversant le golfe et L’isthme de Corinthe. On peut encore se rendre de Malte à Patras et Corfou par les paquebots-poste anglais. Les paquebots français et autrichiens mettent également la Grèce en communication avec Constantinople, soit directement, soit par Smyrne. Trois vapeurs grpes font le service des côtes de la Grèce et des Cyclades jusqu’à Santorin. On trouve enfin continuellement de petits bâtiments grecs à voile, caïques ou brigantines, pour tous les points de l’Archipel; mais c’est là une navigation aventureuse, sujette à mille retards, si le vent est contraire, et quelquefois périlleuse, malgré l’habileté incontestable des marins grecs. Il n’y a plus guère de quarantaines qu’à Syra, pour les provenances de la' Turquie. Encore la quarantaine n’est-elle ordinairement que de vingt-quatre heures, comptées à partir de l’heure de l’arrivée.
14. Môtcl», khani, hospitalité, couvent». — On ne trouve d’hôtels qu’à Corfou, à Syra, au Pirée, à Athènes, à Patras, à Chalcis, à Nauplie et à Corinthe. Dans cette dernière ville, l’hôtel n’est qu’un misérable bouge; ceux des autres villes sont fort modestes. Athènes possède deux bons hôtels. Partout ailleurs il faut se contenter de khani , comme en Turquie. Le khani est un bâtiment où l’on ne trouve ordinairement que le toit et les quatre murs. Les tables, et surtout les chaises, y sont presque inconnues. Le voyageur doit apporter avec lui son lit, ses provisions de bouche. Cependant on trouve souvent, mais pas toujours, « du pain, du vin, de l’orge et des fers pour les chevaux, de la corde pour les bagages, des allumettes, du savon, et cette épicerie élémentaire qui suffit aux besoins des Grecs. » Le matin, on paye au khandji un prix encore assez élevé pour un aussi mauvais gîte. A défaut du khani,- on a l’hospitalité des paysans; dans quelques localités, on reçoit une hospitalité plus confortable , chez le p arèdre, ou chez quelque habitant notable. Enfin, quelquefois on loge dans les couvents. L’hospitalité y est, dit-on, 'gratuite; mais il est bon d’y apporter ses provisions, et il est d’usage de donner cinq francs par personne et par jour.
15. Chevaux, agoyatc», courrier», etc. — Il est plus facile d’activer en Grèce que de voyager dans l’intérieur du pays. Ce n’est guère qu’à cheval qu’on peut parcourir cette contrée. Outre sa monture, le voyageur doit avoir des chevaux pour porter les bagages, les matelas, la cantine ou batterie de cuisine, les provisions de bouche, une table et des sièges pliants, etc. Les
RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
agoyates, ou conducteurs de chevaux, suivent à pied. Ils se nourrissent à * leurs frais , eux et leurs chevaux ; il ne leur est rien dû que le loyer de leurs chevaux, et c’est se montrer généreux que de leur donner cinq francs de pourboire, au bout de huit à dix jours. Les chevaux d’agoyate se payent quatre francs cinquante centimes par jour; moitié les jours où ils ne marchent pas. Il est assez difficile, môme à Athènes, de trouver' une selle convenable.
Les selles grecques ne sont que des espèces de bâts, garnis de bois, fort durs et' fort incommodes. Un voyageur parlant le grec , possédant une cantine de voyage, son matelas, ses touvertures, muni d'une bonne carte et d’un bon itinéraire, peut voyager seul avec deux chevaux et son agoyate; mars il dépensera difficilement moins de vingt francs par jour. Le voyageur qui ne réunit pas ces conditions doit s’adresser à un courrier, qui lui sert d’interprèle, de guide, de cicerone, quelquefois de cuisinier, lui fournit les chevaux, les matelas, la cantine, là nourriture et le gtte, moyennant un prix convenu, qui varie de vingt à quarante francs par jour.
La saison la plus favorable pour parcourir la Grèce est le printemps, du milieu d'avril à la fin de mai : juin, juillet et août sont trop chauds; septembre et octobre sont favorables pour la température, mais la végétation est brûlée, tout semble d’une aridité désolante. A partir de novembre, les pluies et le froid rendent le voyage sinon impraticable, au moins très- pénible, te voyage dans l’intérieur de la Grèce demande une certaine énergie. Les mauvais gîtes, la mauvaise nourriture, les fatigues du cheval, rendent ce voyage très-difficile pour les femmes.
IG. Modèles d'itinéraire*.
t» Athêxes st l’Attiqu*.
Atbènes et ses antiquités a
Athènes à Eleusis , et retour par le
Pirée.. 1
Athènes à Phylé, et retour 1
Athènes au Pentélique et à Marathon,
et retour à Athènes 2
Athènes à Sunium, par Raphti , et retour par Vari 2
Total 8 j.
Ou bien Athènes au Pentélique, à Marathon, et retour par Raphti, Sunium et Vari Sj.
Total. 3j.
2° Athènes, Égine, Nauplie, Ar.cos, retour par Corinthe. (Recommandé.)
Du Pirée à Égine (débarquer au petit port d'Hagia-Marina pour voir le Temple), et se rembarquer pour
Épidaure »... I j.
D'Épidaure à Nauplie, par Hiéron . . . t Tirynthe, Argos et Mycènes, JLharvati i
Kharvati, Némée, Corinthe, l
Corinthe, Mégares I
Mégares, Eleusis, Athènes.. 1
Total..; 6 j.
On peut, à la rigueur, aller en un jour de Nauplie à Corinthe, en envoyant d’avance des chevaux à Mycènes, et en visitant soi-méme en Voiture Tyrinthe, Argos et Mycènes.
3° Athènes, Thèses, Delphes, et retour