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ROUTE 479 : DE MARSEILLE A CONSTANTINOPLE

quie d'Europe. II faut être disposé à braver la faim, la soif,' la fatigue, et même le danger des voleurs et des assassins, surtout Sur les frontières de la Grèce. Du reste, l’intérêt archéologique est presque nul. Pas de monuments à visiter, pas de grandes ruines. Le voyageur doit même mettre une grande , circonspection dans ce genre d’exploration : prendre des notes ou des croquis éveille quelquefois des soupçons étranges dans l’esprit de ces populations ignorantes. Sauf dans les pays de montagnes, les beautés pittoresques manquent généralement dans les provinces turques. L’agriculture y est à peu près nulle, et se borne à quelques champs de blé, de maïs et de riz venus presque sans culture. Aussi est-ce avec l'impression la plus triste que l’on revient de ces plaines si fertiles, et cependant si désertes et si incultes. Les voyageurs qui ont pour but des recherches scientifiques peuvent seuls y trouver un attrait. Quant au touriste, il y renonce bientôt. L’aspect de ces amas de maisons qui ne sont ni villes ni villages, la solitude et l’abandon qui régnent partout, la misère des habitants, et les cohortes de chiens errants, de corbeaux dévorants, se disputant les charognes laissées sur les chemins, ne laissent qu’une impression de fatigue et de dégoût sans aucune espèce de dédommagement. Constantinople , avec ses monuments, ses grands souvenirs et sa population pittoresque , le Bosphore, avec ses rives enchantées, présentent au contraire des beautés d’un ordre exceptionnel, et comptent parmi leslocalités les plus remarquables qu’il soit donné à l'homme d’admirer.

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