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PAR LA VOIÊ DIRECTE DD DÉTROIT DE MESSINE ET DU PIRÉÇ

(7 à 8 jours de navigation.)

De Marseille au Pirée (5 j- 1/2) , voir p.950; — du PiVée au cap colonnes (2 h. 30 min,), voir p. 974. Au delà du cap Colonnes, le navire, se dirigeant au N. E., remonte le canal de Zéa et le capal d’Oro. Après environ 8 h. de navigation au large , on laisse à l’E. la petite île de psara. ou ip»ar«$ plus a l’E. on aperçoit 131e de Chio. 2 h.

plus tard, on range à l’Ë, la côte de üiétélln, l’antique LefthoM, et l’on se rapproche de la côte d’Asie (1 h.), non loin du cap Baba. Directement au N. se montre l’ile de TénçdoN , et au N. O. Lemno»; on longe pendant 2 h. la côte d’Asie avant d’entrer dans le canal de Ténédos, large d’euviron 7 kil. Le rivage ne présente aucun détail intéressant; à peine peut- on reconnaître le petit port ensablé de l’antique Alexandrla -Troua. Au

delà de Troas, le regard peut parcourir une terre assez plate. Cette terre, c’est la Troadc, où l’œil ne découvre du reste aucun objet digne d’attention. Le petit port de Tcnédon est adossé à un coteau que domine une forteresse triangulaire.. Sa population s’élève à environ 3000 hab. , moitié grecs, moitié turcs. Les paquebots du Lloyd y font escale.

Au delà de Ténédos , on range à l’O.

un petit groupe d’îles basses, appelées par les Turcs Taochan-Adasi, ou îles des lapins. Plus loip, vers le N. O. , se montre l’ile d'imbros, au-dessus de laquelle se dressent les sommités de l’île de Samothraee; à l’E. la côte de la Troade présente une falaise aride et escarpée: on range de près cette falaise jusqu’au cap et au village de Yéni-Schèhr (nouvelle ville) . anciennement Sigée, qui marque l’entrée de l’HelleMpont ou du détroit des Dardanelle*. Quand on a doublé le promontoire de Sigée, on aperçoit trois tumulus , que la tradition " désigne comme les tombeaux d’Achille, de Patrocle, et de Festus (favori de Caraoalla). Plus loin s’élève le château de

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Hoam-HalcMl (ch, Me, tu du sable).

En face, sur la rive d’Europe, à l'extrémité de la chersonèse de Th race, s’élève un autre château , appelé Sétil

ou gedtlul l»nhur*aules.*i (château digue de la mer).

La rive d’Europe, que l'on rase de plus près, ne présente que des falaises arides et sans intérêt; la côte d’Asie offre un aspect plus riant et plus pittoresque. On atteint (3 h. 30 min.) les fameux châteaux des Dardanelles, qui ont donné leur nom au détroit : près de ces châteaux s’étend le gros village de athannli-KalcBMl, que les Européens appellent Dardanelles; il est principalement habité par thés juifs.

Les navires des Messageries impériâles françaises et du Lloyd autrichien y font une courte escale. En cet endroit le détroit n’a que 1930 met. de largeur.

Au delà du château d’Europe, la côte de la Chersonèse se creuse pour former le golfe de Maito (l’antique Madytos), et un peu plus loin la rade de Kilia. La pointe de Nagara, sur la côte * d’Asie, marque exactement l’emplacement d’âhjiM, au point le plus étroit du canal ; ce n’est qu’après avoir doublé cette pointe qu’on aperçoit sur là côte d’Europe l’emplacement de Menton . marqué par la petite baie de Ak-bachi-Liman. C’est à ces deux villages que se rattache la légende d’Héro et Léandre. Au delà de Sestos et d’Abydos, le canal s'élargit de nouveau; la côte d’Europe présente alors l’embouchure du Karù-ova-sou , l’antique Micom potnmos. Un peu plus loin, sur la côte d’Asie, on remarquera la petite ville de I/impsaki , l’antique UBp«H)or, En face de Lampsaque, s'élève sur la côte d’Europe la ville de tslllpuii . l'antique Callipolis, bâtie sur une péninsule peu élevée, avec deux petits ports au N. et au S. La ville , dont la population s'élève a près de 8000 hab. , présente un aspect assez misérable; elle n’a de curieux que les débris de ses fortifications et quelques fragments de sculpture et d’architecture. Les paquebots des Messageries françaises et du Lloyd autrichien touchent à Gallipoli plusieurs fois par semaine.

Au delà dè Gallipoli, le canal s’é-

largit et l’on entre dans là mer rie Marmara (en turc Mer mer deuiii), l’ancienne Propantldr. On range à PE. un groupe d’îles, dont la plus considérable , Pile de Marmara, se dresse au îÇ. des autres comme une. masse de rochers escarpés. La traversée de la mer de Marmara se fait toujours de nuit. An lever du jour, le navire se trouve en vue de Constantinople et des Iles des Princes; doublant la pointe du Sérail, il pénètre bientôt dans le Bosphore et mouille à l’entrée du golfe de la Corne d’or; là, un magnifique panorama se déroule aux Veux; mais en débarquant , on pénètre dans un labyrinthe de ruelleg humides, obscures et boueuses. Les échelles de Galata et dé Top-Hanè, oû le voyageur débarque ordinairement, sont au nombre des plus sales de Constantinople.

Conalantlnople.

RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX

DèBAKQi'F.MZST. Les formalités de débarquement sont presque nulles. Un officier du paquebot emporte à terre les passeports qu'on fait reprendre le lendemain à la police. A peine l’entrée est-elle accordée que le pont du navire est envahi par une quantité de drogmans et de bateliers venant offrir leurs services. L’étranger qui ne sait pas le turc, ou tout au moins le grec, doit prendre un de ces interprètes qoi se chargera de faire. pria avec les bateliers , les porteurs , et de conduire le voyageur à l'hôtel qu'il aura désigné. Un drogman qui ne fait que voua aider au débarquement et vous Conduire à l'hôtel est très-largement payé avec lu piastres turques. Gn donnerait ou peu plus s'il était chargé de trouver un logement dans une maison particulière. Le voyageur dont le bagage est lourd ne devra pas descendre dans Un cafq qui chavire trop facilement, mais prendre une des barques plus pesantes qoi accostent le navire. Pour débarquer, ilfantabordeT àladouane et subir la visite de se» effets; mais le voyageur qui a peu de bagage peut se rendre directement à terre, à l'échelle de débarquement la plus voisine. Le douanier turc qu'il rencontrera se contentera d'une visite très-superficielle; on le rendra plus accommodant moyennant un l)aj'hchic*(gràtification)qui variera de

Goc

2 à <0 piastres, -selon la quantité'de bagages que l’on emporte- C’est ordinairement à Ïop-Hané que l’on débarque pour se retldre aux hôtels de Péra. On y trouve au besoin des chevaux pour monter dans les hauts quartiers.

Hôtels.-— Tous les hôtel» des Européens se trouvent encore à Péra ou à Galata. Us sent en général très-chers. On paye ordinairement tant par jour pour le logement et la nourriture, le voyageur qui passe sa journée dansdes quartiers éloignés de Constantinople, à Scutari on snr le Bosphore, paye ainsi les repas qu’il n’a pas pris, même s’il'prévient d’avaooe :

Hôtel d' Angleterre, tenu par Misseri, rue de Péra, au coin de la rue de la Poste- Militaire, 17 francs par jonr pour la chambre, le déjeuner et le dîner, plus i franc de service. — La bougie se paye 1 franc, le thé 1 franc , le dîner à table d’hôte pour les invités, 7 francs, le déjeuner, 5 francs. 1 * •

Hôtel de Betlevue, rue de Péra, près de l’ambassade de France, mêmes prix qu'à l’hôtel d’Angleterre, très-belle vue sur la Corne d’or et l'entrée du Bdsphofe.

Hôtel de VÈurojte, rue de la Poste-Militaire, au point dit les quatre rue*, tenu par Destuniano, 12 à 15 francs par joui». — Table d'hôte, 6 francs.

Hôtel de Péra, rue du Quartier-Général, 12 francs par jour, table d’hôte, 5 -francs.

— Déjeuner, 3 fr. — Hôtel des Ambassadeurs. hôtel du Globe, rue de Péra, prix comme à l'hôtel de Péra. — Hôtel de France, hôtel de Lyon, tous deux sur le Petit champ des morts, avec une trèsbelle vue. Prix : 10 à 12 francs par jour.

— Les autres hôtels de Péra ou de Galata ne sont que des bouges indignes des touristes.

PENSIONS, LOGEMENTS f ARTteCLIERS. — Pour échapper aux exigences des hôtels et conserver la liberté de leurs excursions, beaucoup de voyageurs préfèrent loger dams des maisons particulières. Au moment du débarquement, on vous remet habituellement un grand nombre d’adresses ; au besoin les drogmans vous en procurent. La mention {de maisons bâties en pierre n’est pas à dédaigner dans ce pays où règne continuellement t’incendie. Dans quelques-unes de ces maisons, le voyageur pourra faire un arrangement pour sa nourriture, s’il ne préfère prendre

ses repas dehors, sait aax tables d'hôte des' hôtels, soit aux restaurants ci-dessous :

Restaurant — dn Casin (recommandé} , rue de Péra, près de l’hôtel de Bellevue. — Table d’hôte à 5 francs et. à 3 francs.

Restaurant du Palais des Fleurs (à la carte ou à prix fixe, 3 et 4 francs), rue de Péra, au delà du théâtre Naum.

Restaurant du Passage orientai (en face ce passage, dans la rue qui aboutit en face l’hôtel d’Angleterre). — A là carte. ‘

Restaurant de la Ville de Paris (an bout de la rue de Péra, en descendant vers Galata', près de l’ancien couvent des Derviches-Tourneurs. Dîners : 2 francs 5» c. t Déjeuner à la fourchette, 2 francs.

Restaurant du Danube, près du précédent, dans nne petite rue qui rejoint le Petit champ des -morts.

Cafés. —.11 y a à Péra deux cafés à l’européenne, où Ton trouve les journaux: le café de Saint Pétersboung, rue de Péra, en face l’ambassade de Russie, et le café de France, au bout de la rue. du Quartier- Général, sur le Petit- champ des morts.

Quant aux cafés turcs, il y en a des centaines dans tous les quartiers de Constantinople. Le prix d’une tasse de café noir y est de 20 paras (to centimes environ).

Cabinet de léctcre, rqe de Péra, près de l’hôtel d’Angleterre.

Vues et Costumes de Constantinople, cher Preziosi, à Péra, rue du Quartier- Général, 14.

Théâtre Naum, rue de Péra, en allant vers le Grand champ des morts, c’est le seul théâtre de Constant itiople : on y joue l’opéra italien trois fois par semaine.

Le Palais des fleurs est un café chantant ouvert tous les soirs (rue de Péra, au delà du théâtre Naum. )

Poste aitx lettres. — Sauf une poste turque pour Andrineple, que l’on trouve dans l’enceinte de la Yeni-Djami, au bout du premier pont, la poste à Constantinople est entre les mains des étrangers.

La poste française se trouve à Péra, rue de la Poste civile, un pen au-dessous de la chancellerie française. La poste autrichienne se trouve juste en face, annexée à la chancellerie autrichienne.

Drogmans, Ciceroni. — Les meilleurs se trouvent à la porte des grands hôtels. On les paye 5 à 6 francs par jour. Ils sont fort ignorants, et leur emploi se borne à

peu près à vous conduire aux endroits que vous leur désignez, et à vous servir d’interprètes. Toutefois, leur secours est indispensable les premiers jours, pour ne pas s'égarer dans le dédale des rues de Constantinople. Lorsque vous faites un achat par leur entremise, vous pouvez être sûr qu’il prélèvent sur vous un fort bénéfice. Il faut surtout se défier des drogmans juifs ou arménieds que l'on rencontre autour du bazar.

Caïqs. — Le caïq est à Constantinople ce que- la gondole est à Venise, mais à coup sûr il est beaucoup plus léger et plus susceptible de chavirer. Il faut les premiers jours montrer une grande prudence pour s'embarquer, et se laisser guider par les calqdji : on s’assied au fond de la barque sur un coussin, les jambes pliées à la turque, et il faut se garder de tout mouvement brusque qui dérangerait l’équilibre de la frêle embarcation.. Le prix des caïqs varie suivant le nombre des rameurs, suivant la distance à parcourir, et surtout selon qu'on prend le caïq pour soi seul, ou qu'on ^ monte à plusieurs'; dans ce dernier cas, on peut traverser la Corne d'or ou se rendre à bord d’un navire pour une demipiastre ou une piastre ; pour deuxpiastres, on ira de Top-Hané à Scutari. Si l’on est seul, au contraire, on ne payera pas moins de quatre ou cinq piastres pour une course dans le port, et de dix piastres pour Scutari. Pour les distances plus considérables, il faut faire un arrangement avec les calqdji,; un caïq à deux ou trois paires de rames, pour la tournée du Bosphore jusqu’à Buyuk-Déré, coûte de 80 à 180 piastres (de 16 à 20 francs) pour toute la journée. 11 y a encore de gros caïqs omnibus pour le Bosphore, mais les bateaux à vapeur les ont presque entièrement supplantés.

Porteurs ou hammals. — Ils sont remarquables par leur costume pittoresque.

Il faut se tenir constamment en garde contre eux, et se ranger quand on entend leur cri (carda car ils marchent avec une grande rapidité et ne se font pas faute de heurter les passants. Un hammal, pour porter le bagage d’un voyageur de Top- Hané à Péra, se paye 5 piastres.

Chevaux. — On trouve à l’échelle de Top- Hané, au bout du pont de la Validé-Sultane, au bout du pont de Mahmoud, etc., à louer des chevaux pour monter dans les

hauts quartiers ou parcourir la ville ; le prix en est modéré ; de Top-Hané à Péra, on paye 2 piastres , les autres -courses en proportion. On trouve aussi à Péra à louer des chevaux pour de plus longues promenades.

Firmans, visites oe mosquées, etc. — Pour visiter complètement les bâtiments du séraï et les mosquées prihcipales, il faut solliciter par l'entremise des ambassades, un firman dont le prix est de soo piastres (200 francs environ) ; maïs comme il est valable pour un grand nombre d’ê personnes, on le fait habituellement savoir dans les hôtels, et les frais partagés entre les visiteurs sont peu considérables. Toutefois, depuis le séjour de l’armée anglo-française, on peut pénétrer sans firman dans Sainte-Sophie et dans les principales mosquées, moyennant unôuÿ/tchioh donné à. l’iman, la seule condition est d’ôter ses chaussures : mais pour voir Sainte-Irène et le musée des costumes des janissaires, il faut démander un permis au pacha de Top-Hané.

Le vendredi de chaque semaine, le sultan se rend en cérémonie à l’une des mosquées impériales pour y faire sa prière , c'est le moment que l'on doit choisir pour voir à coup sûr le souverain ét son cortège : on sait le matin dans les hôtels quelle est la mosquée désignée, et quel sera l’itinéraire, soit par terre à cheval, soit par eau en caïq. --

Les derviches tourneurs donnent tous les dimanches leur séance publique à leur couvent nouveau de Kassem-Pacha.

Les derviches hurleurs se voient tous les jeudis à Scutari.

Les musulmans se réunissentle vendredi dans l'après-midi, aux promenades des eaux douces d'Europe et d'Asie; les chrétiens s’y rendent le dimanche.

La nuit tombée, on ne peut circuler dans Constantinople qu’avec une lanterne, sous peine d’être arrêté par la police : l’inégalité du terrain et l'obscurité absolue des rues rend d’ailleurs cette précaution indispensable.

Bateaux a vapeur.— 1“ Bateaux omniocs:

Pour Scutari, partant du pont de la Corne d’or de demi-heure en demi-heure, de 7 h. à to h. du mat., et- de 1 h. après-midi jusqu’à 5 h. — Trajet en tS min. — Prix : t piastre. — Il n’y a pas de classes différentes, la place est au premier occupant.

l’arrière du bâtiment est réservé anx femmes.

Pour le Bosphore, touchant à toutes les échelles de débarquement jusqu’à Buyukÿtré. — Prix 6 piastres. — Plusieurs départs par jour, selon la saison.

Pour Us fies des Princes, tous les soirs vers 5 h. Le bateau repartant le lendemain de grand matin, des îles pour Constantinople, on est obligé d’y séjourner un jour et deux nuits. Le dimanche seulement le bateau part le matin de Constantinople, et y revient le soir.

Pour Brousse, tous les samedis. — Retour le lendemain matin.

Pour Nicomédie, tous les samedis. — Retour le lendemain matin.

2° Paquebots a vapeur :

Messageries impériales françaises. — (Bureau à Galata.) — Pour les Dardanelles, le Pirée, Messine et Marseille, 'trajet accéléré en 7 jours, tous lès mercredis. — Pour Gallipoli, les Dardanelles, Métélin, Smyrne, tous les vendredis. (Correspondance tous les 8 j. avec Smyrne et la Grèce, ;ét tous les li j. avec la ligne de Syrie et d’Égypte.)

— Pour Salonique et Volo, tous les jeudis. (Trajet en 3 ou 4 j.) — Pour Varna, Sulina, Tulscha, Galatz et Ibraïla, tous les lundis. (Trajet en 4 j.) — Pour Trébizonde: touchant à Inéboli, Sinope, Samsoun et Kérasunte, tous les lundis. (Traj. en 3 j.)

Lloyd autrichien. — (Bureau à Galata.)

— Pour Syra, Corfou et Trieste, tous les vendredis. (Trajet direct en 7 j. ) Le Lloyd dessert aussi les lignes de Smyrne, en correspondance avec la Grèce, la Syrie et l’Égypte, de Thessalie, de Trébizonde et de Galatz; cette dernière correspondant avec les paquebots qui remontent le Danube, et avec la ligne d’Odessa.

On annonce l’établissement prochain d’une puissante compagnie russe qui desservira toutes les côtes de la mer Noire et les principales lignes de la Méditerranée.

Télégraphe électrique. — Un câble sous-marin vient d’être établi entre Constantinople et les Dardanelles ; il doit être prolongé jusqu'à la Crète. — La télégraphie continentale est reliée par les lignes autrichiennes avec le reste de l’Europe.

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