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ANTIQUITÉS

Les antiquités sont peu nombreuses à Constantinople.

Outre la grande et la petite Sainte- Sophie, nous avons déjà mentionné la colonne de Théodose dans le jardin du Séraï. Nous allons passer en revue les fragments disséminés dans Constantinople.

L’Hlppodroiue (en turc, Al-Meïdan, place des chevaux) est cette grande place rectangulaire, 'longue de 250 pas, et large de 150, située au S. E. de Sainte-Sophie, et dont la mosquée d’Ahmed occupe un des côtés.

De tous les monuments qui le décoraient, il ne reste aujourd’hui que l’obélisque qui indiquait le milieu de l’arène, la colonne torse et la pyramide murée. Ces trois monuments, placés sur une ligne qui indique l’axe du cirque, ont été récemment déblayés des décombres qui cachaient leurs pieds, et entourés a’une grille.

L’Obcllaqae de Théodoae est un monolithe de granit rose deSyène, haut d’environ 30mèt. , et large de 2 à sa base. Sur ses quatre faces sont gravés des hiéroglyphes bien conser-

vés. 11 repose sur quatre socles en bronze , portant eux-mêmes sur un piédestal en marbre sculpté des nasreliefs assez grossiers, qui représentent l’empereur Théodose entouré de ses courtisans; d’autres, plus près du sol, représentent les machines qui ont servi à l’érection de l’obélisque.

La Colonne Serpentine , en bronze, haute d’environ 5 mèt., et formée de trois serpents enroulés , dont les têtes ont été brisées. On croit que cette colonne est cslle-qui, au'temple de Delphes , portait le trépied d’Apollon.

La Pyramide murée, de Constantin Porphyrogénète , a été depuis longtemps dépouillée des plaques de bronze doré qui la revêtaient. Aujourd’hui, les pierres qui la composent se disjoignent incessamment, et elle est menacée d’une ruine imminente.

Colonne bràlée (située près de l’At-Meïdan). — Cette colonne de porphyre, aujourd’hui noircie par les incendies, fut, dit-on, apportée de Rome par Constantin. On distingue fôrt bien aujourd’hui la partie de la colonne qui a été restaurée pour porter une croix, et le nom de Manuel Comnène, qui résida à ce travail, ainsi que la trace es couronnes de laurier qui cerclaient la garniture des tambours.

Colonne de Marelen (située en-, tre la mosquée de Mahomet et T Et»

Meïdan, dans un jardin particulier).

— Cette colonne en granit, haute de 12 à 15 mèt. , porte un chapiteau corinthien surmonté d’un cippo de marbre, dont, les quatre angles sont ornés d’aigles sculptés encore bien conservés.

Tout près d’elle est VEt-Meidaa, ancien quartier des janissaires.

Colonne d’Areadluo. — Située sur la septième colline, près du lieu dit Avret-Basar , et entourée d’échoppes. De ce beau monument, élevé en l’honneur d’Arcadius et d'Eudoxie. il ne reste plus qu’un piédestal, haut d’environ C mèt. , et le commencement du fût de la colonne. Les incendies l’ont complètement calcinée et réduite à l’état de bloc informe ; mais on peut pénétrer dans l’intérieur par la boutique d'un charron. On y trouve d'abord en bas une chambre avec une

niche sépulcrale, puis un escalier assez bien conservé. Du haut de ce débris, on a une belle vue sur la mer de Marmara , et syr toute la ville de Constantinople.

Tombeau d’Irène. — On nomme ainsi un sarcophage antique en brèche verte que les Turcs ont converti en fontaine, 'et placé devant la mosuuée Stavro-Djamissi. Il ne pprte pas d’inscription, mais on voit des croix sur ses quatre faces.

Aqueduc de Valeus ( Bosjohan - Kéméri.) — Ou vo.it encore une portion considérable de cet aqueduc entre la troisième et la quatrième colline, près du At-Bazar. Cet aqueduc sert encore au même usage , bien que trèsdégradé. ,

Citerne Hanllel» (Yérè batan Serai', le palais de dessous terre). — Située près de Sainte-Sophie. Cette citerne sert encore aujourd’hui de réservoir d’eau. Les voiltes sont des cintres en briques soutenus par un riombredecolonnes d’ordres différents.

Elle s’étend au loin sous le quartier , jusque vers la façade méridionale de Sainte-Sophie.

Citerne «te* mille et anc colonne» ( Birt-Bir-Dirèk ) . — Située présde l'At-Meïdan. Elle ne compte en réalité que' deux cent vingt-quatre colonnes, S chapiteaux de marbre assez grossièrement sculptés. La citerne est aujourd’hui à sec, et occupée par des cerdiers.

Près de là, se trouvent les restes d'une muraille grecque, et une autre citerne, également- à sec, où Ton compte vingt-huit colonnes corinthiennes.

On trouve encore en différents endroits de la ville un grand nombre de ces citernes, notamment près de la mosquée de Laléli , au Tchoukour-Bostan, près de la porte d’Andrinople, près de la mosquée de Sélim, et près ae la mosquée d'Émir-Akhor.

Les. autres antiquités de Constantinople sont comprises dans le:

TOUR DES >1CRS. •

C’est une des promenades les plus intéressantes que Ton- puisse faire à Constantinople : il faut longer d’abord

en caîq les murs depuis la pointe du Séraï jusqu’aux Sept-Tours, puisé pied ou à cheval les murs du côté de la terre depuis les Sept-Tours jusqu’à Éyôub, et depuis Éyoub jusqu’au premier pont en longeant la Corne d'or.

Au point où les murs du Séraï rejoignent la Corne d’or , on trouve d’abord Yali-K-iosk et le kiosque des Sepedjiler , Mermer-Kiosk. élégant pavillou chinois, et Tpp-Kapoussi (la porte des- Canons). La petite porte de Fer (Demir-Kapou) , l’hôpital de Mahmoud enclavé dans le mur, et la glissoire en bois, par où les sultanes coupables étaient jetées à la mer, enfermées dans un sec. Puis la terrasse de Gulhané, portée sur deux arcades en ogives. On passe le jihare, et on arrive à Akhor-Kapoussi (la porte de l’Ecurie). Au delà d’un second phare, on rencontre une partie considérable des murailles antiques, élevées sur de belles assises de marbre, et où Ton remarque une quantité de fragments rapportés, débris de portes, 'd’architraves, de chapiteaux, de tronçons de colonnes enchâssées dans les murs.

Le mieux conservé est le monument de Marcel lus Léo, formé de trois arcades en marbre. Puis Tschadladèh- Kapou , avec quelques maisons turques et une petite mosquée en dehors des murs; ensuite on arrive au petit >ort de KoumKapnu, au delà duquel es murailles antiques recommencent.

On atteint successivement Yém-Kapou (porte Neuve), 1) aoud- Pacha- Kapoussi , avec un petit port actuellement comblé. Psammatia-Kapoussï, où se trouve un petit port extérieur aux murailles, et le quartier gfec de Psammat«i , avec plusieurs églises ; iVarii- Kapou, près de laquelle est la mosquée de l’Ecuyer ( Émir-Akhor-Dia mis si) , bâtie sur les ruines de l’église de Saint-Jean-Studius.

Au delà dé Narli-Kapou , les murailles présentent de grandes lirèchos, qui laissent apercevoir des jardins. On arrive bientôt à la tour de Marmara, qui, par son bon état de conservation et ses belles assise» de marbre, contraste heureusement avec les murailles voisines. , .

On débarque à l’échelle des Sept-

Tours, et Fon suit l’extérieur des murailles, qui se dirigent vers k Ni Les murailles présentent à cet endroit une triple enceinte, dont les fossés sont plantés de jardins. A gauche est un cimetière avec de beaux cyprès ; puis on montre une porte flanqué* de deux colonnes corinthiennes en marbré, mais actuellement bouchée. On veut à tort v reconnaître la p»rlr l»*rer.

si célèbre dans l’bistoire. Derrière elle, s’élèvent deux grosses tours carrées massives, qui appartiennent au :

(’hiteau de* Hrpt-Tnnrs (nommé par les grecs Heptapurgon, et par les turcs Yédi-Koulè). Cette forteresse fut bâtie par Mahomet II, en 1468. et sert de prison d’Ëtat. Elle est de forme pentagone et entourée de murs trèsélevés et très-épais.

La porte des Sept-Tours, ouverte dans les murs de la ville, est formée de deux enceintes. L’entrée du château des Sept-Tours est près de là sur la droite. Revenant en dehors des murs, on arrive en 20 m. à «rlitrl'Hnpousiil, porte basse d’un aspect massif, surmontée d’une ogive, et ' flanquée . de deux grosses tours octogones avec un pont de trpis arches à plein-cintre. En face de cette porte on montre le tombau d Ali de Tébélin, pacha de Janina.

A un quart d’heure de là, dans le cimetière, se trouve le monastère de Balonkli . où l’on montre, dans une chapelle souterraine ; le bassin qui contient les poissons miraculeux de la légende grecque. Revenant aux murailles; on atteint (15 min.) Varlana- Kapotwsi (ou Yéni-Kapoussi); en dedans est une seconde porte, flanquée de deux tours carrées, remarquables par kur construction régulière et les inscriptions grecques qu’on y lit; puis (16 min.) Top-Kapou (portedu Canon), ancienne porte Saint-Romain. C'est là que périt en brave Constantin Dragocès, le dernier des empereurs grecs.

Entre Top-Kapou et Edemé-Kapou , l’on rencontre le vallon du Lycus, qui se continue avec la grande vallée centrale de Constantinople. Les murailles sont, à cet endroit, ruinées complètement et percées de larges brèches.

Au plu» profond du vallon est la fon-

taine de Beylerbey. Un aqueduc pénètre dans la ville au même endroit.

On remonte pour arriver à (20 min.) Heraé-Kspo«ssl (porte d’Andrinople), près de laquelle se trouve à l’intérieur, dans la ville, la jolie mosquée de Hasségui (la favorite), bâtie par la fameuse Roxelane. En dehors se trouve le plus vaste cimetière de Constantinople; une jolie’ fontaine est placée dans le carrefour des trois routes qui le traversent. La route de droite mène directement à Eyoub.

Entre Edernè-Kapoussi et Egri-Kapoussi , on remarque sur la muraille un édifice en ruines nommé Téklr- M<*mï (le palais du Rouget), qu’on croit être les restes du palais de Constantin. -, '

Kgri-Hupousst est l’entrée du quartier des BUtquerttes . dans lequel on trouve l'église Notre-Dame des Blaquernes. On rejoint enfin la Corne d'or, près de la (20 min.)

porte d'üyoub ou Haïvan-Sérai- Kapoussi. On revient alors en longeant la Corne d’or, on laisse1 à gauche le pont- de Kass-heui , et l’on arrive à nalata, le quartier juif, sale et misérable. Au delà de Balata-Kapoussi commence le

rbanur, quartier grec, où se trouvent l'église patriarcale et plusieurs autres églises, et les demeures des familles grecques les plus riches et les plus puissantes.

Au delà de Phanar-Kapo», on rencontre les portes de Yéni-Kapou, Aia- Kap où (la porte Sainte), prèsae laquelle est hi iraoMpiée de* Ko«r«. puis Ojoubatli-Kapou , et le quartier du Djoubatli, où recommencent les marchés musulmans, Oun-Kapnussi (porte du Magasin aux farines). Il ne reste plus que les portes Odnun-Kapou (porte du Bois) et Zindan-Kapou (porte des Prisons), jusqu’au pont de la Validé, où aboutissent trois portes très- rapprochées, Balouk-basar-Kapoit (porte du Marché aux poissons), Tchifout- Kapou (la porte des Juifs, et Baghtché- Kajxmtsi (la porte des Jardins).

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