LE BOSPHORE
Le nouphore ou détroit de Constantinople, qui sépare l’Europe de l’Asie, et par lequel les eaux de la mer Noire (l’antique Pont-Euxin) s’écoulent Vers la mer de Marmara (la Propontide) avec une grande rapidité, mesure environ 27 kil. de longueur: sa largeur varie de 550 mèt. à 1500 mèt. ; elle atteint môme 2500 à 3200 mèt.
en face des grands golfes de Bevkoz et de Buyuk-Déré.
Rive d’Enrope. — Partant de
l’échelle de Top-llané, on longera successivement Foundouklu. le palais de Dolma-Baghtché, le petit port de Besclvik-Tasch et le palais de Tchéragan. Une quantité prodigieuse de magnifiques habitations et ae palais qu’il serait trop long d’énumérer s’étendent d’un village à l’autre et sont séparés de la mer par un étroit quai de granit qui forme chemin de halage.
Les principaux villages sont : Orta- Keui, Kourou-Tchechmé et Ærnaout- Keui, avec de petits ports où les vapeurs font escale.
Bébek, au fond d’une jolie baie avec un pavillon du sultan , le kiosque des conférences, l’école française des Lazaristes, une école protestante américaine. Au delà de Bébek, la ligne, jnsqu’ici non interrompue, des villages et des kiosques, est coupée par un cimetière pittoresque, au-dessus duquel apparaissent les tours massives de itniiniMl-iiissar (le château d’Europe ) bâti par Mahomet II en 1451.
Signalons ensuite Balta-liman , où furent signés plusieurs traités célèbres; Sténia, au fond d’une crique qui forme le meilleur port du Bosphore, village presque entièrement chrétien; Yéni-Keui , gros village grec et arménien. situé sur le promontoire, eu face duquel la baie de Beykoz étale son magnifiqueamphilhéàtre : Thérapie, (hôt. d’Angleterre, prix 10 fr. par jour) , pop. 3000 hab. , presque tous Grecs.
Le port protégé par une batterie rasante, de date récente, est formé par une crique naturelle un peu plus petite que celle de Sténia, et où débouche la petite vallée de Krio-Néro (eau fraîche).
C’est là que se trouvent le palais d’Angleterre et le palais clc France, résidences d’été des ambassadeurs. En face de Thérapia, de l’autre côté d’un golfe profond, s’élève :
Buyuk-Béré . dernière escale des bateaux à vapeur du Bosphore. (Départ pour Constantinople le matin à 8 h. et lusieurs fois dans la journée sans eure fixe. — Hôtel du Croissant. — Café-restaurant de la Montagne Verte.) Charmant village qui possède plusieurs
habitations élégantes, parmi lesquelles on remarque le palais d'été de l'ambassade de Russie. La promenade la plus fréquentée est la grande prairie avec le bouquet de platanes séculaires, dont le plus ancien est connu sous le nom de platane de Gockfroi de Bouillon.
Buyuk-Déré est la station la plus favorable pour le voyageur qui voudra bièp connaître le Bosphore et les environs 4e Constantinople : on emploiera une bonne journée à parcourir à cheval la belle forêt de iielsradr, à visiter les villages pittoresques de Belgrade etde Bagtché-Keiw, où se trouvent les principaux bassins (Vend) du vaste système d'étangs et d’aqueducs ui alimentent Constantinople. L’aaueuc principal a. été bâti par le sultan Mahmoud I" en 1732. Les aqueducs de Justinien et d’Andronic Comnène (du côté du village de Pyrgos et sur la route de Pacha-üéré ) ont été également utilisés. , .
De Buyuk-Déré jusqu’à la mer Noire, le Bosphore ne présente plus (Tiqtérossant que les forts de Téli-Tabia et de Roumili-Kavak, qui croisent leurs feux avec les forts de loucha et d’Anadouli-Kat'ik sur la rive opposée,, les petits forts, de Buyuk-Linian et de Karibtclui et enfin le Houmlllfener (fanal d’Europe), qui marque la limite du Bosphore et possède aussi des Batteries assez importantes; en face on aperçoit au-dessus des flots les Ilôts rocailleux appelés noriie« ejimecs , célèbres dans la faille des Argonautes. , » .
itlve •r.asle. —• De ce côté l’entrée du Bosphore est marquée par ;
Anndeull-Eénérl (le fanal d'Asie); on rencontre ensuite les forts de Poiras et de Ftl-Bournou. Au delà d’une baie dominée par une haute falaise à pic se dresse le promontoire île *iléron, qui porte à son sommet le Château génois rainé, et à son pied le fort moderne et le village de Anedoull- Hsvak; un peu plus loin, au pied du mont du Géant, on rencontre la batterie de loucha-ïabia et la petite échelle de Sudludjé , d’où l’on monte en 20 min. par un sentier bien tracé au sommet dn xnoat du céunt, en
turc loucha-Dagh (le mont de Josuél, la plus haute montagne des rives du Bosphore, élevée de 180 met. uu-des* sus de la mer. On y découvre un panorama magnifique. Un sentier qui descend du mont du Géant vers le S. O. nous ramène .au petit port de Umour-léri ou Kiradjüar, o(i l’on se rembarque pour suivre les rives du Bosphore. Après avoir doublé Selvé- Boumou on arrive au petit port dé iiounklttr iNkeU-i.il. où Ton voit un kiosque qui a été bâti et offert au sultan par Mébômet-Ali, pacha d’Egypte; on peut le visiter ainsi que les jardins moyennant un baghehich. Les environs présentent, de charmantes promenades.
Bejr-Hos, gros village turc, a donné .son nom au golfe le plus splendide .du Bosphore, au fond duquel on remarque le petit village et les beaux ombrages de Sultanièh.
IndJIrHoul, Tchlbouklu et Uanildji- présentent un aspect trèspittoresque et. n’ont d’intéressant que leur ravissante situation , leurs beaux jardins et leurs villas.
Anadoull-Hliiar (le château d’Asie), qui fait face à Roumili-Hissar, a été comme celui-ci bâti, par Mahomet Il ; il ne présente plus aujourd’hui que quatre tours en raines. A côté du village qui l’entoure s’ouvre la vallée du Gueule-Sou (ruisseau céleste), à l’embouchure duquel se trouve la prairie et le kiosque des ,
Eaiix-nowceM «U tile, charmante promenade fréquentée par les sultanes et la belle société turque.
Kwndlll est peut-être le plus beau et le mieux situé des villages du Bosphore; son nom lui vient de la lan- . terne qui couronne au-dessus du village la colline de Idjadièh, et d’où l’on jouit du panorama le plus complet tlu Bosphore. ... •
On voit ensuite:
Mouiléll avec une vaste caserne de cavalerie; - ■
Tchengcl - Kent ; Bejlerbey- Keui, gros village avec un grand palais en bois bâti par Mahmond II ;
■atavroi ; MouaKoundJouk ,
avec le port de Eukuz-Liman, dernier village avant Scutari.