DE SÉVILLE A CADIX
A. Pnr batranx à Thpenr.
Les bateaux à vapeur, Adriano , Teudnsio . Ravido , et d’autres venant accidentellement de Cadix, qui font le service du bas Guadalquivir, partent généralement tous les jours, selon le temps, de l’embarcadère situé au pied de la Tour del Oro. Les jours et les heures de départ sont affichés à l’avance dans les principaux établissements publics de Séville. On paye 60 réaux pour le voyage jusqu’à Cadix.
(Déjeuner à bord, à la carte, de 8 à 10 réaux.)
Le cours du Guadalquivir est très-sinueux. On rencontre d’abord sur la droite , et sur le penchant d’une colline, le joli v. de San Juan de Asnalfarache.
Plus loin s’étendent les maisons blanches, les métairies et les jardins d’orangers de Gelves, v. de 700 hab. ; et au delà, dans la plaine, la pet. V. de Caria, avec 3200 hab.
Puebla, v. de 1300 âmes, habité par des pêcheurs, et dont l’église un peu lourde est accompagnée d’un clocher isolé et carré.
A quelque disfance de Puebla, le Guadalquivir se partage pour former l’Üe de Hernandez, longue de 2 kil. , puis, au delà de cette lie , il se sépare en trois bras. Le bras principal est au milieu; celui de gauche se nomme Xarisma de Utrera , celui de droite Casas reales; l’île de droite est la Islamàyar, celle de gauche la Isla menor; celle-ci a 17 kil. de longueur et l’autre 40.
Le point de réunion des trois /bras du fleuve se nomme le Tablazo; à la hauteur de Cabezas de San Jüan, joli v. d’où est parti, en 1820, le signal de la révolution constitutionnelle suscitée par Riego. Le Guadalquivir prend ici de vastes proportions. En avant sont (les dunes de sables avec des pins clair-semés ; le fleuve les contourne pour atteindre 6on embouchure.
Presque au termedu cours du, fleuve, et au moment où les dunes de sable
laissent entrevoir l’Océan, on s’arrête à gauche au petit port de Bonanaa , v. tout moderne, avec un môle à l’extrémité duquel est placé le débarcadère.
A la suite de Bonanza, on rencontre sur la rive gauche San Lucar de Barrameda, avec 17000 hab.
A la pointe extrême formée par la rive gauche et par le rivage de l’Océan , qui descend à angle droit vers le S. E. , s’élève le fort de Ohipiona. Une barre un pèu moutonneuse marque la limite extrême du fleuve. On marche en vue des côtes semées d’habitations. Bientôt, on aperçoit au large une grande tour blanche, uq môle blanc, une masse de constructions blanches : c’est Cadix. La mer l’entoure, elle ne tient au continent qùe par une langue de terre. On jette l’ancre dans la baie en vue du port. On débarque à l’aide de bateaux qui accostent les flancs du navire, et pour lesquels on paye, d’aurès un tarif déterminé, affiché d’ailleurs dans le salon du bateau à vapeur, 2 réaux par voyageur , et 2 réaux par colis, prix variable selon l’état de la mer. v
On subit la visite de la douane en entrant en ville; mais le voyageur qui sait vivre peut facilement obtenir que cette visite soit rapide et peu rigoureuse.
* S. Par vole de fer.
La gare de départ est placée à l’entrée du champ de foire, hors de la porte de San Fernando.
En partant de Séville , la voie de fer suit la vallée du Guadalquivir en s’écartant'du fleuve, et traverse le Guadaira sur un pont en tôle de 36 mèt.
13 kil. Dos llermanas, V. de 3500 hab. , située dans la plaine, sur l’ancieune route de Séville à Jérès. La voie accompagne cette route jusqu’auprès de
17 kil. (36 kil.). Utrera, jolie V.
de 190Q0 hab., autrefois d’une grande importance. Les rues d’Utrera sont bçlles et larges, ses maisons généralement bien bâties. L’église principale, la Asuncion, qui date du xiv* siècle, est peu intéressante. La tour, construite au xvn* siècle, est très-élevée.
ROUTE Si 2 : DE SÉVILLE A CADIX.
La seconde église , Santiago, est trèsancienne.
On a projeté de relier titrera par une voie' de fer avec Moron, située à 28kil. plus à l’È, , ce qui permettrait l’exploitation de magnifiques carrières de marbre qui existent aux environs:
24 kil. (64 kil.) I.as Cabesas de San Juan. La petite ville de ce nom (3000 hab.) est à 3 kil. sur la gauche, sur un coteau en pain de sucre qui domine tout le pays. Eq quittant cette situation, la voie traverse sur un remblai peu élevé une longue étendue de marais. En sortant de ces marais, la voie rencontre deux lignes de coteaux qu’elle traverse en tranchée, à 12 mètres de profondeur, et arrive en vue de
18 kil. (72 kil.) Lébriia, jolie V. de 12000 hab., située sur les pentes d'un mamelon en pain de sucre que surmonte un vieux château ruiné. Les habitations sont presque toutes élégantes et proprement tenues. L’Église est en partie de style arabe, en partie d’un style plus moderne, et le retable qui a un certain mérite artistique, aétéexécuté, dit-on, parAlonso Çano.
Ou cite la tour de l’église de Lebrija, ui, par sa hauteur et par l’élégance e sa construction, ne le cède qu’à la Giralda de Séville.
4 kil. (76 kil.) Trebujena, jolie petite V. de 3000 hab. , -située à 5 kil.
de la voie une partie de ses maisons sont inhabitées ou ruinées.
28 kil. (104 kil.) «lerex do la Frontera, V de 33000 hab. Lavoie se relie, à 1 kil. au-dessous de cette ville, à l’ancien chemin de fer, le plus ancien qui ait été construit en Espagne, et qui conduit de Jerez au Trocadèro , d’où l'on traverse en bateau à vapeur la baie de Cadix.
Jerez est une jolie ville, riche autant par ses vins, qui ont rendu son nom célèbre, que par les autres produits du sol, qui sont importants.' On remarque parmi ses édifices un vieil Alcazar que surmontent deux tours d’un aspect assez pittoresque.
Les Casas municipales , qui datent de la fin du xvi* siècle, présentent une assez belle façade, décorée de sculptu res, d’allégories et de trophées mili-
taires. L’église collégiale possède un musée monétaire et une bibliothèque de 2200 volumes.
Jerez est entouré de propriétés considérables plantées en vignes et produisant ce vin célèbre qui se fabrique avec un soin particulier. On peut visiter les bâtiments d’exploitation et les caves immenses de MM. Domecq, Garwey, Pemartin, Lacoste et Capdepont.
A la sortie de Jerès, le chemin de fer emprunte, sur une étendue de 20 kil., l’ancienne voie du Trocadero; il s’engage dans une tranchée de 13 à 14 mèt. de profondeur, et .descend vers le littoral.
14 kil. (118 kjl.) Puerto de Santa Maria, jolie V. de 18000 hab. L’importance commerciale du Puerto de Santa Maria a précédé celle de Cadix.
Son église paroissiale, du style gothique .ancien, a quelque mérite.
L’une des cnoses qui contribuent le plus à la réputation de Puerto Santa Maria, ce sont ses courses de taureaux, qui sont au nombre des plus célèbres de l’Espagne et des plus appréciées par les habitants de l’Anda- Iousier Deux bateaux à vapeur font plusieurs voyages par jour entre le Puerto de Santa Maria et Cadix.
En quittant cette ville, la voie de fer longe la baie, et franchit le Guadalete à côté du joli pont suspendu sur lequel passe la route de terre qui va à Puerto üeal. Un peu plus loin, elle traverse la rivière île San Pedro.
10 kil. (Î28 kil.) Puerto Real, petite V. de 5000 hab., située au fond de la baie de Cadix, à 11 kil de cette ville par mer, à. V3 par la voie de terre. Le chemin de fer, dont la station est au N. O. de la ville, contourne La baie, passe au milieu de .marais salants, franchit l’un de ces canaux sur un pont en tôle de 8 mètres, puis traverse . sur un autre pont de 3 arches à poutres de tôle, le bras de mer du Santi Pétri. Ce bras de mer sépare complètement du continent l’ile de Léon, où se trouvent Cadix et San Fer-, nando.
Le chemin de fer rencontre à 9 kil. de Puerto Real l’important arsenal maritime de la Carraca. Ce bel éta-
ESPAGNE
blissement possède des bassins de carénage, des cales de construction, un grand nombre de magasins, une église, un parc d’artillerie, dès salles d’armes, des logements pour la troupe, pour les marins et pour le nombreux personnel administratif, un préside nommé las cuatrù Torres, et un collège de gardes-marine.
2 kil. (139 kil.) San Fernando, V.
de 17 500 hab. , place forte -, tout le pays qui l’entoure est coupé de canaux de marais salants. )
Cette ville possède sur une colline, à 500 mètres de ses murs, vers l’O., i m observatoire astronomique, le seul établissement de ce genre qui existât en Espagne avant celui de Madrid.
Il est organisé et monté comme les meilleurs établissements de l’Europe.
L’ile de Léon affecte la forme d’un triangle dont le canal Santi Pétri ferait l’un des côtés. C’est à l’angle opposé à ce côté que se rattache l’étroite langue de terre à l’extrémité de laquelle Cadix se trouve placé. Vers la moitié de son étendue, cette langue de terre, à 10 kil. de San Fernando, est complètement barrée par une fortification nommée la Cortadura. La voie de fer jette alors sur la baie, pour éviter ce fort, un remblai considérable élevé de deux mètres au-dessus du niveau des plus hautes mers, et revêtu de talus en maçonnerie sur une étendue de 1200 mèt. Au delà, elle rencontre le terrre-plein de la Punta de la raca, promontoire fortifié qui fait face au Trocadero , et pratique, à travers ce terre-plein, une tranchée de 6 à 7 mèt. de crête et de 1 kil. de longueur, dont les terres, mesurant près de 500000 mèt. cubes et apportées sous les murs de Cadix, ont conquis sur la mer un espace de plusieurs hectares pour former la gare d'arrivée.
14 kil. 1/2 (153 kil. 1/2.) Cadix (cadiz).
Hôtels : Fonda de Cadix, Fonda de Europa , fonda de las Cvatro Naciones. Lès prix, par jour, sont de 25 à ' 30 réaux. — Posions bourgeoises (casas de pupilos), en grand nombre, à prix très-modérés. «*— Bains : plaza de Mina, auprès des correos (poste aux lettres). — Bateaux a vapeur : Voir à
cet égard ce qui a été dit pour Barcelone ; les tnêmes lignes et lés mêmes compagnies desservent le port de Cadix; les unes comme escale sur le parcours général de Marseille ou de Barcelone en Angleterre ou en Allemagne, les autres comme point extrême de ledr parcours. Des services importants, communiquant avec l’Amérique, ont à Cadix leur point de départ, leurs bureaux et leurs magasins.
Cadix a 54000 hab. ,, c’est une place forte, chef-lieu d’une province et résidence des consuls de tous les Etats étrangers.
•C’est la ville la plus agréable de l’Andalousie, autant par l’élégance, la régularité et la beauté de ses habitations, parle bon état et la propreté de ses rues, par l’amabilité et l’esprit hospitalier de ses habitants que par la dôuceur du climat.
Cadix a cinq portes. La place serait parfaitement défendue par sa positiôn et par ses fortifications, si celles-ci n’èlaienf dans un pitoyable état.
C’est du haut d’une tour qui s’élève au centre de Cadix, et qu’on nomme Torre de Vigia ou de Tarira, qu’on peut le mieux apprécier la situation de Cadix et son aspect général. Les places sont jolies, plantées d’arbres, entourées de bancs; les principales sont la plaza pe San Antonio, la place de AbastOs, la place de Mina. Les Casas consistoriales occupent un assez bel édificd'sur la place d’Isabelle II, à côté de l’hospice et de l’église de Saint-Jeande-Dieu. L ’Alameda de Apodaca est une belle promenade occupant l’un des remparts au N. E. de la ville, èt dominant toute la rade, les côtes de Rota et du Puerto de Santa Maria.
La bienfaisance publique remplit dans Cadix un rôle important. Le plus important de ses établissements est sans contredit la casa de Misericordia, dans laquelle sont recueillis les orphelins et enfants abandonnés des deux sexes. , . .
On compte, parmi les etablissements d’instruction publique, plusieurs collèges, un séminaire, une Faculté de médecine dépendant de l’Université de Séville, une Académie des beaux-arts, des écoles gratuites d’en-