‹ Guide du voyageur en ItalieChapitre 138 sur 218 · CO · texte numérisé non relu

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avec des caractères étrusques sur sa hanche. — Un buste grec de Minerve , etc.

Deuxième case . Vénus avec ses attributs. — Une Vénus céleste. — Une Vénus triomphante. — Un Hermaphrodite. — Une Amazone. — Mars armé , etc.

Troisième case . Hercule, Bacchus et des Bacchantes. — Un Faune jouant de la flûte dorique. — Les Travaux d’Hereule représentés par une multitude de petites statues. — Un Génie donnant de l’ambroisie à Bacchus.

Quatrième case . La Victoire, la Fortune , des Génies , des Divinités égyptiennes , parmi lesquelles un beau Sérapis , et Isis couronnée avec un disque , tenant Horus sur ses genoux. ,

Cinquième case . Divinités étrusques, très-belle collection.

Sixième case . Portraits d’hommes et de femmes ; fragments de statues exécutées de la manière la plus belle , et un petit squelette.

Septième case . Animaux de plusieurs espèces qui ont servi pour des sacrifices et des offrandes; symboles et insignes militaires; un hippogriffe, une chimère, un taureau avec tête d’homme ; une aigle romaine qui a appartenu à la vingtquatrième légion; et une main ouverte, appelée par les Romains Manipulus .

Huitième case . Instruments pour les sacrifices , autels et trépieds , un sistre curieux, une couronne murale, etc.

Neuvième case. Candélabres et lampes.

Dixième case. Casques , éperons , mors , etc. , pour les chevaux; anneaux, bracelets, boucles d’oreilles, tous en or; miroirs de métal blanc , et aiguilles faites avec des poils.

Onzième case. Anciennes inscriptions gravées sur bronze. — Un manuscrit sur cire presque entièremeut effacé. — Poids romains et balances , etc.

Douzième et treizième cases. Ustensiles de cuisine. — Un disque en argent, sur lequel est représenté Flavius Ardaburius, qui fut consul de Rome en 312.

Quatorzième case. Serrures , clefs , et quelques monuments des chrétiens primitifs, parmi lesquels est une lampe

en forme de bateau, avec une figure de saint Pierre à la poupe.

Milieu du cabinet . La tête d’un cheval. Un orateur, avec des caractères étrusques gravés sur sa robe. Cette belle statue a été trouvée près du lac de Pérouse. — Une Chimère, avec des caractères étrusques gravés sur une des jambes; elle a été trouvée près d’Arezzo. — Une statue étrusque représentant un Génie , ou peut-être un Bacchus, trouvée à Pesaro, — Une Minerve endommagée par le feu , mais très-belle; sur le casque est un dragon , symbole de la vigilance et de la prudence. Cette statue a été trouvée près d’Arrezzo , et l'un des bras a été restauré. Derrière la Chimère est un torse , et devant elle un trépied que l’on suppose avoir appartenu à un temple d’Apollon. Ce cabinet contient aussi quatre bustes trouvés dans la mer, près de Livourne; ils paraissent être de sculpture grecque, et l'un d’eux ressemble à Homère.

Salle de Niobé. A l’extrémité supérieure de ce magnifique appartement, est le célèbre groupe de Niobé et de son plus jeune enfant, que l'on suppose avoir été fait par Scopas , et qui est généralement considéré comme l'effort le plus intéressant du ciseau grec dont l'Italie puisse se vanter ; il n'est cependant pas dans son intégrité , car l'une des mains de la mère et l’un des pieds de l'enfant ont été restaurés. A l’entour de l’appartement sont des statues des autres enfants de Niobé , qui semblent être l’ouvrage de divers artistes. La fille, qui vient immédiatement après Niobé , sur la gauche , est une statue admirablement exécutée ; la statue opposée a beaucoup de mérite; le fils mort est admirable ; mais, en considérant la fable, il paraît extraordinaire que le sculpteur l'ait placé sur un coussin. Deux filles de chaque côté de Pædagogus , et la troisième statue, à gauche de la porte d’entrée , ont beaucoup de mérite. Il est extrêmement à regretter que ces chefs-d’œuvre de l'art ne soient pas disposés de manière à s'accorder avec le sujet.

La seconde statue à gauche de la porte d’entrée est une Psyché , et n’a rien à faire avec le sujet tragique de Niobé : elle n'a été admise ici uniquement que pour orner l'appartement, ainsi que l'a été la statue d’un adolescent agenouillé «ten apparence blessé. —11 y a dans cette salle une Chasse

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de Snyden », deux Rubens , Bataille d’Ivry et Entrée de Henri IV à Paris , et trois tableaux de Hunthorst, un Souper de nuit, une Bohémienne disant la bonne aventure, qui sont admirables !

Salle du BAïuioccio.On y trouve les peintures suivantes: portrait d’une princesse qui ressemble à Marie, reine d’Écosse, par Van-Dyck. — Une Bohémienne disant la bonne aventure à une jeune femme, et l’Adoration de l’Enfant Jésus , tous deux par Gherardo délie JYotti . — Une Bacchante, par Rubens . — Un épisode tiré de l’Arioste, par Guido . — Un homme avec un singe , par Annibal Carrache . — La Vierge, notre Sauveur, saint Jean, etc., par Fra Bartholo meo délia Portai — Un portrait de Laurent de Médicis, duc de Nemours, par Alessandro Allori . — La Dispute dans le temple, par M.-A. Caravage. — Mars armé, par Guer cino. — Sainte Marie-Madeleine, par Carlo Dolci! — La Vierge priant Notre-Seigneur de bénir les charitables, appelée la Madonna del popolo, par Baroccio ! — Un portrait du sculpteur Francavilla, par Porbus. — Une Vierge, par Sassoferato. — Une tête de saint Pierre en pleurs , par Lan franc . — Le Martyre de saint Etienne, par Cigoli ! — Saint Clovis, des Cordeliers , par Carlo Dolci . — Elisabeth, duchesse de Mantone, par Andrea Mantegna . — L’Enfant Jésus avec des anges , par Albano . — Et la Vierge, Notre- Seigneur, etc. , que l’on suppose avoir été dessiné par Léonard de Vinci, et peint par Bernardino Luini.

Cabinet des inscriptions grecques et latines , des monuments égyptiens , etc. Ici l’on voit deux divinités égyptiennes en basalte. — Des monuments sépulcraux. — Brutus !! par Buonarotti , seulement commencé, et au-dessus le premier ouvrage de cet artiste (une tête de satyre) , exécuté quand il n’avait encore que quinze ans , et qui lui valut l’entrée à l’Académie platonique. — Des bustes d’Euripide , — de Démosthènes , — d’Aratus , — de Pythagore, — de Sapho ,

— d’Alcibiade , — de Sophocle , — d’Aristophane , — de Platon , — d’Homère , de Sénèque , — d’Ovide , — de Solon,

— d’Anacréon, — d’Hippocrate, etc.

Cabinet renfermant des portraits de peintres, en majeure partie faits par eux- mêmes. Au centre de cet appartement

est le célèbre vase de la villa Médicis , orné de bas-reliefs représentant le sacrifice d'Iphigénie! Le plafond a été peint par Pietro Dandini ; sur les murs à l'entour sont les portraits de Raphaël , Léonard de Vinci, Buonarotti , Titien , la famille des Carrache, Dominichino, Albano, Guercino, Guido, Van-Dick , Velasquez, Rembrandt, Charles Le Brun, Vander Werf jeune, tous faits par les peintres dont ils offrent les traits ; celui de Léonard de Vinci est surtout remarquable : on en compte près de 400. L'appartement qui communique avec celui-ci contient aussi des portraits de peintres. Le plafond a été peint par Binbacci , et au centre de l'appartement est une table magnifique en mosaïque florentine (t). Sur les murs, à l'entour, sont les portraits de Mengs, Batoni, Reynolds, Angélique Kaufmann, et madame Le Brun ; il y a encore un buste en marbre de madame Damers, fait par ellemême.

Cabinet contenant des 'peintures de V école vénitienne , deux salies. Portrait d'un homme avec la main placée sur un crâne , par Titien.— Portrait de Sansovino, par le même. — Portrait d’un vieillard, par Monroé. — Notre Sauveur mort, par Giovanni Bellino.— Une figure habillée â l’espagnole, par Monroë. — La Vierge, notre Sauveur, saint Jean , etc., par Titien . — Vénus avec sa suite et Adonis mort, par Bonvicino. — Portraits de François , duc d'Urbin, et delà duchesse, par Titien. — Quatre têtes, par Paul Vèronèse , Paris B or donc, Tiberio . Tinelli et Campa g nota. — Deux chiens, par Bassano. — Portrait de Giovanni de Médici, père de Corne Ie*, par Titien. — Les Noces de Cana en Galilée, par Tintoretto . — Portrait d’un homme vêtu de noir, avec des cheveux rouges , par Bordone. — La Vierge , notre Sauveur, et sainte Catherine qui lui offre une pomme-grenade , par Titien, et le portrait d’une femme avec des fleurs, ordinairement appelé la Flora , par le même maître. — La Crucifixion, par Paul

(i) La mosaïque de Florence, appelée oj)era di commesso , consiste en brillants de gemme et en petits morceaux du plus beau marbre , placés de manière à imiter des fleurs, des insectes et des peintures de toute espèce.

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Vèronèse . — Portrait de Sansovino dans sa vieillesse, par Tintoretto. — Portrait d’un chevalier de Malte, par Gior gione. — Portrait d’un géomètre, par Palma Vecchio .

Corridor de la sculpture moderne , près de l’école vénitienne. On y admire des reliefs de Luc de la Robbia , étonnants de vérité, du Donatello , de Ro sel lino , une madone de Michel-Ange.

Cabinet des pierres précieuses , etc. Cet appartement est orné de belles colonnes d’albâtre oriental et de vert antique; il contient une collection très-précieuse de médailles , de pierres fines , etc., avec une table de mosaïque de Florence, qui a été exécutée dans l’enfance de cette espèce de travail, et qui représente l’ancien port de Livourne.

Cabinet contenant des peintures de V école française . Les plafonds de cet appartement et de ceux qui y commu- * niquent ont été peints par l’école de Poccetti . Peintures sur les murs : Thésée soulevant la pierre énorme sous laquelle son père avait caché l’épée qu’il devait porter à Athènes, par N. Poussin . — Vénus et Adonis, par le même maître.

Cabinet contenant des peintures de V école flamande. Buste d’un homme couvert de fourrures, avec un bonnet sur la tète, par Denner . — Un paysage, par Paul Brill .

— Un autre, par Claude Lorrain . — L’intérieur d’une église, par Pater lVe/f;—el l’intérieur d’une prison, où l’on a représenté la mort de Sénèque , également par Peter Neff.

Cabinet contenant des peintures de V école hollandaise. Un maître d’école apprenant à lire à un enfant, par Gérard Dow. — Neuf tableaux par Francis Miéris , savoir : un charlatan faisant des tours; — un vieux amoureux avec sa maîtresse ; — un homme assis à table avec une bouteille de bière, et près de lui une femme et un homme endormis ; — le portrait du tils de Miéris ; — son propre portrait; — le même dans une autre attitude; — une femme endormie et deux autres figures; — la famille du peintre, — et un paysan coupant du pain , tandis que sa femme boit de la bière. — Le Jugement de Salomon, par Vander-JVerf , et le Sameur dans la crèche, par le même artiste.

Cabinet contenant des peintures de V école italienne . La

ROUTE 78.— DK BOLOGNE A FLORENCE. 47 l

tète de Méduse, par M.-si. Caravage. — Le buste de la Vierge pressant Notre-Seigneur sur son sein, par Carlo Cignani. — L'Enlèvement d'Europe, par Albano.— Le Massacre des Innocents, par Dosso-Dossi, — La Vierge, le Seigneur et saint Jean , avec Joseph dans le fond , par Schidone. — La Vierge, le Sauveur et saint Jean, par Vasari . — Le même sujet, par Guido. — La fracture du pain, par Palma Vecchio . — Un paysage, par Salvator Rosa , et une Annonciation, par Garofalo .

La Tribune. — On a choisi cet endroit de préférence pour y réunir les objets les plus précieux de la galerie, à cause de la hauteur de la pièce, qui s'élève en forme de coupole, et de la disposition des jours que donnent des fenêtres par le moyen des rideaux, autant qu'il en faut pour voir chaque morceau. Cette salle est de forme octogone, ayant environ 7 mètres de diamètre, bâtie suivant le dessin de Bernard Buon talent i ; le dôme a été orné en nacre de perles par Poccetti. Le pavé de marbre est d'un grand prix, mais d'un goût qui n'est pas analogue à cet endroit.

La Vénus de Médicis mériterait que pour elle seule on vint voir Florence , comme jadis on n’allait au temple de Gnide que pour y admirer la Vénus de Praxitèle.

Cette belle ligure a été sculptée par Gléomène , fils d’Apollodore d’Athènes.

La hauteur de la Vénus est de 1 m. 60 c. mesure de Paris, et d’Angleterre , 4 pieds 11 pouces 4 lignes; mesure de Florence , 2 bras 1 1 sous 8 deniers. La plinthe n’est pas comprise dans cette mesure.

Le petit Apollon, connu sous le nom d 'Apollino. Mengs (t. 11, pag. 47) dit que celui du Belvédère offre l’idée du style sublime, et que celui de Florence, de même que la Vénus (dont il est voisin), donne l’idée du beau et du gracieux. Ce qui lui ressemble le plus, c'est le petit Apollon en [bronze d’Albani, qui est de Praxitèle, ou du sculpteur des Grâces. Celui-ci est peut-être le modèle le plus accompli du style gracieux : sa hauteur est de 1 mètre 40 centimètres , mesure de Paris, et d’Angleterre, 4 pieds 6 pouces ; mesure de Florence , 2 bras et 7 sous; le tout sans la plinthe.

Le Rotateur, le Rémouleur ( VArrotino ), ou l’Espion ,

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sont les noms sous lesquels a été connue cette statue célèbre, qui fut trouvée à Rome dans le 1G« siècle. Il tient de la main droite un couteau posé sur une pierre , et appuyé par deux doigts de la main gauche. Il est entièrement nu , dans une attitude gênée, le corps un peu penché en avant, parce qu’il a son point d’appui sur la main gauche. On a prétendu lui trouver un air occupé de tout autre chose que du soin d’aiguiser son couteau. Effectivement il a la tête tournée, et ne regarde ni la pierre ni le couteau : son air d’attention ne marque point de finesse, ei tous les traits indiquent un esprit épais ; la tète est traitée de la meilleure manière , et on peut la regarder comme le plus grand monument pour l’expression ; la chevelure est courte, négligée et rude, mais faite avec la vérité de la nature même.

Les Lutteurs [la Lotta), groupe fameux , pensé avec un génie supérienr ; bien des amateurs le mettent au-dessus de beaucoup de statues du premier ordre ; on y voit surtout la force, la tension des muscles, le gonflement des veines, comme dans le Laocoon. La tête du vaincu est antique; pour l’autre, les sentiments des connaisseurs sont partagés ; elle paraît au moins retouchée.

Le Faune, pièce du meilleur siècle de la sculpture antique. Il est entièrement nu ; tous les membres sont de l’harmonie la plus belle et la plus animée , et savamment contrastés : l’opinion commune l’attribue à Praxitèle. La tête et les bras ont été restaurés par Michel- Ange ; mais c’est avec tant de goût , le style en est si semblable , qu’il semble impossible que toute la statue ne soit pas du même artiste. Maffei l'estime comme une des plus belles statues de l’antiquité.

Tableaux.

Les peintures de la tribune sont presque toutes d’une sublimité qui les rend dignes d'être placées près des chefsd’œuvre de la sculpture.

Albert Durer . Une Epiphanie, avec des têtes d’une grandeur de style étonnante.

Dominique de Pâris Alfani , écolier de Perugino. La

Sainte Vierge assise avec l’Enfant Jésus entre ses bras; Ste Elisabeth lui présente saint Jean enfant.

Du Guerchin, que l’on a appelé le magicien de la peinture italienne. Un Endymion endormi.

Michel- Ange . La Vierge à genoux qui donne, par-dessus son épaule, l’Enfant Jésus à saint Joseph ; on voit dans le lointain des figures nues qui semblent sortir du bain. Ce tableau est rond , et fut fait pour un gentilhomme florentin ( Agnolo Dont).

Dominiquin . Le portrait du cardinal Agucchia , plus que demi-figure : la tête a une expression surprenante.

De Titien . Deux Vénus. Celle qu’on appelle improprement la femme du Titien est peinte nue , un peu plus grande que naturç, avec un Amour derrière elle. Le pinceau en est vigoureux, et la manière dont elle est dessinée a plus de ce qu’on appelle beau idéal, mais moins de vérité et de finesse que l’on en trouve dans la seconde.

L’autre Vénus est placée presque vis-à-vis do celle-ci , et est regardée par Algarotli comme la rivale de la Vénus de Médicis ; on la met au nombre des ouvrages les plus remarquables de la plus belle manière de Titien. On prétend que c’est le portrait de la maîtresse d’un des Médicis , ou d’un duc d’Urbin. La figure est éclairée. Elle représente une jeune personne nue qui tient des fleurs de la main droite. Son regard est voluptueux ; l’air de la tête, les mains, la carnation, sont d’une pureté de dessin, d’une beauté de pinceau inexprimables.

Au-dessous de ce tableau il y a un magnifique portrait du prélat Beccadelli , Bolonais , avec un bref de Jules III dans les mains, peint parle même Titien , en 1651, avec une vigueur et une fraîcheur de coloris admirables.

Le Parmesan vient à la suite de Corrège par son style gracieux; mais, en voulant le surpasser, il est devenu quelquefois maniéré et mignard. Il y a ici une Sainte Famille, avec la Madeleine et le prophète Isaïe vu de profil.

Le Mantegne . Trois tableaux : la Circoncision , l’Adoration des Rois, et la Résurrection, en petites figures travaillées avec une grande correction de dessin et une patience extrême. La gravure a été inventée de son temps , il a été des premiers qui l’aient pratiquée.

GU1DU fciS ITAME.

André del Sarto. Son nom était André yanuccki; il fut écolier de Pierre de Cosimo . Notre-Dame sur un piédestal , St François et St Jean l’Evangéliste debout. Cet ouvrage est placé par les connaisseurs parmi les plus beaux tableaux de ce grand peintre : la couleur en est vigoureuse ; l’harmonie de la composition répond parfaitement à l’harmonie de la couleur, à la légèreté du pinceau, et à la grâce dont sont particulièrement animées les têtes de l’Enfant Jésus et de la Vierge.

De Guide . Une Vierge en contemplation ; demi-figure.

Daniel de Volterre . Le Massacre des Innocents : ce tableau fut acheté par le grand-duc Pierre Léopold en 1782. Il y a plus de 70 Ogures.

Du Guerchin. La Sibylle Samie. Cet ouvrage est infiniment supérieur au précédent tableau , représentant Endymion. Le clair-obscur de Guerchin donne un si grand relief à ses ouvrages, que l’on croirait saisir les corps qu’il représente.

Paul Véronése (au-dessus de la porte). Notre-Dame avec l’Enfant Jésus sur ses genoux : St Jean est dans l’attitude de lui baiser le pied ; on voit St Joseph à gauche , et à droite Ste Catherine avec une branche de palmier, à mi-corps : ouvrage du premier ordre.

Annibal Carache (à côté du précédent). Une Bacchante vue par le dos ; le dieu Pan lui présente des fruits sur une coupe; d’autres petits Satyres qui badinent, et un Amour derrière elle. La figure est de grandeur naturelle, nue jusqu’aux genoux. Ce tableau est admirablement peint.

Lanfranc. Saint Pierre auprès de la croix; demi-figure pleine d’expression, de repentir et d’amour.

Joseph Ribera , surnommé l’ Espagnoletlo. Saint Jérôme tourné vers une trompette qui paraît dans les airs, se frappant la poitrine , et tenant un crucifix de la main droite.

Pierre Vannucci , nommé Pierre Pérugin. Notre-Dame avec l’Enfant Jésus sur ses genoux : saint Jean-Baptiste debout d’un côté, saint Sébastien de l’autre.

Raphaël. De sa première manière il y a, à côté du tableau de Dominiquin, le portrait de Madeleine Boni , dame floren-

RotifH 78. —DE BOLOGNE A FLORENCE. 476

tine, demi-figure, assise, avec des bagues aux doigts, et une croix attachée au cou avec un ruban.

La Vierge tenant un livre ouvert de la main gauche , et l’Enfant Jésus se tournant vers saint Jean-Baptiste qui a un chardonneret dans les mains.

L’autre Ste Famille est un tableau plus étudié, plus vif, mais, sous quelques rapports, moins gracieux que le précédent. La Vierge y est assise; l’Enfant Jésus l’embrasse, et saint Jean-Baptiste est aux pieds de l’Enfant. Tous les deux sont sur bois, et ont pour fond des paysages; dans le dernier, la plus belle partie consiste dans les têtes , où l’on voit, surtout dans le saint Jean et dans l’Enfant Jésus, toute la finesse, l’expression, la grâce et la vérité que l’on peut souhaiter en pareil sujet.

Le quatrième tableau est un tableau célèbre de la troisième manière, peint sur toile, qui représente saint Jean dans le désert, assis et vu de face : le coloris en est beaucoup plus parfait. Ce tableau et les deux suivants du même Raphaël, c'est-à-dire le portrait du pape Jules II de la Rovère, et de la Fornarina, femme célèbre par l’attachement que Raphaël eut pour elle, sont trois chefsd’œuvre.

Van-Dyck . Un superbe portrait qu’on dit être de Jean de Montfort. A quelque distance, un autre tableau magnifique de Van-Dyck : c’est le portrait de Charles V à cheval , armé de tout point; un aigle tient du bec une couronne de laurier. La couleur en est belle, l’attitude très-animée.

Clovis Carache (au-dessus de la porte). Eliézer, économe d’Àbraliam, chargé par lui d’aller en Mésopotamie pour choisir une femme pour son fils Isaac.

De Baroche. Le duc François 1er d’Urbin, armé de toutes pièces; ouvrage achevé.

Fra Bartolommeo délia Porta. Les prophètes Job et Isaïe; le second est surtout d’une grande beauté, quoiqu'il n’égale pas le saint Marc qui est au palais Pitti, et qui est, parmi les figures du Fratef ce que Moïse de Rome est parmi les statues de Michel-Ange.

Du Corrège. Il y a ici quatre tableaux de ce grand artiste , savoir : f. la Vierge adorant l’Enfant Jésus, qui est

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couché devant elle : la draperie qui couvre le corps de la Vierge est singulièrement jetée ; une partie lui sert de coiffure, et descend de là jusqu'à terre. C’est sur le bout de cette draperie que l'Enfant est couché , de sorte que la Vierge ne peut faire le moindre mouvement sans renverser l’Enfant. Ce tableau est d’une fraîcheur admirable. 2. La sainte Vierge en Egypte , habillée de blanc , l’Enfant Jésus entre scs bras ; tableau excellent pour la couleur. 3. La tête coupée de St Jean dans un bassin. 4. Une tête d’un enfant presque colossale: c’est une étude peinte sur papier.

Léonard de Vinci . Hérodiade et sa servante recevant la tète de saint Jean-Baptise de la main du bourreau qui la lui a coupée; demi-figures. Les têtes, surtout celle d’Hérodiade et celle du bourreau, sont d’une expression inconcevable. La finesse de la touche, l’amour avec lequel tout est soigné , ont acquis à ce tableau une grande réputation. Avec tous ces mérites, et quoique les têtes, surtout celle d'Hérodiade, soient tout à fait dans le style de Léonard, il y a des connaisseurs qui en attribuent l’exécution à Bernardino Luini.

Jules Romain . Notre-Dame avec son fils.

Luc de Hollande. Christ couronné d’épines , plus que demi-figure.

Du Schidone. La sainte Vierge et l’Enfant Jésus , et saint Joseph derrière eux; saint Jean debout et deux anges.

Pierre-Paul Rubens (au-dessus de la porte). Hercule entre le Vice et la Vertu (personuifiés par Vénus et Minerve), sujet allégorique.

Ce tableau est parfaitement bien composé, et groupé avec ce génie poétique qui était si familier à Rubens ; il y a un bel effet de lumière , une belle couleur , et beaucoup d’harmonie.

Cabinet contenant des peintures de l’école toscane . Jésus dormant sur sa croix, par Cristopliano Allori . — La tête de Méduse, avec les cheveux changés en serpents, par I.éonard de Vinci . — Notre Sauveur mort dans les bras de la Vierge, par Angelo Allori. — Notre Sauveur, les Apôtres, les Marie , etc. , par Carlo Dolci. — Un Ange jouant de la guitare, par Rosso. — Un petit portrait du Dante. — Idem

de Pétrarque. — Portrait d’Andrea dei Sarto, par luimême. — Un Enfant tenant un oiseau , par Angelo Allori.

— Une esquisse , par Léonard de Vinci .

Deuxième cabinet de l'école toscane. La Visitation de sainte Élisabeth , par Mariotto Albertinelli . — Un Miracle de saint Zenobio , évêque de Florence , par Jtidolpho Ghirlandajo . — Le corps du saint porté à la cathédrale, par le même. — La Vierge, notre Sauveur, saint Zenobio et autres saints , par Domenico Ghirlandajo.

Cabinet de V Hermaphrodite. Un buste colossal de Junon,

— Une tète colossale de Neptune. — Un Hermaphrodite , sculpture grecque, et un Satyre de sculpture moderne. — Un groupe de deux enfants qui jouent. — Un buste de Cicéron. — Un buste de Marcus-Antonius , très-remarquable.

— Ganymède , restauré par Cellini . — Une statue appelée Genio délia morte. — Un groupe de l’Amour et Psyché , trouvé sur le mont Celius à Rome. — - Un buste d’Antinoüs.

— Un Hercule enfant. — Un buste colossal de Jupiter. — Un buste de Bérénice, femme de Titus, et reine d’une partie de la Judée. — Un buste d’Alexandre le Grand. — Un Amour endormi. — Une statue d’Hermaphrodite couchée.

Palais Pitti. — Ce palais n’a point de galerie'fcproprement dite; les 497 tableaux qu’il renferme (dont le catalogue suit) sont répartis dans 14 salons faisant partie de l’habitation du grand-duc, qui veut bien les ouvrir tous les jours au public. A droite en entrant au palais, est le grand escalier par où on monte à tous les quartiers de ce vaste édifice. Après en avoir monté les quatre premières rampes , on trouve un vestibule orné de statues. La première à main droite est une Vénus antique; la seconde, un Hercule restauré en plusieurs endroits; la troisième , un autre Hercule également antique, tous deux provenant de la Villa Medicis de Rome ; la quatrième, une statue allégorique de la Dissimulation, sculptée par François Susini . Vis-à-vis de l’escalier est un second vestibule contigu au premier, et où l’on voit : 1. un Faune antique restauré; 2. un Bacchus, ouvrage médiocre, de Baccio Bandinelli -, 3. un Mercure qui tue Argus , sculpté par Francavilla ; 4. un autre Faune presque semblable au premier.

MJIDK EN ITALIE.

On passe de là dans une salle nommée il Salotto délia Guardia , parce qu’elle est occupée par les gardes du corps à l’occasion des fonctions publiques ou d’étiquette qui se font dans le salon contigu. On y remarque les statues suivantes, qui y furent placées en 1791 : 1. un Mercure antique; 2. un Faune antique avec un petit Satyre ; 3. un autre Faune presque semblable ; 4. un Mercure antique ; 5. Hygie avec le serpent d’Esculape, dont la tête olïre des restaurations modernes; G. Pallas antique avec la tête moderne; 7. un Gladiateur antique restauré en plusieurs endroits; 8. un autre Gladiateur semblable au précédent , mais mieux conservé et dont la tête est antique ; 9. un Esculape antique d’un caractère singulier et assez estimé; 10. une Vénus antique. Les portes de cette salle sont surmontées de quatre bustes des souverains de la Toscane : 1. Pierre-Léopold, de Spinazzi ; 2. Ferdinand III, de Joseph Belli ; 3. Corne I, en bronze; 4. Ferdinand II, en marbre.

De la salle des Gardes on passe dans la salle dite delle Nie chie à cause des niches pratiquées dans le mur, où sont placées six statues antiques d’un beau travail : 1. Vénus, qui est la moins parfaite; 2. statue inconnue; 3. Flore; 4. Vénus céleste; 5. une Muse; 6* Apollon Musagète. On y voit aussi 12 bustes antiques d’empereurs romains, d’un très-grand mérite : 1. Antonio; 2. Puppienus; 3. copie moderne d'une antique statue inconnue; 4. Lucius Verus , dont la tête seule est antique et fort estimée ; 5. un buste antique inconnu ; G. Marc-Aurèle, dont le buste est moderne ; 7. tête de Commode; 8. Luciïe; 9. tête inconnue sur un buste moderne; 10. Gallien ; 11. figure inconnue; 12. supposée Antonin. Les décorations peintes à fresque sont de Terreni et Castagnoli , et consistent en quadratures et ornements.

Du salon delle Nicchie , qui divise le premier étage en deux parties, où sont les appartements nobles de la cour, on passe h main gauche dans la pièce nommée délia Guardia , où Luca Giordano a peint sur toile le tableau qui occupe renfoncement de la voûte.

Dans la chambre dite dei Ciambellani * à côté de la précédente, le même peintre a fait les ornements ajoutés à la peinture du plafond , qui est de Paul Sarti.

Vient ensuite un magnifique appartement qui est a l’usage (le la cour, laquelle y tieut société sous le nom d * appariementi , cercles. Dans la chambre intérieure de ce quartier est un très-bel ornement de stucs dorés ; travail exécuté, quant au dessin, par M. le comte Digny Cambray, et, pour ce qui est de la dorure, par M. Bianchi, doreur. Au bout de ce majestueux appartement est un cabinet rond , élégamment orné de stucs dorés et de peintures par G/ierardini , au milieu duquel est placée la Vénus de Canova , qui naguère décorait la tribune de la galerie de Florence , lorsque la Vénus de Médicis était encore dans la possession des Français. Parmi les meubles précieux et élégants de cet appartement, on admire la superbe vaisselle en porcelaine de différentes fabriques, et surtout celle de France, embellie d’excellentes miniatures. En hiver on étend sur les parquets de riches tapis fabriqués à Florence par ordre du grand-duc Pietro Lcopoldo.

Salon de Vénus. — On voit au centre de la voûte de cette première pièce do l’appartement, Minerve enlevant à Vénus un jeune garçon, emblème de Corne 1er ; elle le conduit à Hercule : signifiant la raison qui détourne la jeunesse de l’incontinence, et la dirige vers l’activité et la vertu, représentées . par Hercule.

Dans les huit lunettes qui sont sous ta voûte on a représenté en peinture les illustres personnages suivants : Crispus, Antiochus, Alexandre, Seleucus, Masinissa, Scipion , Cyrus et Auguste.

tre paroi. l.Luca Cranak , c’est le nom du peintre. Êve est le sujet du tableau.

2. Salvator Posa. Figure allégorique du Mensonge tenant en main un masque.

3. Tintoretto, L’Amour né de Vénus et de Vulcain , et dans le lointain Mars.

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