ROUTE LXXX
de FLORENCE a LIVOURNE.
La Lastra , L’Ambrogiana , La Scala,
Castel del Bosco ,
lp.
Fornacettc,
Pise,
Livourne ,
i Vf *>
De Pise à Livourne , chemin de fer , cinq départs par jour.— Trajet, % heure. Prix: 3 pauls, 2 pauls, et 1 paul (1).
En sortant de Florence, on voit sur une hauteur, à gauche de la. route, l’église elle monastère jadis des O liv étains , nommé Monte-Oliveto. La route continue le long de la plaine sur le bord de l’Arno jusqu’à Pise , au milieu de riches campagnes et de collines fertiles.
A cinq milles à peu près de distance, et pareillement à gauche, on voit Castel Pucci , et deux milles plus loin, vers i’Arno, l’abbaye du Saint-Sauveur à Settimo , où l’on voit de beaux tableaux : c’est là que saint Pierre Igné soutint l’épreuve du feu.
(i) Prix des chevaux de poste en Toscane : «o pauls pour a chevaux de trait par poste , excepté au sortir de Florence , où le prix de chaque cheval est de 6 pauls; un troisième cheval , \ pauls; un cheval de selle. k pauls; pour le postillon , s pauls; au valet d’écurie, à chaque poste, 172 paul; pour une calèche, z pauls; pour une voiture à \ places, c pauls.
Madame Mariana Starkc.
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Sur les deux coteaux de Signa , on voit une continuation de maisons de plaisance magnifiques. Celle des Pucci, dite Bellosguardo , jouit d’une vue superbe sur la campagne. A Signa on passe l’Arno, et l’on entre dans la route de Pisto ja. Les habitants de ce pays, et surtout les femmes, travaillent dans la perfection les chapeaux de paille.
A Montelupo , et dans les autres villages qu’on trouve le long de la route, on voit des fabriques de vases de terre cuite. On y fait des urnes de différentes formes, avec des ornements en relief, pour servir à la décoration des jardins. A 1* Ambr o gianat on voit du côté de l’Arno une maison royale.
Empoli est un bourg riche et peuplé, où Pon trouve tout ce qu’on peut souhaiter dans une ville. Il est situé au milieu d’une plaine fertile; ses habitants sont industrieux. Il y a différentes fabriques de faïence, et une fabrique très-renommée de chapeaux à poil. Un peu plus loin, et précisément à l’Osteria Bianca , en tournant à gauche , on trouve la route de traverse romaine qui côtoie la rivière d’Eisa et conduit à Sienne par Poggibonzi .
Près de la poste de la Scala, on voit à gauche , à peu de distance, San-Miniato-Tedesco , ville médiocrement peuplée. Au delà de l’Arno , on voit les marais de Fucecchio, et les bourgs de Fucecchio , de Sainte- Croix et de Castel franco dessous, sur une route qui côtoie la rivière et conduit également à Pise.
A Saint- Romain on voit l’église et le couvent supprimé des Mineurs Observantins de Saint-François; un peu plus loin, du côté de i'Arno, est la campagne Gazzezi , jadis Capponi; de l'autre côté, Je château de Monopoli , ancienne frontière des Florentins, vis-à-vis de celui de Marti , ancienne frontière des Pisans.
Pon tadera est un village bien peuplé, riche par son commerce et par l’industrie de ses habitants.
De Fornacelte , en quittant la route de Pise , on va directement à Livourne par le chemin d’Arnaceio ; mais il n’est praticable que pendant Pété.
Cascina est une ville ancienne, entourée de murailles , mais peu peuplée.
Pise [hôtels : les Trois-Donzelles , Vittoria , l’Ussaro ( Hussard) est dans une position très* favorable. Ses édiüces, construits dans le temps le plus brillant de la république, sont de la plus grande beauté ; il n'y a guère de villes en Italie où Ton ait rassemblé une si grande quantité de marbres étrangers. Pendant leurs courses de mer, les Pisans eurent occasion de se procurer ce que les ruines de la Grèce offraient de plus précieux dans ce genre.
Édifices. — L ’Arno, qui divise la ville en deux parties égales, baigne les quais magnifiques qui régnent dans toute sa longueur. Ces quais sont décorés d’édifices de la plus belle architecture. Les rues sont larges, droites et pavées de grandes dalles; mais elles paraissent désertes, et leur magnificence même afflige IHbîI du voyageur, habitué à voir une grande population là où l’architecture étale scs prestiges. Trois grands ponts servent de communication aux deux parties de la ville séparées par le fleuve , et forment avec les quais, auxquels ils se joignent, la perspective la plus agréable. Celui du milieu est en marbre , et le plus beau de tous; c’est sur ce pont que4ous les ans , au mois de juin , des jeunes gens , pris de l’une et de l’autre partie de la ville, se livrent une espèce de combat dont on fait remonter l’origine aux jeux olympiques établis à Pise par ses fondateurs. Malgré la décadence de cette ville , les sciences n’ont pas cessé d’y être cultivées; son université a toujours joui d’une grande célébrité : Accurse, Barthole, Alciat et plusieurs autres savants l’ont illustrée. II y a plusieurs collèges qui dépendent de cette université. Enfin , si la population de Pise était plus considérable , tout y respirerait encore cette ancienne splendeur des Romains.
Monuments religieux.— La Cathédrale , dédiée à l’Assomption de la Vierge, et bâtie dans le xie siècle, est un superbe édifice. On y voit trois portes de bronze de Jean de Bologne , si belles qu'on les a prises pour celles du temple de Jérusalem. L’église a cinq nefs soutenues par 54 colonnes, dont quelques-unes sont de marbre vert antique ou de porphyre : la plupart de ces colonnes paraissent avoir fait partie d’anciens édifices. Les sculptures les plus remarquables de cette église sont les statues d’Adam et d’Ève , de Pietra-
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Saota, une chasse de Méléagre , en bas-relief, et un rhinocéros très-bien modelé. On y admire aussi des tableaux de prix, parmi lesquels quelques-uns sont d ' André àel Sarto , de Jean de Pise , de Tribolo , de Tempesta , de Jtosselli de Florence et de Pierre de Cortone. La chaire est de marbre et revêtue d’anciennes sculptures et d’ornements en bronze; le pavé est aussi de marbre et à compartiments, et la voûte dorée et ornée de très-belles peintures (I).
Le Clocher (Campanile Torto) est un édifice curieux par sa singularité même ; c’est une tour qui a la forme d’un cylindre avec sept ordres ou rangs de colonnes posés les uns sur les autres. Sa hauteur est de 03 mètres; on y monte par un escalier de 193 marches , très-aisé et bien éclairé. Du haut de cette tour on jouit d'une superbe vue ; mais si l’on regarde en bas, et que l’on fasse descendre perpendiculairement un plomb par le moyen d’une licelle , on est tout étonné de voir ce plomb s’éloigner de 5 mètres des fondements de la tour. On a fort disputé sur la cause d’une inclinaison si considérable, pour savoir s’il faut l’attribuer ou à quelque bizarre conception de l’architecte, ou à rabaissement du terrain qui sert de fondement.
Le Baptistère est en face du grand portail de la cathédrale ; c’est une rotonde toute de marbre. L’intérieur est orné de deux ordres de colonnes de granit posés l’un sur l’autre, et qui soutiennent une coupole elliptique. Au milieu est une grande cuve de marbre de forme octogone, avec des rosettes sculptées sur les faces : c’était le réservoir de l’eau qui servait à baptiser dans le temps qu’on donnait le baptême par immersion. St-Nicolas est une des églises les plus riches de Pise en beaux marbres; sa chaire , où l’on monte pour lire l’épitre et l’cvangiie , est d’un marbre presque transparent, et soutenue par des colonnes de granit oriental qui reposent sur des lions. La voûte est si sonore , qu’au moindre bruit qu’on fait elle retentit comme une cloche; il y a un écho qui répète très-distinctement les mots, et, quelque bas qu’on parle d’un coté près de la muraille, on entend à l’extrémité opposée tout ce qui a été dit.
(i) Voyez Theatrum Dasilicœ Pisann , Rome , i7on.
Le Campo-Santo est une vaste enceinte avec un portique pavé de marbre, et orné de peintures dont quelques-unes sont du Giotto. On y voit des inscriptions et des tombeaux fort anciens dont le nombre se monte à près de 600; des sculptures de Canova , de Michel-Ange , de Ricci de Florence; la Vergogna , figure peinte à fresque, est admirable. Le cimetière, qui est au centre, présente une superficie de 3,033 mètres carrés sur une épaisseur de 3 mètres de terre qu’on dit avoir été apportée de Jérusalem en 1228 , et à laquelle on attribuait la propriété de consumer les cadavres dans vingt-quatre heures, propriété qu’elle a perdue aujourd’hui , et qui résultait sans doute d’une grande quantité de chaux mêlée avec cette terre (1).
La principale église après la cathédrale est Saint- Etienne, ou la Chiesa de' Cavalieri ; l’architecture de l’autel et les figures de la chaire sont d’un goût mâle et vigoureux : on trouve dans cette église de belles peintures d'Empoli, de Cigoli , de Vasari , de Bronzino , etc. Saint- Matteo est encore une très* belle église; dans la peinture de Ja voûte, la perspective est si bien observée, qu’on croit voir s’élever un second ordre au-dessus de la corniche.
Parmi les édifices publics, on remarque : le Palais du Gouvernement , la Douane , construction magnifique; le palais Toscanelli (dessin attribué à Michel-Ange); le palais Lan franchi , qu’occupa pendant quelque temps lord Byron ; le Palais du grand-duc , etc.
L' Observatoire, le Jardin des Plantes, et le Cabinet d'histoire naturelle , méritent aussi de fixer l’attention des curieux. La Loge des Marchands est un grand édifice à arcades couvertes, soutenu par des pilastres groupés, d’ordre dorique, d'une très-belle architecture. La Maison des Nobles, ou Casino de’ Nobili, est plus fréquentée, quoique ce ne soit qu’une petite salle de jeu où s’assemblent les nobles. On voit à Pise quantité de beaux palais qui ont de grandes tours ; c’était autrefois une marque de distinction.
L 'Université de Pise est une des plus anciennes et des plus célèbres d’Italie; elle possède une riche bibliothèque.
(i) Voyez les PU turc del Campo Sftnio di Pisa , par Rosinl , ir,i«,
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# L’Observatoire et le Jardin des Plantes dépendent de l’université.
Le climat de Pise est si doux, qu’à peine s’y aperçoit-on de l’hiver; cependant l’air y est malsain dans les grandes chaleurs, surtout pour les étrangers. Alors on se retire à Florence ou dans les montagnes. Les promenades les plus fréquentées sont les quais. On vante beaucoup les bains de San-Giuliano.
Voitures pour Florence, depuis 5 jusqu’à 10 francs; on reste 8 heures en route. Les voitures stationnent au bas du pont du milieu. Marchandez avec les vetturini. — Pour Lucques à chaque instant, 2 francs.
De Pise à Livourne il y a environ 10 milles qu’on fait sur une belle route. Le pays est plat et coupé de quelques marais formés ou par les eaux de la mer ou par les débordements de i’Arno. On traverse une forêt de lièges ou chénes-verts , dans laquelle on voit par intervalles des fourrés très-épais de grands myrtes domestiques qui répandent une odeur fort agréable , et servent de retraite aux bêtes fauves réservées pour les plaisirs du grand-duc. L’espace qui est entre cette forêt et Livourne est presque entièrement occupé par des jardins potagers.
Mais, comme nous l’avons dit plus haut, cette route se fait maintenant sur le chemin de fer qui lie ces deux cités. 30 minutes suffisent pour franchir cette distance.
Livourne ( Castrum IJ b ur ni), {hôtels : Thomson, Fisher, l’Aigle-Noir , la Grande-Bretagne) , ville maritime de la Toscane, et le siège principal du commerce de cet Etat. La république de Pise, autrefois très-puissante, avait son principal port entre l’embouchure de l’Arno et Livourne.
Livourne a environ 800 mètres de longueur et autant de largeur; elle est trop petite pour le nombre de ses habitants, aussi le prix des loyers y est-il excessif. Cette ville, du côté de la terre, avait des fortifications qui ont été démolies. Les maisons , bâties de briques, ont les encoignures et les croisées en pierres de taille. Les rues sont droites et bien pavées. 11 y a vers le centre de la ville une grande place d’où l’on voit les deux portes opposées, savoir : la porte Coîonella, qui regarde la mer, et la porte de Pise, qui est du
coté du continent, et à laquelle aboutit une rue fort large qu'on appelle Via Grande . Les seuls édifices considérables dont cette place est décorée sont : l’église principale , il Duomo , et le Palais Ducal , Palazzo del Principe , où loge le grand-duc lorsqu’il va à Livourne. Sur cette même place on voit une Fontaine dont l’eau n'est pas fort bonne ; cependant le peuple en boit. En général, on se sert de l’eao des citernes ; ceux à qui leurs facultés le permettent en font venir de Pise pour leur boisson. Cette rareté d’eau potable à Livourne a engagé le gouvernement à y faire conduire, par le moyen d’un aqueduc , une source d’eau trèsbonne, éloignée de 12 milles, et provenant des montagnes de Coîlognole.
Une des principales commodités de Livourne est un canal dérivé de l’Arno , et par lequel on va à Pise pour une trèsmodique somme.
En se dirigeant vers le Port, la première chose qu’on remarque est une statue de marbre que Côme II érigea à Ferdinand Ier, son père : ce prince est représenté debout, ayant une main appuyée sur le côté, et tenant de l’autre un bâton de commandement; il y a quatre esclaves en bronze enchaînés aux angles du piédestal.
Port. — Le port a environ 600 mèt. de long , et t2 mèt. d’eau dans les endroits les plus profonds ; il est sujet à des atterrissements, auxquels on remédie par le moyen de pontons qui servent à en retirer le sable et les irrvmondices. Ce port est défendu par un môle qui s’étend à plus d’un mille dans la mer ; il est d’ailleurs très-bien fortifié : on y voit des bâtiments de toutes les nations. La Darse, ou Darsina, est comme un second port, ou la partie du port qui est la plus avancée dans la ville ; c’est ce qu’on appelle bassin dans les ports de l’Océan. L’entrée de cette darse est fermée par une chaîne attachée d'un côté à la vieille forteresse, et de l’autre à l’extrémité du môle intérieur. Près de là sont les bureaux de la santé et de la douane, ainsi qu’un corps-de-garde soutenu d'une double batterie de canons.
Non loin de la ville, et du côté du nord, est une tour bâtie sur des rochers que la mer environne ; c’est sous le canon de cette tour qu'on fait faire la quarantaine aux vaisseaux qui
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viennent du Levant. Du côté du couchant est une autre tour qui s’avance aussi dans la mer : c’est celle du fanal. Sa forme est assez singulière; elle ressemble à deux tours qu’on aurait bâties Tune sur l’autre. Enfin on voit une troisième tour située à 6 milles du grand port, et dans une petite île appelée Meloria , qui n’a que 18 ou 20 mètres de diamètre, et est presque à fleur d’eau : cette tour est carrée, et sa grande blancheur la fait apercevoir de fort loin ; elle sert à avertir les marins qui dirigent leur route vers le port d’éviter les écueils dont la petite île est environnée, et surtout un banc de sable qui est du côté du nord.
Lazarets : il y en a trois. — Le lazaret se compose de plusieurs grands corps de bâtiments baignés de toutes parts des eaux de la mer : on y séquestre avec grand soin et l’on y fait faire la quarantaine aux personnes qui viennent du Levant; pendant ce temps-là les marchandises sont exposées sous des hangars.
La Maison de force est un grand bâtiment dont les murs sont fort élevés; c’est là que le soir on renferme les forçats après qu’ils ont travaillé sur le port aux ouvrages publics, ou qu’ils ont été en journée pour leur compte : car l’on n’interdit point à ceux qui savent des métiers la faculté d’aller dans la ville; c'est aux soldats, qui sont payés sur le gain des forçats , et qui les conduisent , à répondre de ces criminels.
Le Magasin des huiles est vraiment un objet de curiosité : le bâtiment est vaste, mais les voûtes en sont un peu trop basses; en les construisant, on a moins songé à la décoration qu’à l'utilité. On a pratiqué, dans toute l’étendue, de petites caves carrées de maçonnerie , doublées d’ardoises, que l’on ferme à clef; c’est là que les marchands, moyennant une petite rétribution , peuvent déposer leurs huiles et les conserver jusqu’à ce qu’ils en fassent la vente.
Monuments religieux. — Les principales églises de Livourne sont la Cathédrale, (il Duomo) : la voûte en est fort belle; V église des Grecs , dont la construction est fort simple : on y voit deux tableaux du Sauveur et de la Vierge, peints sur un fond d’or dans l’ancien goût des Grecs ; V église des Dominicains , et celles des 1 rinitaires , de
Saint-Jean , et délia Maria Vergine , remarquable par la richesse des marbres; celle de Monlenero .
Les luthériens, qui ne sont pas en assez grand nombre à Livourne pour y avoir un temple, font baptiser leurs enfants et célèbrent leurs mariages sur le premier vaisseau anglais, hollandais ou danois qui se trouve dans le port. Toutes les autres sectes ont des cimetières . Celui des Anglais est une vaste enceinte entourée d'un mur de I mètre de hauteur, en marbre de Carrare , sur lequel sont élevés d’espace en espace des piliers qui soutiennent des grilles de fer. Le Cimetière hollandais offre un contraste bien frappant de modestie et de simplicité; c’est un jardin de botanique où l’on voit des allées d’épitaphes.
On compte à Livourne 16,000 juifs; leur Synagogue est une des plus belles et des plus riches de l’Europe : c’est un carré dont les deux côtés et l’une des extrémités sont entourés d’un portique au-dessus duquel est une tribune grillée où les femmes juives viennent assister aux cérémonies de leur religion. Les hommes sont en bas, sous le portique ou dans le reste du temple; ils sont assis comme dans les églises catholiques et protestantes , et ont le chapeau sur la tête. Au milieu de la nef est une tribune bâtie de marbres choisis, avec des pupitres de même. Au fond de la nef est une espèce de sanctuaire dans lequel sont enfermés les livres de l’Ecriture sainte , enveloppés des plus riches étoffes, et couverts de couronnes d’argent et autres ornements. Les juifs ont des écoles qui sont dirigées par des rabbins; ils sont presque tous riches, possèdent la plupart des maisons dont ils tirent un gros revenu, et ont hors de la ville des maisons de campagne charmantes. Les femmes, parmi lesquelles il y en a de fort jolies, sont aussi surveillées qu’en Espagne.
Les Arméniens et les Grecs schismatiques sont très-nombreux à Livourne; ils y ont aussi des églises . Celle des Arméniens est très-belle et décorée avec goût ; celle des Grecs schismatiques n’a rien de remarquable. L’habillement des femmes grecques est très-agréable ; le corps ne monte pas plus haut que le dessus de la gorge, qu’elles couvrent d’un voile; elles portent des culottes fort larges qui descendent jusqu’au dessous du mollet et se joignent au corps.
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Le Théâtre nouveau de Livourne est fort bien ; la troupe en est très-bonne.
Livourne est le premier port franc qu'il y ait sur la Méditerranée, et cet établissement fut un des plus beaux traits de la politique des Médicis. Le principal commerce de Livourne est un commerce d'entrepôt; les Juifs et les Arméniens y sont les courtiers de presque toutes les nations; la France y apporte des étolFes de soie de Lyon , des modes , des quincailleries, des tabacs, des vins, des eaux-de-vie; mais ce commerce d'entrepôt n'est plus si actif, depuis que les étrangers se sont avisés d’établir des relations directes avec les nations elles-mêmes qui fournissaient les objets d’échange. Pop. 80,000 habitants. — Pour la navigation à vapeur , voyez pages 54 et suiv. On s’arrête ordinairement assez de temps pour visiter la ville. Dans la strada Ferdinanda sont de beaux magasins de nouveautés où on se procure des marchandises anglaises et des Indes à bon marché. Voitures pour Florence à chaque instant; les velturini se promènent sur la place du Dôme : 6, 8,10 fr. pour Florence.
Café de la Minerve. — Restaurant du Jardin.
De Florence à Pise. [Voyez de Florence à Livourne , route 80. )
Consuls résidants , et prix du visa des passe-ports .
Consul anglais ,
5 pauls
» grazics.
— américain ,
— français,
— romain,
— napolitain,
— russe ,
— sarde ,
— autrichien ,
— suisse ,
Observation . — Si l'on ne veut pas être rançonné en débarquant à Livourne, il faut exiger que le batelier montre le tarif ; et en cas de discussion on doit en appeler au commissaire placé à l’entrée de la douane. — En se rembarquant on n'oubliera pas de faire son prix d'avance avec le batelier. Même remarque pour le port de Civita-Vecchia.