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ROUTE LXXXI

de LIVOURNE a FLORENCE,

Par Lucques, Peschia , Pistoja , 10 p. , 20 1.

Pise,

Lucques , Bourg-Buggiano ,

Pistoja, Prato , Florence ,

Pise. Voyez route précédente.

De Pise à Lucques on parcourt une partie de la route des bains, assez étroite au commencement, ouverte ensuite à travers une plaine avec des champs environnés de peupliers et de vignes , et longue d’environ 1 1 milles , et offrant dans tout son parcours un aspect charmant.

Lucques [hôtels : Oriandi, de l'Europe, de la Croix-de- Malte ) , ancienne ville située dans une plaine agréable , est baignée par le Secchio , qui va se jeter à peu de distance dans la mer Méditerranée, et par I ’Ozzora, qui n’est qu’une branche de cette rivière. Cette ville est environnée par des collines fertiles. Dans trois milles à peu près de circuit elle renferme plus de 30,000 âmes. Scs édifices , sans être somptueux, sont très-commodes, et ses rues sont pavées de grandes pierres. Ses fortifications, régulières et bien conservées , servent de promenades, de sorte que, sur les boulevards plantés d’arbres, on peut faire en moins d’une heure le tour de la ville. La Cathédrale , d’architecture gothique du 1 Ie siècle, est incrustée de marbre; on y remarque des peintures de Coli et de San-Casciani , tous les deux Lucquois; un tableau de Zuccheri , un autre du Tintoret , et les quatre Evangélistes sculptés par Fancelli . Cette église est fameuse par le crucifix dit le Vollo santo. II y a encore « quelques bons tableaux dans les autres églises, principalement à Sainte- Marie, appelée l’église de V Humilité, où l’on

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remarque un tableau du Titien , et à Saint-Poniien , où l’on conserve deux tableaux de Pierre Lombard. Le palais du Public , qui est l’édifice le plus remarquable, dessiné en partie par Ammanato , et en partie par Philippe Juvara , renferme dans ses appartements des peintures de très-grand prix de Luc Jordan , d’ Albert Diirer et du Guerchin . Au nombre des belles peintures que renferme ce noble édifice, on remarque : une Notre-Dame, par Raphaël; — saint Jean- Baptiste , par le Corrège; — la Vierge et l’Enfant Jésus, par Léonard de Vinci; — la Vierge , l'Enfant Jésus et plusieurs saints, par Francia; — Jésus-Christ crucifié , par Michel-Ange; — Sainte Cécile, par le Guide; — une Gloire et trois saints, par le Dominiquin; — Jésus ressuscité et la Madeleine, par Barrocci; — Jésus et la Chananéenne , par Annibal Carrachc , etc. Le Théâtre est élégant, mais petit. On voit à Lucques les débris d’un ancien amphithéâtre.

La Bibliothèque royale , précieux dépôt qui renferme 25,000 vol. et manuscrits.

Les Lucquois ont du talent et de l’industrie : l’agriculture parmi eux est si florissante , qu’ils ont su rendre fertiles les montagnes les plus stériles , qu’on voit maintenant couvertes de châtaigniers , de vignes et d’oliviers. Leur commerce consiste en huile et en objets de leurs manufactures, principalement de soie. A la distance d’environ 10 milles de la ville, on voit les Bains de Lucques, célèbres dans toute l’Italie à cause de la salubrité de leurs eaux thermales. Bel établissement à visiter! On trouve dans cette localité trois beaux hôtels appartenant à M. Pagnini , tous bien tenus (i).

En sortant de Lucques on paye double poste jusqu’au bourg BuggiariOy et ori compte environ 13 milles. Avant le bourg Buggiano, on traverse Peschiat petite ville épiscopale qui a des églises dont les fresques sont admirables.

A peu de distance dudit bourg et du grand chemin, on trouve les bains de Moniecatini , célèbres par leurs vertus

(») X oyez Guida fiel forestière , imprimé à Lucques.

médicinales. Les anciens moines du Mont-Gassin de l’abbaye de Florence y avaient dépensé de fortes sommes pour en augmenter la commodité et la magnificence. Ce qu’il y a de moderne dans ces édifices est de bon goût, et a été dessiné par l’architecte Nicolas- Gaspard Paoletti , Florentin.

En approchant de Pistoja, on jouit d’un coup d’œil agréable sur les campagnes les plus fertiles, et l’on se croit sans cesse au milieu de jardins délicieux.

On peut aller de Pise à Pistoja sans traverser le territoire de Lacques, en prenant le chemin qui passe par Monte et Calcinaja , par la nouvelle route de traverse de Valdinievole , qui joint celle de Lucques au bourg Buggiano .

Pistoja ( Pistorium ) ( hôtels : de Londres , de la Poste), riche et belle ville , est située dans une plaine fertile , au pied de l’Apennin, près du fleuve Ombrone; il y a peu de villes en Italie où les rues soient si droites et si larges qu’à Pistoja. Ses Palais donnent une idée de grandeur et de magnificence, mais sa population est peu nombreuse. La Cathédrale est un bel édifice, et le trésor des reliques qu’elle possède est fort estimé. On voit dans cette église un bas-relief de Donatello, les tombeaux du célèbre Cino Singiboldi, professeur de législation, et du cardinal Fortiguerri . L* église du Si- Esprit est bâtie d’après un beau plan , et possède des orgues excellentes. La meilleure église par sa structure est celle de Y Humilité, d’architecture très-élégante, dont la coupole est de Vasari . Dans les églises de St-François et de Sl- Dominique , on voit des peintures à fresque de Puccio Capanna. Le Palais public est magnifique , ainsi que l’édifice de la Sapienza , où il y a la Bibliothèque publique. On remarque aux Philippins une autre bibliothèque riche en beaux manuscrits; c’est un legs du cardinal Fabroni. Il ne faut pas négliger de voir le vaste édifice du Collège ou Séminaire, parfaitement distribué pour l’objet auquel il est destiné. On fabrique à Pistoja d’excellentes orgues , et la manufacture de fer contribue à la subsistance d’une grande partie du bas peuple. On y fait de bons canons de fusil. Sa population monte à 10;000 hab.

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On peut aller de Pistoja à Florence en prenant à droite le chemin de Poggio à Cajano , maison royale située sur une petite éminence au bord de l’Ombrone, qui domine une belle plaine à quelque distance des collines d'Artimino et de Car mignano , célèbres par la bonté des vins qu’elles produisent. Indépendamment des environs délicieux de cette maison de campagne, elle mérite l’attention des voyageurs par les peintures excellentes qu’on y conserve , et principalement par celles d 'André del Sarto .

Pràto {hôtel : la Poste) , bâtie sur les bords du Bisenzio , qui en baigne les murailles, dans un terrain bas mais ferlile. Ses habitants, dont le nombre monte environ à 1 1,000, sont très-industrieux. On y travaille différents ustensiles en cuivre , et on y voit plusieurs fabriques de draps de laine, surtout à l’usage des gens de la campagne. La Cathédrale est une belle église, on y conserve avec une grande vénération la ceinture de la sainte Vierge . L'église des Prisons est d’une bonne architecture de Brunelleschi, et celle de Saint- Vincent a de beaux travaux en stuc de très-bon goût. La place du Marché est assez vaste , mais dénuée d’ornements; celle du Dôme est petite , mais passablement ornée de bâtiments. Le collège Cicognini , un des plus accrédités de la Toscane, est un édifice commode et bien distribué. On trouve aussi à Prato un bel Hôpital , un Mont- de-piété et une bibliothèque publique. Le pain qu’on fait dans cette ville est excellent et le meilleur de la Toscane.

A peu de distance de Prato , au nord , on voit une colline très-stérile, appelée Monteferrato , que plusieurs naturalistes ont souvent visitée.

On peut aller de Prato à Florence par la route de Sesto9 qui est bordée d’habitations et de maisons de campagne magnifiques, et qui conduit à la campagne royale de Cas tello.

Florence. Voyez route 78, p. 4(51.

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