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GUIDE EN ITALIE
milieu de la façade , et les fenêtres n’ont ni ordre ni symétrie.
Dans l’année 1800, les Français s’emparèrent de cette ville , et la ravagèrent. La manufacture de laine et la nouvelle fabrique d’épingles servent à alimenter une partie du bas peuple. Popul. 9,000 bab.
l)’u4rezzo à Camuccia, on voyage dans une plaine fertile et riante de la vallée de Chiana; elle a environ 16 milles de longueur.
A Camuccia ( hôtel : la Poste), frontière de la Toscane , on trouve à droite un chemin qui conduit par Montepulciano à Chianciano et à Chiusi . Chianciano , célèbre par ses bains, est situé sur la pente d’une montagne à 3 milles de Montepulciano, et à 7 de Chiusi, autrefois Clusium , ville d’Etrurie et résidence du roi Porsenna.
l)u même endroit on peut aller voir, à peu de distance , la ville de Corlone , qui est à la gauche hors du grand chemin.
Coktone, anciennement Corytum , située sur une colline assez élevée et couverte de vignes et d’arbres fruitiers, fut une des 12 premières villes de l’Etrurie. Ses murailles sont bâties de gros morceaux de pierre entassés sans chaux, et en quelques endroits assez bien conservés. La plaine, formant un demi-cercle qu’on découvre de la ville, présente un très-beau coup d’œil. On voit à Cortone les ruines d’un ancien temple de Bacchus , des bains antiques ornés de mosaïques , et différents autres monuments curieux d’antiquité. Cette ville est célèbre par l’Académie étrusque, établie en 1726, qui possède une belle bibliothèque et un musée riche d’antiquités , de gravures, de médailles , d’objets d’histoire naturelle , d’idoles et de pierres précieuses. On admire dans les églises des peintures excellentes de Pierre Beret - Uni de Cortone , du Bronzino , de Barocci, du Perugino , d ' André del Sarto et d’autres bons maîtres. Dans la Cathédrale , outre une Nativité de Pierre de Corlone , on montre un ancien tombeau qu’on dit être celui du consul Flaminius . Dans Y égl ise des Ob serv antins , on vénère le corps de sainte Marguerite. De cette église la vue se promène sur toute la vallée de Chiana, qui ressemble â un jardin immense. Pop. 13,600 hab.
Les environs de cette ville sont couverts de vignes et d'oliviers; on y trouve aussi des carrières d’un très-beau marbre.
De Camuccia , en traversant la montagne de la Spelonca, on arrive près du lac de Pérouse , autrefois Trasimène , que l’on côtoie en le laissant sur la droite. Cet endroit est fameux par la victoire qu’Annibal y remporta sur le consul Flaminius. Entre Camuccia et Torricella on voit le champ de bataille : c’est une petite plaine entre Tauro et la Collina, dans un endroit qu’on appelle Sanguinetti, Quelques personnes prétendent que la défaite eut lieu près d’un village nommé Orzaja (plus véritablement Orsaja (1), de l’Ours, armoiries des Vagnucci) , où l’on dit qu’on a enterré 10,000 Romains qui périrent dans cette bataille.
Le général carthaginois ayant occupé les hauteurs sur le flanc du consul, lui coupa la retraite, et lui opposa tète à tête un corps d’armée au passage étroit de Passignano. Polybe a très-bien détaillé ce célèbre combat.
Pérouse ( hôtels : l’Europe, la Grande-Bretagne) ( Pcrusici Augusia), qui est à 3 1. du lac Trasimène , occupe une éminence au pied de laquelle passe le Tibre . Cette ville est entourée de grandes murailles; ses larges rues sont bordées d’antiques palais; ses vastes basiliques élèvent leurs dômes à des hauteurs immenses. Pérouse est très-riche en peintures.
Monuments religieux. — La Cathédrale , bâtie dans le style gothique, et consacrée à St Laurent : on y admire des ouvrages du maître de Raphaël, Pierre Vanucci , surnommé le Perrugino , de Vicar , de Luc Signorelli , et du Scaramuccia ; l’église de St-Pierre possède trois tableaux de Vasari, et un Jésus-Christ porté au tombeau, belle copie faite par Sassoferrato d’après un original de Raphaël : les sièges du chœur de cette église sont sculptés en bois, aussi d’après les dessins de Raphaël , et méritent d’être examinés. Dans Y église de Sainte-Marie de'Fossi se trouve
(f ) Sur uoc maison de l’endroit on Ut cette inscription :
Nomcn habet locus hic Orsaja, ab ossibus iliis Quai doltts Ànnibalis fudit et hasta sitntil. . „
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le précieux tableau de Perugino , représentant la Vierge et sainte Anne assises avec saint Joseph , saint Joachim , les deux Marie, et leurs enfants autour d’elles. L 'église de St- Augustin compte, parmi les belles peintures qui la décorent, des ouvrages du Perugino et d 'Antoine Uiviani. On admire dans celle de Ste-Marie di Monte-Luce le fameux tableau du Couronnement de la Vierge, qu’on attribue communément à Raphaël , mais dont ce célèbre artiste n’a fait que le dessin , le reste étant du Fattore et de Jules Romain , ses élèves. Le tableau de l’Adoration des Mages, dans X église de St- Antoine y est un bel ouvrage du Perrugino , et dans celle de St-Scvère on remarque une chapelle enrichie de fresques exécutées par Raphaël encore jeune. L’église de Ste-Marie-JYuova possède un tableau magnifique d'André Sacchi , représentant la Purification de la Vierge et une Assomption du Guide . Les autres églises de Pérouse , telles que celles des Dominicains , de St-Philippe r de St - Herculien , de St-Jérômet etc., offrent toutes des objets dignes de l’attention des connaisseurs. Plusieurs particuliers possèdent aussi des tableaux de grand prix. On voit dans X Hôtel de ville un beau tableau de Perugino . Les peintures qui embellissent le Collège du Change , ainsi que la chapelle contiguë , sont du même pinceau, et l’on distingue parmi un des chefs-d’œuvre de cet artiste, dont quelques parties furent exécutées par Raphaël . Pérouse conserve encore quelques monuments qui attestent sa haute antiquité : on remarque sur la place Grimant une porte que l’on prétend être un reste de l’arc élevé en l’honneur d'Auguste ; et dans X église de St- Ange , bâtie sur les ruines d’un temple païen, on lit une inscription fort ancienne qui a rapport au temple même. Parmi les monuments modernes de cette ville , on distingue surtout la place qui est devant la cathédrale , et qui est décorée de belles fontaines et statues.
Pérouse possède une bonne Université , une des plus distinguées d’Italie ; elle fut fondée en 1320; son Jardin botanique renferme plus de 2,000 espèces de plantes; le Cabinet de minéralogie est également curieux , mais le Musée d'archéologie est surtout remarquable par les antiquités étrusques qu’il renferme; une Académie des beaux-arts , avec
DOUTE 85. — DE I LOUENCE A KOJiE. 600
une galerie disposée avec beaucoup d'ordre; la Bibliothèque contient 30,000 vol. et des manuscrits précieux ; un Théâtre > des Hôpitaux , divers autres établissements utiles. Pop. environ 18,000 hab., et, d'après M. Valéry, 14,000.
La campagne de Pérouse est fertile et riante. A peu de distance de cette ville , on passe le Tibre sur le pont Saint- Jean . La vallée de Pérouse offre un coup d'ceil agréable; c’est une des plus belles et des plus riches d'Italie, surtout du côté de Foligno.
Près de Notre- Dame-des- Anges est Assise. La situation de cette ville , bâtie sur le penchant d’une colline , est agréable et pittoresque. Les habitants sont pauvres, et leur nombre est d’environ 5,000. Les églises méritent d'être vues par les belles peintures qu'elles renferment, et surtout celles du saint couvent , où l'on conserve , dit-on , la dépouille mortelle de saint François; la nouvelle Eglise, jadis des réformés, celle des Clarisses , et celle de Saint-Antoine , desservie autrefois par les pères du tiers ordre. On voit aussi dans cette ville un beau portique de l’ancien temple de Diane.
La poste de Notre- Dame-des- Anges est ainsi appelée à cause du temple voisin dédié à la Vierge, vaste temple d’architecture de Vignola : c'est là qu’est la Porziuncula, célèbre indulgence accordée par le pape Honoré. On voit un vaste couvent attenant à l’église.
Foligno ( hôtels : la Poste , le Grand-Hôtel ), ville marchande, est située dans une vallée délicieuse, appelée vallée de Spoletle à cause du voisinage de cette ville, dont le terrain fertile et les gras pâturages sont arrosés par l'ancien Clitumno . Le Lopino et la Maroggia baignent ses environs. Ses rues sont bien alignées , et dans plusieurs maisons il règne un bon goût d'architecture. On remarque entre autres le palais Barbo et le palais Public , qui renferme une collection précieuse de pierres antiques. Après la Cathédrale , qui est d'une belle architecture, il faut voir les églises des Franciscains et des Augustins , et le couvent des Comtesses. Foligno est une ville commerçante, et l’on y tient une foire considérable. Pop. 8,000 hab.
La vallée de Foligno est arrosée par le Glitumne , dont 1rs
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bords nourissaient autrefois les victimes choisies ( grandes victimes ), qui étaient d’une extrême blancheur.
Entre Foligno et les Vene on voit un bourg appelé Trevi , bâti en forme d’amphithéâtre sur le penchant d’une montagne, et qui présente un beau coup d’œil. Avant d’arriver à la poste de les Vene , on voit un petit temple ancien, construit près delà source du Clitumne. Quoique les chrétiens l’aient consacré au service divin , il a cependant gardé le nom de temple de Clitumne.
SpOLETTE(Spoletum)y(hôtel : de la Poste), ville assez grande, mais peu peuplée , située sur un terrain inégal , conserve plusieurs restes de son ancienne magnificence. On y voit les ruines d’un théâtre , le temple de la Concorde à l’église du Crucifix, dont trois portes paraissent avoir été fort belles, ainsique les colonnes qui y ont été transportées d’ailleurs et placées en cet endroit par hasard ; les ruines d’un temple de Jupiter au couvent de Saint- André ; celles du temple de Marsh l’église de Saint-Julien, et un palais construit par Théodoric , détruit ensuite par les Goths , et rétabli enfin par Narsès. U Aqueduc haut de 166 mètres, hors de la ville , qui passe pour un ouvrage des Romains , a été évidemment construit dans les siècles postérieurs; les arcades sont gothiques ou à cintres en ogive, sans aucune proportion. On voit aussi sur pied un Arc de triomphe , appelé la porte d* Annibal , de ce que ce général , après avoir défait l’armée romaine au Trasimène , vint mettre le siège devant cette ville , mais inutilement , et fut obligé de se retirer. Les églises les plus remarquables de Spolette sont : la Cathédrale , où l’on voit le tombeau du peintre Lippi , avec son épitaphe par Polilien , et un tableau d'Annibal Car rache ; et Y église des Philippins , construite sur le modèle deSaint-André-de-la-Vallée à Rome, où l’on trouve quelques bons tableaux. On voit dans cette ville de beaux palais : dans celui de la famille Ancajani on conserve un tableau de liaphaél . La manufacture la plus considérable de Spolette est la fabrique de chapeaux. Pop. 7,000 hab.
En sortant de Spolette on voit, à un tiers de mille à peu près , sur la gauche , un pont construit sur un vallon : il est
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très-haut, soutenu par deux arches, et il conduit à une montagne voisine habitée par des ermites. Les montagnes des environs méritent l’attention du naturaliste : elles abondent en truffes excellentes. Cette ville paraît bâtie sur. le cratère éteint d’un volcan.
A deux ou trois milles à peu près de Spolette, on commence à monter la Somma , qui est la montagne la plus élevée de cette partie des Apennins. On dit qu’elle prend son nom d’un ancien temple qui y avait été élevé anciennement à Jupiter Summamus.
Terni [hôtel : de l’Europe), située dans une charmante vallée entre deux bras de la Néra , est YInterramna des Latins. On y trouve quelques beaux édifices , des ruines et des monuments. Dans le jardin de l’Évêché on voit les restes d’un ancien amphithéâtre avec des souterrains ; dans Y église de Saint-Salvador , les ruines d’un temple du Soleil , et dans la villa de la famille Spada, celles de quelques bains anciens. La population de Terni est d’environ 4,000 habitants.
On monte à cheval ou en calèche pour aller voir la fameuse Cascata delle Marmore , ou cascade des marbres , formée par le Velino , qui se précipite dans la Neva d’une hauteur très-considérable, par un candi creusé dans le roc vers l’an de Rome 840, pour donner, à ce qu’on dit, un écoulement aux eaux du lac de Luco , que le Velino traverse, et qui souvent inondait la vallée de Rieti. Cette cascade est une des plus belles de l’Europe ; elle offre un coup d’œil surprenant et pittoresque , surtout lorsqu’on l’observe d’en bas ; la plupart des voyageurs cependant vont la voir de la hauteur, le chemin étant plus commode. Le bruit des eaux l’annonce à une grande distance : elle n’est pas composée de plusieurs chutes d’eau , comme celle de Staubbach dans la vallée de Lauterbrunn , mais de trois chutes consécutives ; la première tombe de 100 m. de haut , et les eaux tombent sur les rochers avec une telle force, qu’une grande partie, réduite presque en vapeur, remonte au sommet de la cascade; le reste forme une seconde cascade, ensuite une troisième ; enfin , en se réunissant à la Nera , ces eaux roulent en tourbillons, et blanchissent d’écume tout le long de cette pro-
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fonde vallée. L’eau du Velino est tartreuse , et en tombant elle forme un dépôt non-seulement sur les rochers, mais même dans le lit de la Nera.
Dans le lac que le Velino traverse, on trouve à une certaine profondeur les racines des arbres pétrillés, qui, sans changer de forme, prennent seulement la couleur grisjaune du sable, ce qui ne porte aucun changement dans la forme et la structure du bois.
La vallée de Terni, arrosée par les eaux très-limpides du Nar ou de la Nera , est très-agréable et couverte de plantations de vignes, d’oliviers, d’arbres fruitiers , etc. Les anciens eux-mêmes l’estimaient à cause de la fertilité du terrain. Pline dit que le foin s’y fauchait quatre fois par an. Deux aqueducs , pratiqués par les anciens pour arroser le territoire , y servent encore au même usage.
Narni (IVarnia) , petite ville , a été ravagée par les Vénitiens lorsqu’ils allèrent se joindre à l’armée impériale qui assiégeait le château Saint-Ange à Rome. On y remarque un aqueduc de quinze milles de long, qui fournit aux fontaines de la ville des eaux amenées des montagnes. La Cathédrale mérite aussi d’être vue, ainsi que les restes d’un Pont magnifique qu’on dit avoir été construit sous le règne d’Auguste. Lalande , qui , en 1763 , en a mesuré l’arche du milieu , l’a trouvée de 28 mètres.
De Narni une route secondaire porte à Pérouse par Todi , petite ville presque ruinée , située près du Tibre , et , par une autre route qui côtoie ce fleuve , on peut de là passer dans l’Abruzze.
En poursuivant le voyage, on quitte les Apennins. et on descend jusqu’à Otricoli, endroit situé sur une colline, et qui renferme quelques beaux édifices. Les ruines de l’ancien ücriculum se trouvent sur les bords du Tibre , à un mille de la route; mais elles n’offrent rien de remarquable. La vue des environs est pittoresque ; la croupe des montagnes et des collines est couverte de cabanes et de maisons de campagne.
On sort de l’ Ombrie, et l’on entre dans la Sabine en passant le Tibre sur un beau pont à trois arches , construit sous le pontificat de Sixte V ; à la distance de 7 ou 8 milles ,
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