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ROUTE LXXXIV

I>E FLORENCE a ROME ,

Par Sienne , 46 1. y* , 24 p. */;.

San-Casciano , Tavernelle , Poggibonzi, Castiglionccilo,

Sienne , Montaroni, Buonconvento,.

1 Torrinicri ,

ROUTE 8 i. — DE FLORENCE A ROME.

La Poderina , 1

Ricorsi , 1

Radicofani, !

Pontecentino (1), l

Acquapendente , 1

Lovenzo-Nuovo, 3/4

Bolzena , 1

Monteüascone , i */4

Viterbe, 1

Imposta, 1

Ronciglione, 1

Monterosi , 1

Baccano , 1

La Storta , 1

Rome , 1 V*

Après avoir monté le chemin de Scopetti, on voit à quelque distance sur la gauche , au milieu de montagnes désertes, le sanctuaire de Notre-Dame de V Impruneta, qui est en grande vénération parmi les Florentins. Sur le sommet d’une colline fertile et bien cultivée , on trouve San-Casciano (ad Casas Cœsareas) , bourg considérable que l’on traverse. Eaux thermales , fleurs , chapeaux de paille.

Avant d’arriver au pont de la Pesa , en laissant cette rivière à droite , on trouve le chemin de la Sambuca ou de la Castellina du Chianti; c’est le plus court chemin qui conduit à Sienne. Du même point on peut aller à Passignano , abbaye autrefois des ValIombrosains,.où l’on admire de bonnes peintures.

A moitié chemin de Florence à Sienne , après Tavernelle , on laisse sur la droite Barberino de l^aldelsa, petit château. Avant d’entrer à Poggibonzi , on trouve à droite la route de traverse qui conduit directement à Pise .

Poggibonzi ( Bonitum ) est un gros bourg bien peuplé , situé au pied d’une colline ; ses habitants sont industrieux et manufacturiers. A trois railles environ de la route romaine, sur la droite, on trouve la ville de Colle sur une colline très-élevée : sa position la partage en ville haute et

(i) Première douane de FÉtat romain : il faut se précautionner d’un lasciare passare. Quelques itinéraires comptent à San-Casciano, i poste s;2; Ricorsi, t poste i/a, Radicofani, i. — Dépense. Par Sienne on reste un Jour de moins que par Pérouse ; on trouve constamment des voyageurs pour Rome, avec qui on partage les frais de route, so à 40 f. la nourriture et le coucher compris. — Par Pérouse, 40 à ao fr. — On pourrait au besoin aller à Livourne , s’embarquer pour Civita-Vccchia, d’où chaque jour part une voiture pour Rome, to fr. environ.

(•U IDE EN ITALIE

basse , où sont les papeteries sur Y Eisa et la Stella . La ville haute est la plus peuplée et la mieux cultivée. Hôtel : le Lion-Rouge.

De Colle partent deux routes, dont Tune conduit à Massa , ville du Siennois , et l’autre à f^olterra, ville très-ancienne où Ton voit plusieurs monuments qui attestent son antiquité, et surtout les murailles , qui sont de construction étrusque. Le terrain aux environs est fertile et abonde en eaux minérales. On y travaille des vases et différents morceaux de sculpture sur des modèles étrusques déterrés dans les environs, et dont le Palais Public ou hôtel de ville possède des collections considérables.

En suivant la route de Poggibonzi à Sienne , on laisse sur la gauche le Chianti, pays vaste , montueux , et renommé à cause de ses vins.

A six milles environ de Sienne , le chemin devient moins agréable, mais il offre des situations surprenantes. Vers le déclin des montagnes, les points de vue s’étendent; il y en a de fort beaux et vraiment pittoresques. La route redescend, et on arrive à

Sienne ( hôtels : l’ Aigle-Noir , les Armes-d’Angleterre , les Trois-Rois) (1), est située sur le penchant d’une montagne, et par conséquent sur un sol fort inégal. Les rues sont pavées, les unes de grandes pierres unies, et les autres de briques posées de champ ; la disposition de ces rues est telle , que la plupart sont dirigées vers le centre de la ville; on monte ou l’on descend continuellement. Les tours qui s’élèvent du milieu de la ville , et qu’on aperçoit de fort loin , faisaient partie du palais des Notables. Les maisons sont en général d’une architecture gothique ; il y en a cependant quelques-unes bâties dans le goût moderne, et qui ne manquent pas d’agrément. Plusieurs de ces maisons , qui se trouvent adossées à la montagne, ont des jardins aussi élevés que les croisées, ce qui procure des points de vue trèsagréables. La Porte Romaine , construite en 1321, est un monument vraiment majestueux. La Citadelle , que Côme pr

(i) Voyez Brève relasione (telle cosc più notabili delta città di Stenna, in-iB.

fit élever en 1500 pour s’assurer de sa conquête, est régu* Hère.

Monuments religieux. — La Cathédrale , il Duomo , est de tous les éditices publics le plus considérable ; elle est bâtie sur une petite élévation, et domine une place qui l’entoure de trois côtés. On y monte par des degrés de marbre qui annoncent la grandeur et la magnificence de ce bâtiment : c’est un vaisseau vaste et majestueux, d’architecture gothique, revêtu, tant au dedans qu’au dehors, de marbres blancs et noirs symétriquement rangés par assises. Sa fondation remonte à l'an 1250. Le portail, reconstruit en 1333, a trois portes et un bel ordre de colonnes. La partie supérieure est décorée de statues, de bustes, de campaniles et d’autres ornements. On estime beaucoup les deux colonnes qui supportent le fronton. L’église a 110 mètres de long; son intérieur plairait davantage s'il était plus large. Les piliers, qui tiennent de l’ordre composite, ont beaucoup de légèreté. Les fenêtres , formées d’une multitude de petites colonnes qui avancent les unes sur les autres , ressemblent à des perspectives de théâtre. La voûte est azurée et parsemée d’étoiles d’or. La coupole repose sur des colonnes de marbre. La coupole de la chapelle de la Vierge est dorée , et l’autel incrusté de lapis-lazuli ; cet autel est encore orné de bas-reliefs dorés, et de colonnes de marbre vert de mer, d’ordre composite. Les sculptures en bois qu’on voit tout à l’entour du chœur sont des chefs-d’œuvre de travail et de patience. Dans la chapelle de Saint- Jean , entre plusieurs belles statues , on admire celle de ce saint en bronze, du Donatello . Le pavé de l’église est un des plus beaux ouvrages de ce genre; il représente plusieurs histoires de Y Ancien Testament , exécutées en marbres blancs, gris et noirs : ce sont des tableaux de clair-obscur et en mosaïque , dessinés avec des airs de tête non moins admirables que les chefs-d’œuvre de Raphaël . Une chose assez singulière et qu’on voit dans la cathédrale de Sienne, c’est la suite de tous les bustes des papes jusqu'à Alexandre III , placés sur une espèce de galerie qui règne tout autour de la nef. 11 y a dans i’cglise une chaire avec des bas-reliefs admirables ; dans une chapelle, deux belles statues du Bernin , surtout la Made-

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Jeine. — Visiter attentivement la sacristie , libreria corale, dont les murs ont été peints à fresque par le Pinturrichio , sur les dessins de Raphaël . 11 y a une fresque de ce maître divin. — C'est là qu’est le groupe antique des trois Grâces. — Missels avec miniatures !

L’église St-Giovànni est aussi un édifice remarquable du style gothique, renfermant de belles peintures de Faentini, d’André Bresciano, de Beccafumi , de Martelli ; les fonts baptismaux sont un chef-d’œuvre de sculpture.

La chapelle Sainte-Catherine mérite aussi l’attention du voyageur ( appelée Casa di Santa Catharina) : c’est dans cette maison que naquit cette sainte, dont le père était teinturier.

Sienne possède encore beaucoup d’églises dignes d’être visitées.

Places.— La place del Campo , ou de l’Hôtel-de-Ville, qui a 353 mètres de tour , est ovale , pavée avec des briques de champ et des pierres en compartiments , bordée de boutiques et de bâtiments anciens avec de petits portiques dans le genre gothique , et dans un tel enfoncement qu’on la prendrait pour un bassin destiné à des naumachies. Onze rues y aboutissent ; on y donne toutes les années des fêtes et des jeux qui attirent beaucoup de monde. Sur cette place est une belle Fontaine de marbre avec des bas-reliefs qui représentent les vertus théologales , la création S! Adam et d*Ève9 et leur expulsion du paradis terrestre. Près de cette même place on voit une Colonne de granit sur laquelle est une louve qui allaite Rémus et Romulus , groupe en bronze doré : on croit que cette colonne appartenait à un temple de Diane. A quelques pas de là est une chapelle de la Vierge , en marbre , ouverte en forme de portique : elle fut fondée à l’occasion de la peste, en 1348. La grande tour à laquelle celte chapelle est adossée passe pour avoir 90 mètres d'élévation. Du haut de cette tour on découvre non-seulement la ville et ses environs , mais encore la chaîne des Alpes , qui paraît comme un nuage dans le lointain.

La fontaine appelée Fonte Blanda est très-utile par la quantité et la bonté de son eau : c’est de cette fontaine que parle le Dante dans le troisième chant de son Enfer, Se io ve -

dessi , etc. Elle est dans la rue de l’Oca , laquelle tire son nom d’un capucin apostat appelé Bernardino Occhino , qui a composé un ouvrage très-singulier, intitulé Les Labyrinthes de la liberté .

Le Palais Public , ou Y Hôtel de ville , palazzo degli Iïccelsi , ou de’ Signori , est un grand édifice, isolé de tous côtés, bâti partie en pierres de taille et partie en briques. Il est orné de portiques où l'on peut se promener. L'intérieur se compose de plusieurs salles décorées d’une prodigieuse quantité de peintures relatives à l'histoire de Sienne. L’ancienne salle du conseil , devenue inutile lorsque la république prit fin , fut convertie en salle de spectacle: ce théâtre brûla en 1751 ; on le lit reconstruire. La nouvelle salley de forme ovale, est belle et commode; elle a quatre rangs de loges, mais les peintures de ces loges sont très-communes. Sienne possède une Université , une des plus anciennes de l’Europe ; un Séminaire , un Institut des sourds-muets , une Ecole des beaux-arts , et une riche Bibliothèque composée de 50,000 vol. et de 5 à 6,000 manuscrits. Cet établissement occupe l'ancienne grande salle de la célèbre Académie des Intronati .

Sienne a produit plusieurs hommes célèbres ; elle compte sept papes et un grand nombre de saints, entre autres sainte Catherine, dont on va voir la Casa . C’est la patrie de Gratien, de Mathiole et des trois Socin, l'un desquels fut le principal chef de la secte des Sociniens.

Le commerce de Sienne était autrefois très-considérable. Cette ville a quelques manufactures de laine; on y fabrique des rubans qui se portent à la foire de Sinigaglia , des cuirs, des chapeaux et des cordes d’instruments : le marbre de ses carrières, appelé brocatelle , est très-recherché.

Moeurs — Les Siennois sont spirituels, attables, obligeants, mais d’une si grande délicatesse sur le point d’honneur, * qu’il est très-facile de les blesser. Leur prononciation est douce et harmonieuse, et ils parlent la langue très-correctement. C’est là qu’on trouve véritablement lingua toscana in bocca romana , c’est-à-dire la pureté de la diction de Florence réunie à la douceur de la prononciation des Romains. Les femmes y sont généralement belles ; la blancheur de

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leur teint est relevée par les plus vives couleurs. Pop. 18,000 hab.

De Sienne , en prenant la route au levant , on passe dans la V aldichiana , et de l’autre coté on voit une route oui conduit à Grosselo vers la mer. En continuant le voyage vers l’Etat de l’Eglise, on arrive à Buonconvento , village situé au pied de la montagne, à ï5 milles de Sienne, dans un endroit riant mais malsain , sur l’Ombrone.

Jusqu’à Saint-Quirico le chemin est un peu Incommode ; on monte et on descend continuellement , et l’on jouit de plusieurs points de vue un peu sauvages, mais intéressants.

De Torrenieri on peut aller voir Montalcino , petite ville située à la droite du chemin, sur une montagne. Son climat est froid , mais fort sain : le pays est bien cultivé , et produit un vin muscat très-limpide.

Saint-Quirico est un gros village d’où part un chemin qui conduit à Pienza et à Montepulciano . La première de ces villes, qui s’appelait autrefois Cortignan, et qui fut la patrie de Pie II, est peu peuplée et éloignée de 30 milles de Sienne; l’autre , également petite , est située sur une montagne fertile et célèbre par son vin, dont liedi a dit dans son beau dithyrambe :

Montepulcian che d'ogni vino è il re.

De Saint-Quirico à Radicofani le pays est Inculte et mai peuplé, et le voyage tout à fait désagréable. Dans les petits torrents qu’on rencontre en grand nombre dans cette partie de la route, on trouve des pierres de toute grosseur et de différentes couleurs, même quelques-unes agatisées, qui peuvent servir au travail en mosaïque.

Radicofani (, Junias ) ( hôtel : la Poste) est un gros bourg entouré de vieilles murailles, et défendu par un château près de la frontière, à gauche du chemin, vers les confins de l’Etat romain, sur une montagne escarpée très-difficile à franchir du côté de l’ouest. Sous les fortifications on voit un grand amas de pierres noires , et l’on prétend qu’il y a eu autrefois un volcan. Ce pays a souvent éprouvé

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des tremblements de terre. Le bourg de Radicofani est un peu au-dessous du sommet de la montagne, et ses environs abondent en sources d’eau très-fraîche.

De Radicofani à Pontecentino ( Sentina)y on paye une poste et demie ; avant d’arriver à cette dernière poste, on sort de la Toscane. On arrive à Pontecentino par un chemin escarpé, du haut duquel il parait situé dans une espèce d’abime.

Après avoir passé le beau pont sur la Paglia, on trouve une route assez bonne qui conduit à

Acquapendente ( Aquula ), anciennement bourg, et maintenant ville de peu d’importance. Les meilleures habitations sont modernes; le peuple est grossier et paresseux. On voit une assez jolie cascade à la porte du côté de la Toscane, d’où la ville a tiré son nom. Auberge : la Poste.

Ceux qui aiment les curiosités de la nature, en voyageant d’Acquapendente jusqu’à Rome, pourront s’apercevoir aisément que le sot est en grande partie volcanique.

En sortant d’Acquapendente la route est tracée dans une plaine fertile et élevée. Sur les collines de tuf qui sont près de Saint-Laurent-aux-Grottes, on remarque de distance en distance des cavernes naturelles dans les rochers, et des grottes artificielles (l).

On voit les ruines de l’ancienne ville appelée aujourd’hui Saint-Laurent-Ruiné ; elle a été démolie à cause de sa situation malsaine au pied de la colline , sur le sommet de laquelle on a bâti la nouvelle ville appelée Saint- Laurent- Neuf. On passe ensuite à Bolsena , bâtie sur les ruines de l’ancienne Volsinium , autrefois une des principales villes de l’Étrurie et capitale des Volsques, aujourd’hui ville assez misérable, où il n’y a de remarquable qu’un sarcophage antique sur la place de V église. On côtoie ensuite le beau lac de Bolsena , qui a près de 30 milles de circuit , où l’on voit deux petites îles habitées. Ce lac était peut-être le cratère de quelque volcan. Il y a peu de contrées en Italie qui offrent des

(i) On attache an troisième cheval de Bolsena \ Saint-Laurent , de Bolsena à Montcflasconc, de V Herbe à Monte fiasconc , de Roneiylione à VImposta.

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points do vue plus beaux et plus délicieux que les environs de llolsena.

Vis-à-vis du lac et près de la route, on voit la colline remarquable dont parle Kircher ; elle est formée de colonnes eu prismes réguliers de basalte, qui sont pour la plupart penchés, et d’une longueur assez considérable ; hors de la terre, ils sont presque tous de ligure hexagone, et plats aux deux extrémités.

Okviette , à peu de distance de Bolsena , est une ville bâtie sur le tuf : quoiquelle soit d’un accès difficile , elle mérite cependant qu’on y fasse une course à cheval pour y voir les raretés qu’elle ^renferme. La Cathédrale est un bel édilice gothique; sa façade est remarquable , enrichie de sculptures et de mosaïques. Nicolas Pisati y a travaillé comme sculpteur. Dans l’intérieur on remarque aussi des sculptures et de bons tableaux. La Chapelle , peinte par Signorelli , mérite toute l’attention des amateurs ; le divin Michel- Ange en faisait son étude ordinaire. La chapelle du Saint- Miracle du Corporal est fort riche. 11 faut voir aussi dans cette ville le profond puits creusé dans le tuf, d’une telle grandeur qu’on peut y descendre à cheval par un escalier ou une rampe à cordon de 160 marches, éclairée par 100 petites fenêtres , et remonter par un autre semblable , pratiqué du côté opposé. Le Palais Public et le collège des Jésuites méritent aussi d’être visités. Le vin d’Orviette est excellent. Pop. 7 ,000 hab.

A travers un bois épais, et qu’on ne coupe jamais à cause de sa rare antiquité , passe la route qui conduit à

Montefiascone. Cette ville, située sur une colline , n’est ni belle , ni peuplée , ni commode pour les habitants ; mais elle domine une immense étendue de pays, ce qui de loin lui donne l’air d’une métropole, comme en effet elle était autrefois. Elle est maintenant renommée par ses vins, surtout par le muscat. Dans Y église de Saint-Flavien , on lit l’épitaphe attribuée à un prélat allemand qui y mourut ivre

en voyageant : Est , esty est , et pr opter nimium est

morlaus est. Un domestique du prélat avait ordre d’écrire sur chaque auberge le mot est , si l’aubergiste servait de bon vin : il écrivit à Montefiascone, en gros caractères, et par

trois fois , le mot; le prélat s’y arrêta ; il but tant, qu’îl mourut. Le serviteur fit alors l’épitaphe, etc.

En reprenant le voyage de Monteflaseone à Viterbe, la route est belle , et traverse des campagnes cultivées , à la vérité, mais qui offrent un coup d’œil triste. Le temps n’a pas encore amélioré et couvert avec la masse des végétaux putréfiés la terre volcanique du pays. Avant d’arriver à Viterbe, on voit sur la droite un petit étang d’eau chaude qui exhale une odeur sulfureuse , qu’on appelle le Bulicame *

Viterbe ( Viterbium ) ( hôtels : l’Aigle-Noir, l’Ange) , ville d’une médiocre grandeur, et qui renferme une population d’environ 13,000 âmes , est située au pied du mont Cimino , entourée de murailles et flanquée de tours qui de loin forment un beau coup d’œil. Elle est environnée de jardins, ornée de fontaines, et renferme des maisons bâties avec élégance, et des églises dont les façades sont d’une très-bonne architecture. Ses rues sont pavées en entier de grands morceaux de lave de quatre à huit pieds de long. Le voyageur doit remarquer particulièrement la Place , qui est régulière, ornée de portiques et de plusieurs édifices qui annoncent de la magnificence; le Palais Public , peint par Balthazar Croce ; entre les églises, la Cathédrale , où se trouvent les tombeaux des papes Jean XXI, Alexandre IV, Adrien V et Clément IV, et qui renferme de belles peintures; hors de la porte Romaine, Sainte-Rose et le couvent autrefois des Dominicains , qu’habitait le P. Annins de Viterbe, célèbre par ses impostures littéraires ; et Saint-François , où Pon admire un Christ mort, peint par Sébastien del Piombo , d’après un dessin de Michel- Ange»

En sortant de Viterbe, l’ancienne route gravissait la montagne appelée Mous Cyminus , qui est très-élevée et communique du côté du nord avec d’autres montagnes qui sont pourtant séparées de la chaîne de l’Apennin; la nouvelle route , construite dans une autre direction , est superbe ; de chaque côté on voit naître spontanément des lleurs et des herbes odoriférantes. La montagne est formée de différentes matières volcaniques amoncelées dans le plus grand désordre.

En descendant la montagne pour arriver â Ronciglione,

GCJ1DH EN ITALIE

on côtoie le lac de Vico ( Cy minius) , entouré de collines couvertes de bois : ce Jac forme un beau bassin d’environ trois milles de circuit.

On laisse à gauche Caprarola , situé sur la montagne qui domine Roriciglione; il n’y a de remarquable dans cet endroit que le palais Caprarola des Farnesi, pentagone ingénieusement construit en forme de citadelle par Vignola ; les peintures sont de Pierre Orbista .

Par un beau chemin terminé par un arc de triomphe on arrive à Ronciglione , bourg assez riche et bien peuplé, situé près du lac de Yico. Les édifices sont construits en tuf, et le Château olfre un coup d’œil imposant. Une vallée voisine, belle et profonde, présente des points de vue pittoresques. On trouve dans les environs des cavernes creusées dans le tuf. Les campagnes ont un air triste et aride; l’agriculture y est mal soignée. Ronciglione contient quelques fabriques de papier et des forges. Pop. 3,500 h.

Avant d’arriver à Monterosi (Mous Erosusy ou plutôt Roxolum ) , on voit un torrent de lave : à Monterosi ( hôtel : la Poste), la route de Pérouse rejoint celle de Rome. Sur Je sommet des collines où est le château de Monterosi, on a trouvé dans les fouilles des chambres souterraines et plusieurs monuments étrusques. De cet endroit jusqu’à Baccano on voit une continuation de collines de tuf volcanique.

En descendant de Monterosi à la Storta , on voyage pendant plusieurs milles sur l’ancienne Voie Cassienne , qui était en grande partie mal entretenue , mais qu’on a réparée.

De Baccano , qui est situé près d’un petit lac, on aperçoit le globe de la croix de Saint-Pierre, et l’on commence à découvrir la ville de Rome. Dans les environs de Baccano, Pair est , pour ainsi dire , infecté par les eaux stagnantes du lac et des étangs des environs.

On continue le voyage toujours en descendant, et l’on traverse une campagne , la plus négligée peut-être qu’il y ait en Europe. Entre la Storta et Ponte-Molle , sur le Tibre, on voit à gauche le tombeau de Néron , et à Ponte-Molle on rencontre les routes de Foligno et de Pérouse . En avançant vers Ponte-Molle, le pays présente des coups d’œil

agréables; le sol est naturellement bon, mai9 toujours négligé.

De Ponte- Molle à Rome, la route traverse une vallée entre les monts Pincio et Mario . Le pont anciennement appelé Pons Æmilius , et depuis Milvio , est à un mille de la porte du Peuple, sur la voie Flaminienne. Tout près on rencontre la rotonde de Saint-André, le plus bel édifice moderne des environs de Rome, qui s’élève majestueusement au milieu d’une vaste étendue de ruines. On arrive à la porte du Peuple .

Rome. Voy . page 573.

ROUTE LXXXY.

de FLORENCE A ROME,

Par Pérouse , 55 1. , 27 p. Vî*

Pontasieve , Incisa ,

San-Giovanni , Leva ne , Ponticino , Arezzo , Rigutino, Camuscia ,

Case del Piano, La Magione, Pérouse ,

Aux Anges , Foligno ,

Le Yene, Spolette,

La Strettura , Terni ,

Narni ,

Otricoli , Borghetto , Civita-Castellana, Neppi ,

Monterosl , Baccano,

La Storla,

Rome ,

De Y Incisa à Levane , on côtoie presque toujours l’Arno dans une plaine fertile et agréable qui , tirant son nom de la rivière qui l’arrose , s’appelle Val d' Arno supérieur ou de dessus.

Dans ces endroits on trouve des os d’éléphants. C’est ici peut-être que s’arrêta quelque temps l’armée d’Annibal , avant de s’avancer pour mettre en déroute l’armée romaine placée sur le Trasimène, et commandée par le consul Flaminius.

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Cependant Annibal, à ce que disent les historiens, ne sortit des défilés de l’Apennin qu’avec un seul éléphant.

» Figline est un beau village peuplé et entouré de murailles. A cinq milles on trouve Saint-Jean , autre village de la vallée d’Arno, et plus loin Montevarchi , bourg assez grand, riche et bien peuplé, situé dans une plaine très- fertile. L’industrie et le commerce y fleurissent également.

À Malafresca , en tournant vers i’Arno, on trouve un chemin de traverse qui était autrefois la route postale et qui conduit également à Arezzo ( Aretium ). On passe l’Arno au pont RomitOy et, après Laterina et Monsolio , on le repasse au pont Buriano.

A Praio Antico on passe la Chiana ( Clanis ), qui arrose une vallée très-fertile à laquelle elle donne son nom, et qui est le grenier de la Toscane. Avant d’arriver à ce pont, dans un endroit appelé le Cerro , il y a une route de traverse qui conduit par le plus court chemin au Bastardo et a la vallée de Chiana .

Au delà de l’Arno il y a trois sanctuaires qui méritent d’ètre vus. Le premier est le monastère de Vallombreuse , ù 20 milles environ de Florence, et qui a été le berceau de l’ordre des moines Vallombrosaîns. Le bois touffu de sapins , nommé Abetelli , qui l’environne, est très-beau.

A une hauteur considérable au-dessus du monastère, est un ermitage dit le Petit-Paradis y d’où l’on jouit d’une* superbe vue qui s’étend jusqu’à la Méditerranée.

Au milieu d’une vaste solitude, à 25 milles nord-est de Vallombreuse , vers la source de l’Arno , dans le Casentin , existe l’autre sanctuaire de Camaldules ( belles fresques), où saint Romuald, après sa fameuse vision, fonda l’ordre des Camaldules. Au-dessus du monastère, en montant presque au sommet de l’Apennin, sur la montagne appelée Poggio agli Scali , on trouve une retraite monastique appelée le Saint-Ermitage , où l’on jouit d’une trèsbelle vue. Dans les environs de ce monastère , la chaîne des Apennins est si élevée , que du sommet de plusieurs montagnes on découvre les deux mers qui entourent l’Italie.

A 30 milles est des Camaldules et à 30 milles d’Arezzo

on trouve XAlvernia . C'est le troisième sanctuaire qui servit de retraite à saint François , occupé jadis par les franciscains réformés. Dans V Église, située sur le sommet de la montagne, on admire des bas-reliefs excellents de Luc de lu Robbia . V Orgue est un des plus célèbres de Tltalie. On montre aux étrangers une Chapelle où Ton dit que saint François reçut les stigmates sacrés.

On trouve sur les lieux mêmes la description de ces trois sanctuaires. On loge près de Y Alvernia , à l’auberge de la Breccia.

Arezzo ( hôtels : la Poste, les Armes-d’Angleterre) , ville remarquable par son antiquité , bien bâtie et dans une situation agréable, au pied d’une colline. Elle a donné naissance à plusieurs hommes illustres, entre autres à François Pétrarque, qu’on croit originaire de PIncisa. Les rues sont commodes et pavées de pierres. On voit sur la place un superbe édifice , appelé les Loges , élevé sur le dessin de Vasari. Il comprend la douane, le théâtre et un portique avec des arcades de 133 mètres de long. Les églises ont de fort bons tableaux, et l’on admire entre autres, à Vudbbaye supprimée des moines du mont Gassin , un Repas d’Assuérus, superbe ouvrage de Vasari , et un gonfalon peint par le même, représentant d’un côté saint Roch et de l’autre les ravages de la peste. C’est dans cette église qu’on voit la fameuse coupole en perspective , peinte avec une parfaite illusion par le jésuite del Pozzo . Dans la Cathédrale , qui est un vaste temple gothique élevé dans l’année 1300 , sur le dessin de Margaritone, on admire le grand autel; le tombeau de l’évêque Guide Tarlati de Pielramalala , dessiné par Jean de Pise ; la statue du grand-duc Ferdinand II, par Francaviüa ; les vitraux des fenêtres ; parmi les peintures, on remarque des toiles de Poccetti , Santini , et le Martyre de saint Dominique, par Benvenuti . Aux Olive tains , supprimés, on voit les ruines d’un amphithéâtre du temps des Romains, illustré par le chevalier Laurent Guazzesi. Za Pieve, église cathédrale , ressemble aux ruines d’un ancien temple, peut-être du temps des païens. Dans une chapelle est une Judith de Benvenuti, une Abigaïl de Sabatelli , peintres vivants. La porte d’entrée n’est pas au

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