ROME VUE EN HUIT JOURS
Première Jonrnée.
Du pont Molle au Capitole .
Pont Molle. En venant de Rome par la route de Vï-
(») Ouvrages à consulter sur les catacombes de Rome : rouages dans les catacombes de Rome , par M le chevalier Artaut de Montor , i vol. Paris, ibio; Tableau des catacombes de Rome , par M. Raoul Rochette , « vol. in-12, grav. , Paris.
(2) Pour de plus amples détails sur Rome , consulter Rome vue en huit jours . Paris, L. Maison, éditeur, rue Christine, 5.
(s) Cette notice sur Rome renferme, jour par jour, tout ce que doit visiter le voyageur, et dans l’ordre même des monuments. Nous sommes sûrs de ne rien avoir oublié d’essentiel. Seulement on ne doit pas attendre d’un itinéraire si rapide la mention de tous les tableaux qur. renferment les églises, les palais, les collections particulières.— (Extrait de Borne vue en huit jours, 1 vol. in-is avec plan, prix 2 fr., Paris chez l’éditeur du Guide.)
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terbc ( Fanum Foltumnœ ), qui correspond à l’ancienne voie Cassienne , ou par celle d’Otvicoli ( Oriculum ) , qui correspond à la voie Flaminienne , on doit passer le Tibre à deux milles de la ville, sur le pont qu’on appelle aujourd’hui Molle, et qui fut appelé jadis Milvius ou Mulvius , d’où dérive le nom moderne. M. Æmilius Scaurus le construisit vers la moitié du vir siècle de Rome. Une partie de ce pont est ancienne ; le reste a été restauré plusieurs fois. — Visiter V église St-André , architecture de Fignole ; la jolie cas sine du pape Jules; Y arc Oscuro. On arrive à la
Porte du Peuple. Les statues de saint Pierre et saint Paul, qui sont dans rentre-colonnement, furent faites par Mochu Alexandre VII lit orner la façade intérieure 4 d’après les dessins du Bernin , en 1657, à l’occasion de l’arrivée à Rome de Christine, reine de Suède. On se trouve sur la
Place du Peuple. Deux immenses hémicycles ornés de fontaines et de statues, bornés par quatre bâtiments uniformes et deux églises magnifiques, la cernent : au centre s’élève un grand Obélisque égyptien . LWchitccture nouvelle de cette place est du chevalier Faladier . L’hémicycle à gauche est couronne par le jardin public du mont Pincius : la statue colossale de Rome, entre l’Anio et le Tibre , qu’on y voit, est l’ouvrage de Ceccarini , de même que l’autre vis-à-vis, représentant Neptune entre des Tritons; celles du Printemps et de l’Eté, qu’on a placées aux deux extrémités de ce demi-cercle , ont été faites par Guaccarini et Laboureur ; celles de l’Automne et de l’Hiver, qui sont vis-à-vis , ont été sculptées par Stocchi et JkCini . L’obélisque est couvert d’hiéroglyphes , et a environ 25 mètres de hauteur, sans compter le piédestal : il fut érigé originairement par le roi Ramsès à Héliopolis , ville de la basse Egypte, pour orner le temple du Soleil, et fut transporté à Rome par Auguste.
Eglise de Sainte-Marie-du-Peuplê. Le pape Pascal II fonda cette église vers l’année 1099, pour délivrer le peuple des fantômes nocturnes qu’on attribuait au corps de Néron. L’intérieur est divisé en trois nefs : dans la première chapelle, à droite en entrant, les peintures de Pinturicchio. La
troisième chapelle, dédiée à la Vierge et à d’autres saints , érigée par Sixte IV, a été peinte par Pinturiccliio : la balustrade est fort élégante. L’ancienne image de la Vierge, sur le maître-autel, est une de celles que l’on dit peintes par St Luc . Les peintures de la voûte du chœur sont de Pinturicchio, et les deux beaux tombeaux ornés de statues ü André Contucci , dit le Sansovino . Dans la chapelle qui est à droite du maître-autel il y a un beau tableau à'Annibal Carrache , représentant l’Assomption. Le Crucifiement de saint Pierre , et la Conversion de saint Paul ; les peintures latérales sont de Michel-Ange de Caravage . Près de la chapelle Chigi est le tombeau de la princesse Odescalchi Chigi , fait sur les dessins de Paul Posi ; il serait à désirer que le goût égalât la magnificence de ce monument. Trois grandes rues commencent à la place du Peuple. Celle à droite s’appelle de Ripetta ; l’autre à gauche se nomme du Babouin; elle passe par la place d’Espagne. La troisième, qui est entre les deux précédentes , est la
Rue du Cours. Cette rue , tracée sur l’alignement de la voie Flaminienne , tire son nom des courses de chevaux qu’on y donna dès le règne de Paul 11 ; elle est la plus belle et la plus fréquentée de Rome : l’entrée est décorée par deux églises d'architecture presque uniforme; celle à gauche s'appelle
L’église de Sainte-Marie-de-Monte-Santo, commencée vers l’année 1662, par ordre d’Alexandre VII, d’après les dessins de Rdmaldi. — Quelques tableaux, quelques fresques. De l’autre côté du Cours est
L’église de Sainte-Marie-des-Miracles. Dessins de Jtaïnaldi , par Charles Fontana . Le tableau de saint Antoine , à droite en entrant , est de Guarscard . Les quatre anges qui soutiennent l’image de la Vierge dans le maîtreautel ont été faits par Raggi . — Statues de Raggi et de Lucenti. En sortant de cette église , et prenant la rue du Cours, on trouve un peu après , à droite , le palais Capranica . Ensuite à gauche
L’église de Jésus et Marie, bâtie sur les dessins de Charles , Milanais , et achevée par Raïnuldi , qui lit la façade et décora l’intérieur de beaux marbres et de stucs dorés
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qui la rendent une des églises les plus magnifiques de Rome. Elle renferme plusieurs tombeaux de la famille Bolognetti. Le tableau du maître-autel et les peintures de la voûte sont de Hyacinthe Brandi . Le tableau que Ton voit sur l'autel de la sacristie, et les trois fresques de la voûte, sont de Lan franc . Presque vis-à-vis on voit
L'église de ST-jACQUES-DEGL’lNCURAMLi.DansIa seconde chapelle à droite est un beau bas-relief de Le Gros , statuaire qui n’est pas assez connu. 11 représente saint François de Paule qui demande à la Vierge la guérison de plusieurs malades. Dans la rue , à côté de cette église , on trouvait l’atelier de Canova. En retournant à la droite du Cours, on trouve à droite
L’église de St-Ciïarles, une des plus magnifiques de Rome. Elle a trois nefs divisées par des pilastres d’ordre corinthien , et est ornée de peintures et de stucs dorés. La chapelle la plus remarquable est celle de la croisée à droite : elle est décorée de beaux marbres , de bronzes dorés et de sculptures, et a été faite sur les dessins du chevalier Paul Posi. Le tableau du maître-autel , qui représente St Charles présenté par la Vierge à Jésus-Christ, est un des meilleurs ouvrages de I^ebruny peintre, et son plus grand tableau. Après l’église de Saint-Charles , le
Palais Ruspoli. Le plan de ce magnifique palais a été fa*t par Barthêlevni Ammanati , pour la famille Ruccellaï. L’escalier est formé de 115 marches, toutes d’un seul bloc de marbre blanc. Au rez-de-chaussée est le plus beau café qui soit à Rome ; les salles dont il est composé ont été peintes tout récemment. A droite , la place qui tire son nom de
L’église de St-Laurent-in-Lucina. L’architecture du maître-autel est de Rainaldi ; on y admire le tableau célèbre du Guide , représentant le Crucifix, magnifique de pose, de coloris et d’expression. C’est M. de Chateaubriand qui fit élever au Poussin le monument modeste qu’on trouve à droite en entrant, sur la muraille. Dans la rue à gauche on trouve
L’église de St-Sylvestre-in*Capite. Cette église, dont on fait remonter l’origine à l’année 261 , existait déjà dans le vu* siècle. Rien de curieux. On arrive au
Palais Chigi. Commencé d'après les dessins de Jacques de la Porte , et continué par Charles Maderne. On y admire deux statues du Bernin , quelques antiques; la Flagellation, du Guerchin; la Ste Cécile, du Guide ; des Baroches , Saivator Jiosa . À visiter! — Dans le second étage on voit un cabinet décoré de dessins originaux placés sous des verres , appartenant à Jules Romain , Sacchi , Bernin , etc. line des façades du palais est tournée vers la Place Colonne, qui occupe une partie du Forum d’Antonin le Pieux , et tire son nom de la grande colonne que le sénat éleva en l’honneur de Marc-Aurèle Antonin , pour les victoires qu’il remporta en Allemagne sur les Marcoinans. Les bas-reliefs qui entourent le fût de la colonne sont relatifs aux exploits de l’empereur Marc-Aurèle en Allemagne. On y remarque surtout la figure de Jupiter Pluvieux. Cette colonne dorique, composée de 28 blocs de marbre blanc, placés horizontalement les uns sur lés autres, a 3 mètres 86 cent, de diamètre et 50 mètres de hauteur. Aux quatre côtés de cette- belle place on voit le palais Chigi , dont on visite la galerie; celui du prince de Piombinot qui est sur la rue du Cours ; le palais IViccolinit vis-à-vis le palais Chigi, et le bureau général de la poste aux lettres et de la contrôlerie du gouvernement. La rue à gauche de la poste aux lettres conduit à la place de
Monte-Citorio. Au milieu est Y Obélisque solaire , érigé à Héliopolis par Psammeticus Ier , roi d’Égypte , comme on lit dans les cartouches hiéroglyphiques, et que Pline attribua par méprise à Sésostris. 11 est de granit rouge , et a 22 mètres 66 cent, de hauteur, sans le piédestal moderne, qui est de la même pierre , et qui a 4 mètres 33 cent, de haut. L’édifice principal qui décore cette place est la Curia Innocentiana. Ce magnilique palais, commencé en 1600, sur les dessins du chevalier Bernin , parie pape Innocent X, fut achevé sous Innocent XII par Charles Fontanay qui le destina aux tribunaux; c’est pourquoi il fut appelé Curia Innocentiana . A droite de ce palais est l’église des prêtres de la Mission. Non loin de là est la place dite di Pietra , sur laquelle on voit des ruines du
Temple dit ü’Antonin. Pour avoir une idée de ce monu-
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ment colossal, il faut entrer dans l'intérieur de la cour de la Douane. Il ne reste de ce temple que onze colonnes trèsmajestueuses , qui soutenaient un entablement magnifique de marbre. Vers la lin du xvir siècle, cet édifice fut réduit à servir de fat;ade à Ja douane des marchandises qu'on apporte par terre à Rome ; c'est pourquoi on l’appelle la Dogana di Terra. La rue qui est à coté de ce temple conduit à
L'église de St-Ignace. Le célèbre Dominiquin en fit deux dessins différents; le P. Grassi , jésuite, prit une partie de chacun de ces dessins, et forma celui qui a été suivi. L'intérieur est divisé en trois nefs par de gros pilastres corinthiens. Les peintures de la grande voûte, celles de la tribune , et le tableau du premier autel à droite, sont du P. Pozzi , jésuite. Les plus belles chapelles de cette église sont celles de la croisée , faites sur les dessins du même P. Pozzi , qui peignit aussi la voûte de la grande nef, dont la perspective est admirable. Chapelles d’architecture uniforme, ornées de beaux marbres, de bronzes dorés, et de quatre colonnes torses plaquées en vert antique. Dans la chapelle à droite , qui appartient aux Lancelotti , on remarque sur l’autel un bas-relief bien exécuté par Le Gros , représentant saint Louis de Gonzague. Sous l'autel est une urne plaquée en lapis, qui renferme le corps du saint. Près de la porte latérale on voit le magnifique tombeau de Grégoire XV, ouvrage aussi de Le Gros. Cette église est attenante au College Romain , immense bâtiment érigé en 1682 , par Grégoire Xlll, sur les dessins de Barthèlemi Ammanato. En sortant de l’église de St-lgnace, on rentre à droite dans la rue du Cours , où l'on voit le
Palais Sciarra. La belle architecture de ce palais est de Flamine Pontius. 11 y a une belle collection de tableaux , parmi lesquels nous citerons la Madeleine du Guide ; la Vanité et la Modestie, de Léonard de Vinci ; les Joueurs, de Michel-Ange Caravage ; des Breughel ; un Joueur de violon, par Raphaël , etc. Toutes ces toiles sont magnifiques. VIs-à-Vis ce palais est
L’église de St-Marcel. Les peintures les plus remarquables sont celles de la quatrième chapelle à droite, consacrée au Crucifix , où l’on voit représentée sur la voûte la
création d’Èvc, ouvrage fort beau de Pèrindel Vagay qui peignit aussi le St Marc et le St Jean ; tombe de Gonzalvi. Cette église est à côté du
Palais Doria, jadis Pamphili, un des plus grands de Rome, et qui a été fait à plusieurs reprises. La collection est fort belle , fort nombreuse. Nous signalerons deux Albert Durer d’une expression naïve; la Jeanne de Naples , de Léonard de Vinci , figure céleste ; les portraits réunis de Barthole et Baldus, de Raphaël ; une Piété, d 'Annibal Carrache ; un Claude Lorrain tel qu’on n’en trouverait pas en France , son chef-d’œuvre ; les Avares y têtes sublimes de Y école flamande ; un beau Téniers , un Murillo , un petit cadre de Michel- Ange y Jésus-Christ en croix , sublime de sentiment ! un Vélasquez de la plus belle couleur ; deux Rubens; les van Dyck ne sont pas de la première beauté. Le palais visà-vis le palais Doria, sur le Cours, a été bâti d’après les dessins de Charles Rdinaldi , pour l’Académie des beaux-arts établie par Louis XIV à Rome; c’est pourquoi on l’appelle Y Académie de France . En entrant dans la place de Venise, on trouve à droite , au coin de la rue du Cours , le beau palais Rinuccini , bâti sur les dessins de Jean-Mathieu de Rossi: il a appartenu à madame Laetitia Bonaparte , mère de Najjoléon. Plus avant, on remarque sur la place de Venise le
Palais de Venise. Ce magnifique palais porte ce nom parce qu’il appartenait autrefois à la république de Venise, quia donné aussi la même dénomination à la place qui est au bout de la rue du Cours, sur laquelle il est situé. Il fut bâti en 1408 , par Paul 11 , d’après l’architecture de Julien de Majano, qui se servit des pierres du Colysée. Attenant à ce palais est
L’église de Saint -Marc. Le tableau de l’autel, dans la première chapelle à droite , est de Palma ; ceux aux deux côtés , de môme que les peintures de la voûte, sont du Tin toret. Le saint Marc de la chapelle qui est au fond de cette nef est l’ouvrage de Pierre Pcrugin : les tableaux des deux côtés sont de Bourguignon . En sortant de cette église par la grande porte , on trouve à gauche la petite place de Macel de ’ Co^ci, où, au commencement de la montée dite la Salita di Mar for io , on voit les beaux restes du
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Tombeau de C. Publicus Bibulus. On ignore la date précise de l’édilité plébéienne de C. Publicus Bibulus , niais, d’après le style du monument et l’orthographe de l’inscription , on peut croire que sa mort fut contemporaine à César. Revenant au Cours, on voit sur la place de Venise le Palais Torlonia , construit par Charles Fontana pour la maison Rolognetti. Jean Torlonia , duc de Bracciane, l'enrichit de tableaux , de peintures des meilleurs peintres vivants, tels que Camuccini , Landi et Palagi , et dans un beau cabinet construit exprès plaça le fameux* groupe colossal de Canova, représentant Hercule furieux qui jette Lycas dans la mer. Son üls Alexandre y a fait un escalier magnifique, et l’a tellement orné que, par la richesse des meubles , la somptuosité des appartements et le goût le plus fin qui y règne partout, ce palais mérite d’étre compté parmi les plus intéressants de Home. Ce palais est vis-à-vis de L’église de Jésus, magnifique temple desservi parles jésuites , un des plus grands et des plus riches de Rome, commencé en 1575 par le cardinal Alexandre Farnèse, sur les dessins de Fignole. La chapelle de Saint-Ignace, à gauche de la croisée , fut faite d’après les dessins du père Pozzi , et est une des plus magnifiques et des plus riches de Rome. Elle est ornée de quatre superbes colonnes revêtues de lapis et rayées de bronze doré. Cette chapelle est décorée de basreliefs en bronze doré et en marbre , de même que de deux beaux groupes de figures en marbre, l’un de Jean 7'eudontei l’autre la Religion qui, armée de la croix , terrasse et foudroie l’Hérésie , de Le Gros .
• Deuxième «fournée.
Du Latran au Capitole .
Mont Capitolin. Mesquin abord : rien de large, point d’avenue.
Capitole moderne. Au lieu de présenter , comme autrefois , une majesté imposante et formidable , le Capitole aujourd’hui n’oITre plus que des objets d’art qui le rendent
un des endroits les plus intéressants de Rome. On doit l’embellissement moderne ù Paul 111 , qui y érigea les deux édifices latéraux uniformes sur les dessins de Michel-Ange. Au bas des balustrades de la rampe sont deux beaux lions égyptiens en granit noir. Au haut de l’escalier, sur la balustrade, sont deux statues colossales, en marbre pentélique, de Castor et Pollux, placées à côté de leurs chevaux, et qui furent trouvées sous Pie IV, près de la synagogue des juifs. A côté de ces statues, on voit deux beaux trophées en marbre , connus sous le nom de trophées de Marius. On voit aussi sur la même balustrade deux statues , une de Constantin Auguste et l’autre de Constantin César, trouvées sur le mont Quirinal, dans les thermes de Constantin. Enfin , des deux colonnes qu’on y remarque, celle placée à droite en montant est l’ancienne colonne militaire qui marquait le premier mille de la voie Appienne, où elle a été trouvée en 1684 : la boule de bronze n'existait pas; l’autre colonne, située du côté opposé, a été faite pour servir de pendant à celle-ci : la boule qu’elle soutient est ancienne. La place du Capitole, qui est carrée, est décorée au milieu de la statue équestre de Marc-Aurclc Antonin en bronze doré, véritable chef-d’œuvre. Des trois édifices qui décorent le Capitole, celui qui se présente en face est le
Palais Sénatorial. Sur le devant est une grande fontaine construite par ordre de Sixte V , et ornée de trois statues antiques : celle du milieu , qui est en marbre blanc, drapée de porphyre, représente Minerve assise : elle fut trouvée à Cora; les deux autres, qui sont colossales et en marbre de Paros, représentent le Nil et le Tibre; elles sont de bonne sculpture du temps des Antonins, et viennent du temple de Sérapis qui était sur le Quirinal. Après avoir monté l’escalier, on entre dans une salle vaste et magnifique qui sert au sénateur et aux juges de son tribunal.
Musée ou Capitole. Le pontife Clément XII commença ce superbe musée. Au fond de la cour , est la statue colossale de l’Océan, connue sous le nom de Marforio, qui existait jadis près de l’arc de Sept! me Sévère. À droite sur le mur sont plusieurs inscriptions mortuaires des soldats prétoriens, trouvées à la vigna del Cinque, hors de la porte Salaria . A
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gauche et à droite de l’Océan, sont deux Satyres restaure# en forme de Télamons. Dans le portique on voit, à gauche de la porte d’entrée, un torse colossal jadis existant à Bevague , une Minerve colossale , quatre faisceaux consulaires en bas-relief, une province romaine en bas-relief sur un grand piédestal, une tète colossale de Cybèle, trouvée dans h villa d’Adrien à Tivoli , etc. A droite de la porte d’entrée est une statue de Diane, remarquable par sa belle draperie, unclsis en granit rouge, une statue colossale de Diane, un Jupiter, le Cyclope Polyphème, et une statue d’Adrien en habit de sacrificateur. On passe ensuite dans la chambre du Canope , qui porte ce nom parce qu’on y a rassemblé toutes les statues égyptiennes trouvées au Canope (édifice de la villa d’Adrien à Tivoli), de même que d’autres sculptures égyptiennes. Au milieu de cette chambre est le bel hermès double en noir antique d’isis et d'Apis, sculpture du siècle d’Adrien, dans le style égyptien. De la chambre du Canope, on entre dans la salle des Inscriptions : on a rangé tout autour des murs 122 inscriptions impériales ou consulaires, qui offrent une série chronologique depuis Tibère jusqu’à Théodose. Des sculptures qui sont dans cette salle , la plus remarquable est l’autel carré sur lequel sont représentés les travaux d’Herculc : cet autel est du style grec ancien. On passe ensuite dans la salle de Y Urne : un grand sarcophage en marbre blanc attire l’attention des amateurs, et donne le nom à cette salle dont il est l'ornement principal. En retournant au portique , vis-à-vis la statue colossale de Mars , on trouve le grand escalier où on a encadré dans les murs les fameux fragments de l’ancien plan de Rome , qui ont été trouvés dans les ruines du temple de Rémus , sur la voie Sacrée. On monte à un long corridor qu’on appelle la Galerie , tout rempli d’anciens monuments ; avant de la parcourir on entre à droite dans la salle du Vase : au milieu est un grand vase de marbre blanc orné de feuillages et trouvé près du tombeau de Cécilia Métella. Ce vase est posé sur un ancien autel rond, où on voit sculptées tout autour les douze divinités avec leurs attributs : il fut trouvé à Neptune près d ’Antium. Outre ce vase, il y en a un autre en bronze trouvé au port <V Antiuni dans la mer, cl qui avait été donné par le roi
Milhridalc Eupator au gymnase des Eupatorisles. 11 faut remarquer le petit groupe d’Hécate en bronze, le petit basrelief connu sous le nom de Table Iliaque , un tripode, une Romaine en bronze, deux statues de Diane d’Ephèse et deux mosaïques. De cette salle on entre, dans la Galerie : vis-à-vis le grand escalier sont les bustes de Marc-Aurèlcet de Septimc Sévère, d'une conservation étonnante. Les murs sont plaqués d’inseriptious trouvées dans la chambre sépulcrale ou colombaire des serfs et des affranchis de Livia , en 1726 , sur la voie Appienne. Statues. — Ebriété de Caton, sarcophage , un Discobole , tète colossale de Junon, buste de Jupiter, Nil, bel hcrmès d’Ammon. On passe à la salle des Empereurs : sur les murs sont enchâssés plusieurs basreliefs, dont les plus intéressants sont : la Chasse du sanglier de Calydon par Méléagre; Persée qui délivre Andromède, et Endymion qui dort; Hylas enlevé par les Nymphes. Au milieu de la salie est la statue assise connue sous le nom d'Agrippine, femme de Germanicus. On passe à la salle des Philosophes , où on a rassemblé une collection de portraits de gens de lettres et de philosophes anciens , de Diogène, de Démosthènes, d’Euripide, quatre bustes d’Homère, deux de Sophocle, dont un porte le nom de Pindare. Dans le Salon sont plusieurs statues , savoir : un Jupiter et un Esculape en noir antique, trouvés à Antium; deux Centaures en noir antique aussi, dits de Furictti, trouvés à la villa d’Adrien par le cardinal de ce nom, et des sculptures d’Àristeas et Papias d’Aphrodisium, et un Hercule enfant en basalte, trouvé sur l’Aventin. Les statues les plus remarquables autour du salon sont : deux Amazones, une statue d’isis , dans le style du siècle d’Adrien , dont la draperie est très-élégante; la statue d’un Gymnasiarque, trouvée à la villa d’Adrien à Tivoli; une Vieille fort animée, qu’on croit être Hécube ! un buste colossal d’Antonin le Pieux. On passe de ce salon à la salle du Faune , en rouge antique, trouve à la villa d’Adrien à Tivoli. On remarque encore dans cette chambre une tête de Tydée en haut relief, un sarcophage avec la représentation de la fable de Diane et d’Endymion; un bel autel consacré à Jsls; un Enfant qui joue avec un masque de Silène, qu'on peut regarder comme le plus beau morceau de la sculpture an-
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cienne représentant un enfant; un autre qui joue avec «ne colombe; un Amour cassant son arc; un Enfant qui joue avec un\ cygne, et un grand sarcophage d'une conservation admirable. Dans la salle du Gladiateur , on voit au milieu la célèbre statue d'un homme blessé à mort, qu’on appelle vulgairement le Gladiateur mourant, qui donne le nom à la salle. Statues : le Faune, connu sous le nom de Praxitèle; Antinous, d’une exécution admirable; Flora, statue bien drapée; la belle Vénus, connue sous le nom de Vénus du Capitole ; à coté d’elle est le buste de M. Brutus; suit la Junon, dite aussi du Capitole (1). En sortant de ce palais on monte à gauche à
L’église de Sainte-Marie d'Ara cüeli , divisée en trois nefs par 12 grosses colonnes, toutes de granit d’Egypte, à l’exception de deux qui sont en marbre de Proconèse. Dans le chœur on admire un beau tableau de l’école de Raphaël ,
(i) ûaiehie de tableaux. Cette collection est plus nombreuse Que celle du Vatican, mais elle est moins riche; nous citerons seulement la Sainte Pétronille, vaste et belle composition du Guerchin ; — le Saint- Jérôme, du Dominiquin ; — le Magicien de la peinture, du Guerchin;— Cléopâtre devant Auguste, riche toile du môme; — la Sibylle perslque, figure admirable , du même; — une Annonciation, toile charmante ; — Sainte Lucie, une Vierge dans la gloire , compositions admirables de Garofalo ; — une Sainte-Famille, de Mantegna; — la Présentation du Christ au temple, par Fra-Bartalommeo ; — l’Enlèvcment desSabines. le Sacrifice d’Iphigénie; — la Bataille d’Arbclle, de Pierre de Cortone; — un Portrait de Michel-Ange, du même; — le Mariage de Sainte Catherine, par Garofalo ; — la Femme Adultère, la Vérité, le Baptême du Christ, la Fortune, belles compositions du Guide; — le Saint Nicolas, par Hellini le vieux, avec son portrait; — l’Enlèvement d’Europe, de Paul Véronèse ; — une Sainte-Famille, par Giorgion; — Bethsabé, par Palma le vieux; — une Madeleine, du Tintoret ; — une Communion de saint Jérôme, par Augustin Carrache; — la Sibylle de Cumes, du Dominiquin ; — la Charité, d'Annibal Carrache; — Sainte Cécile, de Louis Carrache ; — le Sainl-Esprlt, Saint Sébastien, Polyphème, par le Guide;— la Naissance de la Vierge, et une Madeleine, vaste composition, par Albane;—mc Sainte Barbe, — un Christ enfant devant les docteurs, par Valentin;- le Triomphe de Flore, du Poussin; — Romulus et Remus de Rubens , et une infinité ü’ mitres compositions que notre cadre ne nous permet pas de citer.
et très-probablement de Jules Romain , qu’on a mal s propos confondu avec la Madonna de Foligno, où est représentée la Vierge avec saint Jean-Baptiste et sainte Elisabeth. A gauche on remarque un fort beau tombeau de Jean-Baptisle Savelli , dans le style de Sansovino . Vis-à-vis le palais du Musée est le
Palais des Conservateurs. Sous le portique de la cour de ce palais , à droite , une statue de Jules César qu’on regarde comme le seul portrait reconnu qui existe à Home : à gauche, on voit celle d’Auguste, qui a à ses pieds un rostre faisant allusion à la victoire d’Aetium. Autour de la cour, plusieurs fragments anciens, dont quelques-uns sont d’une dimension très-forte; à gauche , tête colossale de Domitien. Après avoir examiné les monuments qui sont au fond de la cour, tournant à gauche , on voit le groupe d’un lion qui attaque un cheval , morceau fort beau qui a été trouvé dans l’Almon. A gauche est la
Protomothèque. Le pape Pie VII lit transporter dans ces salles les portraits des hommes illustres dans les sciences , les lettres et les arts, qu’on avait placés dans les deux siècles passés au Panthéon, laissant aussi des places pour ceux qui se rendraient dignes de cet honneur à l’avenir. On appela cette collection Protomothèque, du mot grec Prothomé, correspondant à buste. De tous les bustes que l’on voit ici rassemblés, le plus beau est celui du pape Pie VII, par Canova .
Escalier du palais des Conservateurs. En face de la première rampe, avant de monter, on voit à gauche un fragment de l’inscription honoraire de Caïus Duilius, qui remporta la première victoire navale sur les Carthaginois, l’an 492 de Rome. Sur le premier palier de l’escalier on trouve, dans deux niches, les statues restaurées d’Uranie et de Thalie; et sur les murs de la cour, qui est en forme de terrasse, sont quatre superbes bas-reliefs. On entre ensuite dans les
Salles des Conservateurs. Sur le palier est la porte qui conduit dans le salon appelé du chevalier d’Arpin , parce qu'il y a représenté les premiers traits de l’histoire romaine. Dans cette salle on voit la statue de Léon X, celle d’Urbain VIII , ouvrage du Bernin , et celle d’Inno-
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cent X par Algardi . On passe ensuite dans la première antichambre, où Thomas LaureUi a peint d’autres sujets de rhistoire romaine. La seconde antichambre est ornée d’une belle frise, peinte à fresque par Daniel de f^oltcrre, quia représenté le Triomphe de Marius après la défaite des Cimbres. Dans le milieu de cette salle est la fameuse louve en bronze qui allaite Romulus et Rémus. 11 faut remarquer un des plus beaux morceaux du style étrusque, ou ancien romain; les enfants qu’elle allaite sont modernes. Relie statue en bronze d’un enfant qui soigne scs pieds, et qu’on appelle le berger Martius; superbe buste de Junius Brutus. On voit aussi dans cette chambre un beau tableau de Romanclli , représentant sainte Françoise , Romaine ^ et une Descente de Croix du père Côme Piazza. Dans la troisième antichambre on voit dans le mur plusieurs fragments de marbre , sur lesquels sont écrits les célèbres fastes consulaires, connus sous le nom de Fasli Capilolini , qui vont jusqu’au temps d’Auguste. Dans la chambre suivante, dite d’audience, portrait de Buonarolli , sculpté par lui-mcme : la tête est en bronze , et le buste en marbre noir, et il est très-ressemblant; un autre de Tibère, et deux canards en bronze; tète de Méduse , sculpture du Rernin; beau tableau de Jules Romain , une Sainte Famille. Dans la chambre du trône la frise a été peinte par Annibal Carrache , qui y a représenté les exploits de Scipion l’Africain. Dans la dernière salle, les peintures à fresque sont de Pierre P dru gin. Suit la chapelle, qui est ornée de peintures. Le tableau de l’autel, représentant la Vierge, est peint sur l’ardoise par Dfucci ! 11 y a une Vierge par Pinturicchio ; saint Eustache, sainte Cécile, saint Alexis et la B. Louise Albertoni, par Romanelli ; les Evangélistes, par Caravage , admirables.
Prison Mamertine* Le nom de cette prison dérive d'Ancus Marcius , quatrième roi de Rome, qui la construisit dans une ancienne carrière au pied du Capitole, vers l’est. La chambre qui existe encore est en partie revêtue de dalles rectangulaires de la pierre volcanique du Capitole; clic a 8 mètres de longueur, G de largeur, et 4 mètres 33 cent, de hauteur. Au-dessus de ccttc prison est .
L’église i>e Saint-Joseph. Celte église appartient à la cou*
frcric des menuisiers, qui la bâtirent en 1598, d'après les dessins de Jean-Baptiste Montani. Les trois colonnes qu'on voit en sortant, dans la petite porte de cette église, appartiennent au
Temple de Jupiter Tonnant. Il fut érigé par Auguste après son retour d'Espagne, où, voyageant de nuit, un de ses domestiques qui l’éclairait fut frappé d’un coup de foudre. U ne reste plus de ce monument que trois colonnes du portique et qui soutiennent un morceau considérabled'entablement. Le vieux pavé en blocs polygones do lave basaltique qu'on voit dans ce temple est celui de l’ancienne rue , ou clivus Capitolinus , sur le bord duquel est le
Temple de la Fortune. Jusqu’à présent on a cru généralement que le portique de huit colonnes qu’on voit près du temple de Jupiter Tonnant était un reste célèbre du temple de la Concorde bâti par Camille, et refait par Tibère, où le sénat tenait quelquefois ses assemblées ; mais il faut avouer que le style et la situation de ces restes ne s'accordaient pas avec cette dénomination. À droite du temple de Jupiter Tonnant on voit les restes du
Temple de la Concorde. 11 est tourné vers le Forum ; il est près des prisons, entre le Capitole et le Forum , comme nous l’apprennent Plutarque, Dion et Festus. Maintenant on ne voit que les vestiges de la cella , qui conserve encore quelques restes des marbres précieux dont elle était plaquée, c’est-à-dire de jaune antique, de marbre violet et de marbre africain.
Forum romain. Le Forum fut établi dès l’époque de la paix entre Uomulus et Tatius , pour servir de place publique et de marché à Rome. Il était entre le Capitole et le Palatin ; sa forme était un carré oblong dont la largeur avait un tiers de moins de la longueur. On peut établir comme limites de cette place l’arc de S eplime Sévère , l’église de la Consolazione , celle de Saint-Théodore , et l’angle formé par une ligne tirée de cette église vers les arbres de l’allée publique, et de ces arbres vers l’arc de Septimc Sévère. Ainsi le temple d’Antonin et Faustinc était au dehors. Dans les temps modernes il a servi de marché aux bœufs, d'où est dérivé son nom vulgaire de Campo Faccino , qui cependant commence à disparaître. Le Forum était environné
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d'un portique tout autour, à deux étages, qui en rendait la forme régulière. Sous ce portique, dans le premier étage, étaient des boutiques (tabernœ); dans le second étage étaient des chambres pour la réception des impôts. Le premier édiüce ancien du Forum, existant près de la prison Marner- Une, est
L'arc de Septime Sévère. Vers l’an 205 de l'ère chrétienne, le sénat et le peuple romain élevèrent cet arc de triomphe en l'honneur de Septime Sévère et d'Anton in Caracalla et Géta, ses fils, pour les victoires remportées sur les Parthes et autres nations barbares de l'Orient. Cet arc est de petite dimension; il est en marbre blanc, d’une forme carrée, et n'ayant qu’une seule ouverture. A gauche de l'arc de Septime Sévère est
L’église de Saint-Luc. Cette église est une des plus anciennes de Rome. Alexandre IV la lit restaurer et la dédia à sainte Martine. Sixte V l'ayant donnée en 1588 à l'Académie des peintres, ceux-ci la reconstruisirent, sous Urbain VIII , d’après les dessins de Pierre de Cortone , et la dédièrent à saint Luc l’évangéliste, leur patron. Le souterrain de l'église mérite d’étre vu , tant à cause de sa voûte plate que par la riche chapelle que Pierre de Cortone y a fait construire. Cette église est bâtie dans l’emplacement du Secretarium Senatus , où le sénat jugeait les causes criminelles que l’empereur lui renvoyait. La maison attenante à cette église est la résidence de Y Académie des beaux-arts , dite Saint-Luc, érigée sous Sixte V. On y voit un grand nombre de portraits des plus célèbres peintres , et des tableaux faits par les académiciens. Parmi les tableaux est celui de saint Luc qui peint la Vierge, ouvrage de l'immortel Jiaphaël , dans lequel il a même inséré son portrait ; deux petits paysages de Gaspard Poussin ; Sisara, par Charles Marotte ; trois tableaux de Salvator liosa ; le portrait de Boni , par Landi , et enfin Jésus-Christ avec le Pharisien , par le Titien. Cette Académie vient d’être transportée à la Ripctta. — Tout près de là est la
Basilique Æmilia , aujourdrhui église de St-stdrien. D’après un passage de Stace, il parait que ce bâtiment a été érigé sur remplacement de la basilique Emiliennc, bâtie par
Paul Emile vers la fin de la république, comme on rapprend de Cicéron, et célèbre à cause des colonnes de marbre phrygien ou violet qui la divisaient en cinq nefs. Vis-à-vis la basilique Æmiïia est la
Colonne de Phocas. La colonne de Phocas est en marbre, d’ordre corinthien, cannelée, et a appartenu originairement à quelque édifice du temps des Antonins, d’où Smaragde l’aura enlevée. Son diamètre est d’environ 1 mètre 33 cent. , et le piédestal a 3 mètres 66 cent* de hauteur. Vis-à-vis cette colonne, vers l’arc de Titus, on voit les restes de la
Græcostasis. Les passages des anciens écrivains et le fragment du vieux plan de Rome qui existe au Capitole déterminent ces ruines pour celles de la Græcostasis, édifice érigé pour la réception des ambassadeurs étrangers dès le temps de Pyrrhus. Au delà de ces restes , en allant vers le Vélabre, on trouve ceux de la
Curia. Cet édifice, qui servait pour les assemblées du sénat , avait sa façade tournée vers le Capitole. On l’appelait Curia Hostiliaf parce qu’il avait été bâti par Tullus Hostilius, troisième roi de Rome. En continuant le chemin vers le Vélabre , on trouve le
Temple de Vesta , aujourd'hui église de St-Théodorc . Cet édifice, de forme ronde, a été érigé parle pape Adrien 1”, dans le vnr siècle, sur les ruines du fameux temple de Vesta , desservi par les vierges vestales , où Ton conservait le feu sacré et le Palladium. Sous le penchant du Palatin, qui domine ce temple et la Curia9 étaient le Lupercal , antre consacré à Pan, et le figuier Ruminai , sous lequel Romuluset Rémus avaient été trouvés par Faustulus. En sortant du Forum par l’allée sous les arbres, on rejoint la direction de l’ancienne
Voie Sacrée. Cette voie célèbre reçut ce nom des sacrifices (sacra) qui accompagnèrent la paix entre Romulus et Tatius. Elle commençait devant le Colysée, côtoyait le temple de Vénus et Rome et la basilique de Constantin , passait devant les temples de Romulus et Rémus et d’Antonin et Faustinc, et entrait dans le Forum par l’arc de Fabius. En remontant cette voie vers l'Amphithéâtre , on trouve d’abord le
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Temple d’Antonin et Faustine. Ce temple fut érigé par décret du sénat à l’honneur de Faustine ; après la mort d'Antonin , son niari , on y associa aussi le nom de celui-ci. C’est un temple prostyle exaltyle, c’est-à-dire qu’il a un portique devaut la cella , dont les colonnes de front sont au nombre de six , et trois colonnes de chaque côté ; elles sont de marbre carystien qu’on appelle aujourd’hui cipollin , et on peut les regarder comme les plus grandes qu’on connaisse de ce marbre, puisqu’elles ont 15 mètres de hauteur, en y comprenant la base et le chapiteau. Tout près de là se trouve le
Temple de Romulus et Rémus. On reconnaît que ce lemplc a été érigé à Ronmlus et Rémus. La cella qui existe encore et sert de vestibule à l’église est de forme ronde. En 527 , saint Félix 111 bâtit à côté de ce temple une église qu’il dédia aux saints Corne et Damien , et il se servit de la cella du temple pour vestibule de l’église. On descend dans l’ancienne église souterraine par un escalier commode, placé à côté de la tribune. On y aperçoit le maître-autel isolé , des chapelles et quelques peintures. De ce souterrain on descend • dans un autre, où il y a une source d’eau qu’on appelle de Saint-Félix* Les deux colonnes en cipollin qu’on voit à côté de cette église faisaient partie du portique dn temple de Réinus. Les trois grands arcs que l’on voit auprès de ces colonnes sont les restes de la
Basilique de Constantin. Depuis le \ye siècle jusqu'à la moitié du siècle passé , on avait donné le nom de temple de la Paix à cette immense ruine ; cette dénomination doit être placée parmi les autres dénominations apocryphes des monuments de Rome. La nef septentrionale est assez bien conservée , de même que le portique d’entrée. Près de celte basilique est
L’église de Sainte-Françoise romaine. L’origine de cette église est fort ancienne : dans la croisée on remarque le tombeau de Grégoire XI , fait par Pierre-Paul Olivier i, qui a représenté en bas-relief le retour du saint-siège à Rome, après avoir été 72 ans à Avignon. En sortant de cette église on admire
L’arc de Titus. Cet arc de triomphe fut élevé par le sénat et le peuple romain en l’honneur de Titus, lils de Vcspa-
sien , pour la conquête de Jérusalem, li est de marbre pcntélique et orné de superbes bas-reliefs ; sous Tare, aux deux côtés, sont deux bas-reliefs fort beaux, malgré le délabrement qu’ils ont souffert du temps ; à gauche on voit Titus triomphant , porté sur un char attelé de quatre chevaux de front, que Rome, sous la figure d’une femme, conduit par les rênes; la Victoire couronne l’empereur, et une troupe de soldats le précède et le suit. A droite est représentée la partie la plus intéressante de la pompe triomphale qui précédait Je char, c’est-à-dire des prisonniers, la table d’or aveu les vases sacrés, les trompettes d’argent, le candélabre d’or à sept branches , que des soldats couronnés portent sur les épaules, et d’autres dépouilles du temple de Jérusalem. A côté de cet arc sont les ruines du
Temple de Vénus et de Rome. L’empereur Adrien fit les dessins de ce temple , et en dirigea lui-mème la construction ; ce temple est sous le
Mont Palatin. La tradition des anciens écrivains, sur le nom de cette colline célèbre , est qu’Evandre y fonda une ville qu’il appela Pallantium, du nom de celle de l’Arcadie d’où il venait; ce nom fut changé en Palatium, d’où dériva celui de irions Palatinus. 11 est couronné de six autres, ayant le mont Aventin vers l’ouest , le Cœlius au sud, l’Esquilin à l’est, le Viminal , le Quirinal et le Capitole au nord et nordouest. 11 a la forme d’un trapèze de 2,100 mètres environ de circonférence, et de 52 mètres de hauteur sur le niveau de la mer; V église de Ste-Anastasie , le grand Cirque , l’arc de Constantin et Y église de S te- Marie- Libératrice en marquent les limites et presque les angles. Sur une partie de ces restes sont les
Jardins Parnèse. Paul 111, de la maison Farnèse,llt construire ces jardins, qui appartiennent aujourd’hui au roi de Naples, ainsi que tous les biens de la maison Parnèse. L’entrée principale est vis-à-vis la basilique de Constantin , où l’on voit un portail de Fignole , orné de deux colonnes d’ordre dorique qui soutiennent un balcon. En continuant à monter sur le Palatin , on trouve la
Villa Palatina. Cette villa % jadis Mattéi , et ensuite Spada , Magnant et Colocci , appartient aujourd’hui à
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M. Charles Mills, qui Ta rendue à sa première aménité. Elle est bâtie sur les ruines de la maison d'Auguste. Dans une chambre du rez-de-chaussée de la maison , on voit un joli portique formé par quatre colonnes de granit gris, avec des fresques de Raphaël qui représentent des Vénus et des JVymphes : ces fresques ont été restaurées sous la direction de M. Camuccini . Dans cette même villa , on descend dans trois chambres antiques fort bien conservées. Dans le jardin contigu à cette villa sont les restes d'une grande cour oblonguc qui servait de palestre, c'est-à-dire d’arène aux athlètes. En sortant de la villa Palatina, on retourne à l'arc de Titus, et , par la voie Sacrée, on arrive à la fontaine dite la
Meta Sudans. Cette magnifique fontaine existait déjà du temps de Sénèque î elle fut reconstruite avec plus de magnificence par Domitien , comme nous l’apprenons de Cassiodore. Quoique* ruinée , elle conserve encore sa forme telle qu'on la voit sur plusieurs médailles qui représentent le Colisée, c'est-à-dire qu’elle avait été faite comme une des bornes du cirque qu’on appelait Metœ , et comme elle versait Peau , elle reçut le nom de Meta Sudans . En face de cette fontaine on a découvert les restes du piédestal du
Colosse de Nékon. Lorsque Néron construisit la maison d'Or , il fit faire à Zénodore, célèbre sculpteur de son temps, un colosse de bronze de 40 mètres de hauteur, qui avait son portrait sous les formes d'Apollon ou du Soleil , et le plaça dans le vestibule.
Colisée. L'empereur Flavius Yespasien , après son retour de la guerre contre les Juifs , fit construire cet amphithéâtre dans l’endroit où était auparavant l'étang des jardins de Néron, presque dans le milieu de Rome ancienne. L'amphithéâtre Flavien s'élève sur deux degrés : il était extérieurement environné de trois rangs d'arcades élevées les unes sur les autres, et entremêlées de demi-colonnes qui soutenaient leur entablement. Chaque rang était composé de quatre-vingts arches avec autant de demi-colonnes. Tout l'édifice était terminé par un quatrième ordre ou par un attique orné de pilastres et percé de fenêtres. Le premier des quatre ordres d’architecture qui ornent les arches est dorique,- le second ionique ; le troisième et le quatrième sont corinthiens.
Les arches du premier ordre sont marquées par des chiffres romains : ces arches étaient autant d'entrées qui, par le moyen des escaliers intérieurs, conduisaient aux portiques supérieurs et aux gradins, de manière que chacun pouvait aller sans difficulté à la place qui lui était destinée ; les jeux terminés , les spectateurs pouvaient sortir sans confusion et en très-peu de temps. La forme de ce vaste édifice est ovale : il a 547 mètres de circonférence extérieure et 200 mètres de longueur, 160 de largeur et 52 de hauteur. On a prétendu qu’il pouvait contenir 87,000 spectateurs , nombre qui est un peu élevé. Presque tous les trous que l’on voit dans ce monument comme dans plusieurs autres ont été faits, dans le moyen-àge , pour extraire les crampons de fer qui liaient les pierres ensemble.
Arc de Constantin. Ce magnifique arc de triomphe fut érigé par le sénat et le peuple romain à Constantin pour les victoires qu’il remporta sur Maxence et sur Licinius, comme on peut le remarquer par la grande inscription qu’on lit des deux côtés de ce même arc. 11 est à trois arcades, ornées de huit colonnes d’ordre corinthien dont sept sont de jaune antique et une en partie de marbre blanc , et de plusieurs basreliefs qui ne sont pas d’un mérite égal , parce que Constantin profita des débris d’un arc de Trajan pour construire le sien. La rue qui s’ouvre sous cet arc est l’ancienne voie des Triomphes , qui mène à
L’église de St-Grégoire. Elle est à trois nefs séparées par seize colonnes , dont la plus grande partie est de granit d’Egypte. Les peintures sont de Placide Costanzi ; les tableaux des autels sont d'Antoine Balestra , de François Manciniy de Pompée Batloni et de Jean-Baptiste Bon freni . Cette église est sur le penchant du
Mont Coelius. Cette colline est la plus longue et la plus irrégulière parmi les sept, puisqu’elle a 5,300 mètres de circonférence ; elle a 43 mètres de hauteur sur le niveau de la mer.
Église de St-Jeàn et St-Paul. Cette église est décorée d’un portique soutenu par huit colonnes ioniques de granit. Elle renferme trois nefs , divisées par 28 colonnes de différents marbres. Le pavé, qui est une espèce de mosaïque
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faite de plusieurs marbres, tels que le porphyre , le serpentin et le marbre blanc , offre un des plus beaux exemples de cet ouvrage qu'on appelait opus alexandrinutn , parce que Alexandre Sévère le perfectionna. L’architecture est d'Antoine Canevari . En entrant dans le jardin près de cette église , on voit les restes d’un édifice fait de gros quartiers de travertin , que l’on croit une partie du Vivarium , c’est-àdire du parc pour renfermer les bêtes féroces.
Arc de Dolarelle. Cet arc en travertin fut fait l’année X de i’ère vulgaire, par les consuls Publius Cornélius Dolabella et Caïus Junlus Silanus, flamen marlialis (prêtre de Mars) , comme nous rapprenons par l’inscription ancienne encore existante sur la façade qui regarde l’est.
Église de Ste-Marie-in-Dominica. Cette église fut bâtie dans l’endroit où était la maison de sainte Cyriaque , dame romaine , d’où dérive son nom. On l’appelle aussi la Nacelle , Navicella , à cause d’une barque ou nacelle en marbre que Léon X fit placer devant cette église, qu’il renouvela entièrement sur le plan de Raphaël . Dans l’intérieur sont dix-huit superbes colonnes de granit et deux de porphyre. A côté de l’église de la Navicella est la villa jadis Mattéi, et aujourd’hui du prince de là Paix. On y trouve un obélisque de granit d’Égypte, dont la partie supérieure est ancienne et chargée d’hiéroglyphes. Dans le palais on voit plusieurs beaux tableaux, principalement de l’école espagnole. En continuant le chemin vers le Latran, on entre dans
L’église de St-Étienne-le-Kond. Cette église conserve dans son intérieur une idée de la magnificence des édifices des anciens. Son diamètre est de 44 mètres : elle est soutenue par cinquante-huit colonnes , dont la plus grande partie sont ioniques et d’autres corinthiennes, en granit et en marbre. On voit sur les murs qui ont été faits dans les entrecolonnements des peintures de Nicolas Pomerancio et quelques-unes d 'Antoine Tempesta , représentant le Martyre de différents saints.
Église de Saint-Clément. Dans la nef à droite, près du maître-autel, est le tombeau du cardinal Rovarella , ouvrage d’une très-belle exécution , fait dans le quinzième siècle. Les peintures relatives à la crucifixion de Jésus-Christ et au mar-
tyre (le sainte Catherine, qu’on voit dans la chapelle à gauche en entrant , sont de Masaccio et ont été plusieurs fois restaurées.
Troisième «Journée.
Du Latran au Quirinal.
Place de SaintJean-de-Latran. Le nom de Latran que porte ce quartier de Rome dérive de Plautius Lateranus, qui y avait sa maison. Au milieu de cette vaste place on admire le plus grand obélisque de Rome. 11 fut érigé d’abord à TJièhes, dans la haute Égypte , par Theutmosis 11, roi d’Egypte, comme on l’apprend parles cartouches. Il est de granit rouge et chargé d'hiéroglyphes ; sa hauteur est de 33 mètres sans la hase et le piédestal. Devant cet obélisque est une statue de saint Jean l’évangéliste et une fontaine. Le grand palais de Latran est aussi sur cette place. Ce palais ayant été détruit par un incendie, Sixte Y le fit rebâtir sur les dessins de Dominique Fonlana . Près de là est le
Baptistère de Constantin. On croit que Constantin le Grand érigea ce magnifique Baptistère dans le palais de Latran , où il fonda la première église. Une urne antique de basalte sert de fonts baptismaux : elle s’élève au milieu d’une cuve entourée d’une balustrade octangulairc , et couverte d’une coupole soutenue par deux rangs de colonnes placés l’un sur l’autre : les huit premières colonnes sont de porphyre, et portent un entablement antique; les huit autres sont de marbre blanc.
Basilique de Saint-Jean-de-Latran. Cette basilique est le premier et le principal temple de Rome et du inonde catholique. Par cinq portes on entre dans un grand portique soutenu par vingt-quatre pilastres de marbre composites. Au fond de ce portique est la statue colossale de Constantin , trouvée dans ses Thermes. Cinq portes donnent l’entrée dans la basilique. La grande porte de bronze est celle de la basilique Æmîlia au Forum Romanum, et a été transportée ici sous Alexandre VII. La porte murée est nommée
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sainte , parce qu’elle ne s’ouvre que l’année du Jubilé. La chapelle Corsini est une des plus magnifiques de Rome. Clément XII l’érigea en l’honneur de saint André Corsini , un de ses ancêtres, et Alexandre Galilei en fut l'architecte. Un bas-relief où saint André Corsini est représenté défendant l’armée des Florentins à la bataille d’Anghieri. La grande niche située du côté de l’évangile est décorée par deux colonnes de porphyre qui étaient auparavantdans le portique du Panthéon d’Agrippa. En sortant de cette chapelle on revient dans la grande nef, où est le tombeau en bronze de Martin de la maison Colonna, mort en 1430. Le grand arc delà même nef est soutenu par deux colonnes de granit rouge oriental, de la hauteur de 11 mètres 33 cent. Le maîtreautel, placé dans le milieu de la croisée , est orné de quatre colonnes de granit, soutenant un tabernacle gothique où l’on garde, parmi les plus insignes reliques, les têtes des saints apôtres Pierre et Paul. Au fond de la croisée est le magnifique autel du Saint-Sacrement, fait sur les dessins de Paul Olivieri : il est décoré d’un tabernacle formé de pierres précieuses , qui est placé au milieu de deux anges de bronze doré et de quatre colonnes de vert antique. On montre dans cette église la table où Jésus-Christ fit la Pâque; celle où saint Pierre et les apôtres prenaient leur repas. — On visitera le cloître contigu à l’église, ouvrage admirable par le fini , la légèreté des colonnes. Il y a là rassemblées une foule d’antiquités : — la colonne du temple de Jérusalem, qui se brisa à la mort du Christ; la pierre sur laquelle on joua ses vêtements. En sortant de cette basilique parla porte principale, on voit à gauche le
Saint-Escalier. Le Saint-Escalier est formé de 28 marches de marbre blanc, qui étaient au palais de Pilate, à Jérusalem. On ne le monte qu’à genoux; on descend ensuite par un des quatre escaliers latéraux. Sous l’autel de la chapelle, au-dessus du Saint-Escalier, est une image très-ancienne du Sauveur , haute de 1 mètre 66 cent. , qui est en grande vénération.
Porte Saint-Jean. Cette porte a été substituée par le pape Grégoire XIII à l’ancienne porte Asinaria , aujourd’hui fermée. En rentrant à Rome on côtoie les murs de la ville,
où on peut voir leur construction intérieure, exemple des fortifications du ve siècle , et on arrive à la
Sainte-Croix-en-Jérusalem. Cette église, qui est une des sept basiliques de Rome, a été érigée par* ainte Hélène, mère de Constantin le Grand. Elle est en trois nefs divisées par des pilastres, et par huit grosses colonnes de granit d'Egypte. Le grand autel, isolé, est décoré de quatre belles colonnes de brèche coralline qui soutiennent le baldaquin. Sous cet autel est une urne antique de basalte, ornée de quatre têtes de lion, où l'on conserve les corps de saint Césarée et de saint Anastase, martyrs. La voûte de la tribune est ornée de belles fresques, ouvrage du Pinturic c/iio ;
Porte Majeure. L'empereur Claude, pour décorer son aqueduc dans cette place où U traversait la voie Labicane , fit un monument en forme d’arc de triomphe, où l’on voit trois grandes inscriptions. Le monument de l’Eau Ciaudienne peut être regardé comme un des plus magnifiques et de3 plus beaux de Rome ancienne. En sortant de cette porte, on voit dans les murs de la ville à gauche les anciens canaux des eaux de Julie, Tepula et Marcia ; et un peu plus loin, enfoncé dans le terrain , est celui de l'Anio. Trois routes sortent de la porte Majeure ; celle à droite suit la direction de l'ancienne
Voie Labicane. Cette route porte ce nom parce que par elle on allait à Labicum , ville du Latium. En revenant à la porte Majeure, et prenant le chemin à gauche de cette porte, on rejoint la
Voie Prénestine. Cette voie avait le nom de Gabine et Prénestine , parce qu’elle menait à Gabii et à Préneste. En rentrant dans la ville on va voir les ruines qu'on appelle
Minerve Medica. On a attribué ces restes à la basilique de Caïus et Lucius , érigée par Auguste , et au temple d’HercuIe Callaïcus bâti par Brutus. On l'appela depuis Minerva Medica, parce qu’on déterra dans ses ruines la statue de Minerve avec un serpent à ses pieds, qu’on admire aujourd’hui dans le musée du Vatican. Au bout de la même rue , on trouve à droite les ruines d’une ancienne fontaine communément appelée les Trophées de Marins ; à gauche on
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visitera l’église de Saintc-Bibiane , dont Bernin a fait la statue; elle est sur le maître-autel : c’est son chef-d’œuvre. Revenant aux trophées dits de Marius, on voit l’église de Saint-Eusèbe , dont la voûte a été peinte par Mengs. A un demi-mille de la porte St-Laurcnt on arrive à
L’église de St-Laurent. Constantin le Grand bâtit cette basilique vers Tan 330, dans une propriété de Cyriaque, dame romaine , et qui s’appelait Fundus Veranus . Elle fut successivement restaurée par plusieurs pontifes , et principalement par Honorius 111 , qui changea la direction de la basilique en y ajoutant la grande salle vers l’occident , et lit bâtir le portique en 1216. Les peintures qui décorent le portique sont du temps d’Iïonorius III ; l’intérieur de l’église est à trois nefs, divisées par 22 colonnes ioniques de granit : c’est la partie que le pape Honorius III ajouta lorsqu’il changea la direction de l’église. On voit d’abord à côté de la porte principale un sarcophage antique, orné d’un basrelief représentant un mariage romain, qui sert de tombeau au cardinal Fieschi. Dans la nef du milieu sont deux ambons de marbre qui servaient à chanter les évangiles et les épîtres* En montant à la tribune, dont le pavé est en opus alexandrinum , on voit au fond le vieux siège pontifical orné de dilférentes pierres. Derrière la tribune est un sarcophage du moyen-âge , avec des bas-reliefs représentant des Génies qui font des vendanges. En retournant dans la ville par la porte St-Laurent, on voit, presque vis-à-Vis l’église de St-Eusèbe,
L’arc de Gallien. Suivant l’inscription qu’on lit sur l’architrave , cet arc fut dédié à l’empereur Gallien et à Salonine, sa femme, vers l’an 260, par un particulier nommé Marc-Aurèlc Victor. Il est bien conservé.
Ste-Marie-Majeure. Cette église est placée sur le sommet du mont Esquilin , qu’on appelait Cispius , près du temple de Junon Lucinc. Son origine remonte à l’an 352, sous le pontilicat de Libère. L’intérieur de cette église a un air majestueux et noble : il est composé de trois nefs séparées par 36 superbes colonnes ioniques de marbre blanc, qu’on croit tirées du temple de Junon , outre les quatre de granit qui soutiennent les deux grandes arcades delà nef. En
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entrant on voit deux tombeaux; le premier à droite est celui de Clément IV, dont les sculptures ont été faites par Guidi , Francelli et Hercule Ferrala; l’autre, qui est celui deNicolas IV, a été fait par Léonard de Sarzane . La magnifique chapelle du St-Sacrement t que Sixte V érigea sur les dessins de Fontana , est revêtue de beaux marbres , et décorée de pilastres corinthiens et de peintures. En rentrant on voit à droite le tombeau de ce pape, dont la statue fut sculptée par Jean- Antoine Vaso\do : ce tombeau est orné de quatre belles colonnes de vert antique, de divers bas-reliefs, et de deux statues, Tune de St François , sculptée par Flamine Vacca , et l’autre de St Antoine de Padoue, par Pierre- Paul Olivier i. Vis-à-vis ce tombeau est celui de saint Pie V, dont le corps se conserve dans une belle urne de vert antique, ornée de bronze doré ; il est aussi décoré de colonnes, de bas-reliefs et de statues de marbre : celle de ce saint pontife est de Léonard de Sarzane . Au milieu de cette chapelle est l’autel du St-Sacrement ; il est décoré d’un magnifique tabernacle soutenu par quatre anges de bronze doré. Le grand autel de la basilique est isolé; il est formé par une grande urne de porphyre , couverte d’une table de marbre soutenue aux quatre angles par autant de petits anges de bronze doré. Cet autel est décoré d’un magnifique et riche baldaquin , que Benoît XIV lit faire sur les dessins de Fuga : 11 est soutenu par quatre colonnes do porphyre d’ordre corinthien, entourées de palmes dorées; en haut sont six anges de marbre sculptés par Pierre Bracci . On voit dans l’autre nef la somptueuse chapelle de la Vierge , érigée par Paul V Borghôse, sur les dessins de Flaminius Ponzio ; elle est d’ordre corinthien , revêtue de beaux marbres et ornée de belles peintures. On y remarque doux tombeaux décorés de colonnes de vert antique , de statues et de bas-reliefs. Le magnifique autel de la Vierge est décoré de quatre superbes colonnes de jaspe oriental , cannelées , avec les bases et les chapiteaux de bronze doré qui soutiennent un entablement dont la frise est d’agathe, ainsi que les piédestaux des colonnes. L’image de la Vierge, que l'on dit faite pur St Luc , est placée sur un fond de lapis; elle est entourée de pierres précieuses, et soutenue par quatre auges
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