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de bronze doré. Sur l'entablement de cet autel est un beau bas-relief, pareillement de bronze doré , représentant le miracle de la neige, qui a donné lieu à la fondation de cette basilique. Les fresques sont au-dessus et autour de l’autel, de même que celles de l’arcade et des pendentifs de la coupole, qui sont du chevalier d’ Arpin; celles de la coupole sont de Louis Cigoli , Florentin. Les peintures qui se trouvent sur les côtés des fenêtres placées au-dessus des deux tombeaux , et celles des deux arcades qui sont au-dessus de ces memes croisées, méritent une attention particulière, comme étant des ouvrages fort estimés de Guide Reni. Léon XII a fait faire un magnifique baptistère dans cette église, dans la chapelle de l'Assomption.

Eglise de Ste-Praxède. Le maitre-autel est décoré d'un baldaquin soutenu par quatre colonnes de porphyre, et la tribune est ornée d’anciennes mosaïques. On monte à la tribune par un superbe escalier à deux rampes, dont les degrés sont en rouge antique massif. Dans une chapelle, à droite en entrant, on vénère un morceau de colonne transporté de Jérusalem, que l'on croit être celle à laquelle Jésus-Christ fut lié lorsqu'on le flagella. En sortant de cette église par la porte principale, et prenant la rue à droite, on trouve plus loin, sur l'autre sommet de l’Esquilin, qu’on appelait Oppius ,

L'église de St-Martin. Les trois nefs sont divisées par 24 colonnes antiques de dilférents marbres et d'ordre corinthien. Les paysages que l'on voit sur les murs des petites nefs sont des ouvrages fort estimés de Gaspard Poussin. — Belle église souterraine , ancienne mosaïque de la Vierge.

Ste-Pudentienne. On croit que dans cet endroit était la maison de Pudent , sénateur romain , où logea longtemps l'apôtre saint Pierre, et qui fut le premier converti à la foi catholique par cet apôtre. La chapelle Gaetani est très-riche en marbres , en belles colonnes de lumachella , et en sculptures.

Église de St-Pierre-in-Vincoli. Elle fut refaite sur les dessins de François Fontana . Les trois nefs de cette belle église sont soutenues par 20 colonnes antiques cannelées, de marbre grec, d’ordre dorique, de 2 m. 33 c. de circonfc-

rence. On admire dans la croisée ù droite une partie du fameux tombeau du pape Jules II, érigé sur les dessins de Michel-Ange BuonaroUi. C’est lui qui a sculpté la statue de Moïse que Ton voit au milieu de ce tombeau , et qui est regardée comme un chef-d’œuvre de la sculpture moderne. Les quatre autres statues placées dans les niches de ce même tombeau sont de Raphaël de Montelupo , élève de Michel-Ange. La sainte Marguerite que Ton voit sur l’autel de la chapelle suivante est un des meilleurs ouvrages du Guère Ain. Au fond de la tribune, qui est ornée de peintures de Jacques Coppi , Florentin, est un siège antique de marbre blanc. Eu sortant de cette église, la rue à gauche conduit aux

Thermes de Titus. Cet édifice est presque entièrement détruit; il n'y a que quelques restes qui peuvent seulement donner une idée de sa magnificence; mais ses souterrains sont fort bien conservés. On passe à la place dite des Colon nacce , à cause des restes du Forum Palladium . En allant par la rue qui est 5 droite de ces restes, on trouve le

Forum de Nerva. Le Forum de Domitien fut achevé par Nerva, qui l’agraudit : alors il prit le nom de Forum de Nerva. Ce forum est appuyé à un grand mur, qui n’est pas moins merveilleux par sa hauteur que par les grands blocs de pépérin dont il est composé, et qui sont assemblés sans chaux avec des crampons d’un bois fort.

Temi»le de Nerva. Ce temple, que Trajan fit ériger en l’honneur de Nerva , était un des plus beaux éditices de l'ancienne Rome. 11 ne reste qu’un morceau de mur de la cella et une partie du portique latéral , consistant en trois superbes colonnes et en un pilastre, qui supportent l’architrave.

Colonne et Forum de Trajan , la plus belle colonne qui ait jamais existé, et le plus célèbre monument antique conservé dans son entier, depuis dix-sept siècles. Cette magnifique colonne est encore moins remarquable par sa hauteur que par les bas-reliefs dont elle est ornée depuis la base jusqu’au chapiteau : ils représentent la première et la seconde expédition de Trajan, et les victoires qu’il remporta sur Décébaie , roi des Races, l’an 101 de l’ère clirc-

ar

GOG GUIDE EN ITALIE

tienne. On y voit environ deux milie cinq cents figures d’hommes toutes différentes, outre une infinité de chevaux, d’armes, de machines de guerre , d’enseignes militaires, de trophées et d’autres choses, qui forment une si grande variété d’objets, que l’on ne peut les regarder sans surprise. La hauteur de la colonne est de 44 mètres jusqu’à l’extrémité de la statue en bronze de St Pierre; l’escalier est composé de 182 marches. On visitera en passant Y église de S te - Lorette , où est une belle statue de sainte Suzanne, par fJuquesnoy , et un tableau sur le maître-autel, du Péru~ gin; puis on ira au palais Colonna : Luther et Calvin, par le Titien ; l’Ange Gardien , du Guerchin; la Musique , de Paul Véronèse. — Magnifique galerie, une des plus belles de Rome, une Assomption, de Rubens , un Giorgione , la statue de la Vénus Anadyomène !!

Eglise des Saints-Apôtres, monument sépulcral de Jean Volpato , fameux graveur vénitien , érigé par Canova . Sur la porte de la sacristie est placé le tombeau de Clément XIV, de la maison Ganganelli, mort en 1774, ouvrage célèbre de Canova; outre la statue du pontife, on y voit

celles de la Tempérance et de la Clémence.

Quatrième Journée.

Du Quirinal au Mausolée d’Auguste.

Mont Quirinal. Le nom de Quirinal dérive probablement du temple de Quirinus : aujourd’hui on l’appelle Monte Cavallo , à cause des groupes d’hommes domptant des chevaux qui font rornement principal de la place.

Place du Quirinal, Cette place , qui est une des plus belles et des plus agréables de Rome, tire son nom de la colline sur laquelle elle se trouve : on lui donne aussi le nom de Monte Cavallo , à cause des deux groupes d’hommes et de chevaux qui la décorent. Cc3 deux groupes représentent deux hommes de figure colossale , dont la taille est de G mèlres de hauteur, qu’on regarde comme des chefs-d’œuvre de la sculpture grecque ; ils domptent deux chevaux. L’Oàé-

KOUTE 85. — HOME.

îisque trouvé près du mausolée d'Auguste, auquel il servait d’ornement, est de granit rouge et de 15 mètres de haut sans le piédestal. Pie VII a fait transporter du Forum Romanum le grand bassin de granit oriental gris de 25 met. 33 cent, de circonférence, pour former une magnifique fontaine. Le principal édifice qui décore cette place est le Palais Pontifical. Sous le pontife Pie VII, il a reçu de grands embellissements. La grande cour de ce palais a 10 1 m. de long sur 55 de large : trois de ses cotés sont entourés d’un portique soutenu par 44 pilastres; le quatrième côté, ou le fond de la cour, présente une façade d’ordre ionique, et se termine par une horloge où est un tableau de la Vierge en mosaïque, d’après l’original de Charles Maratle . On voit sur la porte île la grande chapelle, où l’on entre par la môme salle, un beau bas-relief représentant Jésus lavant les pieds à ses Apôtres, ouvrage de Thadée Landini , Cette chapelle est de la même grandeur et de la même forme que la chapelle Sixtinet au Vatican. Suit un noble appartement; dans Lune des salles de cet appartement, qui précède la chapelle, on voit plusieurs tableaux dont les plus remarquables sont : un saint Pierre et saint Paul , par F. Rarlhèlcmi de Saint - Marc ; un saint Jérôme, ynrYEspagnolet; la Résurrection de Jésus-Christ, par van Dxjck ; une Vierge, par le Guide ; David et Saül, par le Guerchin,e t la Dispute de Jésus-Christ, par le Caravage . On entre par là dans une belle chapelle peinte à fresque par le Guide , où ce célèbre artiste a représenté la vie de la Vierge. L’Annonciation , qui est le tableau de l’autel , est d’une beauté surprenante. Le jardin de ce palais a un mille de circuit ; il est décoré de statues , de fontaines, et d’autres objets d’agrément. En sortant du palais pontifical , on voit sur la meme place le Palais de la Consulta. Clément XII fit élever ce grand édifice sur les dessins du chevalier Fuga} pour y placer le tribunal de la Consulte. A gauche de ce palais on trouve , au fond (Tune grande cour, le Palais Rosfigliosi. En entrant dans le pavillon du jardin, qui appartient, ainsi que le premier étage du palais, au prince Pallavicini, on remarque, sur la voûte du salon , la fameuse Aurore de Guide lient. Dans l’une des deux cham-

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bres contiguës , on trouve un superbe buste antique de Scipion l'Africain, et deux, grands tableaux, dont l'un , qui est du Dominiquin , représente Adam et Ève dans le Paradis terrestre, et l'autre Samson qui fait écrouler le temple, peinture de Louis Carrache. Dans l'autre chambre sont quatre bustes antiques et plusieurs tableaux, dont les plus distingués sont le Triomphe de David, qui est aussi du Dominiquin, et les Apôtres, de Rubens. Presque vis-à-vis ce palais est

L'église de St-Sylvestue. Cette église, qui fut renouvelée par les Théatinssous Grégoire XIII , appartient à présent aux prêtres de la Mission. Elle est bien décorée de peintures de bons maîtres. En avançant , on trouve à gauche la villa Aldobrandini , qui est décorée de plusieurs statues et autres monuments anciens. On visitera les églises des saints Dominique et Sixte , de Si-Vital, le mont Viminal, audessus duquel s’élève l'église de St-Laurent ; puis Saint- Andrc , S i- Charles , St- Bernard ; on s’arrêtera devant la fontaine de V Eau-Felice ou de Moïse , dont la statue est belle; et, après avoir visité les Thermes de Dioclétien, oiv arrivera à

L'église de Ste-Makie-des-Anges , dessin de Michel singe. Lorsqu’on entre dans la grande salle, ori en aperçoit toute la magnificence : d'abord on s'étonne des huit colonnes qui sont d’un seul bloc de granit, ont 5 mètres 33 centimètres de circonférence, et 15 mètres de hauteur, y compris le chapiteau et la base. La longueur de l'église, depuis l’entrée jusqu’au maître-autel, est de 112 mètres : la salle proprement dite a 102 mètres 60 centimètres de long sur 25 mètres de large , et 28 de haut. Pour orner ce grand temple d’une manière convenable , Denoit XIV y fit transporter plusieurs tableaux originaux exécutés en mosaïque dans la basilique de Saint-Pierre. Belle statue de saint Bruno, par Houdon. Le cloître des Chartreux a été fait sur le plan de Buonarolti : il est décoré d’un portique carré , soutenu par cent colonnes de travertin , sur lequel sont quatre longs corridors. En retournant à la fontaine de l’Eau-Eelice, on voit

L'église de Ste-Marie- de-la-Victoike. Cette église fut érigée en J(iü5, par Paul V, en- l'honneur de l'apôtre saint

Paul. L'intérieur de cette église a été décoré par Charles M acier ne : il est revêtu de jaspe de Sicile et orné de bonnes sculptures et de peintures estimées. Le tableau de la première chapelle à droite, représentant la Madeleine, est du père Raphaël , capucin. Le saint François de la chapelle et les tableaux latéraux sont du Dommiquin. La somptueuse chapelle de Sainte-Thérèse fut érigée et ornée aux dépens du cardinal Frédéric Cornaro, sur les dessins du Bemin9 qui sculpta le buste du cardinal et la statue de la sainte, représentée dans l'extase de l’amour divin. Dans la chapelle suivante , on voit sur l’autel une Trinité du Guerckin ; le crucitix placé sur l’un des côtés est de Guide Reni9 de même que le portrait qui se trouve vis-à-vis. A l’extrémité de la rue Pie, qui est devant cette église, on voit la

Porte Pie. Cette porte a remplacé en 1564 celle qui s’appelait IVomentana , parce qu’elle se trouvait sur la route de ce nom , qui conduisait à JYomenturn , ville latine dans Je territoire des Sabins , à 12 milles de Home, qui est à présent un village nommé Lamentana . Le nom qu’elle porte aujourd’hui vient de Pie IV., qui la lit orner dans la partie intérieure, sur les dessins de Buonarotti.

Eglise de Ste-Agnès. On descend dans l’église par un escalier en marbre de 45 degrés : sur les murs on voit plusieurs inscriptions sépulcrales. L'église est à trois nefs soutenues par 16 colonnes antiques, dont dix sont de différents marbres, quatre de portasana et deux de marbre violet; chacune de ces dernières colonnes a 140 moulures. La tribune est ornée d’une ancienne mosaïque du temps d’Honorius Pr, sur laquelle est écrit le nom de sainte Agnès. Sur l'autel de la Vierge est une tête du Sauveur, de Buona roui ; on admire dans celte même chapelle un beau candélabre ancien. Quelques pas plus loin est l’église de Sainte - Constance .

On trouve à un mille, sur le Teverone, autrefois \'Anio9 l’ancien pont de Nomentanus , détruit par les Goths; il fut refait par Narsès , et restauré par Nicolas V : il s’appelle aujourd’hui Lamentano . De l’antre côté de ce pont est le

Mont Sacré. Les plébéiens romains, opprimés par les nobles et par les riches à cause des dettes qu’ils avaient cou-

CU IDE EN ITALIE

tractées, se retirèrent sur ce mont et s’y fortifièrent, l’an de Rome 2GI.

Porta Salaria. Lorsque llonorius refit l’enceinte de Rome, il substitua la porte Salaria à l’ancienne porte Collina de Scrvius. Elle fut ainsi appelée de l’ancienne voie Salaria, qui la traversait. A un quart de mille au delà on trouve la

Villa -Albani. Cette célèbre villa, qui est une des plus remarquables de Rome , fut construite vers le milieu du dernier siècle par le cardinal Alexandre Albani. 11 en donna lui-méme le plan , et en confia l’exécution à Charles Marchionni. La collection qu’elle renferme est admirable ; nous n’essaierons pas d’en donner la nomenclature , nous citerons seulement : l’Hercule Farnèse de Glycon , en bronze ; le Repos d’Hercule, admirable relief; le bas-relief d’Antinoüs, le Canéphore , chef-d’œuvre de Crilon et Nicolaüs d'Athènes ; le Mercure , avec la double inscription grecque et latine de Ptolémée, sculpté par Étienne , élève de Praxitèle , etc. , etc. En sortant de cette maison de campagne et suivapt le grand chemin , deux milles et demi après , on trouve le

Pont Salaries. Ce pont, qui. est sur l’Anio, fut détruit par Totila et rebâti par Narsès, après la victoire qu’il remporta sur les Gotlis. En rentrant en ville par la même porte Salaria, on trouve sur le chemin à droite la vigne Maudosi, oh sont les restes des

Jardins de Salluste. Tout près de là est la

Villa Ludovisi. Le cardinal Louis Ludovisi , neveu du pape Grégoire XV, construisit cette charmante maison de campagne, qui appartient aujourd’hui au prince Piombino, de la maison Ruoncompagni , lequel ne permet pas d’y entrer sans une permission signée par lui. Elle renferme trois cassines ; la principale, qui est à gauche près de l’entrée, fut bâtie sur le plan du Dominiquin, Outre de nombreuses statues antiques , on y admire l’Aurore assise sur un char, du Gtierchin; des fresques du Dominiquin , et un groupe du Bernin .

Place Barberini. Cette place, qui occupe en partie remplacement du Cirque de Flora , prend son nom du palais

ROUTE 85. — ROME. Gll

Barberini , situé sur l’un de ses côtés. Elle est ornée au milieu d’une belle fontaine, ouvrage du Bernin, formée de quatre dauphins qui soutiennent une grande coquille ouverte , d’où sort un triton qui jette de l’eau à une grande hauteur. Dans le coin de la rue Félix est une autre fontaine, faite aussi d’après les dessins du Bernin . Sur cette même place est

L’église des Capucins. Elle fut bâtie par le catdinal François Barberini , capucin , et frère d’Urbaih Vlll , sur les dessins d 'Antoine Casoni . Dans la première chapelle à droite, on voit le célèbre tableau de Guide Béni , représentant saint Michel archange : rien ne peut égaler la beauté idéale de cette figure et la délicatesse du contour.

Palais Barrerini. Ce palais a été commencé sur les dessins de Charles Maderne , continué par Borromini et achevé par le Bernin. Sur l’escalier, un très-beau lion antique, enchâssé dans le mur du second palier, attire principalement l’attention. On passe de lâ dans le salon , dont la voûte a été peinte à fresque par Pierre de Cortone; cet ouvrage est regardé comme le chef-d’œuvre de cet habile maître. Dans les appartements on conserve plusieurs beaux tableaux, et principalement un portrait qui passe pour celui de Béatrix Cinci, peint par le Guide . Près du palais Barberini sont les ateliers de Tenerani , artiste qui honore le siècle où nous vivons. Dans la place Barberini sont aussi les ateliers de Finelli , Kaesells i et autres sculpteurs célèbres. De la place Barberini on va à la

Fontaine de Trevi. L’eau de cette fontaine est l’eau vierge qu’Àgrippa , gendre d’Auguste , fit conduire à Rome pour l’usage de ses thermes, qui étaient derrière le Panthéon, et qui eut le nom d’une jeune fille qui montra la source â des soldats altérés. On a donné à cette fontaine le nom de Trevi ( Trevium ), à cause de la tri voie qui était ici au 1G« siècle. L’eau sort en grande quantité d’un amas de rochers , et se répand dans un vaste bassin de marbre. La grande niche du milieu est ornée de quatre colonnes et d'une statue colossale représentant l’Océan ; il est debout sur un char tiré par des chevaux marins guidés par deux Tritons : cet ouvrage est de Pierre Bracci . Dans les deux niellés latérales sont les staues de la Salubrité et de l’Abondance , sculptées par Phi-

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lippe Valley et sur lesquelles sont deux bas-reliefs dont l’un représente Marc-Agrippa , et l’autre la jeune fille qui trouva la source de cette eau, sculptés par André Bergondi et Jean Grossi.

Place d’Espagne. Cette place tire son nom du palais appartenant à la couronne d’Espagne qu’on y voit; elle est entourée de grandes et belles maisons qui servent d’hôtels aux étrangers , parmi lesquels on remarque ceux de l’Europe et de Londres. Vers le centre, elle est ornée d’une belle fontaine faite par Pierre Bernin , père du célèbre artiste de ce nom, sous Urbain VIII, et qui représente une barque; c’est par cette raison qu'on l'appelle la Barcaccia. Mai3 sa principale décoration est le grand et magnifique escalier qui conduit sur le mont Pincio à Yéglise de la Trinité-du-Mont. A cette place aboutissent plusieurs rues ; celle vis-à-vis l’escalier est appelée la rue des Condotli , à cause des conduits de l’eau vierge qui passent dessous; celle qui va vers la place du Peuple est la rue du Babouin . Ces deux rues , de même que la place d’Espagne et les autres rues adjacentes , sont principalement occupées par des auberges, des magasins d’estampes, des ateliers de mosaïque , camées, etc. Le grand escalier dont on a fait mention ci-dessus conduit à la place de la Trinité-du-Mont y sur laquelle on voit

L’Obélisque de la Trinité-du-Mont. Ce fameux obélisque, qui est en granit d’Egypte, avec des hiéroglyphes, a 15 mètres de hauteur, sans le piédestal. Au bout de l’allée est le

Palais de l’Académie de France. L’Académie de France pour les beaux-arts, fondée par Louis XIV, en 1666, a été placée dans ce beau palais dès le commencement de ce siècle. Elle se compose d'un directeur et de vingt pensionnaires choisis parmi les élèves qui ont remporté le prix à Paris, dans la peinture, la sculpture, l’architecture et la gravure. En sortant du palais de cette Académie, dans le jardin on peut suivre l’enceinte de Rome jusqu’à la porte Pinciane . De l'Académie de France, on rejoint par la promenade du Pincio la place et la porte du Peuple, et on trouve à droite, hors de la porte, la

Villa Borghèse. Cette villa, qui est une des plus grandes

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et des plus délicieuses de Rome, a été fondée par le cardinal Scipion Borghèse, neveu du pape Paul V, d’après les dessins de JeanVansanzio dit le Flamand. Versla fin du dernier siècle, elle a été agrandie par le prince Marc-Antoine, père du prince Borghèse actuel , sous la direction de l’architecte Antoine stsprucci. La collection des tableaux et statues du musée de la villa Borghèse est fort riche : nous citerons comme ce qu’il y a de plus beau : lre chambre , la statue de Cérès, un torse de Ganymède, un Mercure; 2e chambre, un grand sarcophage , illustré par Winkclmann ; dans la 3e chambre , premiers essais du beau talent du Bernin . C’est une collection qu’il faut visiter avec soin , et dont le prince fait les honneurs avec une grandeur toute romaine.

Cinquième Journée.

Du Mausolée (F Auguste au mont Vélabrc.

Trois rues partant de la place du Peuple se dirigent vers l’intérieur de la ville : parmi celles-ci, la rue à droite a le nom de Ripetta , dénomination qu’elle tire du port sur le Tibre , auquel elle conduit; et, en suivant cette rue, un peu avant de parvenir au port susdit, on trouve à gauche la rue des Potitefici . C’est dans cette même rue qu’est le palais Coreca , où sont les vestes du Mausolée d’Auguste, il ne reste de ce grand monument que le massif des murs du soubassement, construits en ouvrage réticulaire de tuf : le revêtement en marbre a disparu. Le diamètre actuel des ruines du soubassement est de 70 mètres environ. Tout autour on voit encore les restes et les traces de 13 chambres sépulcrales: la quatorzième servait d’entrée à la grande salle ronde sous le monceau de terre, qui avait 43 mètres de diamètre. En retournant sur la grande rue de Ripetta, on trouve à gauche

L’église de St-Roch. Sur l’autel de la seconde chapelle est un beau tableau de Baciccio , représentant la Vierge , saint Roch et saint Antoine. L' Hôpital, attenant à cette

église , a été érigé par le cardinal Antoine-Marie Salviati , pour les femmes indigentes qui sont en couches. Presque en face de cette église est le

Port de Ripetta. Clément XI fit construire ce port sur le plan d * Alexandre Spccchi , au bord du Tibre, avec de larges degrés qui en facilitent l’accès. Vis-à-vis ce port est Y église de Saint-Jérôme des Esclavons. — Rien de curieux. Après avoir vu cette église , on trouve à l’extrémité du port le

Palais BoRGiifcsE. Ce palais , qui est un des plus beaux et des plus magnifiques de Rome, fut commencé en 1690, par le cardinal Dezza , sur les dessins de Martin Lunghi Î’aîné , et achevé sous Paul V par Flamine Ponzio. On entre dans une cour magnifique , entourée de portiques soutenus par 96 colonnes de granit, doriques dans le rez-de-chaussée, et corinthiennes dans l’étage supérieur. Ce palais renferme, la galerie la plus nombreuse en tableaux de Rome ; il y a 12 vastes salles, contenant environ 1,700 tableaux. On y remarque les statues colossales de Julie , de Sabine et de Cérès. La collection du prince est très-remarquable : nous citerons la Chasse de Diane , par le Dominiquin ; la Déposition de la Croix, par Raphaël ; la Sibylle de Cumes, du Dominiquin y trois chefs-d’œuvre; l’Amour divin, du Titien ; le portrait de la Fornarina, par Jules Romain ; César Borgia, par Raphaël ; un Cardinal , par le même; les Trois Grâces, du Titien ; la Femme du Titien, par ce peintre; les Quatre Saisons, de V Albane ; le Sauveur et une Madone, de Carlo Dolci ; une Visitation , de Rubens ; le Retour de l’Enfant prodigue , du Titien ; de nombreux Pérugin , Andrea del Sarto , Rubens , Carrache , etc. Une Descente de croix , une Conversion de saint Paul , une Vierge entourée de saints, par Garofalo ; saint Jean dans le désert, saint Antoine prêchant les poissons, de Paul Véronëse ; une Descente de croix, de van Dick ; Loth et ses tilles, par Gérard de Nuits ; huit paysages et marines, de Joseph yernet. La petite rue qui est vis-à-vis ce palais conduit à celui dit de Florence , parce qu’il appartient à la Toscane, et est occupé par le consul et les pensionnaires que l’Académie des beaux-arts de Florence entretient à Rome. Il

a été renouvelé, vers la moitié du 16e siècle, sur les dessins du fameux Vignole. Le grand appartement est orné de peintures du Primatice et de Prosper Fonlana , Bolonais. La rue qui est en face de ce palais conduit à la petite place de

Càmpo Marzô. L'ancien et fameux Champ-de-Mars a donné son nom à cette place et à tout le quartier : on appelait anciennement de ce nom toute la plaine qui s'ouvre entre le Capitole, le Quirinal et le Pincio jusqu’au Tibre.

Eglise de Ste-Marie-Madeleine. Elle a été bâtie par Charles Quadri , à l’exception de la façade, qui a été faite par Joseph Sardi. Milizia dit que c'est le nec plus ultra du mauvais goût. Cependant elle est fort riche en ornements, et contient plusieurs tableaux remarquables ; celui de la chapelle de St-Nicolas de Bari est de Baciccio , et le tableau de l'avant-dernière chapelle est de Luc Giordano . En sortant de cette église par la porte latérale , on trouve la place Capranica, sur laquelle est l’église de S le-Marie-in-Aquiro. En prenant une des rues à gauche et tournant à droite , on arrive à la

Place du Panthéon. Grégoire XIII fit faire , sur les dessins d 'Honorius Lunghi , la fontaine qui se trouve sur cette place , et sur laquelle Clément XI plaça l’obélisque qu'il fit transporter de la place de St-Mahul , située près de l'église de St-Ignace , où Paul V l'avait fait élever.

Panthéon. Ce magnifique temple, qu’on regarde avec justice comme le monument le plus insigne de l'antiquité qui reste à Rome, soit par son style, soit par sa conservation, a été érigé par Agrippa dans son troisième consulat, c'est-à-dire l’an 727 de Rome, correspondant à l’an 2G avant l’ère vulgaire. On lit sur la frise :

M. AGRirrA. Ii. F. TE11TIVM. FECIT.

Cet édifice , ayant été brûlé sous Titus et sous Trajan , fut restauré par Adrien , et ensuite par Antoine le Pieux, Septime Sévère et Caracalla. On lit sur l’architrave :

IMP. CAFS. L. SRPTÏMIUS. SEVF.RUS. PtVS. PERTINAX. ARABICV5. ADIABKNICVS. PARTHÏCVS. MAX1MVS. PONTIF. MAX, TRIB. FOTF.ST

GUII>£ EN ITAME.

GIC

x. imp. xx. cas. m. p. p. rRocos, et. imp. cars. m. avrf-

I.IVS. ABTONINU8. PtVS. FELIX. A VG. TRI IL POTEST. V. LOS. PRO- COS. FAXTHF.VM. VETVSTATE. CORRVPTVM. CVM. OMNI.

CVLTV. RESTITVEKVNT.

Cette restauration appartient à Tan 202 de l’ère vulgaire , lorsque Septime Sévère fut consul pour la troisième fois, et Caracalla pour la première. Ce lemplc était prostyle, puisqu’il n’avait qu’un portique au-devant ; il était octastyle, puisque huit colonnes le formaient : on montait anciennement à ce portique par sept degrés , ce qui le rendait bien plus majestueux qu’il ne l’est aujourd’hui , où l’on n’y monte que par deux marches. Ce superbe portique a 34 mètres de long sur 20 de large : il est décoré de IG magnifiques colonnes , toutes d’un seul bloc de granit oriental ; elles ont 4 mètres f/s de circonférence et 13 mètres dé hauteur, sans y comprendre la base et le chapiteau , qui sont de marbre blanc et les plus beaux que nous ayons de l’antiquité. Les huit colonnes de la façade sont de granit gris , à l’exception de celle qui a été replacée, qui est en granit rouge; elles soutiennent un entablement et un fronton qui sont des plus belles proportions que l’architecture puisse fournir. Il y avait autrefois, au milieu de ce fronton, un bas-relief de bronze doré. Pour se faire une idée de la quantité du bronze qu'on avait employé pour ce monument, il faut remarquer que les clous pesaient eux seuls 4,G87 kil. , et que la totalité pesait 225,115 kil. Les murs du portique, dans l’intervalle d’un pilastre à l’autre, étaient revêtus de marbre; ils étaient interrompus par des bandes où l’on voit sculptés des ustensiles sacrés et des festons. L’intérieur du temple n’a pas moins d’élégance et de noblesse que de majesté; sa forme circulaire a fait substituer le nom de Rotonde à son ancienne dénomination. Son diamètre est de 45 mètres; la hauteur de l’édifice , depuis le pavé jusqu’au sommet, est égale à son diamètre. L’épaisseur du mur qui ceint le temple est de G mèt. 33 cent. La lumière n’entre dans le temple que par une seule ouverture circulaire, pratiquée dans le milieu de la voûte, et dont le diamètre est de 9 mètres; on y monte par un escalier de 190 marches. Dans la circonférence du temple, entre les chapelles, sont huit niches de celles que les anciens

appelaient œdiculœ; elles sont ornées d'un fronton soutenu par deux colonnes d'ordre corinthien en jaune antique, en porphyre et en granit : les chrétiens ont transformé ces œdiculœ en autels, en altérant un peu leur forme primitive. Le grand Raphaël , en mourant, désigna la troisième de ces niches, à gauche en entrant, comme devant lui servir de tombeau , et donna la commission à ses héritiers delà restaurer et de faire sculpter en marbre par Lorenzetto, son élève, cette statue de la Vierge qu'on voit dans la niche, et qu'on appelle la Madonna del Sasso . Le peintre divin fut enterré dans le soubassement de la statue , derrière; et en 1833 ses os furent découverts le 14 du mois de septembre, et replacés dans le même endroit, le soir du 18 octobre , avec toute la pompe et la cérémonie nécessaires.

Place de la Minerve. L'obélisque égyptien qu'on voit au milieu de cette place, et qui est couvert d'hiéroglyphes, a été trouvé dans le jardin ou couvent dit de la Minerve, vers l'année 1G05. Alexandre VII le lit élever sur cette place par Bernin , qui le plaça sur le dos d'un éléphant de marbre, ouvrage d' Hercule Ferrata.

Ste-Marie-sur-Minerve. On doit remarquer le tombeau de Guillaume Durante, dont les mosaïques furent faites par Jean , fils de Cosmas. Les peintures de la voûte de la chapelle du Rosaire, où l’on a représenté les Mystères du Rosaire, sont de bons ouvrages de Marcel Venusti ; derrière le maître-acte sont les tombeaux des papes Léon X et Clément VH , ouvrages de Baccio Bandinelli . Au-devant du pilastre du maître-autel on remarque la belle statue de Jésus- Christ, debout, avec la croix , sculpture du célèbre Michel - Ange BuonarottL Suit la porte latérale, où sont trois magnifiques tombeaux : l'un est du cardinal Alexandrin , sculpté par Jacques de la Porter l’autre vis-à-vis est du cardinal Pimentelli, ouvrage du Bernin ; celui placé sur la porte est du cardinal Benelli, sur les dessins de Charles Rainaldi . Dans le couvent qui tient à l’église est la célèbre Bibliothèque Casanatense} qui est la plus complète de Rome en livres imprimés, comme celle du Vatican l'est en manuscrits (1).

(O Elle est ouverte tous les jours, à l’exception des fêtes et des jeudis,

GUIDE EN ITALIE

Eglise de St-Eustaciie. Sous le maitre-autel est une belle urne antique , où Ton conserve le corps du saint titulaire , dont le martyre est représenté dans le tableau placé dans le chœur, ouvrage de François Fernandi .

Université. Cet édifice fut commencé par le pape Léon X sur le plan de Buonarotli ; il fut continué par Sixte V, et achevé par Alexandre VII. On l’appelle la Sapienza , à cause du verset qu’on a gravé sur la fenêtre qui est au-dessus de la porte principale : Initium Sapientiœ timor Domini . Dans le quatrième côté est l’entrée priucipale, dont l’architecture, non moins singulière que bizarre, est du Borromin .

Palais Madame. Ce palais fut bâti sur les dessins de Paul Marucelli , par ordre de madame Catherine de Médieis , qui fut ensuite reine de France, ce qui le fit appeler palais Madame*

Palais Giustiniani. Le marquis Vincent Giustiniani , célèbre par ses richesses et par sa magnificence, bâtit ce palais d’après les dessins de Jean Fontana . En sortant de ce palais on trouve la place et

L’église de St-Louis des Français. Cette église fut bâtie en 1589 , par le roi de France, sur les dessins de Jacques de la Porte . Elle est décorée d’une magnifique façade de travertin , ornée de deux rangs de pilastres doriques et corinthiens et de quatre niches avec des statues sculptées par M. Les tache . Les côtés de la seconde chapelle à droite sont ornés de deux superbes fresques du Dominiquin , représentant la vie de sainte Cécile. Les deux tableaux des côtés de la chapelle de Saint-Mathieu sont de superbes peintures de Michelsfnge ; la Vocation et le Martyre de saint Mathieu , du Caravage ; une Assomption, de Francesco Bassano . Les peintures de la voûte, ainsi que les prophètes représentés sur les côtés, sont du chev. d 'Arpin* Dans la dernière chapelle sont deux tombeaux de beaucoup de mérite : le premier , qui se trouve à droite en entrant, est celui du fameux cardinal de Bernis, sculpté par Maximilien Laboureur ; l’autre vis-à-vis est de madame de Montmorin, fait par

depuis 8 heures du matin jusqu’ A n heures, et depuis i heure us jusqu’à a heures f/4 du soir.

M. Marin y ancien pensionnaire de PÀcadémie de Fiance à Rome. Dans la sacristie on admire un petit tableau représentant la Vierge, ouvrage attribué au Corrège, et qui est de toute beauté.

Eglise de St-Augustin. Elle fut bâtie en 1483, sur les dessins de Baccio Pintellit par le cardinal Guillaume d’Estoute ville, ambassadeur de France à Rome. Le maître-autel est orné de belles colonnes et de quatre anges sculptés d’après les modèles du Bernin. L’image de la Vierge que l’on y voit est une de celles que les Grecs apportèrent à Rome après la prise de Constantinople, et que Ton attribue à saint Luc. Dans la chapelle suivante est une urne de vert antique , où l’on garde le corps de sainte Monique, mère de saint Augustin. Les peintures de la chapelle voisine sont de Lan franc . Dans l’avant-dernière chapelle est un beau groupe en marbre, représentant la Vierge, l’Enfant Jésus et saint André, ouvrage (V André Contucci de Sansovino. La Vierge de Lorette du dernier autel est de Michel- Ange de Caravage ; mais le tableau vraiment admirable de cette église est le prophète Isaïe, peint à fresque sur le troisième pilastre à gauche en entrant : il est de l’incomparable Raphaël.

Eglise de St-Apollinaire. En entrant dans l’église, on voit , sur un des autels, une belle statue de saint François- Xavier, de Le Gros . Dans le palais annexé à cette église est le Séminaire Romain .

Après avoir visité rapidement, rue des Coronari , Saitil- Sauvcur-in-LaurOy la maison 1 245 qui appartint à Raphaël t le palais Cicciaporci , architecture de Jules Romainf nous arrivons 5

Sainte-Marie-in-Vallïcellà. C’est saint Philippe Néri, aidé par Grégoire XIII et par le cardinal Cesi, qui fit ériger cette grande église, sur les dessins de Martin Langhi l’aîné. Le grand autel, qui est très-riche, est décoré de quatre belles colonnes de portasanta, dont les bases et les chapiteaux sont de bronze doré, de meme que le tabernacle et les anges. Trois tableaux de Rubens ornent la magnifique tribune. La chapelle suivante, qui est sous l’orgue, est dédiée à saint Philippe Ncriy dont le corps repose sous l’autel. Sur l’autel suivant, placé dans la croisée, est la Présentation de la

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Vierge au temple , beau tableau de Frédéric Barroche. La porte voisine conduit à la sacristie , où Tou voit sur l’autel une belle statue de saint Philippe, sculpture de Y AU garde.

Ste-Màkie de la Paix. L’intérieur de l’église est composé d’une nef et d’une coupole octogone d’un très-bon goût. Au-dessus de l’arc de la première chapelle à gauche , depuis la corniche de l’église jusqu’au bas , est une belle peinture à fresque du grand Raphaël ; elle a été récemment restaurée, et représente les Sibylles cuméenne, persique, phrygienne et tiburtine. Les peintures sur l’entablement sont de Rossa , Florentin. Sous la coupole sont quatre beaux tableaux : celui qui représente la Visitation de sainte Élisabeth est de Charles Maratta; le second, où l’on voit la Présentation de la sainte Vierge au temple, est un chef-d’œuvre de Balthazar Pcruzzi ; la Naissance de la Vierge est de Vanni y le quatrième tableau , représentant le Trépas de la Vierge , est de Jean-Marie Morandi . Après avoir visité l’église de Sainte- Mar ie-de-l' Ame , qui mérite un coup d’œil , on arrive à la

Place Navone. Cette place est une des plus vastes et des plus belles de Rome. Grégoire XUI l’orna de deux fontaines, dont l’une est placée vers l’extrémité septentrionale, et l’autre vers l’extrémité opposée : celle-ci est composée de deux grands bassins de marbre ; le milieu fut ensuite orné d’un triton qui tient un dauphin par la queue, sculpté par Je Bernin ; sur les bords du bassin sont des mascarons et des tritons qui jettent de l’eau , et qui ont été faits par Flatninio Vacca , Léonard de Sarzanna , S ilia , Milanais , et Taddêe Landini . Innocent X, de la maison Pamfili, fit ériger la belle fontaine du milieu sur les dessins du Bernin. Elle est formée d’un vaste bassin circulaire de marbre de 24 mètres 33 cent, de diamètre , au milieu duquel est un grand rocher percé de quatre côtés, où l’on voit dans une espèce de grotte un cheval marin d’un côté, et de l’autre un lion , sculptés par Lazare Morelli . Au sommet de ce rocher, dont la hauteur est d’environ 14 mètres, s’élève un obélisque de granit rouge, couvert d’hiéroglyphes, quia 17 mètres de haut. L’un des principaux édifices de la place Navone est

L’église de Ste-àgnès. L’intérieur est incrusté de beaux marbres et orné de stucs dorés ; huit grandes colonnes en marbre de Cottanello , d’ordre corinthien , le décorent. La porte et trois magnifiques chapelles forment la croix grecque; quatre autres autels ont été érigés au-dessous des pendentifs du dôme. La coupole est ornée de peintures de Ciro Ferri et de Corbellini, son élève : les quatre pendentifs furent peints par le Baciccio. Les chapelles et les autels sont ornés de bas-reliefs et de statues , ouvrage des artistes les plus célèbres de cette époque. A gauche de la chapelle de Sainte- Agnès est un escalier par où Ton descend dans les corridors qui soutenaient les gradins du cirque; on y voit sur l’autel lin bas-relief représentant la sainte qui semble miraculeusement couverte de ses cheveux; c’est un des plus beaux ouvrages de YAlgarde.

Palais Braschi. Ce magnifique palais fut bâti, vers la fin du dernier siècle, sur les dessins de l'architecte Morelli , par le duc Braschi , neveu de Pie VI. Il renferme un magnifique escalier , orné de beaux marbres, avec des colonnes et des pilastres de granit rouge oriental. Dans le premier appartement, parmi d’autres monuments, on remarque une superbe statue colossale à! Antinous. L’entrée principale de ce bâtiment est près de la

Place de Pasquin. Cette place a été ainsi nommée à cause d’une ancienne statue, très-endommagée par le temps, que l’on voit placée sur un piédestal , à l’angle du palais Braschi : elle prit le nom de Pasquin d’un tailleur qui se plaisait à faire des satires et à railler ceux qui passaient devant sa boutique.

St-André-dell à-Valle. Sa façade, qui est une des plus magnifiques de Rome , a été faite sur les dessins de Charles Rainaldi ; elle est de travertin , ornée de deux rangs de colonnes d’ordre corinthien et composite , et décorée de statues sculptées par Dominique Guidi , Hercule Fcrrata et Jacques- Antoine Fancelli. L’intérieur de cette grande église est orné de peintures remarquables. La coupole , qui a environ IS mètres de diamètre, a été peinte par Lan franc, et c’est un de scs meilleurs ouvrages. Les quatre évangélistes, qui sont sur les pendentifs de cette coupole, et les

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peintures de la voûte de la tribune, représentant divers traits de la vie de saint André, sont des ouvrages classiques du Dominiquin. Cette église est bâtie sur les ruines de la scena du

Théâtre de Pompée. Ce magnifique théâtre occupait tout cet espace qui est circonscrit par le palais Pio et par les rues dites des Chiavari et des Giupponari. Près de Saint- André-della-Valle, dans la rue du Sudario , est le palais Vidoniy où l’on conserve les Fastes sacrés, rédigés par \errius Flaccus. Théâtre de l’Argentina. Saint-Nicolas aux Cé-

sarni. Temple d’Hercule-Gardien. On arrive au Palais Mattéi. Ce palais a été bâti par le duc Asdrubal Mattéi, sur les dessins de Charles Madame . — Quelques antiques, des tableaux de Brill , un portrait par van Dyck , une voûte peinte à fresque parle Dominiquin. — En allant sur la place Mattéi , on voit la belle fontaine des Tortues , faite sur les dessins de Jacques de la Porte ; les ligures en bronze sont de Thadée Landini} fameux artiste florentin. D’un côté de cette place est le Palais Costaguti. Ce palais est l’ouvrage de Charles Lombardi, et renferme des fresques qui ont été faites pâlies artistes les plus célèbres de la première période du xviie siècle : VAlbaney le Dominiquin , le Guerchin ! On pourra visiter en passant l'église de Ste-Catherine des Punari ; tableaux d ' Annibal Carrache.

Théâtre de Marcellus. Octavien Auguste fit bâtir ce

magnifique théâtre, et le dédia à Marcellus, fils d’Octavie, sa sœur. Ce fut le second théâtre bâti à Rome pour les spectacles publics. Son style était si parfait , que des architectes modernes l’ont pris pour modèle des ordres dorique et ionique. L'ordre supérieur est entièrement ruiné ; il n’existe plus qu’une partie des ordres inférieurs, que l’on voit actuellement du côté de 1^ place Montanara : ces restes consistent en deux rangs d’arcades qui environnaient le théâtre; celles du bas ont des demi-colonnes doriques , et celles du haut des demi-colonnes ioniques. Ce théâtre avait Si) mètres de diamètre ; il était construit de gros blocs de travertin, et dans les parties intérieures d’ouvrage réticulaire, et pouvait contenir jusqu a trente mille spectateurs.

Dans le moyen-âge, il fut changé en forteresse par les Picrléoni , auxquels succéda la famille Savelli, qui s’y retira lors des guerres civiles. En avançant on trouve à droite Y église de Sta-Galla , dite autrefois de Ste-Marie in Porticu , près de laquelle, sur la rue actuelle, fut la porte triomphale des murs de Servius, mentionnée par Cicéron et par Josèphe.

Ste-Marie de la Consolazione. Cette église fut bâtie par Martin Lunghi le vieux, qui fit aussi la façade jusqu’au second ordre : celle-ci, étant restée imparfaite jusqu'aux derniers temps, a été achevée en 1825, d’après les dessins originaux , par l’architecte Belli. La première chapelle à droite en entrant a été peinte par Thadèe Zuccari , à l’âge de 20 ans. La Vierge de la chapelle suivante est uu ouvrage de Livio Agresti .

Sixième Journée»

Du V ëlabre au pont Fabricius .

Vélabre. Entre le Palatin , l’Avcntin et le Tibre , existait originairement un marais formé par les débordements de la rivière et les eaux stagnantes qui en découlant des collines s'arrêtaient dans cette espèce de conque. On l’appela Vélabre d’après les anciens grammairiens, à cause des radeaux dont il fallait faire usage pour le traverser, à vehendis rali bus . Dans cette contrée était le Forum Boarium. C’est ainsi qu’on appelait la place où l’on faisait le marché des bœufs au pied du Palatin , et où l’on voyait aussi la célèbre vache en bronze de Myron , qu’on avait transportée de l’IIc d’Egine. Parmi les bâtiments du Forum Boarium , il faut compter le Janus Quadrifons. Chaque façade présente un arc entre deux piliers avec un double rang de niches , dont quelquesunes sont seulement indiquées : de petites colonnes, dont on conserve des restes trouvés dans les dernières fouilles et laissés sur le lieu , étaient placées entre une niche et l'autre , sous le soubassement. On voit a côté de ce monument

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L’arc de Septime Sévère. Cet arc, qui est en marbre, de forme carrée et à une seule ouverture , fut érigé, suivant l’inscription qu’on y lit, par les banquiers et les marchands de bœufs du Forum Boarium , en l'honneur de Septime Sévère, de Julie sa femme, d’Antonin Caracalla et de Géta leurs fds. Il est décoré de bas-reliefs d’une médiocre sculpture , très-endom mages par le temps. Cet arc est attaché à

L'église de St-Georges. On donne à cette église le sur- <om en Vélabre à cause de la localité. Elle est très-ancienne, dt remonte au moins au vit siècle de Père vulgaire. Le sentier qui s’ouvre en face de l’arc de Septime Sévère conduit à la

Cloaca Maxima. Tarquin l’Ancien, cinquième roi de Rome, entreprit le dessèchement du Vélabre et l’assainissement de la ville en creusant des canaux souterrains pour conduire les eaux dans le Tibre. Son égout sert encore au but pour lequel il fut bâti , et fait l’admiration universelle. La voûte est formée de trois assises de gros blocs de tuf, liés de distance en distance par des blocs en travertin, et toujours joints sans chaux et sans ciment. Une source d’eau très-limpide et salubre s’écoule dans le cloaque près de St- Georges : on l’appelle eau argentine à cause de sa clarté.

Grand Cirque. Les maisons , les greniers à foin et les remises qui occupent aujourd’hui le bas-côté du mont Palatin, sont toutes construites sur les restes des corridors et des voûtes qui soutenaient les gradins : sur la rue même on voit quelques masses de briques qui ont aussi servi à soutenir les gradins de ce cirque. Ces ruines ont fait conserver à la rue sou alignement ancien. En sortant du cirque on voit à gauche l’emplacement du Seplizonium : c’était un portique à trois étages que Septime Sévère lit construire pour l’ornement de cet angle du palais impérial. Après avoir passé sur un petit pont un ruisseau qu’on appelle la Mar rana , ou trouve ù droite les restes des

Tiierues de Caracalla. Vers l’an 212 de l’ère vulgaire, l’empereur Antonin Caracalla lit bâtir ces thermes. Pour avoir une idée de la grandeur et de l’étendue de ces thermes , il faut considérer que ce monument est un carré de 360 met. de chaque côté, ou 733 mètres d’enceinte. Vers le milieu de

cet énorme carré s’élève un bâtiment somptueux , carré oblong, qui a 230 mètres de longueur et 150 dans sa plus grande largeur. En un mot, la superficie de ces thermes était telle, qu’elle surpassait celle des Invalides de Paris d’un tiers, et 3,000 personnes pouvaient s’y baigner à la fois. Près de ces thermes est L’église de St-Nérée et Achillée. Quatre belles colonnes de marbre africain soutiennent le baldaquin de l'autel , près duquel on voit les deux chaires de marbre dites ambooes, où on lisait les épîtres et les évangiles. Dans la tribune on remarque la chaise presbytériale sur laquelle saint Grégoire Ier s’assit lorsqu’il récita au peuple la XXVIIIe de ses homélies , dont une partie est gravée sur le dossier de cette chaise. Cette église est dans la Vallée d'Ëgérie. Cette vallée ,, qui s'ouvre entre le Cœlius et une autre colline qu’on appelle Monte d’Oro, est la fameuse vallée d’Ëgérie, que les écrivains modernes, contre l’autorité des classiques anciens, ont reculée de plus de trois milles d’ici. En revenant à la place de St-Cèsarée , et prenant la rue à droite, qui est l’ancienne voie Appieune, on trouve à gauche la vigne Sassi , où est le Tombeau des Scipions. Ce célèbre monument ne fut découvert qu’en 1780 ; auparavant on croyait que le tombeau des Scipions était celui que l’on voit hors de la porte St-Sébastien, presque en face de l’église de Domine quô vadis . Ce monument avait deux étages, dont le premier, qui existe encore, est un vaste souterrain creusé dans le tuf; il ne reste rien du second étage , qui devait être entouré de niches , où étaient les statues des Scipions et du poète Ennius. Dans le même vignoble où est ce tombeau on a découvert le Columbarium de C. JV. Pomponius Ilylas et de Pom ponia Vüaline . Les Romains appelaient Colnmbaria , Colom bières , des chambres destinées à recevoir les cendres de plusieurs personnes, et particulièrement celles des serfs et des affranchis , qui étaient ordinairement ensevelis dans les terres de leur maître et près des tombeaux de la famille ; ils avaient la forme d’un pigeonnier, et de là dérive leur nom , puisqu’on faisait plusieurs rangs de petites niches qui contenaient les pots (ollœ) pour les cendres et les os brûlés

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