ROUTE XCIV
de SULMONA a NAPLES.
13 postes.
De Sulmona à Rocca
Valloscuro, 1 p.
Rocca Raso , 1
Castel di Sangro, 1
Vandria, 1
Isernia, 1
Mena fri , 1 V*
Pagliarone , Torricella , Capoue ,
A versa , Naples ,
Postes, 13
GUIDÉ EN ITALIE
COMMUNICATIONS
De Popoli à Chietti , 3 p.
De Ciiietti à Pescara , 1
— à Civita di
Penne , 1 i/j
— ù Lanciano, 4 De Lanciano à Castel
di Sangro, h
D’Isernia à Campo- Basso, 3 */?
DeCalvi à S.-Germano, 4 %
l)e Capoue à Naples par Caserta , 2 */*
Fermo ( Firmium ) est une ville antique située sur le sommet d’une colline. C'est un chef-lieu de province qui compte environ 14,000 habitants. Elle fut d’abord colonie romaine, et subit plus tard le sort de l’Italie, lorsque cette belle contrée fut inondée par les barbares. Fermo eut aussi ses tyrans et ses malheurs. Le célèbre Laltanzio est surnommé Firmiano% parce qu’il a vu le jour dans cette ville. La Cathédrale est assez remarquable, ainsi que le Théâtre , qui a été récemment construit. La vue dont on jouit du haut de la colline qu’on nomme Gerone (1) est admirable.
Au sortir de Fermo , nous laissons sur la gauche les plages de l’Adriatique ; nous traversons les rivières Leto Mokto ( Lœta ) et Asona ( Aso ) , et nous avançons dans les montagnes pour aller nous reposer à
Ripa Transone ( Cupra Montana) , ville épiscopale de 2,200 habitants (2). Au delà de cette florissante ville, nous rencontrerons les châteaux ruinés de Cassignano et d’AFfida , après avoir traversé la rivière Josino ; un peu plus avant, nous traverserons une autre petite rivière appelée Castellano, qui se décharge dans le Tronto ( Trenulum)y dans le voisinage
D’Ascoli ( Ascuîum Picenum ) , ville fort ancienne, patrie de l’orateur Bettucius Barrus , fort estimé et loué par Cicéron ; de Veniidius Bassus , célèbre capitaine; du pape
(i) Adanril et Gontleri ont écrit chacun une histoire de Fermo. Il en existe une troisième trôs-esthnéc , écrite par Michel Catalini.
(*) Paciaudi a publié un ouvrage sur les aniiquités de Ripa Transmit:.
Nicolas IV , et d’autres hommes illustres. Pendant le xive siècle, les Falzetta et les Miglianitti se disputèrent vivement la possession de cette petite ville , qui eut beaucoup à souffrir de cette rivalité. Les antiquités qu'elle renferme ont été décrites par Cimolia (1). Pop., 13,000 hab.
Ici nous avons à parcourir un trait de route fort incommode. Le premier endroit qu'on trouve sur ce chemin peu agréable est
Teramo ( Interramnia ), ville de 6,000 âmes, située entre les deux rivières Jordino ( Batinus et aussi Juvanlius) et Oiciola , à peu de distance du Vomano ( Vomanus ).
CrviTA DI Penne ( Pinna ) s'élève entre le Tàvo et le Salino { Tifernus ). Cette petite ville renferme de beaux édifices et plus de 7,000 habitants.
Popoli , autre petite ville située sur les bords de Pescara {. Aternus ) , fut longtemps gouvernée par les Conlelmi.
Sulmona ( Sulmo ) est la patrie d ’ Ovide, qui prétend qu'elle fut fondée par le Phrygien Solemus (2). Cette jolie petite ville, de 8,000 habitants, est placée sur les bords de la rivière Sore, et possède une jolie Cathédrale ; elle est la patrie des papes Célestin V et Innocent VIL Indépendamment des Mémoires historiques de cette petite ville , imprimés en 1804 , il y a encore une histoire savante de Popoli et de son territoire, publiée en 1812 par M. Torgia.
A Popoli on trouve deux routes de poste , dont l'une conduit à Chieti et l'autre à Aquïla. 11 nous paraît convenable que le voyageur les connaisse toutes deux.
A quatre milles de Popoli , le long de Pescara , on trouve la grosse terre de Tocco , où se fabriquent les meilleures huiles des Abruzzes, et un peu plus loin les villes de Saint-Valentino , de Torri et de Valva. Auprès de cette dernière on gravit la colline sur laquelle s'élève Chieti ( Teate Marrucinorum ) , jadis capitale des peuples Marruciniens , et aujourd'hui chef-lieu de TAbruzze Citériennc. Cette petite ville est le siège d’une cour criminelle et d’un
(1) Description des peintures, sculptures, etc., delà ville dWscoli, par Baltliazar Orsini.
(2) Voyez les Fastes d’Ovide, liv. IV.
GUIDE UN ITALIE
tribunal civil ; elle est considérée comme place forte de quatrième ordre, et se fait remarquer par les jolis édiüces qu'elle renferme. Sa Cathédrale est d’une architecture fort estimée. Elle possède en outre quatre autres Églises , plusieurs Couvents , un vaste Séminaire , un Lycée , une Société (T agriculture , d’arts et de commerce, un grand Hôpital , des Hospices , un Mont-de -Piété, un beau Théâtre et plusieurs fabriques. Il s'y fait commerce de draps, de vins, d'avoines et d’huiles. C'est la patrie de Pollion , rival de M . Tullius , des historiens Toppi ci Jérôme JVicolini, du peintre Antoine Solaro , etc. La population de Chieti s’é* lève à 15,000 âmes. L'origine de cette ville se perd dans la nuit des temps : après avoir été soumise aux Grecs pendant le cours de plusieurs siècles, elle tomba sous la domination des Romains, qui l’appelèrent Teate Marrucinorum. A la chute de l'empire romain, elle tomba au pouvoir des Goths et des Lombards. Ces derniers ayant été défaits par Charlemagne, Pépin l'assiégea et la mit à feu et à sang. Les Normands la réédifièrent plus tard, et ce fut dès lors qu’elle acquit un état florissant. Clément VU l'érigea en archevêché. On assure que l’ordre des Théatins , fondé parsamf Gajetan , a tiré sa dénomination du nom latin de Chieti {Teate). La mer Adriatique n’est qu’à dix milles de distance de Chieti .
Non loin de là on rencontre Lanciano ( Auxanum ), petite ville à laquelle ses vins muscats et ses fréquentes foires ont acquis quelque célébrité. Pop. 13,000 hab.
Les étapes de Na valu , de Poggio Picenzà conduisent de Popoli à Aquila *
Aquila ( Aquila , Avella ou Avia) est une ville belle et assez considérable, chef-lieu de la province de YAbruzze ultérieure seconde . Ou assure qu’elle a été fondée et agrandie par l'empereur Frédéric II , qui se servit à cet effet des ruines des antiques cités d’ Amiternum et de Furconium . Il est certain que l'évêché de cette dernière fut transféré à Aquila par le pape Alexandre IV, et qu'en 956 l’empereur üthon Ier conféra à l'évêque le comté de Furconium . Cette ville fut considérablement endommagée par les tremblements de terre de 1688 et de 1706, mais plus encore par
celui de 1703, qui üt plus de mille victimes. Ayant été reconstruite entièrement , elle n’a conservé de toutes ses fortifications qu’un seul fort. L’historien romain Salluste était natif d ' A miter ne, dont on voit les restes dansée voisinage d ’Aquila.
Aquila est située sur une colline au pied de laquelle coule le Pescara. C’est une des quatre grandes cours du royaume de Naples , et le siège d’un évêché qui relève immédiatement du saint-siège. Indépendamment de la Cathédrale, il y a 25 églises paroissiales et divers couvents, un Lycée royal fondé par Ferdinand IV , un Séminaire , un Hôpital, deux Hospices et un beau Théâtre . Elle possède des papeteries, des fabriques de toile et de cire; on y fait un grand commerce de fruits secs, de laines, et surtout d’excellent safran que produisent les environs. Cette ville compte envirou 8,000 hab.
Revenons maintenant à Sulmona. La chaîne des Apennins, que nous voyons à droite, nous invite à visiter le lac de Celano (Lacus Fucinus ), situé sur le territoire des anciens Marses ; mais cette digression nous éloignerait trop de notre route. Le premier bourg qu’on rencontre est Pettorano, bourg considérable, et même ville seigneuriale. Rocca Valoscuro , Rocca Raso , Castel di Sanglo , situé sur le fleuve du même nom (l’ancien Sarus), Rio- NKito et Vandria , sont des lieux escarpés et d’un abord difficile, malgré les bonnes routes qu’on y a|pratiquées et qu’on y entretient avec soin : ils ne valent pas la peine de nous y arrêter ; aussi nous hàterons-nous d aller nous reposer à
Iseunja (Æsernia) , ville épiscopale de la province de Molise , et qui renferme environ 5,000 habitants; elle est passablement fortifiée, et possède plusieurs monuments antiques fovt intéressants qu’on regarde généralement comme des restes de Telesta . En remontant les hauteurs ù gauche, on peut se rendre à
Campo Basso (peut-être le Corfinium des anciens), ville bien fortifiée, et qui contient aussi 8,000 âmes de population; mais nous gravirons les hauteurs qu’on trouve à droite pour arriver à Venafri, dans laquelle on entre après avoir traversé le Volturno ( Vullurnus ).
GUIDE EN ITALIE
Vf.nàfri ( V enafntm), ville de la province de Terra di Lavoro , est située au pied d’une montagne, dans un territoire sain et fertile. Son origine est si ancienne, qu’elle est inconnue. Elle appartint aux Samnites , puis aux Romains, dont elle fut une colonie. On voit hors de son enceinte des restes qu’on suppose être les débris de son amphithéâtre. Les anciens historiens disent que les principaux citoyens de Rome y avaient des maisons de plaisance. Il est certain qu’on a trouvé dans la ville et sur son territoire une assez grande quantité de monuments antiques, de vases, d’inscriptions, de médailles , de débris d’anciens édifices , etc. La ville actuelle était le siège d’un évêché sulfragant de Capoue,e t honoré du titre de principauté; mais aujourd’hui elle a perdu ees deux titres , et elle dépend pour le spirituel du diocèse d 'Jsernia. Elle renferme une belle cathédrale et six églises paroissiales, six couvents , un vaste hôpital, un séminaire, deux écoles et un mont-de-piété. La population est de 4,000 âmes environ. 4
En quittant Venafri , on traverse les terres de MiGNONE et de Paglinrone.
En ce dernier endroit, la route se divise en deux branches, dont l’une , se dirigeant vers l’est, conduit à St-Germano, et l’autre, s’étendant vers le sud , mène à Torricella , où nous relayerons. Ce dernier village est situé entre Teano et Calvi .
Teano ( Teanum. Sedicinum ) est une ville de 3,000 habitants , qui a quelque réputation à cause des eaux minérales qui jaillissent sur son territoire.
Calvi (Cales et Calenum ) est une petite ville, mais triste et insalubre; elle est sujette aux tremblements de terre, qui l’ont tellement endommagée, qu’elle n’est plus que l’ombre d’elle-mème. Malgré cela , Calvi et Sparanisi , autre ville qui n’est ni plus importante ni plus agréable , ont eu leur historien.
De Torricella à Capoue il n’y a qu’une poste , ainsi que de Capoue h Caserta , mais on prend maintenant le chemin de fer jusqu’à Naples , en laissant Maddaloni à gauche en passant par Acerra. Nous avons fait connaissance avec ces divers endroits dans le voyage précédent, et nous y renvoyons
Je lecteur pour plus de brièveté. De Caserta à Naples, on peut cependant prendre une autre route en allongeant le chemin . d’une poste. Cette contrée rie renfermant aucun lieu qui n’ait son côté intéressant, nous conduirons aussi le voyageur par cette direction.
Après avoir passé devant quelques petites maisons de campagne, on entre dans
Maddaloni ( Magdalum ) , ville très-bien située au pied du mont Tïfata; elle est florissante, fait un commerce trèsactif , et compte près'de 1 1 ,000 habitants. Arienze et Fressola, qui font suite à Maddaloni , sont des maisons de campagne renommées pour l’excellence des pêches et des cerises qu’elles produisent. Le canal de Ricfllo mérite aussi une attention particulière ; ses eaux forment une des sources de la rivière Clanio ou Petria , et ont la propriété de pétrifier les corps qu’on y plonge, sans toutefois en dénaturer la forme. Au delà de ces villa dont nous venons de parler, s’élève
Acerba, ville épiscopale à laquelle Silius donne l’épithète de semper contempla , épithète qu’elle mérite encore aujourd’hui par l’insalubrité de l’air qu’on y respire. Elle est environnée de marais infects auxquels on n’a pas encore cherché à donner un écoulement. Cependant elle compte environ 6,000 âmes de population. Sa Cathédrale , obscure et gothique, renferme un bon tableau de Solimêne.
En continuant la route , on passe par le village de Casolia ( Casa Aurea ), dont Y église renferme un tableau assez remarquable de Pierre di Martino , peintre natif du lieu, et élève de Giordun. A peu de distance de là on entre enfin dans Naples.