‹ Guide du voyageur en ItalieChapitre 178 sur 218 · NAPLES · texte numérisé non relu

NAPLES

Hôtels : le Cr ocelle , faisant face à la baie ; — la Vie toria, ayant d’un côté la baie et de l’autre la Villa Reale ( jardin royal); c’est un vaste établissement où l’on trouve une belle collection de peintures anciennes ;-—de la Grande-- Bretagnet en face la Villa Reale ; — des Etrangers ; belle

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vue sur la baie; — de Belle- Yue; de New-York ; — de Home , de Russie , du Commerce , de Genève ; — la Speranza , la Croix-de- Malte , dans l’Argo del Castello, ete. (place du Château). On paye dans les hôtels de premier ordre, déjeuner au thé ou au café, avec pain et beurre, 3 pauls; avec des œufs, 6 pauls ; à la fourchette, 8 pauls. — Dans les grands hôtels il n'y a pas de table d'hôte; un dîner dans son appartement coûtera de 10 à 12 pauls.

Notions historiques . — L'origine de Naples est si ancienne qu’elle se perd dans la nuit des temps, et qu'elle est enveloppée dans les fables de l’antiquité la plus reculée. On s'accorde cependant à en attribuer la fondation à quelques Grecs fugitifs. Ce qu’il y a de certain, c'est que les habitants de Cumest jaloux de sa prospérité croissante, la ruinèrent de fond en comble , et qu'avant de porter le nom de Néapolisf elle * avait celui de Parthénope qu'elle tenait, selon Strabon, de la sibylle Parthénope , et, selon d'autres, du nom de la fille d’un roi de Thessalie qui y conduisit une colonie. Elle fut reconstruite par les mêmes habitants de Cumes, cl lorsque Annibal s’en approcha , elle n'était point la sujette des Romains, mais leur alliée; car elle ne devint colonie romaine que sous les empereurs. Elle ne continua pas moins à être une ville grecque par sa religion , ses mœurs , ses coutumes et son langage. L'empereur Adrien la lit agrandir en l’an 130, et Constantin en 308. Elle devint ensuite un lieu de repos et de délices pour les plus riches habitants de Rome . Ce fut dans un de ses châteaux que se retira le jeune Augustulus , après avoir été renversé de son trône par Odoacre , roi des Hérules, en 476. Bélisaire , général d e Justinien, la prit d’assaut en 536, la saccagea, et fit passer les habitants au lil de l’épée sans distinction d'âge ni de sexe; mais, quatre ans après, ce même général fut le premier à prendre toutes les mesures nécessaires pour son prompt rétablissement , parce qu'il se trouvait dans la nécessité de soutenir un siège contre Totila> auquel il fut obligé de se rendre en 542. Par la suite Naples fut tour à tour assujettie aux Normands , aux empereurs d’Allemagne , à la France et à l'Espagne. Sous la domination des Normands et des Souabes, Naples ne présente qu’une suite de guerres intestines. C'est à partir de la

dynastie angevine que son histoire devient plus intéressante , soit parce que les faits étant plus rapprochés de notre siècle, nous sont parvenus avec plus de détails, soit parce que nous sommes naturellement enclins à repousser comme apocryphes des événements qui , n'étant plus dans nos mœurs, trouvent avec peine du crédit dans notre esprit. Nous transporterons tout d’un coup le lecteur à l’époque de la mort de Conradin, arrivée en 1280, époque où la couronne des Deux-Sieiles échut à Charles d'Anjou .

Dynastie angevine.— La tyrannie et les odieuses exactions de Guy de Mont fort , que ce prince avait envoyé à Palerme en qualité de vice-roi , provoquèrent les trop célèbres Vêpres Siciliennes , ainsi nommées , comme chacun sait, parce que cet horrible massacre eut lieu à l’heure des vêpres, en 1282. Bientôt la Sicile fut séparée du royaume de Naples . Charles I" et Charles II , son successeur, consumèrent leur règne en guerres acharnées, dans le but de réunir par la conquête ce qui avait été séparé par elle. Enfin Robert monte sur le trône en 1309. Ce prince savant et philosophe fut pour le royaume de Naples ce que furent les Mèdicis pour la Toscane, Louis XIV pour la France, et Auguste pour Rome. On assure que ce fut pour sa fille Marie que Boccace composa Filocopo et Fiametta . Robert mourut sans héritier male ; car le duc de Calabre , son fils, après avoir traîné une existence languissante, s’éteignit dans la fleur de l’âge. La mort de Robert , arrivée en 1343, laissa le royaume dans une situation incertaine. L’aînée des filles du duc de Calabre , Jeanne , fut fiancée à Andrea , fils du roi de Hongrie, et la femme du défunt fut nommée régente. Ce règne fut un des plus sanglants de l’histoire du monde. On connaît l’ambition démesurée de la reine Jeanne , qui a fait planer sur sa tête le soupçon d’assassinat sur la personne de son mari. Le roi de Hongrie, voulant venger la mort d 'Andrea, descendit en Italie avec des troupes; Jeanne , dépourvue de troupes, d’argent et de généraux, quitta Naples , se retira en Provence , et épousa le duc de Tarente. Lorsque le roi de Hongrie eut quitté Naples , Jeanne y revint avec son mari , et, après plusieurs années de combats, elle

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signa en 1361 une trêve à la suite de laquelle le duc de Tareute fut couronné roi de Naples . Jeanne était une femme très-remarquable; elle avait une beauté masculine et une bravoure à toute épreuve ; mais elle était stérile, car elle ne put avoir de postérité, quoiqu’elle eût épousé quatre maris. Charles Durazzo , son neveu par alliance, la détrôna, la fit enfermer dans un château, où elle fut étranglée par son ordre. Son cadavre fut transporté à Naples et exposé pendant huit jours dans l’église Ste-Claire, puis on le jeta dans une sépulture si ignoble, que ses restes n’ont jamais pu être retrouvés. Charles Durazzo se fit reconnaître et sacrer roi de Naples . 11 fut assassiné lorsqu’il marchait à la conquête de la Hongrie. Ladislas son fils lui succéda. Ce prince, brave, cruel, ambitieux et passionné pour le sexe, tomba malade par suite de ses excès, et vint mourir à Naples en 1414. Sa sœur Jeanne , nommée par les historiens Jeannette, le remplaça sur le trône. Son règne fut celui des favoris. Elle épousa le comte de la Marche, qui lui ôta son pouvoir et la tint renfermée rigoureusement , jusqu’au moment où Jeannette le fit enfermer à son tour et ressaisit la couronne. Le comte, après une captivité de trois ans, se sauva en France, où il se retira dans un couvent et mourut moine. Jeanne II, étant devenue vieille et presque stupide, mourut en ) 433 , en laissant deux successeurs qui devaient déchirer le royaume. Là finit la dynastie angevine.

Dynastie aiiagonaise. — René d'Anjou et Alphonse d'Aragon se disputèrent vivement le trône ; mais Alphonse l’emporta, et ceignit la couronne sous le nom d'Alphonse Ier* Bientôt le royaume tomba sous la domination espagnole , et devint la victime de la cupidité la plus basse. Ce fut alors qu’éclata cette célèbre insurrection dont le simple pêcheur d'Amalfi , Masanieïlo , fut le chef. Nous ne nous étendrons point sur ce fait si connu, et nous dirons seulement que dans l’espace de quinze jours Masanieïlo fut pécheur, rebelle , général en chef, duc , roi, fou, et tué. Le duc de Guise ne tarda pas à monter sur le trône ; mais la trahison l’en précipita au bout de sept mois. Philippe IV mourut peu de temps après , et laissa à son fils Charles II sa couronne chancelante. Celui-ci mourut sans héritiers, et donna

foi

naissance à cette longue guerre si connue pour la succession d'Espagne. Philippe V et Charles III è tant aussi descendus dans la tombe, Ferdinand , fils de ce dernier, lui succéda. Ce règne fut signalé par de grands désastres financiers. Ces malheurs s’aggravèrent encore par la fuite de la cour en Sicile. En 1799 , les Français s’emparèrent de Naples , qu’ils durent abandonner peu de temps après. Alors commença une sanglante réaction. Enfin Caroline et Ferdinand, ayant été rétablis sur le trône, eurent quelques démêles avec Napoléon , dont les troupes s’emparèrent de Naples . Joseph Bonaparte prit les rênes du gouvernement ; mais ayant été appelé au trône d’Espagne , Joachim Mural fut désigné par Napoléon comme le successeur de son frère. Les événements qui suivirent l’intronisation de Murat sont trop connus pour que nous en parlions ici. Après sa fin déplorable , Ferdinand I'* remonta sur son trône , où il s’occupa activement du bonheur de ses sujets. Ce monarque fit son entrée solennelle dans 'Naples le 17 juin 1815; il mourut en 1830. Son fils Ferdinand II lui succéda, ayant épousé en 1832 Marie-Christine , fille du roi de Sardaigne Victor- Emmanuel .

Géographie et Statistique . — Naplbs ( Parthénope , ensuite Neapolis ), capitale du royaume des Deux-Siciles et du royaume de Naples , chef-lieu de province, de district et de canton, est située à 43 lieues S.-E. de Rome, à 490 lieues S.-E. de Paris , à 3 lieues O.-N.-O. du Vésuve , sous le40° 51’ de latitndenord, et sous le 1 1° 57’ de longitude orientale du méridien de Paris. — Ses jours les plus longs sont de 14 heures, et quand il est midi à Naples il n’est encore que 11 heures 13 minutes du matin h Paris. Naples est, après Londres et Paris , la ville la plus grande et la plus peuplée de l’Europe; elle a 20 milles de circonférence et contient près de 300,000 habitants. Elle est divisée en 12 quartiers, S. -Ferdinand , Chidia , Monte- Calvario , Avvocata , Stella , S. -Carlo alV Arena , Vicaria , S.-Lo renzo , S .-Giuseppe , Maggiora , Porto-Pendino et Mercato. C’est la résidence du roi, le siège d’un archevêché, d’une cour suprême de justice, d’une cour civile d’appel, dont dépendent les provinces de Naples, de Terra di La-

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voro, de Principato- Citer io re , de Principato- UUeriore , etc. Elle possède aussi une cour criminelle , un tribunal civil et de commerce. Cette ville est particulièrement remarquable par la beauté incomparable de sa situation. Rien de plus magnifique et de plus enchanteur que l’aspect de cette ville lorsqu’on y arrive par mer. Alors on voit Naples s’abaissant en amphithéâtre sur le penchant d’une montagne, à l’extrémité d’une haie large et profonde dont la forme est celle d'un croissant. Ce bassin est embelli à l’est par les délicieux villages de Portici , Torre del Greco , et d 'Annunziala , par de magnifiques maisons de plaisance et par des collines couvertes de bosquets et de vignobles. Le Vésuve, qui s’élève auprès, complète admirablement cette étonnante perspective. Lorsqu’on arrive du côté de Rome , on n’aperçoit Naples que lorsqu’on y est entré ; dans cette partie de la route , le terrain est très-bas et borne la vue , de sorte qu’en arrivant on éprouve une sensation peu agréable qui est bientôt détruite, pour faire place à un sentiment d'admiration à l’aspect d’une foule d’édifices , et surtout à la vue du spectacle imposant que présente le golfe. La ville proprement dite n’a guère que 4 kil. d’étendue du N. au S., et 2 kil. de l’E. à l’O., et environ 12 kil. de circonférence; mais elle en a plus de 24 en y comprenant les faubourgs. Quoique Naples soit considérée comme place forte de première classe, elle n’a cependautni portes, ni bastions; elle n’est véritablement défendue que par quelques forts.

Les rues de Naples sont généralement étroites , mais régulières, et pavées avec d’énormes dalles de lave du Vésuve ou de pierres volcaniques; elles sont aussi très-bien éclairées. Les rues de Tolède et de Ckidia sont les deux plus importantes de Naples ; la première surtoul, qui a près de 2 kil. de longueur , est droite , large , bien pavée et flanquée de superbes édifices. C’est ce qu’on nomme le Corso ( le Cours). À l’époque du carnaval, Toledo présente aux étrangers un spectacle extraordinaire et insolite : c’est le 17 janvier, â la St-Antoine, qu’il commence. Une double file de voitures élégantes parcourent Toledo , en partant de Ste- Lucie , et vont quelquefois jusqu’à la roule du Camp : tous les balcons sont peuplés de monde, et on serait tenté de

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croire que tous les habitants sont venus se concentrer dans la même rue. Si les voitures sont nombreuses, la foule des piétons n’en est pas moins considérable. Pendant les derniers jours du carnaval, et surtout le lundi gras, la foule des gens à pied et des voitures est encore plus grande. Alors les piétons , les gens en voiture et les spectateurs placés aux balcons, se déclarent entre eux une guerre acharnée dans laquelle les dragées , les fleurs et les oranges servent de projectiles. Une cuiller en baleine, armée d'un long manche, sert à lancer ces projectiles sucrés jusqu’au quatrième étage, et il est curieux de voir avec quelle adresse les Napolitains se servent de cette arme singulière. Le meme usage est en vigueur dans plusieurs villes d’Italie, et entre autres à Milan ; mais dans cette dernière ville le règne du sucre est passé ; on lui a substitué de petites balles de plâtre qui ressemblent à des anis sucrés. Du reste, la quantité de voitures, la foule des combattants , et l’acharnement des artilleurs, sont les mêmes à Milan qu’à Naples .

Les voitures et les chevaux sont, à Naples , les principaux objets de luxe : la forme de ces voitures permet aux piétons de voir en entier les femmes élégantes qui les embellissent ; mais comme la plupart des rues de Naples sont étroites, les équipages ne peuvent guère circuler librement que dans les rues de Toledo et de Chiaia , qui sont devenues les promenades favorites des Napolitains. Cette concentration des promeneurs sur un même point fait paraître les voitures plus nombreuses qu’elles ne le sont en réalité. A Toledo , le grand monde se promène quelquefois à pied ; mais à Chiaia , l'impérieuse étiquette exige qu’on ne s’y montre qu’en voiture.

Les maisons de Naples ont en général quatre ou cinq étages; elles sont bien bâties; les toits ne sont pas inclinés comme il est d’usage ailleurs , mais plats et composés d’une sorte de stuc fait avec de la pozzolana. Cette composition a le privilège de se durcir par le simple contact de l’air. Presque tous les édifices ont des balcons en saillie qu’on a soin de garnir de vases de lleurs ou de caisses contenant des arbustes. Cette coutume produit, il est vrai, un effet agréable; mais, d’un autre côté, elle contribue à donner de l’obscurité aux rues, déjà trop étroites généralement, surtout dans les vieux quartiers.

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Places {Largo), — Les places de Naples sont nombreuses, mais peu spacieuses, irrégulières, et entourées pour la plupart d'édifices peu dignes d'attention. Les places sont vulgairement appelées Largo .

Largo di Castello. Cette grande place, de forme irrégulière, tire son nom du Château-Neuf ( Castel-Nuovo) , qui en est voisin. Elle est ornée de plusieurs fontaines avec jets d'eau, parmi lesquelles se distinguent celles appelées fontaine Médina et fontaine Gusmana . C'est sur cette place qu'a lieu la fêle du Mât de Cocagne . Les prix réservés aux prétendants se composent ordinairement d'argent, de vivres, ou de quelques pièces d’argenterie.

Largo Ste-Lucie. Cette place est située dans la partie la plus agréable de la ville , entre le Pizzo-Falcone et l'Arsenal. Elle sert de marché au poisson , et contient une fontaine dont Dominique Auria fut l'architecte. En laissant à gauche le Castel-Nuovo , on arrive par la rue de Plutamène à Chia'ia . Cette dernière n'est autre chose que la rue qui , longeant la mer , conduit à la grotte de Pausilippe ; mais comme elle est fort large , elle peut être comptée parmi les places publiques de Naples. La Villa Reale y jardin public, fut créé en 1779; il a 2,170 palmes, environ 1,085 mèt. de longueur, sur 210 palmes, 105 mètres de largeur. Du côté qui regarde la mer, les bords sont fortifiés , et ornés d'une balustrade d'où on jouit d'une vue vraiment extraordinaire. Du côté de la terre , cette promenade est séparée de la rue par une grille à laquelle sont annexés des pilastres. A l'entrée il y a des restaurateurs et des boutiques où on vend des sorbets et des glaces. Des deux côtés du jardin, s'élèvent des statues de marbre imitées des meilleurs modèles antiques , comme le Gladiateur mourant, l'Apollon de Florence, etc.

Largo du Mont-Oliveto. Cette place se trouve dans la partie la plus commerçante de la ville ; elle renferme une belle fontaine avec jets d’eau , et est ornée de la statue en bronze de Charles IL.

Largo dello Spirito-Santo. Cette place , l'une des plus belles de Naples , est située près de la rue de Tolède. Elle sc distingue par un magnifique édifice semi-circulaire , orné de 2G statues, lequel fut construit en l’honneur de Charles III , dont la statue n’y a cependant pas encore été élevée. Cette

place est aussi appelée le Mercatello ( petit marché ), parce que tous les mercredis on y vend des légumes et autres comestibles.

Largo del Mercato ( place du Marché ). Celle-ci est la plus grande de Naples , et tire son nom du marché qui s’y tient les lundis et vendredis. C’est là que viennent allîuer tous les approvisionnements de la ville ; c’est aussi là que se font les exécutions. Autrefois la potence y était en permanence; mais aujourd’hui qu’on a adopté le genre de supplice usité en France, l’instrument n’est dressé que lorsque l’occasion le requiert, en face d’une petite rue appelée le Vico del Sospiro , parce que c’est de là que le patient l'aperçoit. Cette place fut le théâtre du supplice de l’infortuné Conradin et de son cousin Frédéric d’Autriche. Sur le lieu même de leur exécution on bâtit une petite chapelle dans laquelle furent déposés leurs corps, qui y restèrent jusqu’à ce tpi' Élisabeth d’Autriche, mère de Conradin , les eût fait transporter dans la petite église des Carmes. Cette princesse infortunée s’était mise en route pour racheter son fils et Je retirer des mains de Charles ; mais elle arriva à peine à temps pour embrasser son cadavre ! Les trésors destinés à la rançon de son fils furent employés par cette princesse à l’agrandissement de l'église et à la sépulture des deux victimes , dont les restes furent placés derrière le maître-autel.

La place du Marché a été aussi le théâtre de la révolution de Masaniello , dont on voit encore la maison. Les grands événements qui se sont passés sur cette place ont été éternisés par les célèbres peintres Falconi , Fracanzaro , Spartaroet Salvator liosa . Cette place, étant la plus animée de toutes celles de Naples , est par conséquent le lieu le plus favorable pour juger le peuple de Naples , et surtout pour étudier le lazzarone . Si l’on disait à quelqu’un : 11 existe dans certaine ville un être gai, insouciant, vivant au jour le jour sans jamais penser au lendemain ; un être lancé au milieu de la civilisation à laquelle il est complètement étranger, seul au milieu de la foule, parcourant les rues, l’été en simple caleçon de toile, sans bas et sans chaussure, exposé à un soleil ardent qui a cuivré sa peau; l’hiver, avec un vêtement de laine qui le défend contre le vent du nord ;

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un être dont la rue est la salle à manger , la pierre le lit, et le ciel le toit qui le recouvre, et qui à travers tout cela a l’art de trouver le bonheur ou une illusion qui lui ressemble; il n’est personne qui ne considérât ce portrait comme une fantaisie; et cependant cette ville, c’est IVaplcs ; cet être singulier, c’est le lazzarone. II faut dire néanmoins qu’aujourd’hui le lazzarone a renoncé à 'sa nudité. A peine le jour commence-t-il, que le lazzarone , abandonnant sa dure couche , fait retentir l’air de ses chants. Toujours prêt à faire accepter ses services, il trouve sans peine le moyen de se rendre nécessaire. Si vous en avez besoin , il est là ; vous est-il inutile? il est encore là. Son imagination active vous crée des besoins imaginaires, et son esprit naturel vous persuade. M. de la Chavanne , auquel nous sommes redevables de plusieurs traits d’observation , cite l’exemple d’un lazzarone qui s’était choisi un patron qu’il allait saluer tous les matins, puis à la fin de la semaine il ne manquait pas de lui réclamer le salaire des r ceux qu’il avait faits pour lui.

Pour jouir complètement du magnifique coup d’œil que présente la ville, et le mouvement continuel de la population des rues, il faut monter sur les collines, où on peut en même temps visiter les châteaux et les citadelles.

Largo di Palazzo ( place du Palais). Elle est située près du palais du Roi, dont elle tire son nom, et en face duquel on a construit une église , sous l’invocation de St François de Paule. Cet édifice est une belle imitation du Panthéon de Rome; il perdrait moins sans doute de son effet, s’il eut été élevé dans une situation mieux 'choisie; maïs il est dominé par des édifices construits sur la colline de Pizzo- Falcone , qui l’écrasent et lui ôtent toute sa majesté. Néanmoins le beau portique semi-circulaire dont l’église occupe le centre décore dignement cette place, qui est en outre ornée de deux statues colossales équestres en bronze, dont l’une représente Charles II le t l’autre Ferdinand 1".

Port. Quoique la baie de JYaples soit assez large, le port proprement dit est d’une petite dimension ; sa forme est. carrée et sa construction tout à fait artificielle. Il est formé par une jetée qui part de l'angle N.-E. de Castelto-Nuovo,

et qui, se repliant au N.-O., se termine par une lanterne que défendent quelques petits forts.

Palais et édifices publics. — Le Château St-Elme. Il s'élève immédiatement au-dessus de la ville, et paraît destiné plutôt à dominer la ville qu’à la défendre. Ses fondements sont creusés dans les rochers, et sa forme est à peu de chose près celle d’un hexagone régulier. Louis XII , roi de France , fut le premier qui fortifia ce château à l’occasion de la conquête de Naples. Dans ce même lieu existait déjà une tour construite par les Normands , que Charles V transforma en citadelle régulière, garnie de fortifications auxquelles Philippe V fit d’autres améliorations. Mais ce qu'il y a de beaucoup plus agréable que l’aspect de cette vieille forteresse , c'est la vue surprenante dont on y jouit. Les regards s’étendent sur la ville, sur tout le golfe, et découvrent le Vésuve très*distinctement.

Au pied du château St-Elme, à mi-côte de la verdoyante colline au sommet de laquelle il est élevé, on remarque l’ancienne Chartreuse de S.-Martino , aujourd'hui maison des Invalides, qui doit sa fondation à Charles , duc de Calabre, 111s de Robert , et à Jeanne sa fille. Peu de maisons religieuses renferment autant de richesses. Les marbres les plus rares et les pierres précieuses brillent de toutes parts dans l’église , qui renferme en outre d'excellentes peintures de Lanfranc, du chevalier d ' Arpin, du Caravage et de Y Espagnolet : un Christ mort exécuté par ce dernier est un véritable chef-d’œuvre. Le Guide y a peint une Adoration des Bergers, qui fait l’admiration de tous les connaisseurs. Le cloître du couvent est orné de colonnes doriques et se distingue par l’élégance de son architecture. La Chartreuse de St-Martin rivalise avec celle de Pavie ; mais elle a sur cette dernière un avantage immense, celui de la position, qui est sans contredit une des plus belles qu’il y ait en Italie.

De même que Naples est défendue, ou supposée l’être , du côté de la terre, par le château St-Elme , elle est garantie du côté de la mer , par

Le Chateau-Neuf. Cette forteresse, élevée sur le bord de la mer, et derrière la résidence actuelle du roi, fut con-

struite en 1824 par Charles /*r,duc à1 Anjou , sur le rncme plan que la Bastille de Paris. Il servit pendant quelque temps de résidence aux rois de Naples. Ce fort est entoure de fossés profonds et flanqué de tours très-élevées. A l’entrée, on voit un arc de triomphe de marbre, avec des bas-reliefs représentant l’entrée à Naples d’ Alphonse ier. Il y a dans ce château une petite église placée sous l’invocation de Ste Barbara , dans laquelle on remarque un beau tableau de la Vierge et de Y Enfant Jésus. L’église est de style gothique. L’arsenal et l’école d’artillerie de ce château sont dignes d’attention.

Château de l’OEuf. Il est situé sur une pointe de ro- * cher qui forme une île dans la mer, et tire son nom de sa forme, qui est celle d’un ovoïde allongé. Il communique avec la ville au moyen d'une jetée qui a deux cent vingt pas de longueur. Le rocher sur lequel ce château est construit étaitappelé anciennement Mcgariso ou Megalia ; Lucullus y avait, dit-on, sa maison de campagne. Ce fut là qu 'Augustulus , dernier empereur romain , fut relégué par Odoa cre. Le château de YOEuf commande le golfe de Naples % et le divise en deux parties. L’empereur Frédéric II fit construire les premières fortifications, et quelques rois firent leur résidence dans le lieu où on enferme aujourd’hui les prisonniers d’État.

Chateau Capuano. On le nomme aujourd’hui plus communément Viearia . C’est le siège des tribunaux suprêmes, et l'ancienne résidence des rois de Naples , depuis Guillaume 1er jusqu’à Ferdinand /er. Cet ancien édifice, construit en forme de forteresse et entouré de murailles, renferme aussi les archives de l’Etat. On voit dans la cour un lion de pierre antique.

Chateau ou Touu del Carminé. C’est un château ancien et fortifié qui s’élève sur la partie sud du port, et qui offre l’aspect d’un amas immense de pierres. Il est destiné à réprimer les mouvements populaires qui pourraient avoir lieu dans ce quartier. Il fut fortifié dans cette intention en 1G47, immédiatement après l’insurrection de Masaniello .

Pizzo-Falcone. II est situé sur la hauteur qui est en face du Palais royal ; il est fortifié et muni d’une garnison. Jadis

il existait en ce lieu un temple d’IIerculc, puis le palais de Lucullus ; cet endroit changea de nom suivant les circonstances. Le château est construit directement au-dessus du château de YQEuf . Les tremblements de terre provoquèrent de fréquents changements dans sa construction ; il communiqueavec la collinesur laquelle s’élève le Château St-Elme, à l'aide du pont appelé le Pont de Chiaïa , sous lequel passe la rue du meme nom. Ce lieu est le plus favorable pour observer le mouvement animé et continu de la population de Naples . Ce tableau mouvant et agréable rappelle à la mémoire ce vers de Virgile :

Iiio Virgilium me temporc dulcis alebat Parthenope

Palais de la Résidence Royale. Il est bâti à peu de distance de la mer, et à l’extrémité de la rue de Toledo . Cet édifice, un des plus beaux de Naples , fut élevé en 1G00, par le vice-roi don Fernando Ruiz de Castro , comte de Lérnos , d’après les dessins de l’architecte Fontana. Ce palais a près de 1 37 mètres de longueur, 21 croisées de face, et 3 portes d’égale hauteur, avec des colonnes de granit qui supportent les balcons. Trois rangs de pilastres doriques, ioniques et corinthiens, placés les uns sur les autres, et couronnés d’une balustrade garnie de pyramides et de vases , avec un clocher portant une horloge, forment la décoration de la façade. L’escalier est grand , commodo , et orné de deux statues colossales qui représentent le Tage et YÈbrc. Les appartements sont en général meublés avec autant de magnificence que de goût , et décorés de très-bonnes peintures de Raphaël , de Camuccini , etc.; mais la plus belle pièce du palais est la salle des Vice-Rois, où sont les portraits de tous ceux qui ont gouverné l’État de Naples . Au premier étage, le long de l’aile qui regarde le midi , il y a une superbe terrasse pavée de marbre, embellie de platesbandes et ombragée de berceaux, d’où l’on domine le Vésuve et une partie du golfe et des environs. On voit au rcz-derhaussée, dans les vastes bâtiments de cet édifice , d’un côté

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V Imprimerie royale et la fabrique de porcelaines , qui y sont travaillées dans le meilleur goût; de l’autre côté, vers le midi, la Fonderie de canons, et la Darsena , espèce de petit port, où sont les barques du roi. En sortant de ce palais, on remarque une grande statue de marbre , appelée le Gigante , trouvée à Pouzzoles du temps du duc de Médina : c'est un Jupiter en forme de therrne. La principale face du palais répond à une grande place qui est d’un bon genre de construction, et qui est embellie par l’église de St-François de Paule . L’église dont nous parlons est un temple de forme ronde , d’où partent deux portiques semicirculaires soutenus par des colonnes qui embrassent un des cotés de la place : le plan de ce bel édifice est dû au chevalier Bianchi de Lugano , architecte, qui en a dirigé l’exécution. Deux palais élégamment décorés embellissent encore cette même place : l’un , à gauche, est destiné aux princes de la famille royale; l’autre, à droite, occupe l’emplacement de l’ancienne église du S (-Esprit. De chaque côté s’élèvent deux belles statues équestres en bronze.

Palais de Capo di Monte. 11 est situé sur une colline trèsagréable des environs de Naples . 11 fut construit à grands frais par le roi Charles K-, mais il est rarement habité par la famille royale, parce que cet édifice, ayant été construit sur un terrain dont la base est creuse, menace de s’engloutir. Ce fut cette appréhension qui motiva le transport dans le palais degli Studj des objets d’art qu’il contenait. Cependant la belle position de ce palais en fait un des édifices les plus remarquables de Naples .

Palais Archiépiscopal. II est à peu de distance de la Cathédrale. Les peintures à fresque que Lanfranc y a exécutées méritent d’étrc observées. Ce même palais contient deux séminaires et quelques autres communautés religieuses.

Albergo reale de’ Poveri, ou Reclusorio. C’est l’édifice le plus vaste de Naples . Il fut construit {d’après les dessins de Fuga en 1767, et n’est point encore entièrement terminé. 11 contient quatre cours, et dans le milieu s’élève une église. Les orphelins des deux sexes y apprennent nonseulement des métiers , mais ils sont encore initiés dans les arts et dans les sciences, selon les dispositions qu’ils mani-

fcstent. Dans le voisinage de ce gigantesque bâtiment , on voit quelques restes d’anciens aqueducs qui avaient été construits par Claudius Néron pour conduire les eaux du Serino aux diverses maisons de campagne que les Romains avaient à Pouzzoles, à Baja et au Pausilippe. Telle est du moins l’opinion générale.

Palais du duc de Gravina , de la famille Orsini . Il est situé sur la place de Monte Olivetoy et se distingue par la noblesse du style. Gabriel dCAgnolo en est l’architecte; mais il n’est pas encore achevé.

Palais Maddalene. Un côté de ce palais a la vue sur la vue de Toledo. Il est remarquable par son architecture.

Palais Berio. Il s’élève sur la rue de Toledo , et possède une superbe galerie de tableaux. On y admire entre autres choses un précieux groupe en marbre , représentant Vénus et Adonis , œuvre de Canova.

Palais Monteleone. On y remarque aussi de précieuses peintures.

Palais Sangro. Il appartient au prince de St-Sevro , et renferme une riche collection d’objets antiques et curieux.

Palais Saluzzo. Celui-ci est la propriété du duc de Cori gliano , et s’élève, ainsi que le palais Sangro , sur la place St-Dominique-Majeur.

Le Casino du commandeur Macedonio , situé à peu de distance de Capo di Monte , mérite d’étre visité à cause des belles peintures que Nicolini y a exécutées.

Palais Cellamare. Il est bâti près du jardin de pailla lleale , et se fait remarquer par ses délicieux jardins.

Le palais des Finances , ceux des familles Pignatelli , Doria, Spinelli, Stigliano, Cavalcante, Dentici , Caraffa, Tarsia, et autres, méritent tous plus ou moins d'étre visités par les amateurs des beaux-arts.

Monuments religieux. — Naples renferme plus de 200 églises , dont les plus curieuses sont :

La Cathédrale ou le Dôme. Cette église est dédiée à St Janvier , protecteur de la ville de Naples , qui y fut décapité, et dont le sang, recueilli jadis par une dame, est exposé au public les 10 mai, 10 septembre et 16 décembre. Ces trois époques étant considérées comme solen-

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nitcs extraordinaires, le sang s'agite et bouillonne dans le vase qui le contient , lorsqu'on l'approche de la lèle du saint , qui est conservée dans un tabernacle .... On prétend que cette église avait déjà été construite par Constantin le Grand , sur remplacement où existait jadis un temple d’Apollon. Un tremblement de terre survenu en 1456 l’endommagea considérablement; c’est pourquoi Alphonse Ier confia le soin de la réparer à Pisano. Ce temple est le plus vaste et le plus riche qu’il y ait à Naples ; son architecture est gothique. Il est orné à l’entrée de deux colonnes de porphyre, et dans l’intérieur de 1 1 0 colonnes de granit égyptien , restes de l'ancien temple d’Apollon. On y voit un superbe vase antique de basalte sur un pied de porphyre. Dans une chapelle souterraine somptueusement décorée , on conserve le corps de St Janvier ; elle est revêtue de marbre blanc, et soutenue par des colonnes qu’on regarde comme d’autres restes du temple d’Apollon. On remarque dans cette église la statue du cardinal Olivier Caraffa , qu’on croit être de Michel- Ange , et plusieurs tombeaux; celui de Bernardino Caracciolo présente un squelette couvert d’un suaire , qui montre un sablier au portrait en marbre du cardinal. Le tombeau du pape Innocent XII olïre un groupe en marbre de plusieurs figures allégoriques; sur celui d 'Andréas de Hongrie , mari de la reine Jeanne /r#, on lit l’épitaphe de ce prince, dans laquelle sa femme est accusée de l’avoir fait étrangler :

Andrew Neap. Joannœ uxoris dolo et laqueo necato .

L’église de Ste-Restitue tient à la cathédrale ; les colonnes qui soutiennent la nef passent pour être des reste* d’un temple de Neptune. Le plafond a été peint par Luc Giordan . La chapelle de St-Janvicr est décorée de 42 colonnes de brocatelle; le pavé est de marbre; la coupole est de Lanfranc; elle avait d’abord été peinte à fresque parle Dominiquin , qui mourut de chagrin parce que les maçons, gagnés par les peintres napolitains, avaient mêlé de la chaux à l’enduit sur lequel il peignait, afin que la peinture fut bieutot détériorée. Le tableau de St Janvier sortant de la

fournaise est tle YEspaynolet. On voit dans cette chapelle et dans la sacristie des richesses immenses ; c’est là qu’on conserve deux ampoules ou fioles de verre qui contiennent du sang de St Janvier .

Ste-Marie-des-Carmes. Cette église renferme une pierre sépulcrale fort simple des infortunés Conradin de Souabc et Frédéric d’Autriche, qui furent décapités sur la place du Marché, devant cette même église, le 29 octobre 1268, par ordre de Charles d'Anjou . Nous avons déjà dit que la princesse Elisabeth , n’étant pas arrivée à temps pour sauver son fils, employa les trésors qu’elle avait apportés pour sa rançon , à la construction d’une église ; or on assure que cette église fut précisément celle dont nous parlons. Cette église est grande , riche en beaux marbres , mais d'un goût très-baroque. Dans un corridor du couvent adjacent , on remarque la statue de la princesse Elisabeth , avec une inscription dans laquelle on lui donne le titre d’impératrice. Le clocher de cette église est le plus élevé qu’il y ait à Naples .

Ste-Claire. Cette église est une des plus élégantes et des plus magnifiques de Naplesf et possède en oiitre un antique sarcophage orné d’un bas-relief excellent : ce monument, placé dans la chapelle de la famille Sanfelicet est le plus beau morceau antique qui existe à Naples . On remarque aussi dans la même église une petite ligure de la Vierge, peinte par Giotto .

St -Paul-Majeur est décoré de colonnes qui faisaient partie du portique d’un temple de Castor et Pollux, élevé par Julius de Tarse , affranchi de Tibère . Ces colonnes , et un grand escalier de marbre qui conduisait au sanctuaire , furent brisés par un tremblement de terre en 1668 ; on les a réparés, mais fort mal. Dans le cloître des Augustins, dont cette église est une dépendance, il y a des vestiges du premier théâtre sur lequel Néron lit l’essai de ses talents pour la scène; il voulut préluder à Naples avant de se produire à Home .

St-Franç:ois-de-Paule. Nous en avons déjà parlé précédemment.

St -Giovanni- in -Carbonara des Auyustins : on y re-

1 J 4 Ct'lDE EN ITALIE»

marque le mausolée du roi Ladislas , qui s’élève jusqu'à la voûte ; et dans une belle chapelle, les tombeaux de Jean Caraccioli, favori de Jean II, et ceux d'autres Carac- 9 toit : cette église renferme en outre un tableau de Vasari.

L’Incoronata. Elle rêiferrae de belles fresques de Giotto qui sont regardées comme les mieux conservées qu’il y ait de cet artiste.

St-Ferdinand. Elle a été fondée par Cosimo . Elle renferme des fresques de Paul de Mattéis , des statues de Vac caro , et une peinture de Solimène.

La Nunziatellà. Cette église s’élève sur la colline de Pizzo Falcone; elle est ornée de marbres précieux et de stucs dorés d’une grande richesse. La voûte a été peinte par François de Mura d’une manière très-distinguée.

St-Piulippe Néri ne présente rien de très-important , quant à l’architecture extérieure; mais le dedans est décoré avec magnificence. On y admire des tableaux du Guide , de Pierre de Cortono , de Carrache , de Solimène , et surtout une fresque représentant Jésus qui chasse les marchands du temple, chef-d’œuvre de Luc Giordan! La sacristie de cette même église possède aussi plusieurs tableaux de grands maîtres , et le monastère contigu contient une riche bibliothèque.

Ste-Marie-des*Anges des Tiiéatins. Elle est située à peu de distance de la Nunziatella , et a été bâtie sur les ruines d’un temple de Mercure. Massimo , Giordan et Vaccaro l’ont embellie de leurs ouvrages. Les plafonds sont peints par Lan franc.

St-Charles-aux-Montelle. Nous ne citons cette église que parce qu’elle renferme une magnifique peinture de Giordan .

Ste-Lucie. Cette petite église a donné son nom à la plus belle partie de la ville, c’est-à-dire à l’arrondissement de Sle-Lucie , situé dans le voisinage du Château de VOEuf. Sa fondation est attribuée à une nièce de Constantin .

Ste-Marie de Piè di Grotta. Elle est située à l’entrée de la Grotte du Pausilippe , et possède une image de la Vierge , dont on célèbre annuellement la fêle le 8 septembre, avec la plus grande solennité. La cour assiste à la procession

qui so fait dans cette occasion , et qui attire toujours un grand concours de monde.

Ste-Trinité-Majkure. Elle appartenait autrefois aux jésuites. C'est une des belles églises de Naples . On y remarque surtout la chapelle Saint- Ignace , qui renferme des statues de Cosimo , et une fresque admirable de Solimène,

St-Dominique-Majeur. Elle a été construite en 1284 ; elle est d’une vaste étendue, et de style gothique; on y voit beaucoup de tombeaux de princes : il y a un tableau du Titien dans la chapelle Pinelli . Le tableau de la Flagellation est du Caravage , et dans la sacristie est une Gloire peinte par Solimène, Dans le couvent contigu on a transformé la cellule de St-Thomas-d' Aquin en une chapelle richement décorée.

Ste-Màrie de la Piété. Ce temple est riche d’ornements. Il contient les tombeaux de la famille Sangro , et des statues de Corradini , Fansaga , Santacroce , Queirolo et Celebrano, On y remarque plus particulièrement la statue représentant J.-C. mort ; elle a été commencée par Corradini et terminée par Sanmartino. Le premier de ces deux artistes a aussi sculpté la statue de la mère du prince Mina Ldo Sangro , qu’il a représentée sous Ja figure de la Pudeur, enveloppée dans un voile qui laisse apercevoir toutes les formes du corps. Queirolo est l’auteur de la statue du père du même prince, qu’il a représenté entouré d’un filet dont l’exécution est si parfaite, qu’il n’est adhérent au corps que dans quelques parties de la tête, quoique la statue soit d’un seul morceau de marbre. Cependant il faut convenir que ces deux ouvrages sont beaucoup plus remarquables sous le rapport de la difficulté vaincue que sous celui de la perfection de l’art. La voûte qui s’élève au-dessus du inaitre-autel imite si bien une coupole, que l’œil s’y trompe facilement.

Les Saints-Apôtres. Ce temple est d’une antiquité trèsreculée ; il fut rétabli par Grimaldi . C’est une des plus riches et des plus somptueuses églises de Naples , Les fresques dont elle est ornée sont de Lanfranc , de Giordan , de Bc~ nasca , de Turin et de Solimène . Le tabernacle qui s’élève sur le magnifique maître-autel construit par Fuga étin-

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celle de pierres précieuses. La chapelle voisine est enrichie de mosaïques exécutées d’après les tableaux du Guide , et possède en outre un élégant bas-relief de Fiammingo . Vivianno et Marc de Sienne y ont aussi exécuté quelques belles peintures.

L’Annunziata. Un horrible incendie avant détruit entièrement cette église , elle fut reconstruite en 1782, par Vanvitelli , avec plus de magnificence. Elle renferme d’assez bonnes peintures de François de Mura et de Fischetti , et le tombeau de la reine Jeanne IL

St-Louis du Palais appartient aux Minimes. Ce fut saint François de Paule qui, lors de son passage à Naples , fonda ce couvent. L’église est des plus belles ; le tableau du maîtreautel , ceux des côtés du chœur et de la voûte du sanctuaire, ont été peints par Giordan.

St-Jean-Majeur. On y voit des restes antiques qui ont fait conjecturer que cette église a été bâtie sur un temple qu’ Adrien éleva à Antinoüs .

St-Sauveur , construit sur le plan de Saint-Pierre tic Home , est un temple très-remarquable. Le plafond a été peint par Lan franc et réparé par Mattéis. Cette église possède des tableaux de Solimène , de Luc Jordan , du Do miniquin , de Raphaël , d 'Annibal Carrachet et des statues d’un grand prix.

Le plafond de l’église de Ste-Marie-Neuve a été peint par Santa fede; c’est un chef-d’œuvre : l’artiste a représente l’Assomption de la Vierge ; le tableau qui représente Jésus sur la croix, avec la Ste Vierge , la Madeleine et saint Jean , est de Marco de Sienne ; on voit sous l’orgue deux enfants qui sont, dit-on , les premiers essais du Giordan , qui n’avait que huit ans lorsqu’il les peignit.

Nous citerons encore l’église de 1’ Ascension , sur la voie de Chiaja , où l’on admire un superbe tableau de Paul Vèronèsel Enfin les curieux verront avec plaisir le réfectoire du couvent de St-Laurent , dont l’immensité est digne d’admiration.—St-Jacques des Espagnols, où l’on remarque un tableau d'André del Sarto , conservé sous verre; celte église tient â un vaste palais récemment construit pour rusage du ministère des finances et d’autres branches d’admi-

nistration publique; — celle de Stk-Marie le Monte Oliveto , dans laquelle on remarque un ancien sépulcre , dont les figures sont autant de portraits de savants illustres , tels que Pontanus,Sannazar, etc. -, — enfin les églises de Sàinte- Marie-des-Anges , de Ste-Tiiérèse , de Sainte-Marie-dela-Victoire , de la Madone de Loretto , etc. , toutes plus remarquables cependant par la beauté des tableaux qu’elles contiennent que par la régularité de leur architecture.

On visitera dans les faubourgs : Sr-SÉviiRE , Ste-Mariede-la-Santa , St-Gennaro-al-Cimetero , Ste-Marie-dela-Vita, par où fon descend dans les fameuses Catacombes avec plus de facilité que dans celles de Home.

St-Janvier-des-Pauvres. On y voit un des plus anciens monuments de la primitive Eglise : ce sont des catacombes qu’on appelle le cimetière de St- Janvier. Ces catacombes sont fort supérieures à celles de St-Sébastien de Home. Elles sont creusées dans le roc , et divisées en trois étages. Chaque étage a plusieurs voûtes parallèles assez étendues. On trouve en entrant une petite église entièrement creusée dans le roc , au milieu de laquelle est un autel de pierre , et derrière cet autel un hémicycle avec une chaire et des banquettes, le tout taillé dans le roc vif. C’était là que sa faisaient les instructions. A côté de l’église sont des excavations qui conduisent aux sépulcres. D’espace en espace on rencontre des salles en demi-cercle où l’on aperçoit encore quelques restes de peintures à fresque, avec des inscriptions qu’on ne peut plus lire. Là étaient sans doute placés des autels. Dans l'épaisseur des pilastres qui soutiennent les voûtes, sont de petites chambres sépulcrales, ornées de peintures et de mosaïques , où l’on entrait par une petite porte carrée. Au milieu du second étage est une chapelle où l’on croit que se faisaient les ordinations. Elle a trois nefs, et aboutit à une salle très-vaste.

/établissements publics et de bienfaisance . — Outre son précieux Musée et son Université , Naples possède 6 ou 0 écoles secondaires , 55 écoles primaires, et près de 1,600 maisons publiques ; 2 écoles militaires, une académie nautique, une école vétérinaire , un observatoire, un jardin botanique ,

ci os collections d’histoire naturelle, plusieurs sociétés savantes dont la principale est l’Académie bourbonienne, et plus de 60 établissements de bienfaisance, parmi lesquels se trouvent 11 grands hôpitaux, 8 civils et 3 militaires. Le plus remarquable de tous ces établisements est sans contredit le

Palazzo degli Studii ( Palais des Éludes ). Ce magnifique édiüce, commencé en 1587 d’après les dessins de Giulio Cesare Fontana , était autrefois destiné pour les éludes de l’Université , que Ferdinand Ier transféra en 1700 dans le couvent du Gesù Vecchio , pour y placer un musée royal, appelé Borbonico. Ce palais majestueux contient à présent , outre ce musée , une bibliothèque et l’académie des beaux-arts.

Dans le Musée Borbonico (1), que l’on peut même mettre au-dessus du musée du Vatican , on a réuni tout ce que Naples renferme de vraiment rare, de curieux et de précieux en objets d’art et d’antiquité.

En entrant par la grande porte, on trouve au rez-dechaussée :

La Collection des anciennes peintures (2) trouvées à Uerculanum , Pompéi et S labia , riche d’à peu près 2,000 pièces, qu’on appelle abusivement toutesjdes Fresques , et qui auparavant étaient pour la plupart à Porlici.

La Collection des sculptures anciennes trouoées à Rome, Uerculanum , Pompéi , etc.t riche des plus belles et intéressantes statues, telles que deux statues équestres, dont l’une représente Marcus Nonius Balbus, jun., et l’autre Marcus Nonius Balbus , sen. , trouvées dans le théâtre tragique d* Uerculanum ; Vénus et l’Amour, Ganymède et Jupiter, un Bacchus , la Flore , trouvée dans les bains de C’aracalla à Rome ; un Apollon colossal de porphyre, un Aristide , la Vénus Callipige, un jeune homme renversé , pressé par un dauphin, etc. On y admire aussi un grand vase avec

(» ) Voyei le Guide pour le Musée royal Bourbon , in-8, iosi.

(a) Le chanoine de Torio s’est efforcé d’en donner une explication dans un ouvrage qu’il a publié en français.

des bas-reliefs relatifs à l’éducation de Bacchus; un bassin magnifique de porphyre, et quantité d’autres objets trèsintéressants.

La Galerie du Taureau Farnèsey ou on admire le célèbre groupe du Taureau, trouvé dans les bains de Caracalla à Rome , représentant Dircé lice avec ses cheveux aux cornes d’un taureau par Amphvon et Zéthus , fils de Lycus , roi de Thèbes , et leur mère Antiopa , qui leur ordonne d’arrêter le taureau et de la délivrer. Ce chef-d’œuvre a été sculpté d'un ' seul bloc de marbre par les artistes rhodiens Apollonius et Tauriscus. On y voit aussi l’Hercule colossal de Glycon, aussi trouvé à Rome dans les bains de Caracalla , et enfin des inscriptions anciennes.

La Collection des antiquités égyptiennes , étrusques et toscanes .

La Collection des sculptures de bronze.

Au milieu de l’escalier on trouve à droite :

La Collection des objets d'art du moyen-âge provenant de la Poterie commune de Pompéi . Parmi les premiers il faut observer trois ouvrages de Benvenuto Cellini , el un buste du Dante en bronze, qui passe pour être très-ressemblant.

Au bout du même escalier, on entre dans une salle où on conserve la Collection des Papyrus (1), dont on trouva 1,730 rouleaux tout carbonisés à Herculanum en 1753. Le père Antonio Piaggio trouva la manière de les dérouler en les étendant lentement sur une pellicule très-fine , qu’on attache d’abord au rouleau endurci en I’humectant avec de l’eau de colle. Quatre savants s’occupent à déchiffrer les caractères peu visibles du papyrus très-noirci et souvent déchiré par le déroulement, et à en donner une traduction latine qu’on publie ensuite avec le texte original. Jusqu’ù présent on a publié 8 gros volumes , qui contiennent pour la plupart des œuvres philosophiques, et particulièrement des traités de rhétorique.

(i) Voyez Officina dei Pcpiri, décrite par le chanoine Andrea di Toriù.

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La Collection des verres anciens ( dans une chambre pavée d'anciennes mosaïques).

La Collection des objets précieux (dans un cabinet pavé avec des mosaïques anciennes), parmi lesquels on observera le célèbre camée trouvera Rome dans le mausolée d’Adrien, et représentant d'un côté l’Apothéose du premier Ptolémée, et de l’autre une tète de Méduse ; les cendres de la femme de Marcus Àrius Diomèdes , qu’on trouva à Pompéi avec une bourse dans la main; quantité de couleurs, de grains, de fruits et de mets aussi trouvés à Pompéi , etc.

La Collection des ustensiles et d’autres objets de bronze et de fer , à peu près au nombre de 10,000, qui nous donnent une idée exacte du bon goût des anciens. Cette collection est disposée dans plusieurs chambres qui elles-mêmes sont pavées avec des mosaïques de Stabia , llerculanum et Pompéi .

La Collection des urnes sépulcrales grecques , improprement appelées toutes Etrusques , au nombre d’à peu près 1,600 , arrangées dans plusieurs chambres aussi pavées avec de superbes mosaïques d'Herculanum , de Pompéi , deSlabia , etc.

La Bibliothèque , riche de 150,000 volumes, renferme aussi de précieux manuscrits dont le nombre se monte à a ,000 environ , parmi lesquels on trouve les OEuvres de St Thomas dy Aquin , X Aminta du Tasse , la Vie des Apôtres y écrite dans le xc siècle; la Flora y livre de prières avec des miniatures, etc.

Le Musée Bourbon est ordinairement ouvert au public tous les jours, excepté les fêtes et dimanches , depuis huit heures du matin jusqu’à deux heures après midi.

iV. B. A Naples, comme dans presque toutes les autres villes , il est d’usage de donner un pourboire aux gardiens [custodi) , et dans ce musée cette petite rétribution se donne aux gardiens de chaque collection ou département. Ce pourboire est subordonné au nombre des visiteurs , au plus ou moins d’empressement que montrent ces gardiens, et enfin à la générosité du voyageur.

Musée Bourbon. A gauche et à droite de la porte d’entrée,

peintures à fresque trouvées à Herculanum , à Stabie , â Pompéi ; sacrifiées, cérémonies, inscriptions, meubles, ustensiles de ménage , objets de toilette , la vie domestique des anciens Romains, 1500 nos (1). — Collection égyptienne : momies , statues , bas-reliefs , 257 nos. — Statues en marbre : n° 33, guerrier mourant; 38, guerrier combattant; 50, fille de Balbus; 59, buste de Célius ; 65, Marcus Nonius Ralbus fils, statue équestre; 66, Balbus père; 75, Ganymède ; 79 , Eumachia ; 101 , Esculape ; Bacchus indien ; 104 » Vénus victorieuse et Amour, chef-d’œuvre; 125, Minerve; 131 , Agrippine; 156, Papien ; 186, Auguste assis; 187, Caracalla. — Chambre de Flore : 129, Flore, chef-d’œuvre; 195, torse Farnèse, célèbre; 196, Bacchus ivre; 197, Psyché; 259, Mèléagre. — Chambre des Muses : 271, cratère de Salpion; 272, les sept divinités; 278, Mnérnosyne ; 298, Bacchus et les Grâces. — Chambre de Vénus : 302 , Adonis; 303, Vénus Anadyomène ; 304, vendanges ; 307, Vénus Marine ; 323 , satyre hermaphrodite ; 328 , Bacchus. — Passage au Jupiter: 341 , Jupiter assis; 345, Brutus. — Chambre des hommes illustres: 351, Atlas, précieux monument; 353, chien ; 357, Périandre; 358 , Cicéron; 361 , Lycurgue ; 366 , Valérius Publicola; 370, Démosthènes; 377 , Hérodote; 380, Euripide; 381, Sophocle; 388, Aristide, peut-être la plus belle statue antique qu’on connaisse. — Chambre d’ Antinous : 392, Antinoüs ; 393, cratère bachique; 395, grand candélabre; 398, Retour de Proserpine; 403, vestale; 404, Aratus ; 407 , Bacchus barbu ; 408, Séncque; 409, Juba; 427, Lycurgue; 444, Térence ; 451, Homère. — Chambre de Vénus Callipyge : 456, Vénus Callipyge; 462, Cérôs;

489, Silène ivre. — Dans la cour : 434 , Procession bachique;

490, Statues en bronze , la plus belle collection du monde ; 3, un daim; 5, faune ivre; 7, Mercure assis; 12, actrice.; 27, Bérénice ; 28 , Discobole; 43 , actrice ; 46 , Antinoüs; 54 , Platon ; 55, faune dormant; 59 , Apollon ; 60 , faune ; 61 , petit groupe; 66, Sénèque ; 68 , Ptolémée; 74 , tête colossale

(i) Par suite de quelques changements survenus dans l'arrangement intérieur du musée. Il se pourrait que nos numéros ne se trouvassent plus ù la place indiquée.

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decheral; $3 , statue équestre d’Alexandre; 88, Isis; 89, Fortune; 95, amazone; 103, cochon. — Salle des inscriptions : t , Hercule en repos ; 2 , groupe du Taureau.

Galerie des tableaux (l). lre chambre, école napolitaine, 31 à 42 ; 2e chambre, 43 à 87 ; 3e chambre, 88 à 137 ; 1« cabinet, 138 à 140; 2e cabinet, école grecque des temps anciens, auteurs ignorés, 141 à 198; 4** chambre, écoles française et génoise, 199 à 215 ; 201, Claude Lorrain , marine; 2e paroi, école florentine , 216 à 236; 3e paroi, 237 à 247; 4e paroi, 248 à 274 ; 5® chambre, écoles hollandaise et flamande, 275 à 331 ; 6e chambre, continuation des mêmes écoles, 332 à 371 ; 3e paroi , vieille école allemande , 372 à 394 ; Holbein, 375 ; Albert Dürer ,392. — Ecoles diverses, t™ chambre, école bolonaise, i à 4; 2e chambre, même école, 5 à 23; 3e chambre, même école, 24 à 52 ; 4e chambre, école lombarde, 53 à 106; 5e chambre, école vénitienne, 107 à 145 ; 6e chambre, même école, 146 à 181 ; dix Canaletti admirables , 146 à 157 ; 7e chambre , école romaine, 182 à 2)7. — Grande galerie, 1*® chambre: 218 à 233. — Grande galerie, les chefs-d’œuvre du musée; 234 , Jean Beliïno, portrait; 235 , l’Espagnolet , Silène ivre ; 236 , Titien , sainte Marie-Madeleine ; 237 , Schidone , Sainte Famille ; 238 , Parmiggianino , portrait de sa maîtresse; 239 , Claude Gelée » la nymphe Égéric ; 240 , le Corrége , le Mariage de sainte Catherine ; 241 , Titien , portrait de Paul IV ; 242 , le Dominiquin , l’Ame qui se réfugie sous les ailes d’un ange; 243, Andrea del Sarto , portrait du duc d’Urbin; 244 , le Corrége , la Madonna del Coniglio ou la Tingarella ; 245 , Titien , Danaé ; 246 , Schidone, la Charité; 247 , Titien, portrait de Philippe 11; 248, Schidone, la Charité; 249, Vélasquez, portrait d’un cardinal; 250, Aug. Carrache, Renaud et Armide; 251, Annibal Carrache , Hercule entre la Vertu et le Vice ; 252, Benvenuto Garofolo, Jésus déposé de la Croix; 253, Sébast. del Piombo, portrait d’Alexandre VI; 254, Ànt. Soiario, la Sainte Vierge sur son trône; 255, Sébast. dél Piombo, Sainte Famille; 256, le Bassan, Jésus-Christ res-

(O Voyez Guida per le Gallerie dei Quadrldel M\isco reale Borbonieo. Kaples, 1831 , in-12.

ROUTE D4.—NAPI.ES.

suscitant Lazare; 267, Fra Bartolommeo da Santo-Marco, Assomption de la Vierge; 258 , Marcello Venusti , le Jugement universel; 259, Raphaël, la Sainte Vierge sur son trône; 260, la Sainte Famille, du même; 261 , Jules Romain, Sainte Famille connue sous le nom de la Madonna del Gatto ; 262 , Annib. Carrache, Vénus à demi nue; 263, Raphaël, LéonX; le même tableau est à Florence (Tribune) ; ce dernier est véritablement l'original ; celui de Naples a une teinte vineuse qui dénote une copie; 264, Raphaël, portrait de Tibaldeo; 266 , le même , portrait du cardinal Passerino; 266, Parmiggianino, Christophe Colomb; 267, le Guerchin, sainte Marie-Madeleine; 268, Ann. Carrache , une Pietà; 269, Giov. Bellino , la Transfiguration ; 270, l’Espagnolet, saint Jérôme ; 27 1 , Schidone , l'Amour. A gauche de la porte d’entrée , autre chambre: 272, Louis Carrache, Jésus mort; 273, le Guerchin , saint Jean l’Évangéliste; 274 , Augustin Carrache, saint Jérôme; 275, le Guerchin , saint Pierre; 276, le Guide, sainte Famille; 277, le Guerchin, sant Jérôme; 278 , Lanfranc, Herminie. Jusqu’à 303, de bons maîtres, mais inférieurs aux tableaux de la grande salle.

Papyrus. Une des salies les plus curieuses est celle qui renferme les manuscrits trouvés à Hereulanum et à Pompéi, et qu’on est parvenu à dérouler. On montre aux étrangers le moyen ingénieux à l’aide duquel on détache les feuillets légers des manuscrits.

Bibliothèque de S.-àgelo a Nilo. Elle est située à peu de distance du palais Sangro , et contient plus de 40,000 vol.

La bibliothèque annexée à l’église des Pères de l’Oratoire de St-Philippe Neri est riche en ouvrages rares , et a été récemment augmentée de la collection de l’avocat V'aleita , ce qui a produit un accroissement de plus de 150,000 volumes.

La bibliothèque du couvent supprimé du Montoliveto renferme une collection de médailles et de monnaies napolitaines.

La bibliothèque Branaccia se recommande par le choix des ouvrages qu’elle renferme , et par quelques manuscrits précieux.

Le Musée Carcttfa. Cette riche collection mérite une attention particulière de la part des connaisseurs.

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La collection du marquis Berio est aussi digne d’être visitée ; elle se compose de peintures de bons maîtres et de diverses écoles.

Mais une des plus curieuses est celle de M. Santangeîo , riche en vases étrusques presque tous de Nola; outre plusieurs objets précieux d’antiquité , on y compte jusqu’à 65,000 médailles ou monnaies ; la galerie de tableaux est peu considérable : on y voit une toile de Van-Dyck et une de Rubens très-belles ; une esquisse du Jugement dernier, de. Michel- Ange , etc. L’étranger est toujours admis gracieusement à visiter cette précieuse collection.

Institutions scientifiques et écoles publiques . — L’Université. Cet établissement, situé près de l’église du Sauveur, appartenant autrefois aux Jésuites, a été fondé en 1224 ; il est fréquenté par un grand nombre d’étudiants.

Naples possède , outre une Académie royale des Sciences et des Arts , divisée en plusieurs sections, et composée de 60 membres , une académie dite Pontaniana, une école polytechnique, un collège royal d’éducation pour les jeunes nobles , uue société royale d’agriculture, d’arts et de manufactures , une académie royale de marine , un lycée royal , une école de médecine et de chirurgie , une maison royale dite des Miracles, destinée à l’éducation des demoiselles de famille noble; une autre institution royale dite de S.-Marcellino , pour l’éducation des demoiselles; un institut de sourds-muets, une école vétérinaire, un musée royal d’ornithologie et de zoologie , un cabinet de minéralogie et de physique, un laboratoire de chimie, un jardin botanique, un observatoire, etc.

Le Conservatoire de musique . Cet établissement a eu tant de célébrité dans le monde musical, et y tient encore aujourd’hui une place si distinguée, que nous croyons en devoir dire quelques mots. Sa fondation a quelque chose de vraiment extraordinaire; elle est due à un prêtre espagnol, nommé Giovanni Tappia , qui, étant passionné pour l’harmonie , conçut le premier cette idée. C’était d’autant plus étrange, que les moyens d’exécution manquaient totalement au pauvre prêtre. Ce qui eût été pour tout autre un obstacle insurmontable ne fut pour lui qu’un aiguillon plus puissant. 11 s’arme de courage, et parcourt pendant neuf ans entiers

toutes les parties de l’Europe , quêtant pour ce couvent d’un nouveau genre. En 1537, il revient à Naples chargé d’or, bâtit un palais, et le peuple de jeunes adeptes pour le culte de l’harmonie. Les succès obtenus par le prêtre espagnol furent si grands, que le conservatoire de Ste-Marie di Loreto ne fut plus suffisant pour recevoir tous les élèves qui se présentaient; on fut obligé d’en instituer un second sous le nom de S.-Onofrio di Cupuana , et puis un troisième appelé délia Pietà dei Turchini , dont les élèves étaient habillés à la turque ; ce dernier , fondé par une société, fut fondu plus tard dans l’établissement de S.-Onofrio , et c’est de cette fusion que naquit ce célèbre conservatoire qui a fourni à l’Europe de si grands artistes. Le nombre des élèves s’était accru d’une manière si extraordinaire, que les fonds ne purent plus suffire à leur entretien. Dans cet embarras , on imagina de tirer parti des élèves eux-mêmes en les utilisant dans les églises. Rien n’est plus curieux que la rivalité qui jadis s’éleva entre ces conservatoires. Cette rivalité occasionna même , dans plusieurs circonstances, des scènes fâcheuses dans lesquelles la force publique fut souvent obligée d’intervenir.

Rien n’est plus solennel que d’entendre, les mercredi , jeudi et vendredi saints, le sublime Miserere de Zinga relli9 chanté dans l’église du Conservatoire par quatre-vingts voix sans aucun accompagnement d’instruments. La famille royale assisteà cette solennité, qui attire toujours une grande foule.

Le nombre des élèves du Conservatoire est de 100; ils sont instruits dans la partie vocale ou instrumentale pour laquelle ils montrent le plus de dispositions, par des maîtres distingués, sous la direction d’un musicien habile. Le célèbre Donizetti y enseigna la composition. Le Conservatoire pour les garçons est situé près de l’église de St-Sébastien , et celui des demoiselles dans le voisinage de l’église de la Trinité-Majeure. Dans ce dernier établissement, le nombre des élèves n’est que de 24.

Rendant le carnaval on joue l’opéra sur un beau théâtre que possède le Conservatoire. Les élèves sont â la fois acteurs et musiciens; les plus jeunes d’entre eux exécutent

frUIDE EN ITALIE.

les rôles de femmes : ces représentations sont toujours trèssuivies.

Pergolèse , Piccini , Sacchini , Paisiello , Cimarosa , Tritto , Zingarelli , Mercadante , Bellini , enlevé si jeune à l'art musical, Farinelli , Caffarelli , La b lâche , et une foule d’autres artistes renommés, sont sortis de cette oélèbre école.

Ainsi que ifowe, JVaples possède un collège dont le but est le même que celui de la Propagande, que nous avons décrit en parlant de la capitale du monde chrétien. Ce collège est situé sur la colline de Capo di Monte- on y instruit dans les études ecclésiastiques de jeunes Chinois, qui retournent ensuite dans leur patrie pour y propager la religion chrétienne.

Théâtres. Le théâtre St-Charles passe pour le plus vaste de tous les théâtres d’Europe ; cependant, du tableau comparatif des dimensions de ce théâtre et de celui de la Scala de Milan (1), il résulte que l’avantage est du côté de la Scala. Le théâtre St-Charles fut construit en 1537, et consumé par un incendie en 1816; mais il fut rebâti avec plus de magnificence et avec la plus grande célérité par l’architecte JYicolini , car la réouverture eut lieu le 12 janvier 1817. La façade est ornée d’une belle colonnade; les escaliers soot vastes et commodes; il renferme six rangs de loges dont chacune peut contenir 12 spectateurs ; le premier rang se compose de 24 loges, et les cinq autres de 26 ; entre chaque loge il y a une sorte de candélabre à cinq branches. Cette illumination a le double avantage de présenter par elle-même l’aspect le plus éblouissant et de permettre à l’œil de parcourir tous les détails des ornements. Ces ornements sont en or et argent , et les draperies des loges en soie de couleur bleu de ciel foncé. La loge du roi , située , comme il est d’usage en Italie , au-dessus de la porte d’entrée , est d’une grande magnificence ; elle s’appuie sur deux palmiers d’or , et sa draperie est composée de feuilles de métal d’un rouge pâle. Dans ce théâtre on représente les opéras et les ballets avec la plus grande magnificence.

(i) Voyez pour les dimensions dt ces deux édifices, Milan , p 97»

Théâtre St-Ferdiïund. 11 s’élève sur Je Ponte-Nuovo ( Pont-Neuf) ; c’est le plus grand théâtre de Naples après St- Charles.

Théâtre del Fondo. Celui-ci est construit avec beaucoup de goût, et fait le principal ornement de la place de Castello-Nuovo (Château-Neuf). Il dépend de l’administration d eSt-Charles.

Théâtre Nuovo. Ce théâtre, situé dans le voisinage de la rue de Toledo , était principalement destiné pour la représentation de la comédie ; mais aujourd’hui on y donne de préférence des opéras , exécutés le plus souvent par des artistes distingués.

Théâtre Fiorentino. 11 tire son nom de sa position près de l’église de St-Jean-des-Florentins, Son architecture est assez remarquable : on y représente des drames lyriques.

Théâtre S.-Carlïno. Sa situation auprès du grand théâtre St-Charles lui a fait donner le nom qu’il porte. 11 est réservé pour la comédie joyeuse, dont la représentation y attire toujours de nombreux spectateurs.

Théâtre Fenice. Ce petit théâtre s’élève sur la même place que S. -Car lino, et est aussi très-fréqucnté par les armateurs de la comédie. *

Théâtre des Pulcinelli ( des Polichinelles ). Dans ce théâtre on représente, comme à S.-Carlino , des comédies joyeuses dans lesquelles Polichinelle joue le principal rôle. Ce personnage, de création napolitaine, est bien différent du Polichinelle de Paris , à la veste rouge, à la double bosse et au langage chargé : à Naples, c’est un personnage naturel , une espèce de paysan vêtu en pantalon de toile blanche , coiffé d’un feutre gris de forme pointue ; sa figure est cachée dans la partie supérieure par un masque noir; son langage est toujours le dialecte napolitain , et son caractère est un mélange de franchise, de naïveté et de balourdise. Les étrangers se plaisent peu généralement à ce genre de divertissement, parce que les plaisanteries roulent le plus souvent sur des jeux de mots du dialecte avec lequel on ne peut se familiariser qu’après un long séjour à Naples .

Indépendamment des théâtres que nous venons de citer, il en existe encore quelques autres, tels que le théâtre délia

GUIDE EN ITALIE

Sorte,— celui dit Compagnie i de’ Ragazzi, dans lequel ne jouent que des enfants, comme au petit théâtre Comte de Paris; sans compter les baraques de polichinelles qu’on trouve en assez grand nombre, à partir de la rue de T oledo jusqu’au bastion du port.

Commerce . — Les manufactures d’étoffes de soie forment une branche très-importante du commerce de Naples ; on y fabrique principalement ces étoffes noires si connues en Europe sous le nom de Gros de Naples , des taffetas moirés qui sont très-recherchés dans le Levant, et des gants. Les fabriques d’armes à feu , de porcelaine, de glaces et de tabac, occupent le second rang par leur importance. 11 s’y travaille aussi des bas, des linons, des dentelles, des toiles de coton, du linge damassé, du savon, des chandelles, des rubans, des fleurs artificielles , des essences, des velours unis, des mouchoirs, des mousselines, des couvertures de coton et de laine, des pâtes de toute espèce, et entre autres les maccheroni , dont le peuple de Naples fait une immense consommation.

Il y a aussi beaucoup d’activité dans la fabrication des instruments de musique , et surtout dans celle des cordes de violon, connues en Europe sous le non de Cordes de Naples. La sculpture de luxe et la fabrié&tion des meubles en bois des îles s’y perfectionnent journellement. Naples possède aussi une fonderie de caractères d’imprimerie, mais la typographie y est généralement languissante. Le commerce de cette ville, quoique très-actif si on le compare à celui de tout le midi de l’Italie , est néanmoins d’une importance secondaire. A l’exception des étoffes de soie , des gants , et de quelques autres articles manufacturés , les exportations ne consistent guère qu’en productions territoriales, comme le vin, les fruits , les acides, l’huile, la manne , etc. On exporte en France et en Espagne une grande quantité de soie brute. Les vins les plus recherchés sont ceux du territoire de Pouz zoles et des environs du Vésuve .

Mœurs . — L’indolence forme le fond du caractère du peuple napolitain ; il aime la joie et le plaisir, mais il lui faut de la joie et du plaisir sans fatigue. 11 passe volontiers son temps dans les rues, sur les quais et au théâtre : Panis et circenses , telle est sa devise. Horace donnait avec raison à Naples l'é-

i>Hhèle de üiiosa Neapolis. La sobriété naturelle du peuple, et le bas prix des vivres de première nécessité, permettent à cette classe inférieure de parcourir les rues sans but , sans affaire et meme sans le désir d'en avoir. Quelques ducats suffisent pour procurer à une famille de lazzaroni une habitation dans les caves des maisons, et quelque menue monnaie pourvoit à son entretien. Nous avons déjà parié cidevant du lazzarone en général.

Les passants, et surtout les étrangers , ont beaucoup de peine à se soustraire au danger d'être écrasés, ou pour le moins renversés par les rapides voitures qui circulent, et surtout par les Calessi , espèces de voitures à deux roues et à un seul cheval, qui traversent la ville eh tous sens et à toute heure. Ce mouvement continuel et animé de Naples sur* prend beaucoup le voyageur, surtout quand il arrive de Rome ; et la différence de mœurs, d’usages et d'habitudes des habitants de ces deux capitales, est aussi pour lui un sujet d’étonnement non moins sensible. En un mot, Rome laisse des souvenirs intéressants , mais graves , et Naples des réminiscences de joie et de bonheur.

Naples fut jadis célèbre dans les arts et dans les sciences : Cicéron et Sénèque lui donnèrent l’épithète de Mère des éludes. Virgile , Sénèque , Horace , Tile-Live , Claudien% Boccace, le Tasse , et autres hommes de grande renommée, y firent un séjour plus ou moins long, et la plupart d’entre eux y composèrent une partie de leurs ouvrages. Naples s’honore aussi d’avoir été le berceau de Velleius Paterculus , d'Urbain VIT de Sannazzaro , de Salvator Rosay de Luc Giordan , de Solimène , du Bernin , de Fuga , de Vanvitelliy de Vico , de Filangieri et de tant d’autres , sans parler encore des célébrités contemporaines et vivantes.

Renseignements. — On dine à 2 fr., 2 fr. 60 c. à l’Espéranzelle, rue de l’Espéranzelie: chambre, 1 fr. 60 c. ; mêmes prix à l’hôtel du Commerce et dans divers autres hôtels; la table d'hôte de Martin , bien servie, ne coûte que 2 fr. 60 c. Les gens riches logent à la Chiaja , hôtel de la Victoire : dîner, 1 piastre ; déjeuner, 6 cari. ; chambre, 8 cari. On doit compter sur 12 fr. par jour de dépense. — Restaurateurs , PAlbcrgo Rcaie , place du Palais ; la Ville-dc-Paris , strada

740 ClilÜE EN ITALIE.

Toledo ; hùtel de Rome , à Santa-Lucia : dans ccs diverses maisons, bonne cuisine française. — Café d* Italie, rue de Tolède : tasse de café, 15 à 20 cent. ; café au lait, 40 à 50 c. granité , 40 c. ; glace, 50 c. — Bains , à la Villa-Reale, au Largo-Castello, 1 fr. à 1 fr. 25 c. La Villa-Reale est un magnifique jardin sur les bords de la mer. — Théâtre St-Charles, 60 grains au parterre; Fondo, 40 grains. — P harmacie de la légation anglaise, rue de la Villa-Reale, — Cabinet des beauxarts , rue Ste-Lucie, 87, 88. — Glaces exquises au palais del Duco d’Amirando. — Marchands de vins , Freeborn , 4, largo délia Vittoria. — Libraires, Bore! , Nobile, Sturita, librairie italienne à Chiaja; cabinet de lecture, Mme Perot, à St Jacques; Glass, rue de Tolède , à côté du café d’Italie : librairie française, anglaise, italienne, gravures; on y trouve les Guides de Richard en France , d’Ebel en Suisse , revu par Richard. — Banquiers , Porikofer et compagnie, Largo-Castello. — Ministères divers , Largo-Castello. — Ambassades , rivière de la Chiaja. — Prix du visa des passeports : à la police, 52 grains (1); au ministère des affaires étrangères, 120 grains; au nonce du pape, 60 grains; ambassade de France, 70 grains; — Sardaigne, 96 grains; — Toscane , 60 grains ; — et si on prend les bateaux à vapeur , à l’agent, 30 grains.

Moyens de locomotion. — Omnibus . La principale ligne va de la Villa-Reale au Sérail , par la rue de Tolède : prix, 5 grains. Les dames ne prennent guère ces voitures.

Chemin de fer de Naples à Capua par Acerra et Caserta, six fois par jour : prix, pour Capua: premières, 60 grains; deuxièmes , 48 grains; pour Caserta, 36 grains et 45 grains.

Premières. Deuxièmes.

Naples a Portjci,

15 grains.

10 grains*

— Torre del Greco,

— Torre Annunciata,

— Castellamare,

Pompei ou Scafati ,

— Angri ,

— Paganl ou Nocera,

(1) Le grain vaut un peu moins de 8 centimes.

Trajet pour Portici, 15 minutes ; Pompéi et Castellamarc, GO minutes ; départ toutes les heures.

Vetlurini . Se louent ordinairement 8 ducats par jour, 18 carlins pour une demi-journée; par heure, 3 carlins, et 24 grains la course.

Diligences pour Rome 5 fois par semaine , en 36 heures. Prix, 10 scudi 75 baïoques, et 11 scudi 35 baïoques.

Navigation à vapeur pour Civita-Vecchia , Livourne , Gênes , Marseille , Malte et la Sicile. Voyez Introduction, page 54.

Nous prévenons le voyageur qu’on ne tolère aucune espèce d’armes à Naples; que ses papiers doivent être en règle, visés par l’ambassadeur de sa: nation avant de quitter la ville. Il devra se tepir en garde contre les filous, qui abondent dans cette grande cité; mener durement les faquins ( domestiques ) dont il a besoin , la force brutale étant ici un signe de supériorité ; faire toujours son prix d’avance, et, en cas de contestation, ici, comme à Rome et à Venise , menacer de la police*

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