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de cette îte. Nous pensons que le voyageur qui s’y dirige sans autre but que celui de satisfaire une juste curiosité doit choisir de préférence pour point de débarquement le port de Messine , qui est aussi beau que sûr. Dans la courbe qu'il faut décrire pour y arriver, se trouve le gouffre de Charybde , qui a acquis une si funeste célébrité par les innombrables naufrages dont il a été le théâtre. En suivant le rivage , on arrive au Cap Faro ( Pelorus ), sur lequel s’élève Ja tour munie d’une grande lanterne qui sert de guide aux navigateurs pendant la nuit, et bientôt on entre à Messine (jadis Zantc, puis Messana), [hôtels : la Grande- Bretagne, le Lion-d’Or, de Prusse , etc.), ville célèbre , dont les premiers habitants furent les Messaniens, puis les Mamertins, qui prirent une part si active dans les guerres puniques et attiques. Cette ville, vue du port, présente l’aspect le plus agréable. Sept Portes , cinq Places publiques , six grandes Fontaines y un Lazaret y un Château fort avec Arsenal , des bastions, des Eglises , et des Palais de belle architecture ( parmi ces derniers, le Palais Royal, non encore terminé, celui du Sénat et celui de YUdienza , méritent d’ëtre visités avec attention ), quatre Bibliothèques , un bon College , deux Théâtres , 40 couvents de moines et de religieux, et une fouie d’autres établissements qui reçoivent la vie et le mouvement d’une population de plus de 70,000 habitants, font de Messine une des plus belles et des plus florissantes villes de la Sicile, quoiqu’elle ait été ravagée par la peste en 1743, et désolée par le tremblement de terre de 1783. Tout ce que renferme cette intéressante ville de remarquable et de curieux est décrit avec soin et exactitude dans le Guide de Messine , imprimé à Syracuse en 1820. Messine fut le berceau du poète lyrique Ibicus , qui y périt assassiné.
route cm.
du CAP FARO au CAP PASSAftO.
Cap Faro. — Messine. — Nisi et Muiufü ou Savoea , fleuves. — Cap de
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St-Alexia. — Taormina. — Cap Schizzo. — Cautara ou Alcaatara et Frecldo, fleuves. — Golfe de Santa-Tecla. — Aal ou Aci Reale. — Catane. — Le mont Etna. — Paterno. — Aterno. — Aci. — Giare. — Broute. — Handazzo. — Linguagrossa. — Giaretta et St-Paolo, fleuves. — Murgo, village. — Lentini. — Agoeta. — St-Guiliano et Marcelino , fleuves. — Syracuse. — Massa d’Olivero. — Crlmiti , mont. — Paradlso , fleuve. — Castellnccio , St-Marclano , Délia Maddalena et Manchisi , îles. — Anapo, fleuve. — Cassibill. — Miranda. — Falconara. — Noto. — Port de Noto. — Abiso, fleuve. — Atellari. — Cap Passaro. — Porto di Pâli.
En continuant à descendre à droite au milieu des montagnes, et en suivant le rivage de Val di Demona à gauche , lieu où les anciens avaient placé la résidence des Cyclopes, après avoir traversé les fleuves Nisi ( Ænisis ) et Muniüfpi ou Sàvoca , et enfin après avoir gravi le Cap de St-Alexis ( Promontorium Argenum ), nous arrivons, au bout d'environ deux heures de route, à
Taormina [Tauromœnium) , ville de 4,000 habitants, située sur un rocher escarpé, et qui renferme de très-beaux restes de l'antique théâtre, des citernes et de la Naumachie, et l'église Sl-Pancrace , considérée comme le premier temple. chrétien élevé par St Paul en Sicile.
Au sortir de cette ville, nous continuerons notre route vers le cap Schizzo ( Naxos ), d’où, après avoir passé les fleuves Cantara ou Alcantarà ( Acesines , Acathes , Alabus) et Freddo (^m),nous trouverons le Golfe de S.-Tecla , le long duquel il y a trois rochers que les anciens appelaient les Ecueils des Cyclopes. Non loin de là s’élève le redoutable Etna , que nous ne tarderons pas à visiter. La route que nous suivons nous conduit directement à
Aci ou Aci Reale , ainsi qu'on la nomme aujourd'hui ( Acis ), ville célèbre par ses eaux minérales, et plus encore par la proximité de la Caverne de* Polyphème , de la grotte de l’infortunée Galatee,et du rocher sous lequel gémissait ie malheureux Acis. Là est le port d'Ulysse et ce délicieux rivage chanté par Virgile . Aci contient environ 15,000 Ames; elle est bien fortifiée, et s’élève aussi sur une hauteur d'où nous descendrons pour entrer en peu d'instants dans
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Catàne ou Catania ( Catana et Cathina). Hôtel: de la Couronne-de-Fer. Pierre Carrera et Vito Maria Amico nous ont laissé deux histoires de cette ville , aussi intéressantes que bien écrites : nous engageons le voyageur curieux à les consulter. Les fastes littéraires et une grande partie de Thistoire de cette ville appartiennent à l’histoire générale de la Sicile , à laquelle nous renvoyons le lecteur. Cataney plusieurs fois renversée par des tremblements de terre, s’est toujours relevée plus magnifique qu'avant sa destruction; elle est encore aujourd’hui la ville la plus importante de toute File après Palerme . Les dernières révolutions physiques sous lesquelles elle succomba eurent lieu en 1093: vingt ans après elle était déjà reconstruite avec la symétrie qu’on y remarque aujourd’hui , avec des rues larges et droites, des places commodes, spacieuses et ornées de fontaines. Les rues sont pavées en gros blocs carrés de lave, unis avec la plus grande perfection. Les maisons sont bien construites, bien rangées, d’un aspect fort agréable, mais généralement basses. En 1819, la ville fut de nouveau menacée de destruction ; les violentes secousses qu’elle ressentit produisirent plusieurs fissures dans les principaux édifices. Dans la sacristie delà Cathédrale on conserve avec le plus grand soin une peinture à fresque représentant X éruption de 1069; comme production de l’art, cette fresque n’a rien de remarquable, mais elle offre le plus grand intérêt comme peinture exacte d’un si grand désastre. Le monastère de St-Nicolas des Bénédic tins est un très-bel édifice qui a plus de ressemblance avec une résidence royale qu’avec un asile de pénitence. De beaux escaliers, de vastes corridors, un jardin, des bosquets , des marbres précieux , des tableaux, des statues, des bas-reliefs d’excellents auteurs , des inscriptions, des vases grecs et une foule d’autres objets antiques, composent la riche galerie du Musée , ou l’amateur trouvera en outre une abondante collection des productions les plus remarquables des trois règnes de la nature. La Bibliothèque se distingue aussi par le choix et la rareté des ouvrages qu’elle renferme, ainsi que par la magnificence qu’on a étalée dans leur reliure. L’église qui dépend de cet établissement mérite d’être visitée; elle est embellie de peintures estimées, dues aux pin-
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ccaux de Tolanelli et de Cavalluci, et possède un orgue que les connaisseurs s’accordent à considérer comme un chef-d'œuvre. La population de Calane , qui s’élève aujourd’hui à 45,000 âmes, est généralement animée d’un goût très-vif pour les beaux-arts, les sciences et l’industrie. On connaît sans doute la célébrité de son Université , dont la fondation remonte jusqu’à l’an 1444. L’enseignement des mathématiques fut introduit dans cet établissement par' le savant Zara, il y a déjà plus de quarante ans. La physique, l’histoire naturelle, la botanique et la chimie, sciences auxquelles le voisinage de Y Etna semble prêter plus d’intérêt, sont cultivées à Catane avec le plus grand succès (l). Le Musée ôu prince de Biscari , placé dans deux vastes cours, est une des plus riches collections de la Sicile, en fait de statues antiques de marbre et de bronze, de vases étrusques, de médailles de tout modèle et de tout métal, de monnaies de tous les âges et de toutes les nations , d’instruments de physique et d’astronomie , et enfin d’armes de guerre de toute espèce des temps les plus reculés. Quant aux antiquités de Catane , on n’y voit que quelques ruines. Sur Ja place Stersicorea on remarque les vestiges de Y Amphithéâtre ; sur celle de St-François on voit les traces du Théâtre . L’église S ta- Maria délia Rotonda est bâtie sur les ruines des anciens Bains ; le couvent de Si- Augustin occupe, selon l’opinion générale, l’emplacement d’une partie du Forum , de la Basilique et des Prisons ; et enfin on reconnaît dans quelques vieux murs délabrés des restes du temple de Cérès. Le Gymnase , la JVaumaehie et le Cirque sont ensevelis sous la lave qui provient de la montagne voisine. Les antiquités les plus intéressantes se trouvent dans les maisons Gravina, Valsavoja , JVunziata , Cor raja, Sapuppo , Buonajuto et Gayliano. La situation de Calane a beaucoup de ressemblance avec celle de Portici :
(i) L’Académia Gioenia, fondée en 102.1, ne s’occupe que dcsscienccs naturelles. Cet établissement fut ainsi nommé pour honorer la mémoire du chevalier Joseph Gioetsi , grand naturaliste, dans le palais duquel on devra visiter le Musée contenant la collection complète de toutes le* productions delà Sicile,
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comme ce dernier lieu , elle est placée au pied d’un volcan , sur la côte de la mer , et bâtie sur un amas de ruines et de lave.