K O LITE 105. — DU CAP BOCO A PALERME
dans les Catacombes , dont l’entrée est dans l’église des Capucins, hors de la ville. Ces catacombes, creusées dans le roc vif, présentent un spectacle extraordinaire. On y conserve une grande quantité de squelettes que le jour des Morts on revêt des costumes qu’ils portaient de leur vivant. Ce spectacle, par sa nature, fait naître des sensations douloureuses, mais on n’en trouve d’exemple en aucun autre endroit.
Palais. — Les palais de Païerme sont nombreux et grandioses. Le Palais-Royal , près de Porte-JYeuve , était autrefois une forteresse défendue par de nombreuses tours, dont il ne reste plus qu’une qui sert aujourd’hui ù’ Observatoire astronomique . Ce palais est la résidence du vice-roi. il convient d’y visiter la Chapelle de St-Pierre , dont l’architecture, quoique gothique, est très-majestueuse; elle renferme en outre des marbres précieux, de belles mosaïques et d’autres raretés.
Le Palais Sénatorial , devant lequel est la fontaine dont nous avons parlé plus haut, mérite aussi d’être examiné; il possède deux statues antiques remarquables et plusieurs fragments de pierres grecques et romaines. Le Palais de la Poste est d’une architecture qui n’est pas sans mérite.
Parmi les palais particuliers, nous croyons que ceux des princes Butera , Torremuzza , et des ducs de Gravina et d'Anjou, méritent la préférence.
Païenne possède cinq Hôpitaux , une Université , uniS’éminaire, trois Bibliothèques publiques , plusieurs Etablissements d'éducation, vingt-sept Eglises principales, soixante-sept Couvents des deux sexes, quatre Casernes, deux Théâtres , deux M onts-de- Piété , et généralement toutes ces institutions que la civilisation moderne a introduites dans les grandes villes.
La Pinacothèque, à la fondation de laquelle a si puissamment contribué le prince de Belmonte , mort depuis peu; le Musée archéologique , riche d’une abondante collection de médailles gréco- sicilienne, qui s’augmente journellement des objets rares qu’on découvre dans les fouilles exécutées sur plusieurs points de File, et enfin la Fonderie royale, sont des établissements qui n’ont rien à envier à ceux des grandes capitales de la presqu’île d’Italie.
810 GUIDE EN ITALIE
Les environs de Païenne ne sont pas moins intéressants. En sortant de la ville par la grande route qui suit le rivage, nous passons près du Lazaret , et nous arrivons bientôt au pied du mont Perregrino, appelé par les anciens Eratas . Cette montagne eut quelque célébrité pendant les guerres puniques, après lesquelles elle tomba dans l’oubli et demeura presque inaccessible. Mais en 1024 on y découvrit dans une grotte le cadavre de la vierge royale S te Rosalie . Cette sainte, fuyant les appâts trompeurs et dangereux de la cortr de son père , vint se réfugier dans cette grotte, où elle mena une vie solitaire et contemplative. Son cadavre ayant été transporté dans la cathédrale de Palerme , tandis que la peste ravageait cette ville, ce tléau cessa tout à coup, ce qui lit déclarer S te Rosalie protectrice de Palerme . Par suite de cette détermination, la grotte fut métamorphosée en une église dont reflet est merveilleux. La route qu’on a pratiquée sur le dos de la montagne a coûté des sommes immenses; elle est appuyée presque en entier sur des arches solides en maçonnerie. On a aussi institué une fête annuelle qui se célèbre le 15 juillet ; elle dure quatre jours, et attire à Palerme une foule de curieux. Ce jour-là, l’église qui renferme le corps de la sainte est illuminée par une si grande quantité de cierges, que les yeux ont peine à en soutenir l’éclat.
Au pied du mont Peregrino , on a planté, il n’y a pas longtemps, 1 eParc royal , dit la Favorite, dans lequel s'élève un palais bâti d’un style conforme à sa destination. Près de là on remarque la villa dans le goût chinois appartenant au prince Vilcami . Ses environs sont semés de jolies maisons de campagne, parmi lesquelles il faut citer celle du prince Belmonte , les jardins du prince de Villafranca , ceux du prince de Butera ; mais ce qu’il y a de plus remarquable encore, ce sont les deux châteaux de style mauresque , dont l’un, appelé la Zîza , s’élève dans le bourg d’ODivuzzA, et appartient au prince de la Sckerra; l’autre, nommé Cura , est situé sur la roule de Monreale , et n’est plus aujourd’hui qu’une caserne de gendarmerie. Ces deux noms de Ziza et Cura sont ceux des tils d'un émir , qui les iirent construire par leurs Arabes. Le situation de ces deux édifices est admirable.