‹ Guide du voyageur en ItalieChapitre 37 sur 218 · ITINÉRAIRE · texte numérisé non relu

ITINÉRAIRE

ROUTES ET MOYENS DE LOCOMOTION

Quatre grandes directions s’offrent au voyageur :

La lre, par Lyon , Chambéry et Turin ; distance, 49 myr. 5 kil. et 37 postes 1;3.

La 2e, par Dijon , Genève et Milan ; distance, 48 myr. 1 kil. et 53 postes 1/2.

La 3e, par Lyony Nice et Turin ; distance, 93 myr. 3 kil. et 31 postes 1?4.

La 4*, par Marseille et Gènes ; distance, 79 myr. 3 kil.; et par les bateaux à vapeur, pour Gênes , 21 myr. environ.

Ces quatre lignes principales conduiront le voyageur au sein de trois grandes cités, d’où il pourra se diriger vers tous les lieux que sa curiosité ou ses affaires lui indiqueront. C’est au mois d’octobre que l’on se met généralement en route pour l’Italie ; il faut, autant que possible , éviter de se trouver dans ce pays pendant la saison des chaleurs. L’in-

GUIDE EN ITALIE

stant le plus favorable pour visiter Rome est l'époque de la semaine sainte, dont les cérémonies religieuses sont fort imposantes ; le carnaval de Rome attire aussi un grand nombre d'étrangers, et mérite d'être vu.

ROUTE Ire.

de PARIS a LYON (2 routes).

lre route, par Auxerre et

Lucy-le-Bois ,

Autun ( service de malle ) ,

Avallon,

47 m. 6 kil.

Ste-Magence,

La Rocïie-en-Brénil ,

Charenton,

Saulieu,

Villeneuve - St-Geor-

Pierre-Ecrite ,

Ses,

Chisscy,

Lieusain,

Autun,

Melun,

Saint-Emiland,

Le Châtelet,

Saint-Léger,

Panfou ,

Bourgneuf,

Fossard,

Chàlon-sur-Saône,

Villeneuve-la-Guiard,

Senecey,

Pont-su r-Yonne,

Tournus,

Sens ,

Saint-Albin,

Viileneuve-le-Roi ,

Mâcon,

Villevallier,

Pontaneveaux,

Joigny,

La Croisée,

Bassou,

Villefranche,

Auxerre,

Limonest ,

Saint-Bris,

Lyon,

Vermenton,-

MOYENS DE LOCOMOTION

Malle-poste . Départ 6 heures du soir, quatre places; trajet, .33 heures. Prix : 84 fr. 35 c.

Messageries Roxyales, rue Notre-Dame -des- Victoires ; Caillard et Cie, rue Saint-Honoré, 130, qui conduisent en 45 heures ù Lyon. Prix : 75 fr., 60 fr., 50 fr.

ROUTE lr*. — DE TARIS A LYON.

De Lyon, correspondance pour Turin , par Chambéry , avec les diligences des frères Bonafous de Turin. Prix : 68 fr. A Lyon , rue Neuve, n° 17.

Berlines-postes du Commerce . Service en voiture jusqu'à Châlon-sur-Saône ; ensuite bateaux à vapeur pour Lyon. Paris, rue Croix-des-Petits-Champs , 62.

Cet établissement correspond aussi avec Pltalie par diligence.

On peut encore prendre les Messageries Royales , qui passent, sans changer de voiture, par le chemin de fer d' Orléans; de là elles vont jusqu’à Roanne , où l’on prend le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon .

Si le voyageur veut visiter les bords de la Loire, il prendra le chemin de fer dy Orléans : trajet 4 h.; prix : 12 fr. De là, les steamers qui remontent ce beau fleuve le conduiront à JYevers , et de IVevers , par l’Ailier, à Moulins. Trajet, si on ne couche pas à Nevers, 30 heures; prix : 16 fr. 70 c. et

10 fr. 75 c. — De Moulins, diligence jusqu’à Roanne , et chemin de fer pour Lyon.

Les Malles-postes et les Messageries Générales ne sortent plus de Paris par le faubourg St-Antoine ; elles traversent la Seine au pont de l'Archevêché , suivent le quai en passant devant le Jardin-des-Plantes, et longent la rivière pendant une heure. La route nouvelle est belle , mais monotone jusqu’au nouveau pont , où elle traverse la Seine proche sa jonction avec la Marne.

LYON. Hôtels : de l’Europe , près la place Bellecour ; de Provence, place de la Charité, à côté des bateaux à vapeur du Rhône; des Princes , rue St-Dominique. — Hôtels du quartier des Terreaux , à proximité des Messageries : du Nord, de Milan, du Parc. — Hôtels secondaires pour les voyageurs du commerce : des Courriers, rue Saint-Dominique; des Quatre-Chapeaux , rue de ce nom ; Bayard , rue Tupin ; de Paris, quai Peyrollerie , près des bateaux de la Saône. — Hôtel pour les ecclesiastiques : de Rome, bonne maison, place St-Jean.

Lyon, chef- lieu du département du Rhône , une des villes les plus considérables , les plus belles et les plus riches de France. Son origine remonte à l’époque la plus reculée, où

G lTll) K EN ITALIE.

les Romains formèrent des établissements dans les Gaules . Le consul Lucius Munatins Plancus, ami de Cicéron et d'Horace, et lieutenant de César, en fut le fondateur. 11 y rassembla, l’an 41 avant J.-C., les habitants de Vienne , chassés par les Allobroges. Lyon se nomma d’abord Lucii- Dunum , par abréviation Luc-Dunum , et enfin Lugdunum , d’où est venu Lyon . Trajan y fit construire un édifice magnifique, destiné aux foires, marchés et tribunaux de justice. Ce monument, qui s’écroula l’an 840, est nommé, dans plusieurs chroniques du ixe siècle. Forum vêtus , dont on a fait Forlviel , puis Fourvières , nom que porte encore le quartier où il existait, et sur la partie la plus élevée duquel on a édifié une petite église sous le vocable de Marie, et récemment un belvédère qui, de loin, nuit à l’effet du tableau que présentait autrefois le clocher de l’église, et où l'on monte pour jouir du plus beau panorama qu’il y ait en Europe ; on y découvre le mont Blanc et les Alpes, ainsi que le cimetière de Vaise , où se trouvent de très-beaux mausolées. L’an 532, cette ville fut réunie à la France; et, bien que ravagée dans le vin® siècle par les Goths et les Sarrasins, déchirée par les guerres civiles au xvie siècle, on y a trouvé une foule d’antiquités, entre autres les restes de l’aqueduc construit par l’ordre de Marc-Antoine, et plusieurs constructions qui en dépendaient; sur la montagne de Fourvières , une infinité d’inscriptions antiques, deux tables de bronze, découvertes en 1528, sur lesquelles sont gravés des fragments de la harangue prononcée par l’empereur Claude, qui n’était encore que censeur, devant le sénat romain, en faveur de la ville de Iajou, sa patrie; plusieurs autels antiques , bains, vases, tombeaux, etc., etc. Tous ces précieux objets sont maintenant au Muséum , Palais des Beaux-Arts .

Cette ville est entièrement traversée par la Saône , rivière considérable qui prend sa source en Lorraine ; elle est côtoyée par le Rhône , fleuve qui prend la sienne au mont Saint-Gothard , et dont les eaux belles et rapides séparent la ville des Broteaux et de la Guillotière , et vont se réunir à la Saône à son extrémité méridionale, au lieu dit la Mu latière . La partie la plus étendue et la plus peuplée de Lyon

ROUTE Ire. — RE PARIS A LYON. 05

se trouve placée entre ces deux rivières. Le Rhône , qui baigne la partie du levant, est traversé par plusieurs ponts : l’un de bois , remarquable par une hardiesse et une légèreté qui ne nuisent point à sa solidité; il porte le nom de M. Morand, son architecte. Ce pont aboutit aux Broteaux , où se trouvent nombre de guinguettes que les trois quarts tle la classe ouvrière ne manquent pas de visiter chaque dimanche de la belle saison, et de beaux cafés ainsi que des fabriques.

En parcourant cette promenade, les prairies qui l'environnent, le voyageur ne pensera peut-être pas sans attendrissement que ces lieux qui répètent les accents d’une joie folâtre retentirent en 1793 des crisde douleur poussés par des centaines d’infortunés Lyonnais expirant sous la mitraille ; et sans doute, à la vue du monument funèbre érigé à leur mémoire, il donnera quelques larmes au souvenir de leur courage et de leur malheur. On y voit aussi une belle , Eglise , de construction moderne, un Colysée et une Rotonde grandiose, où Ton donne des bals.

Le second pont, qu’on a nommé pont du Concert , est bien construit; on y jouit d’une fort belle vue.

Le pont construit en pierre porte le nom du faubourg de la Guillotière , auquel il conduit. C’est, après \e pont Saint- Esprit, le plus long de France. Depuis on a encore construit sur le Rhône trois ponts suspendus. La Saône , placée au centre de Lyon , exigeait un plus grand nombre de communications; au^sr compte-t-on huit ponts qui la traversent, dont trois suspendus et cinq en pierre. Voici leur position en arrivant de Paris : pont de Serein , nouvellement construit : les piles éont en pierre, les arches en bois et les parapets en fer ; fe pont Saint- Vincent-, celui de la Fouillée (saspendh) ; le pont de Nemours (en pierre) ; le pont suspendu, en face du palais de justice; le pont de ly Archevêché, touf en pierre , d’une belle architecture , quoiqu’un peu Iburde : le dernier pont est celui d ’Ainay ; ses piles seulement sont en pierre. À la jonction du Rhône et de la Saône, le pont d'Orléans, qui est très-beau.

Lyon est généralement bien bâti; il est diflieile de se faire une idée de la beauté de ses quais , notamment de

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GUIDE EN ITALIE

celui de Saint - Clair , où toutes les maisons se font remarquer autant par l'élégance de l’architecture que par leur étonnante élévation. Ses rues pour la plupart, quoique assez bien percées, sont étroites,- ce qui, joint à la hauteur de ses bâtiments , lui donne un air un peu sombre. De toutes ses places, celle de Bellecoar est la plus belle, quoiqu’elle soit loin d’avoir la même beauté qu’en 1780. Ses façades, qui en faisaient le principal ornement, détruites en 1794, ont été remplacées par des bâtiments modernes d’une architecture mesquine qui fait regretter le grandiose de celles dont l’infâme Couthon ordonna la destruction, en les frappant d’un marteau que ses mains débiles pouvaient à peine tenir. Au midi de cette place et dans toute sa longueur, plusieurs rangs de tilleuls forment une promenade des plus agréables. La perspective dont on jouit du centre de Bellecuur est magnifique; le voyageur. voit se déployer à ses yeux les riches coteaux de Sainte-Foy et de Fourvières. Au milieu est la statue de Louis XIV, en bronze, due au ciseau de Lemot , un des meilleurs ouvrages de ce sculpteur lyonnais; le cheval est surtout admiré. La place des Terreaux vient en seconde ligne, relativement â son étendue , mais ne lui cède en rien sous le rapport des bâtiments qui la décorent : l’hôtel de ville, élevé sur les dessins de Mansard, et, après celui d’Amsterdam, le plus beau de l’Europe, en fait le principal ornement; l’ancien monastère de Saint-Pierre forme un des côtés. Ce vaste édifice est devenu l’asile des arts, des sciences et du commerce; on y voit une école gratuite de dessin, de peinture et de sculpture, qui, en partie formée par les soins des Revoil, des Richard , des Chinardî, a fourni des artistes distingués, au nombre desquels on cite avec éloges MM. Bonnefond, Guindran , Orsel, Biard, Jacquard, Trémolet, Génod, etc., etc. C’est là qu’est le musée de la ville et le cabinet d’histoire naturelle.

En entrant à Y Hôtel de ville par la place des Terreaux , on remarque un superbe vestibule, sous lequel on a placé, à chacun des côtés, des bronzes représentant le Rhône et la Saône , préservés du vandalisme révolutionnaire. Les'peintures à fresque que l’on voit sur les voûtes et les murs du grand escalier sont de la main de Bianchct, qui avait éga-

ROUTE Ire. — DE RA1US A LYON. G7

lement peint plusieurs sujets historiques dans la belle salle dite de Henri IV , considérablement endommagée par l’incendie de 1803. En traversant les deux cours qui se trouvent à la suite du vestibule, on arrive à la place de la Comédie, où l’on a élevé un Théâtre grandiose, qui a coûté 4,000,000. L Hôpital, dû à Soufllot, est admiré comme le plus magnifique de France. 11 forme une immense façade d’ordre •ionique , sur le quai du Rhône . La distribution intérieure et la sage administration de cet hospice sont faites pour servir de modèle. Le voyageur remarquera la vaste étendue de ses salles, surtout de celle dont le dôme quadrangulaireest couronné des emblèmes de la médecine. Il faut visiter aussi V Hospice de la Charité , Y Hôpital militaire , un des plus beaux de l’Europe; Y Hospice de V Antiquaille , contenant environ 000 infortunés, fous ou malades incurables : il est confié aux soins de vingt-sept frères hospitaliers et de soixantesept sœurs. La Bibliothèque de la ville est une des plus belles de France , et son vaisseau est magnifique ; l’œil est frappé de son étendue, du grand jour qui l’éclaire, et du tableau animé qu’y présentent, de là, le quai et le cours du Rhône . On y compte plus de 100,000 volumes, au nombre desquels plus de 8,000 manuscrits, dans toutes les langues. Lyon possède une seconde bibliothèque au Palais des Arts . Lyon a deux théâtres, le grand théâtre et le théâtre des Célestins, sur la place de ce nom. Il faut visiter les cafés élégants qui ornent la jolie place des Célestins. On a récemment élevé dans l’ancienne boucherie de l’Hôpital un magnifique passage éclairé au gaz , comme toute la ville. Un beau monument moderne que le voyageur doit visiter avec soin, est le nouveau Palais de Justice avec une belle colonnade de 24 piliers corinthiens sur les dessins de M. Baltard.

Parmi les édifices religieux , la Cathédrale est remarquable par la beauté de sa nef et son architecture gothique. Sous une de ses chapelles latérales est la magnifique horloge (arrêtée maintenant) dont le mécanisme, aussi curieux qu’étonnant, est de Lippius de Bâle. Cette église est enrichie de beaux tableaux. Les autres églises dignes d’attention sont celles de Saint-Nizier , bâtie au xivc siècle; du Col-

GUIDE EN ITALIE

* lége , de l’ Hôpital , de Saint-Paul , où se voit un tableau du célèbre Lebrun, etc.; celles d ’Ainày, où Ton admire quatre colonnes qui soutiennent la coupole , et qui faisaient partie d’un temple dédié à Auguste ; de Saint-Bonaventure , Saint-Polycarpe et des Chartreux . Lyon a un hôtel des monnaies, lettre D; nne académie, un riche musée, une école de peinture, un superbe jardin botanique qui offre^ une jolie promenade, un cabinet d’histoire naturelle, un mont-de-piété, une pépinière départementale. If faut visiter les abattoirs, le beau marché aux vins, les belles Prisons , le magnifique Arsenal , construit récemment , les fortifications , etc. Sa population , qui s’accroît prodigieusement , s’élève à 230,000 habitants , en y comprenant la population de la Guillotière et de la Croix-Rousse , ses faubourgs , et qui prennent aujourd’hui le titre de villes . L’industrie commerciale est portée dans cette ville au plus haut point. Ses manufactures en étoffe d’or, d’argent et de soie, lui assurent une supériorité incontestable sur les autres villes du royaume. Sa chapellerie jouit d’une réputation également méritée. Le commerce que sa position favorable la met à même de faire en épiceries, vins, blés, fer, grains de toute espèce, contribue à la rendre une des plus importantes de l’Europe.

Lyon est le siège d’un archevêché, d’une ccur d’assises , d’une préfecture et de la 19® division militaire. Il possède un collège royal , une académie , un cercle littéraire , un cercle médical , une société des Amis des Arts, un hippodrome , des expositions de peinture et de sculpture.

Poste , place Bellccour ou Louis-le-Grand.

Si le voyageur est logé quartier des Terreaux , il visitera , le 1er jour f les quais St- Clair, la place des Terreaux et ses cafés, le grand Théâtre , Y Hôtel de ville , le palais St-Pierre , où est le musée; la Bibliothèque royale , les églises de St-Pierre , de St-lVi2ier. — Le 2 * jour, les quais de Saône , l’hôpital de la Charité , la place de I^ouis-lc'- Crandy Y église d’Ainay; il traversera le pont de Tilsit et parcourra le quartier St-Jean. — Le 3e jour serait employé à monter à Tout viè res , à visiter Y église St-Paul , puis, traversant la Saône , à voir la Croix-Rousse et ses ateliers

ROUTE lre. — DE PARIS A LYON. 69

de soierie, V église des Chartreux et ses Tapis verdoyants, les fortifications , etc.

Renseignements. Voit . pub. < Messageries de Ronafous frères, pour Turin, Gênes, Milan et toute litalie, correspondant avec Chambéry et Aix-les-Bains , rue Neuve, 17.

Messageries de P. Galline et comp., pour la Provence, le Languedoc et tout le Midi , quai St-Antoine , 20.

Diligence de F. Poulin et comp., pour la Provence, le Languedoc et tout le Midi , rue Puits-Gaillot , 2.

Diligence de Burdet et Ricard * pour Genève, place du Concert , 8.

Diligence de Gaillard frères et comp., pour Genève, quai St-Clair, 1!.

Courriers journaliers pour Chambéry , Aix-les-Bains , Turin, Gênes, Milan et toute ritalie (dans la saison des bains les voitures vont à Aix sans changer de conducteur) ; chez Larat , Mille et comp., quai St-Clair, 15.

Diligence de Lyon à Marseille, passant par Vienne, la Côte- Saint-André, Grenoble, Briançon , correspondant avec les Messageries des Alpes , chez Ferrouillat et Martinais , place du Concert , 9.

navigation a vapeur.

Compagnie générale des bateaux à vapeur, quai et place de la Charité ; départs tous les jours pour Valence , Avignon , Beaucaire et Marseille. — Le service du Cygne et de la Colombe , bateaux en fer à basse pression , se fait tous les jours entre Lyon et Châlon . Le départ a lieu tous les matins à la pointe du jour. Directeur de la compagnie générale, Jacques Bfeittmayer. Bureaux ; place des Terreaux, 16; quai de la Charité, 28.

Services du Rhône et de IdïSaône. L. Breittmaïer aîné et compagnie, propriétaires des bateaux à vapeur les Aigles , 12 , place de la Charité , à Lyon. La compagnie générale des bateaux à vapeur du Rhône et ses aifluents , place de la Charité, à Lyon. Châlon , f.yon. — Bateaux à vapeur, les Aigles et le Cygne . Départs tous les jours à 5 et G h. du matin; trajet en C h. 1/2. Premières places, 8 fr. ;

GUIDE E.N ITALIE

deuxièmes, 0 fr. Lyon , Valence , Avignon , Beaucaire , Arles , Marseille . Départs tous les jours à 4 heures du matin : trajet de Lyon à Avignon , 12 heures. Prix des places : Avignon , premières places , 20 fr. ; deuxièmes places, 15 fr. ; — Beaucaire, premières places, 22 fr. ; deuxièmes places, 17 fr. Arles, premières places, 23 fr. ; deuxièmes places , 18 fr. Les services correspondent : à Avignon, pour Marseille , les messageries par terre partant le soir , et faisant le trajet dans la nuit ; à Beaucaire , pour Nîmes et le Languedoc , par le chemin de fer et le canal du Midi ; à Arles , pour Marseille , par les bateaux de mer des memes compagnies, partant le matin; trajet en 5 heures. Prix des places d'Arles à Marseille, 5 fr. — Lyony Valence. Service spécial desservant les ports intermédiaires. Départs tous les jours à 1 1 heures du matin ; trajet en 7 heures. Premières places, 10 fr.; deuxièmes places, 7 fr. 50 c. Ce service correspond avec les voitures pour Dié , Montélimart , Crest et l'Ardèche.

Société Lyonnaise Courrat, Gaillard et comp., entreprise des bateaux en fer les Papins ; service sur la Saône pour Mâcon et Châlon , quai Peyrollerie , et sur le Rhône pour Valence, Avignon, Beaucaire et Arles, port des Cordeliers. Transport des voyageurs et des marchandises.

Compagnie du Rhône supérieur , service de Lyon à st iæ-les-Bains . Bureaux : cours d'Herbouville, 4, hors de la barrière de St-Clair.

Bateaux à vapeur en fer, le Sirius , le Vésuve et le Ves per , partant tous les deux jours du pont de la Guillotière pour Avignon et Beaucaire . — Bureaux , quai de l'Hôpital , U 8.

Les bateaux à vapeur la Sylphide , la Sirène , le Jupiter , le Neptune , partent tous les jours du port de la Charité pour V alence , Avignon , Beaucaire , Arles et Marseille. — Bureaux : place des Terreaux , 16 ; quai et place de la Charité, 28.

L'administration fait partir un paquebot tous les jours, été et hiver, du port de la Charité. Le trajet de Lyon à Avignon se fait en 12 h.; celui de Lyon à Marseille , en passant par Arles , en un jour 1/2.

ROUTE Ir*.— DE PARIS A LYON.

Transport de toute espèce de marchandises pour Avignon, Beaucaire , Arles , Marseille , Nîmes , Toulouse, Bordeaux, Bayonne , etc.

Correspondance avec le chemin de fer de Beaucaire à Alais, et avec les canaux du Midi .

Bains . Les principaux bains qu'on trouve à Lyon sont : place de la Miséricorde , — derrière la cathédrale de St-Jean, —rue Sala , — rue en face de la Charité , — à l’hôtel de Pro vence, — quai Saint-Antoine , — rue Saint-Dominique, — rue du Garet , — hôtel du Nord rue Belle-Cordière rue Saint-Marcel , en face des Carmélites , — galerie de l’Argue , — rue Sainte-Catherine , et les magniliques bains du Rhône.

Cafés . Les plus fréquentés pour les excellents déjeuners au café et au chocolat sont Casati , rue du Bàt-d’ Argent ; Toriani, rue Puits-Gaillot; Toni-Poulet , rue Lafont; Rossignol, quai des Célestins ; Grand, place des Terreaux.

Pour la bonne bière , les cafés Forai , angle de la rue Lafont et du Garet ; — Parisien , de la Comédie , Lorry, Berthoux, place des Célestins.

Traiteurs et restaurateurs : Maire , près de l’église Saint- Nizier; — Charion, hôtel des Princes; — Poche, hôtel de Home; — Bauquis, hôtel du Commerce ; — Rivière, à l’Écude-Francc;— Caillot, passage de l’Argue; — Joly, hôtel de l’Europe ; — Dutel , montée de la Glacière ; — Philibert , hôtel de Provence ; — veuve Victor , rue Sainte-Marie-des-Tcrreaux ; — Laverlochère , place des Terreaux ; — Oray, place des Cordeliers ; — Barbezat , rue Sirène ;— Deschamps , place des Célestins ; — Pion , place des Terreaux ; — Camille, place Saint-Pierre; — Bavoux, place de la Préfecture; —Mathieu , quai Saint-Antoine , — etc.

Consulats étrangers : Sardaigne , MM*, le marquis Jules Doria, consul général, rue de Puzy, 1, au rez-dechaussée; Laugieri , vice-consul, rue des Rcmparts-d’Ainay, 10.

Confédération suisse , MM. P. Galline , consul , et Osca Gallinc fils , vice-consul , quai St-Antoine, 29.

Brésil , M. B. Puy, consul, petite rue des Feuillants , 5.

Etats- Unis d’Amérique, M. A. Berger, vice-consul , place Sathonay, 5.

GUIDE EN ITALIE

Séjour. La vie n’est pas très-chère à Lyon ; pour 50 cent, on a <}u café ou du chocolat excellent, chez Toriani , limonadier italien, qui demeure rue Puits-Gaillot . Le chocolat que l’on prend chez Casati , rue Bât-d' Argent , est trèsestimé ; 50 cent, la tasse. Les petits pains, les brioches qu’on sert dans les bons cafés sont délicieux. Il y a divers restaurateurs à la carte. On est très-bien servi dans le passage de Y Argue à 2 fr, 50 et 3 fr. par tête. On boit d’excellente bière, place des Terreaux , chez Grand; on sert, passage Saint- Dominique , près de la place des Célestins , à 2 et 3 fr. par tête; le vin y est bon. Ceux qui aiment les poissons du Rhône en mangeront de délicieux aux Brotteaux (1).

(4) Musée au palais des Beaux-Arts ( ouvert les dimanche et jeudi de chaque semaine , de 1 1 4 2 h. )

Salons de fleurs. —K0 io. Vase de fleurs, d’Abrah. Mignon. —

11. Vase en bronze rempli de fleurs, de M. Bony, de Lyon. — 12. Cartouche entouré de fleurs, de D. de Hecm. — 5. Vase rempli de roses , de J. Van-IIuisum, chef-d’œuvre.— 17. Vase par Mme Bruyère. — 21. Vase par Van-Proussel, d’Anvers

Galerie du musée. — N° 4. Racine , par Philippe de Champagne. — 0. Sacrifice d’ Abraham, par Andrea delSarto. — o. Invention desreli- ' ques de sainte Véronique, de saint Protais, par Philippe de Champagne,, tableau très-estimé. — 11. Adoration des Bergers , de Jordaens. — .

12. Vue de la cour du château de Fontainebleau, par Bouhot, tableau d'un effet piquant. — 1 a. Ballon, par de Boissleux. — 19. Saint François, saint Dominique et plusieurs autres saints, par Rubeite, tableau capital. — 22. Une table de cuisine, par Suyders d’Anpy. — 27. La Pluie d’or de Danaé, attribué au Tintoret- — 30. Vendeurs chassés du Temple, par Jean Jouvenct. — si . Deux tètes d’étude, par Van-Dick.

— 32. Le petit Rémouleur , par Grobon, — 34. Des soldats jouant dans un corps-de-garde , tandis qu’un ange délivre saint Pierre , de David Tenlers, très-beau tableau. — 3$. Vert-Vert, par Richard, charmante composition. — 37. Pigeonnier de Rochecardon , par Grobon. — 39. Adoration des Anges, de Jacques Stella. -—-43. Un tournoi, par Revoit , tableau d’un bel effet. — 4G. Vue de saint Jean. — 47. Aqueducs, par Grobon, bel effet, belle couleur. —82. Visitation, par Jordaens. — Baptême de Jésus-Christ , par Louis Carrache. — ci . Le bon Samaritain, par Drolling. — 68. Saint François d’ Assise , par l’Espagnolet.

— 67. Le Christ à la colonne, par Palme le jeune. — 7». Ascension , par Pierre Férugin, magnifique. — 70, Circoncision, par Gucrchin, beau

ROUTE lre. — DE PARIS A LYON. 73

Ouvrages a consulter : Guide pittoresque de V (^ranger à Lyon , et Guide à la grotte de la Balme , qui se trouvent à Paris , chez L. Maison ; à Lyon , chez Chambet aîné.

Excursions : 1° à Rochecardon ; on passe par le faubourg de Vaise . Rochecardon est un bois fort joli que J.-J. Rousseau aimait beaucoup ; 2o à Y Ile-Barbe ; 3° au pont de la Mulatière . On suit l’allée Perrache ; à la sortie du pont, à droite, par le chemin d’Oullins , village dont l’église conserve la tombe de Thomas , est une petite montée au milieu de laquelle on doit s’arrêter pour jouir d'une vue magnifique; 4° à Charbonnières y charmant village à 8 kil. environ de Lyon , et dont les eaux minérales sont conseillées pour les obstructions : on prend les voitures sur le quai Villeroy ; 5o au mont Oindre , près de Saint-Cyr , par le faubourg de J^aise, et du plateau duquel 6n jouit d’un très-beau panorama; G° à Saint-Bonnet-le~Froid, à 1 myr. G kil. de Lyon , sur un plateau granitique très-élevé, et d’où l’on jouit d’un panorama aussi beau que tous ceux qu’on va chercher en Suisse . On ne regrettera pas un peu de fatigue pour gravir la montagne; on sera dédommagé amplement de ses peines par les points de vue adinirablès qu’on a derrière soi. Il faut passer par Saint-Just , le Pont-d' Allay, etc. , et non par YArbresle ; lo à Écully , par les omnibus, charmant village qu’il ne faut pas oublier de visiter.

Il y a des omnibus qui conduisent à Y Ile- Barbe et à F on -

tableau. — 83. Adoration des Mages, par Rubens. — 84. Assomption, du Guide. — os. Moïse sauvé des eaux , par Paul Véronèse.

Salle des antiques. — Le Christ sur la croix, par Van-Thuldcn, tableau qui a joui d’une grande réputation. — 2. .Le Repas chez Simon le PharLsien , par Jean Jouvenet. — 4. Louis XII présenté à Jésus- Christ par saint Louis , de Charles Lebrun. On remarque un taarobolc de 1 mètre co centimètres de haut; les tables de bronze contenant la harangue de Claude au sénat romain ; la gravure en est belle et les lettres aussi visibles que si elles venaient d’étre écrites; une belle mosaïque représentant tous les jeux du cirque , découverte à Ainay en 1800; les jambes dfun cheval de bronze , découvertes dans le lit de la Saône , etc. ( Extrait de la notice des tableaux du musée de Lyont par Artaud, in-8° , Lyon, chez Lambert-Gentot. )

GUIDE EN ITALIE

tainc pour 50 et 75 centimes. On Jes trouve place de la Feuillée.

DE PARIS a LYON.

2e ROUTE, PAR NEVERS ET Moulins ( service de malle), 47 myr. 3 kil.

Villejuif, Om. 8k.

Fromenteau , 1 1

Essonne , 1 2

Ponthierry , t 1

Chailly , 0 8

Fontainebleau , 1 0

Nemours , t 6

La Croisière , l 3

Fontenay , 0 7

Montargis , 1 4

Nogent-sur-Vernisson , 1 7

La Bussière , 1 2

Briare, 1 2

Neuvi sur-Loirc , 1 7

Cosne, ' 1 4

Pouilly , 1 5

La Charité, 1 3

Pougues , 1 3

Nevers , 1 2

Magny , 1

St-Pierre-le-Moutier, 1 St-Imbert , 0

VilIeneuve-sur-Allier, 1

Moulins , 1

Bessay , 1

Va rennes, 1

St-Gérand-le-Puy , 1

La Palisse , 1

Droiturier , 0

St - Martin - d’Es tréaux, 0

La Pacaudière , 0

St-Germain-rEspi nasse , 1

Roanne, 1

St-Symphorien-de- Lay, 1

Pain-Bouchain , 1

Tarare , 1

Les Arnas , 1

Salvagny, 1

Lyon , 1

- On sort de Paris par le faubourg Saint-Marceau ; à droite , Bicêtre , ancien château converti en hôpital pour les vieillards et les aliénés. On y remarque un puits étonnant par sa largeur et sa profondeur ( 60 mètres); un réservoir contenant 4,000 muids d’eau , et l’église en forme de croix.

Pour la description de cette route , voyez le Guide du voyageur en France de Richard , chez L. Maison , Paris, Lyon. V . Route tr% p. 63,

ROUTE 3. — DE LYON A TüftIN.

ROUTE m.

7 myr. 4 kil. et 38 postes Vv-

De Lyon à Bron , 1 m.Ok.

St-Laurent-des-Mû-

res , 0 8

La VerpilHère, 1 1

Bourgoin , I 2

La Tour-du~Pin ,.15 Le Gaz, 0 8

Pont-de-Beauvoisin , 1 o

Les Echelles de Savoie (poste étrangère), 2

St-Thibaud-de-Coux, 1 V2

Chambéry, 1 Va

Montmélian, 2

Maltaverne , I Va

Aiguebelle, 1

La Grande-Maison , 2

St-Jean-de-Maurienne, 2

Saint-Michel, 2

Modane , 2

Le Vernay, 2

Lans-Ie-Bourg, 2

L’Hosp. du Mont-Cénis, 3 Molaret , 3

Suze , 2

Brusolo , i

Saint-Ambroise, 3

Rivoli , l

Turin, 2

MOYENS DE LOCOMOTION

Avant de quitter Lyon, le voyageur doit faire viser son passe-port. — Diligences Bonafous , n° 17, rue Neuve, à Lyon. — Départs tous les jours pour :

Turin . Prix : coupé , 74 fr.; rotonde, 50 fr.

Gênes , 95 fr.; rotonde, 80 fr. ;

Milan , 85 fr.; rotonde, 69 fr. ;

Venise , 129 fr.;

Bologne , 121 fr.; Parme , 106 fr.; Rome , 197 fr.; Chambéry, lô fr.

Le touriste pourra aussi s’embarquer sur l’un des paquebots qui remontent le Rhône, pénètrent dans le pittoresque lac du Bourget y et de là se rendre à Chambéry .

De Lyon , en remontant le Rhône, la navigation est parfois ennuyeuse; elle exige 22 heures, sans compter plus d’une longue heure qu’il faut passer aux douanes de Savoie.

Les sites qu’offre cette partie du fleuve n’ont rien de remar-

GUIPE EN ITAMK.

quable, à l'exception de quelques points, tels que le Saut du Rhône , où le canal se rétrécit dans un profond ravin entre d'immenses rochers; sur ceux du côté de la France, se voit le fort de Pierre-Châtel , dont la situation est des plus imposantes. L’eau rugit dans cet étroit passage, où la navigation semble présenter de grands dangers ; mais l’adresse des pilotes sait éviter tout accident, et leur habileté est surtout nécessaire en passant sous un pont de fil de fer , situé à la base de Pierre-Châtel , qui lie la frontière de France à celle de la Savoie.

Mais ce voyage sur le lac est des plus intéressants. La navigation à travers le canal étroit et tortueux qui porte les eaux du lac dans le Rhône ; la marche de ce paquebot , pouvant contenir 300 personnes, et qui , semblable à un énorme reptile, serpente au milieu des prairies, présentent quelque chose d’étrange qui attache et frappe l'imagination.

Ce voyage ne peut se faire que dans la belle saison.

Le voyageur quitte Lyon par le pont de la Guillotière , et suit le long faubourg de ce nom; ensuite on passe entre deux forts détachés , nouvellement élevés , et on entre dans le département de l’Isère avant d’atteindre Bron} simple relais de poste.

Une belle route conduit de Bourgoin au Saut du Rhône, 2 myr. 8 kil. Ce saut n’est qu’à une lieue de la grotte de Baltne. Cette grotte mérite d’étre visitée.

La Tour-du-Pin (Isère), {hôtels : la Poste, — Pollet, près de la Douane, et Chalat ) , chef-lieu de sous-préfecture. Cette petite ville, autrefois baronnie indépendante, et réunie au Dauphiné en 1273 , est située sur une rivière qui porte son nom. Les vins, grains, chanvres, lins, mûriers pour les vers à soie , que fournit son territoire , sont les seules ressources de son commerce et de son industrie. Pop. 2,000 hab.

Pont-de-Be au voisin ( Isère). Hôtels : Barbier , près de la Douane, et TAncienne-Poste. — Cette petite ville, qui séparait autrefois la France de la Savoie, est située sur le Giers, qui la coupe en deux parties , et prend sa source sur les confins de la Savoie et du Dauphiné. Curiosité : 1 epont d’une seule arche, remarquable par sa hardiesse ; le poste des douanes

de« deux pays est situé à chaque extrémité du pont. Commerce: chanvre, blé , fabrique de toile. Pop. : du côté de la France , 2,500 habit.; du côté de la Savoie , 1,500 hab.

Une remarque que tout observateur ne manquera pas de faire , c’est que dès cet endroit le teint des habitants est plus brun que celui des Dauphinois qui demeurent dans la partie du pajrs qui avoisine le Rhône. Cette nuance devient plus sensible à mesure que l’on avance , et augmente ainsi jusqu’à ce que l’on ait passé le mont Cénis, dont cette route porte le nom. Ce changement s’étend aussi sur la nature; les sites changent d’expression, le climat de température. Le voyageur trouvera dans l'aspect des montagnes de la Savoie, de ses torrents , de ses cascades , de ses précipices , des tableaux d'une beauté sévère et imposante.

Avant d’arriver au bourg des Echelles , on traverse une gorge au fond de laquelle le Giers roule ses eaux entre deux montagnes d’une pente rapide et d’une prodigieuse élévation.

En entrant en Savoie , la route traverse d’abord une plaine bien cultivée, couverte de vignes , d’arbres de toute espèce, et où l’on voit de belles prairies , de nombreux troupeaux , enfin tout ce qui marque la richesse du pays; mais à peine a-t-on fait une lieue, qu'on se trouve dans les Alpes.

L'aspect de ces montagnes offre au voyageur le spectacle en même temps le plus curieux et le plus imposant, lors surtout qu'il les observe pour la première fois. Tout y annonce le mouvement de la nature qui enfante ses productions les plus variées, les plus singulières; c’est le pays des sensations profondes. D’énormes masses de rochers , et un torrent qui coule avec fracas au fond des précipices, sont les premiers objets qui frappent la vue. La route, qui monte X>endant trois heures le long de ce torrent , est tracée avec une Intelligence rare , et de plus garnie de parapets dans les lieux escarpés. Quelques auteurs croient que c'est par là qu’à Taide du feu et du vinaigre, Annibal fit ouvrir un passage à ses troupes.

On descend ensuite au bourg des

Echelles , situé dans un vallon fort resserré , et qui présente , en général , l’aflligeant tableau de la misère. Une foule de vieillards , de femmes et d’enfants viennent solli-

GUIDE EN ITALIE

citer une pitié et des secours qu’il serait bien difficile de leur refuser. Pop. 700 Iiab.

Au delà de ce village, la vallée forme un véritable culde-sac ; un mur de calcaire de 272 mètres de haut s’étend en travers , et depuis les Échelles l’œil cherche en vain les moyens d‘en sortir. On finit cependant par distinguer sur la face de l’escarpement , à moitié chemin de la montée que la route parcourt en sinuant, un petit trou ressemblant assez à l’ouverture d’une ruche à miel; mais , lorsqu’on est assez près, on reconnaît l’ouverture d’un tunnel à grandes dimensions, percé à travers la montagne : celte galerie coupée dans la roche calcaire, a 8 mètres de haut, autant de large, et près de 340 de long; ce magnifique ouvrage fut commencé par Napoléon, et achevé par le roi de Sardaigne en 1817.11 y a encore là deux routes plus anciennes, dont l’aînée ne mérite guère ce nom .• c’était un sentier des plus raboteux et des plus difficiles, conduit à travers les rochers au moyen d’échelles placées l’une au-dessus de l’autre ; d’où il fut appelé

chemin de la Grotte , ou les Echelles , et il donna son nom au village voisin , qui l’a conservé. Les difficultés de ce passage étaient encore augmentées par le gonflement des torrents de la montagne, qui le rendaient souvent impraticable pour les bétes de somme ; les voyageurs le traversaient alors assis dans un fauteuil fixé sur le dos d’un de ces forts paysans de la Savoie.

Pour atteindre la vieille route en revenant ae France, il fallait traverser une profonde déchirure qui se trouvait au bas de la vallée , sur la gauche de la galerie.

En 1()40, le duc Charles-Emmanuel de Savoie améliora la route en la dégageant des masses de roches qui l’obstruaient, et la rendit praticable aux voitures; vint Napoléon qui traça une nouvelle ligne, perça hardiment la montagne, et créa une nouvelle route sur laquelle deux voitures peuvent marcher de front et à l’aise. En sortant de la galerie , on aperçoit à droite la vieille route; en la suivant pendant un kil. environ, le voyageur s’approche des anciennes routes de la Savoie, dont la plus vieille est maintenant impraticable. Sur les parois de la roche se lit une inscription pompeuse, écrite par l'abbé St-Réal en l’honneur de Charles-Emmanuel,

qui fit construire cette route; quoique escarpée, c'est un ouvrage assurément fort remarquable pour l’époque.

La route que nous parcourons maintenant suit un ravin étroit et rocailleux qui s’ouvre graduellement et finit par former une jolie vallée.

S i-Thibaud-de-Coux. Non loin de cet endroit se trouve une jolie chute d’eau décrite par J.-J. Rousseau.

11 faut encore traverser un autre ravin étroit avant d’arriver à

Chambéry (en italien Ciamberi). Hôtels : Hôtel de l’Europe, tenu par Ferroillet; bonne maison qui vient d'étre restaurée et remise à neuf ; appartements élégants et commodes , jardin à la disposition des voyageurs , bonne cuisine, table d’hôte et service particulier, remises et écuries. Cet hôtel est à la proximité des diligences, et le courrier de Turin passe devant. Les propriétaires se font distinguer par leur politesse. Prix modérés. — La Poste , le Petit-Paris, bonnes maisons.

Chambéry t capitale de la Savoie, siège d’un archevêché, avec environ 12,000 hab. , est située dans une plaine riante et fertile, entre de hautes montagnes; deux rivières l’arrosent : l'Alysse et l’Albane. Son sol est élevé de 282 mètres au-dessus du niveau de la mer, et sa place d’armes ne s’élève que de 30 mètres au-dessus du niveau du lac du Bourget.

11 existe encore à Chambéry plusieurs tours et d’autres fragments de l’ancien château des ducs de Savoie. La chapelle gothique, située dans son enceinte (1415), échappa à la conflagration de 1 7 98 ; vous la laissez à gauche en arri vant par la route de Lyon. La précieuse relique ( sanlo-su dario ) le saint suaire, qui est maintenant à Turin, fut longtemps déposée dans cette chapelle ; François 1er, roi de France , y fit de Lyon un pèlerinage à pied. Saint-Pierre de Rome possède aussi un saint suaire qu’on montre au peuple dans les grandes cérémonies.

Avant la révolution française, Chambéry renfermait 20 couvents; on en compte encore aujourd’hui 7, dont quatre de femmes et trois d’hommes.

Parmi ses édifices, on remarque les trois casernes construites par Napoléon. Elle possède aussi une bibliothèque

GUIDÉ EN ITALIE

publique contenant 16,000 vol., un petit musée renfermant quelques peintures peu remarquables, et un théâtre .

Le collège royal est placé sous la direction des jésuites , qui remplissent les différentes chaires pour les sciences et les lettres.

Histoire . — Chambéry n’est pas fort ancien, car il n’existait point au temps des Romains. Il a été cité pour la première fois dans un titre de 1029; et ce n’était encore, dans le xne siècle, qu’un château avec un bourg. Ce château était entouré d’un fossé que remplissaient les eaux de l’Albane , rivière qui prend sa source dans les montagnes de Grenier et d ' Apremont > et traverse la ville avant de s’unir à YAlysse. Le comte Thomas Ier en fit, en 1232, la capitale de ses États, et dès lors Chambéry reçut des privilèges et eut des établissements qui lui donnèrent promptement plus d’importance. Amédée Y fut le premier comte qui y fixa sa résidence , et ses successeurs contribuèrent à l’agrandir. Les rois de France même lui accordèrent des privilèges pendant qu’ils possédèrent cette partie de la Savoie.

Evénements militaires . — Chambéry a été pris par François Ie* en 153G. En 1000, Henri IV y entra vainqueur. Louis XIII en fut aussi maître. Louis XIV fit occuper cette ville pendant ses démêlés avec Victor-Amédée II jusqu’à la paix dTJtrecht , en 1713. Plus tard , en 1742 , les Espagnols s'en emparèrent, et l’année suivante l’ancien château de Chambéry, résidence de l’infant don Philippe, fut entièrement incendié. Réparé en 1775, il fut de nouveau brûlé dans la nuit du 13 au 14 décembre 1798. En 1803, alors que la Savoie était réunie à la France, sous le titre de département du Mont-Blanc , il fut en partie réparé.

Biographie . — Chambéry a donné naissance à une foule d’hommes distingués jjar leur savoir, leurs talents et leurs vertus , et qu’il est important de connaître ; parmi les plus remarquables on distingue :

Saint-Réal, l’auteur de la « Conjuration des Espagnols » contre la république de Venise , » qui y naquit en 1639 ; l’historien Emmanuel-Philibert de Pingnon ; le père de Challe, jésuite, habile mathématicien; l’ingénieur Ducla; le graveur Dclallée; le peintre Paul , dont les peintures à l’huile

fcOL’TE 3. — DE LYON A TURIN. 81

sont estimées ; François Bérenger , dont la copie du Saint Jérôme du Corrége est proclamée par Mengs un vrai chefd’œuvre; le comte de Maistre, l’auteur du Lépreux de la vallée d'Aoste , du Voyage autour de ma chambre; le comte Joseph de Maistre, qui a écrit le livre du Pape et les Soirées de St- Péter s tour g , homme de génie; M. Raymond, qui a longtemps rédigé le Journal de Chambéry . A ces noms nous devons joindre celui du général de Boignes, qui a doté Chambéry , sa ville natale , d’établissements si nombreux , et qui assurent à leur généreux fondateur une gloire aussi pure que durable.

La vie aventureuse de M. de Boignes en fait un personnage historique. II avait 22 ans lorsque , étant entré au service de la compagnie des Indes, il se rendit à Madras en 1777. Après quatre campagnes, voyant que sa qualité d’étranger était un obstacle à son avancement , il partit pour Delhy, dans le Mogol , dont les habitants étaient depuis longtemps en guerre avec les Jattes. 11 offrit ses services au prince maratte, Mandajy Scindiah, qui soutenait une lutte opiniâtre contre les rajahs ses voisins. En 1785, le jeune de Boignes lui organisa deux bataillons à l’européenne , et bientôt après eut le commandement d’un corps de 3,000 hommes, avec lequel il gagna la bataille de Jannah-Panaaii, ce qui lui valut des présents considérables. La mort du jirince vint mettre un terme à ses entreprises belliqueuses ; en même temps , sa santé lui rendant nécessaire le climat d’Europe, il revint en 1796 avec une fortune immense qu’on portait à 15 millions; il épousa une demoiselle d’Osmond , et alla dans sa patrie dépenser noblement les trésors dont le sort l’avait rendu possesseur. 11 y fonda deux hôpitaux.

Une nouvelle rue à colonnades, à l’instar de celle de Rivoli à Paris, porte son nom ; à l’une des extrémités de cette rue, sur la promenade, se voit une fontaine monumentale supportée par des éléphants , et surmontée de la statue du général. Cette fontaine pèche sous le rapport des proportions : la colonne est mesquine , et ses dimensions ne sont pas du tout en harmonie avec celles de sa base.

Le général de Boignes mourut en 1830, après avoir répandu

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de nombreux bienfaits; il emporta dans la tombe l'estime et la reconnaissance de son pays (1).

Maisons . — Les maisons de Chambéry sont en général assez propres, bâties en pierre ; quelques-unes sont peintes à l’extérieur , ce qui leur donne un aspect gai , un air agréable à l’œil.

Rues. — Quelques-unes sont vraiment belles ; nous citerons surtout celle qui a reçu le nom de Doignes, magnifique rue à arcades , avec d’élégants magasins de nouveautés , de beaux cafés , etc.

Eglises. — Les églises à Chambéry sont peu nombreuses; les plus importantes à signaler sont :

La Cathédrale, édifice gothique , bâtie vers l’an J 430 par les franciscains , et remarquable par les deux fresques, qui paraissent dater du xive siècle; l’une représente une sainte famille , l’autre est en partie eiïacée.

V église paroissiale de Ste-Marie , construite en 1G3G; elle est d’ordre dorique, et possède un joli maître-autel, un tableau représentant l’incrédulité de saint Thomas, donné aux augustins de Chambéry par le prince Thomas de Carignan , leur fondateur.

La Sainte Chapelle , dédiée à saint Michel, et dont le portail est orné des statues de princes de la maison de Savoie.

La Chapelle royale , la plus remarquable de Chambéry, selon M. Bertolotti , et dont les vitraux surtout sont dignes d’attention.

Hospices. — Chambéry possède plusieurs hospices ; le plus remarquable est celui de Saint-Benoît, fondé en 1820 par la générosité du général de Boignes , qui a acquis le local , l’a fait restaurer, et l’a doté à perpétuité pour y entretenir un certain nombre de vieillards des deux sexe9 , parmi ceux qui , ayant vécu dans l’aisance, ont éprouvé des revers inopinés de fortune. Cet établissement, unique dans son genre, mérite d’être visité avec soin.

(O La vie et les aventures du général de Boignes sont admirablement racontées dans « Une promenade à cheval ; Florence , par vne Dame , 1811. »

Le Musée de Chambéry est riche en médailles romaines , et il renferme quelques tableaux fort anciens, ainsi que des antiquités trouvées à Aix. Le catalogue de ces objets serait ici trop long , et nous renverrons le voyageur au « Guide * en Savoie et en Piémont , de Richard. »

A la Bibliothèque on remarquera : 1° un missel, avec miniatures d'or, du pape Félix ; 2° une Bible sur parchemin , du ixe siècle.

Théâtre. — Le théâtre de Chambéry est situé à l’Issue des boulevards, à l’entrée de la ville; c'est un parallélogramme de G9 mètres de longueur sur 22 de largeur; la façade, en très-belle pierre de roche , a un avant-corps d’ordre ionique à pilastres ; elle est couronnée d'un fronton dans lequel sont sculptées les armes du roi. La salle, qui peut contenir environ 1,500 personnes , est d’une belle proportion ; sa forme est demi-circulaire ; les loges sont en galeries ornées de sculptures et de peintures. La scène est très-spacieuse; il y a d’assez belles décorations, peintes, ainsi que le rideau représentant la descente d’Orphée aux enfers , par les frères Vaca.

Ce théâtre est un monument digne de remarque par sa coupe , son plan intérieur, la commodité des distributions et l’élégance des ornements. Cet édifice fait honneur au talent des architectes Tri velli et Préliacso , qui en ont donné les dessins et dirigé la construction.

Cafés. — 11 y en a plusieurs qu'on peut recommander aux voyageurs ; celui qui est sous l’arcade du théâtre , celui qui est à côté de la librairie de M. Pulhod. Il y en a trois autres dans la rue de Boignes, également bons et recommandables.

Séjour. — On se fait de fausses idées sur le gouvernement du roi de Sardaigne. On jouit à Chambéry de tout autant de liberté que dans aucune autre ville du monde. Le brillant magasin de librairie de M. Perrin , dans la rue de Boignes , et celui de M. Puthod sur la place d’armes , sont là pour témoigner combien peu la censure du pays est sévère. On trouvera dans le premier un assortiment varié d'ouvrages de piété , de littérature, de sciences et d’arts; de la papeterie ; une foule d’articles de fantaisie et de luxe, tous venant de Paris. Dans le second se trouvent la plupart

CUlDE EN ITALIE.

des livres publiés à Paris , romans , mémoires, etc., mais sous le format qu’on leur a donné à Bruxelles. On trouvera dans ces deux librairies les Guides ou Itinéraires de Richard en France , en Suisse , en Italie , etc.; les meilleurs ouvrages sur la Savoie , et de bonnes cartes routières-.

Gastronomie . — Nous indiquerons au voyageur la compote verte , qui se vend chez les confiseurs et dans les cafés 4 comme une excellente friandise. C’est une production du pays , fort estimée de certains gourmets. Les pâtés de Savoie rivalisent presque avec ceux du Périgord , et ses grands biscuits ont une réputation européenne.

Promenades . — Les promenades de Chambéry sont en général assez agréables ; celle appelée le Verneg , plantée en quinconce, est fort jolie et des plus fréquentées.

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