‹ Guide du voyageur en ItalieChapitre 38 sur 218 · EXCURSIONS · texte numérisé non relu

EXCURSIONS

Les Charmettes.

Cetle pittoresque retraite est située à 20 minutes de marche , au sud de Chambéry.

Une visite aux Charmettes doit entrer dans le plan de tout voyageur qui parcourt la Savoie. Nous prendrons pour guide dans cette excursion M. Raimond, écrivain aussi spirituel qu'exact. Ecoutons d’abord Jean-Jacques lui-même :

« Après avoir un peu cherché, nous nous fixâmes aux Charmettes , une terre de M. de Conzié, à la porte de Chambéry, mais retirée et solitaire comme si l’on était à cent lieues. Entre deux coteaux assez élevés est un petit vallon nord et sud, au fond duquel coule une rigole entre des cailloux et des arbres. Le long de ce vallon , à rai-côte , sont quelques maisons éparses fort agréables pour quiconque aime un asile un peu sauvage et retiré. Après avoir essayé deux ou trois de ces maisons, nous choisîmes enfin la plus jolie , appartenant à un gentilhomme qui était au service , appelé M. Noiret. La maison était très-logeable. Au-devant un jardin en terrasse, une vigne au-dessus, un verger audessous , vis-â-vis un petit bois de châtaigniers, une fontaine à portée ; plus haut, dans la montagne , des prés pour l’en-

IlOUTÈ 3. — RE LYON A TURIN.

tretien du bétail ; enün , tout ce qu’il fallait pour le petit ménage champêtre que nous y voulions établir. Autant que je puis me rappeler les temps et les dates , nous en primes possession vers la fin de l'été de 173'> (1). J’étais transporté le premier jour que nous y couchâmes. O maman! dis-je à cette chère amie en l’embrassant et l’inondant de larmes d’attendrissement et de joie , ce séjour est celui du bonheur et de l’innocence ; si nous ne les trouvons pas ici , il ne faut les chercher nulle part.

» Iioe eral in votls : modus agri non ita magnus ,

» Horlus ublt et tecto vicinus jugis agitai font,

» Et paululùm sÿh'co super his foret ;

» Je ne puis pas ajouter : Auctiïis atque DXmcliùs fecùrc ; mais n’importe , il ne m’en fallait pas davantage ; il ne m’en fallait pas même la propriété : c’était assez delà jouissance. A peine les neiges commençaient à fondre que nous quittâmes notre cachot, et nous fûmes assez tôt aux Charmetles pour y avoir les prémices du rossignol. Dès lors je ne crus plus mourir. Je ihc levais tous les matins avant le soleil. Je montais par un verger voisin dans un très-joli chemin qui était au-dessus de la vigne et suivait la côte jusqu’à Chambéry. Là, tout en me promenant, je faisais ma prière, qui ne consistait pas en un vain balbutiement des lèvres, mais dans une sincère élévation du cœur à l’auteur de cette

aimable nature dont les beautés étaient sous mes yeux

J’aime à le contempler dans ses œuvres tandis que mon cœur s’élève à lui. Mes prières étaient pures, je puis le dire, et dignes par là d’être exaucées. Je ne demandais qu’une vie innocente et tranquille, exempte du vice, de la douleur, des pénibles besoins , la mort des justes et leur sort dan?» l’avenir. Du reste cet acte se passait plus en admiration et en contemplation qu’en demandes, et je savais qu’auprès du dispensateur des biens , le meilleur moyen d’obtenir ceux qui nous sont nécessaires est moins de les demander que de les mériter. Je revenais , en me promenant , par un assez

(i) Rousseau avait alors 2\ ans, étant né en 1 7 1 3.

grand tour , occupé à considérer avec intérêt et volupté les objets champêtres dont j’étais environné , les seuls dont l’œil et le cœur ne se lassent jamais. Deux ou trois fois la semaine , quand il faisait beau , nous allions derrière la maison prendre le café dans un cabinet frais et toullu que j’avais garni de houblon, et qui nous faisait grand plaisir durant la chaleur; nous passions là une petite heure à visiter nos légumes, nos fleurs, à des entretiens relatifs à notre manière de vivre et qui nous en faisaient mieux goûter la douceur. J’avais une autre petite famille au bout du jardin : c’étaient des abeilles , » etc., etc.

Voici comment s'exprimait Rousseau au sujet des Charmettes , peu d’années avant sa mort : « Depuis que je m'étais, malgré moi, jeté dans le monde, je n’avais cessé de regretter mes chères Charmettes et la douce vie que j’y avais menée. Je me sentais fait pour la retraite et la campagne ; il m’était impossible de vivre ailleurs : à Venise , dans le train des affaires publiques, dans la dignité d’une espèce de représentation, dans l’orgueil des projets d’avancement; à Paris , dans le tourbillon de la grande société , dans la sensualité des soupers, dans l’éclat des spectacles, dans la fumée de la gloriole; toujours mes bosquets, mes ruisseaux , mes promenades solitaires venaient , par leur souvenir , me distraire, me contrister, m’arracher des soupirs et des désir3. »

Pour aller aux Charmettes en sortant de Chambéry, il faut passev auprès de la grande caserne au sud de la ville. On marche depuis là, pendant quelques moments, aux bords de l'une des branches de YAlbane , rivière qui coule du levant au couchant , et se distribue par un grand nombre de canaux souterrains dans la plupart des rues de Chambéry. Quand on est arrivé au lieu dît le Bocage , tout auprès de l'ancien séminaire, on quitte brusquement la plaine pour monter à droite, par un chemin assez rapide pratiqué sur le roc; on passe sur une carrière où l’on taille des meules de moulin. Après quelques pas, la pente s’adoucit tout à coup , et l’on tourne au sud.

C’est ici que commencent les Charmettes, dont le nom s’étend aux deux coteaux qui s’élèvent à droite et à gauche

de l’étroite vallée dont parle J.-J. Rousseau. On se trouve ici au-dessus des moulins des Charmettes , et Ton touche le clos de même nom, où se voit la maison qui appartenait à M. de Conzié , l’ami de Jean-Jacques , à qui celui-ci entreprit d’enseigner la musique , et dont il s’est rappelé si longtemps la douce liaison.

On entre bientôt clans le vallon nord et sud qui conduit en droiture à la maison de Jean-Jacques. Dans un des beaux jours du printemps , on fait cette route entière aux sons harmonieux d’une musique enchanteresse et continuelle : c’est celle du pinson, du merle, de la fauvette et du rossignol; voilà bien tout le triomphe du mois de mai , tel que madame de Sévigné le trouvait à Livri. A ce concert délicieux se joint le bruit souvent interrompu du torrent qui passe à gauche du chemin, et qui devient tour à tour un torrent impétueux au travers des rocailles, ou un ruisseau paisible coulant doucement dans un lit de fleurs.

A l’entrée de cette vallée inclinée au nord , le chemin est pendant quelque temps complètement enveloppé de feuillages et presque couvert en berceau; mais un peu plus loin la vue se dégage , et rencontre de part et d’autre les détails les plus variés. Pour jouir d’un contraste assez piquant , ir faut se retourner par intervalles, et regarder au travers des arbres et des coupures du terrain les restes d’un lointain qui s’échappe, et dont la vive lumière brille derrière les hauts noyers, les peupliers, les saules pleureurs, les cerisiers et les maisons voisines. La vallée est étroite , et les coteaux qui la forment sont deux amphithéâtres opposés, tapissés de la plus belle verdure, garnis de touffes d’arbres, et peuplés d’un assez grand nombre de petites et jolies maisons éparses çà et là , et de quelques chaumières.

A mesure qu’on avance , le paysage devient plus agreste ; il prend meme une légère teinte sauvage qui pourtant ne déplaît pas. On entrevoit bientôt, par derrière les arbres, sur la droite , la pointe du toit de la maison : voilà le petit bois de châtaigniers qui est en face; voici le verger à droite du chemin et la vigne au-dessus du verger. C’est là ce jardin en terrasse où était planté sur quatre piquets ce papier magique éclairé par-dessous ; nous voici à la même place

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d'où les paysans effrayés aperçurent la synagogue et le sabbat qui se tenaient chezM. Noiret.

Quand on est arrivé au-dessous de la maison , on voit à quelques pas plus loin le vicinus aquœ fons , et un petit pont de pierre qui, au milieu de ce paysage chargé d'ombre et de verdure , a bien aussi son mérite, quoiqu’il ne conduise qu'à une méchante chaumière.

La maison est un peu élevée au-dessus du chemin; au-» devant est une terrasse de la même largeur que la maison, et environnée d’un parapet à hauteur d’appui. Ce parapet est coupé par une grille de bois à deux battants , qui ferme l’entrée de la terrasse, sur laquelle on monte par trois marches de pierre. La face principale de la maison est tournée au levant et parallèle au chemin. C’est un petit batiment régulier, de forme rectangulaire; il est couvert d’un toit rapide, en ardoises, à quatre pans, et surmonté de deux aiguilles. Les rustiques sont au midi et attenants à la maison , et le jardin est du côté du nord.

Au-dessus de la porte d’entrée sont les armoiries des anciens propriétaires ; on les a mutilées , à l’exception de la date de 16*60, qui est parfaitement conservée. Dans le même mur antérieur, et sur la droite, est incrustée une pierre blanche portant l’inscription suivante , faite par Héraut de Séchelle, qui l’y lit placer en 1792, lorsqu’il était commissaire de la Convention , avec l’abbé Simon et Jagot, dans le dé^ partement du Mont-Blanc t

Réduit par Jean-Jacques habité ,

Tu me rappelles son génie >

Sa solitude, sa fierté,

Et ses malheurs et sa folle.

A la gloire, à la vérité.

Il osa consacrer sa vie,

Et fut toujours persécuté Ou par lui-même , ou par l’envie.

La chambre qu’a occupée Rousseau est au-dessus du vestibule ; elle est de même grandeur et n’a qu’une fenêtre t c’est celle qui est directement au-dessus de la porte d’entrée* La chambre de madame de Warens est celle du nord, sur lcr jardin.

Le rez-de-chaussée est composé du vestibule, d’une petite cuisine à gauche, qui n’existait pas du temps de madame de Warens; d’une première salle où était autrefois la cuisine, «l’un petit salon communiquant directement au jardin, et «le quelques autres petites pièces.

L’escalier est intérieur; il est construit en pierres de taille, et composé de deux rampes. Sur le premier palier est une porte extérieure qui s’ouvre sur une petite esplanade derrière la maison, où était le cabinet de houblon dont parle Jean- Jacques. Sur ce même palier est l’entrée d’une petite chambre et d’un cabinet pratiqués sur un caveau et sur la cuisine actuelle, et qui n’étaient pas autrefois dans cet état. La seconde rampe conduit à deux portes , dont l’une, à droite , s’ouvre sur un corridor qui communique à la chambre de madame de Warens et à celle de Rousseau , et qui dégage en outre celle-ci par une porte de derrière. Dans la première est

une alcôve qui a été faite par M. de V L’autre porte dont

j’ai parlé introduit dans un petit vestibule ou à une chapelle dédiée à la Vierge , et de là dans une chambre carrée , assez grande, très-éclairée , qui remplit l’angle de la maison au nord-est, et dont les fenêtres, s’ouvrant sur le jardin, présentent une vue étendue et fort agréable. Tel est l’intérieur de la maison. Du reste, il est propre , fort commode, par sa distribution bizarre, pour loger un assez grand nombre de personnes, avec l’avantage de les rendre indépendantes les unes des autres ; ce qui ne laisse pas d’être un agrément réel , surtout à la campagne.

Pour aller au jardin , on passe sur une seconde petite terrasse où Jean-Jacques cultivait des fleurs , et qui a encore la même destination. Il est situé entre la vigne et le verger; c’est à son extrémité septentrionale qu’étaient placées les ruches de madame de Warens.

Voici la place où Rousseau avait établi son observatoire. «* Je me rappelle à ce sujet, dit-il, une aventure dont le souvenir m’a fait souvent rive. J’avais acheté un planisphère céleste pour étudier les constellations. J’avais attaché ce planisphère sur un châssis, et les nuits où le ciel était serein j’allais dans le jardin poser mon châssis sur quatre piquets de ma hauteur , le planisphère tourné en dessous ; et pour

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l’éclairer sans que le vent soufflât ma chandelle , je la mis dans un seau à terre entre les quatre piquets ; puis , regardant alternativement le planisphère avec mes yeux et les astres avec ma lunette, je m’exerçais à connaître les étoiles et à discerner Jes constellations. Je crois avoir dit que le jardin de M. Noiret était en terrasse ; on voyait du chemin tout ce qui s’y faisait. Un soir des paysans, assez tard , me virent dans un grotesque équipage, occupé a mon opération. La lueur qui donnait sur mon planisphère, et dont ils ne voyaient pas la cause, parce que la lumière était cachée à leurs yeux par les bords du seau, ces quatre piquets, ce grand papier barbouillé de figures, ce cadre et le jeu de ma lunette qu’ils voyaient aller et venir, donnaient à cet objet un air de grimoire qui les effraya. Ma parure n’était pas propre à les rassurer : un chapeau clabaud par-dessus mon bonnet, et un pet-en-l’air ouaté de maman , qu’elle m’avait obligé de mettre, offraient à leurs yeux l’image d’un vrai sorcier, et, comme il était près de minuit, ils ne doutèrent point que ce ne fût le commencement du sabbat. Peu curieux d’en voir davantage, ils se sauvèrent très-alarmés , éveillèrent leurs voisins pour leur conter leur vision , et l’histoire courut si bien que, dès le lendemain, chacun sut dans le voisinage que le sabbat se tenait chez M. Noiret. Je ne sais ce qu’eût produit enfin cette rumeur, si l’un des paysans témoins de mes conjurations n’en eût le même jour porté sa plainte à deux jésuites qui venaient nous voir, et qui , sans savoir de quoi il s’agissait, les désabusèrent par provision. Us nous contèrent l’histoire , je leur en dis la cause , et nous en rîmes beaucoup. Cependant il fut résolu, crainte de récidive, que j’observerais désormais sans lumière, et que j’irais consulter le planisphère dans la maison. »

Rousseau a décrit en peu de mots les dehors de cette retraite; il n’y a rien à en dire après lui : tout est là tel qu’il l’a dépeint, sauf la chapelle extérieure, où l’on a établi depuis longtemps un four dont les voisins ont le droit de se servir.

Mais nous avons à jouir d’un spectacle dont il n’a point parlé, et nous le trouverons au sommet de la colline ou montagne qui domine les Charmettes au couchant, et sépare

ce vallon de celui de Bclle-Combette ; nous arriverons sur ces hauteurs en suivant d'abord le chemin que prenait Rousseau lorsqu'il allait prier avant le lever du soleil.

En sortant de la maison , il faut passer à droite dans le pré voisin , au-dessus de la fontaine, faire quelques pas au sud ouest, et prendre un sentier fort rapide qui revient au nord , et ensuite au couchant. Ce sentier aboutit à un chemin horizontal , parallèle à celui d’en bas, dirigé du nord au sud, et passant au-dessus de la vigne : c’est le chemin de Jean- Jacques. En le suivant au nord , comme pour aller à Chambéry, on tourne avec la colline, ce qui donne aux points de vue qui se succèdent rapidement une variété admirable. Je conseille aux voyageurs qui seront venus par le chemin inférieur, et qui n'auront pas le temps de monter au plus haut de la colline , de s’en aller au moins par ce chemin.

En quittant le sentier rapide dont j’ai parlé, et prenant pied sur le chemin de Rousseau , tournons au sud , et gagnons ensuite à droite un petit bois de châtaigniers qui fait partie du domaine des Charmettes. Delù, montons au milieu des champs en retournant au nord-ouest. C'est par ici qu’est ie modus agri non ità ma g nus , car il y a plusieurs pièces de champ qui sont de la même dépendance. Sur les rochers vis-à-vis, au sud-ouest, est 1 cpaululiim sylvœ : nous avons vu le reste en bas. En continuant à monter, on arrive facilement et en peu de temps sur la partie la plus élevée.d'un vaste plateau incliné , parfaitement isolé , sauf au midi , où il communique aux montagnes voisines dont il est un appendice. Sa pente se prolonge en avant jusqu'aux portes de Chambéry et vers le lieu nommé le Bocage , que nous avons indiqué sur le chemin qui conduit de la ville aux Charmettes (l).

A une demi-lieue à l'ouest de Chambéry sont les eaux sulfureuses de Boisse , bonnes aux estomacs débiles.

Les voyageurs qui ont le temps, et qui veulent faire une promenade agréable de deux heures , peuvent aller visiter le ravin appelé le Bout-du-Monde , site qui plaît au voyageur

(i) Notice sur les Charmettes, Vallon des environs de Chambéry, brochure in-8° ; Gcuôve , Paschoud , 1 8 1 1 .

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ami do la nature sauvage. La route qui y conduit quitte celle de Turin à l’extrémité du faubourg de Montmeillan , suit la rive gauche de la Leysse jusqu’au village de ce nom, où elle traverse le courant, et, laissant à droite le château pittoresque de Cliaffardon , entre dans la gorge de la Doriat , entourée de tous côtés par les hauts escarpements qui forment la base de la Dent de Nivolet> et n’offrant aucune issue.

On y voit une belle papeterie fondée par un Montgolûer. L’extrémité supérieure de cette gorge est fermée par une masse énorme de rochers, du haut desquels se précipitent, en cascades, des ruisseaux qui forment par leur confluent une partie de la rivière de l’Aisne.

Au couchant de la ville , à une demi-heure de chemin , le beau point de vue dont on jouit au château de Mongex , et plus loin , en tirant au nord , le château et la chapelle gothique de M. le marquis de Costa Beauregard.

A deux lieues au sud-est de Chambéry , le château des Marches , le château de Bayard en face, et plus loin le fort Barreau .

On peut faire encore une excursion très-agréable qui prendra un jour ou deux ; c’est d’aller aux bains d'Aix et au lac du Bourget . ( V. route 3.)

Au relais suivant, nous laissons à gauche le chât eau de Bâtie , et un peu plus loin celui de Chignin% chaînons d’une ligne de forts qui s’étendait sur tout le pays, et sur les tours desquels on allumait des feux pour donner l’alarme aux habitants en cas d’invasion étrangère. A ces moyens grossiers du moyen-âge on a depuis substitué les télégraphes. Vers les parties supérieures des vallées de X Arc et de Y Isère, celte chaîne de vieux châteaux se continue presque sans interruption. La montagne que le voyageur aperçoit à droite est le mont Grenier , haut de 2,600 m. environ; le côté qui fait face à Chambéry présente un escarpement perpendiculaire, produit par la chute d’une masse considérable de la montagne en 1248 : elle couvrit de ruines tout le pays qui se trouve à sa base, et une ville du nom de St-André avec seize villages furent engloutis. Les traces de cette catastrophe sont encore visibles : elle est attestée par l’irrégularité du sol

et par ccs nombreux monticules maintenant couverts de vignes, et qu’on nomme les Abîmes de Myans. Le mont Grenier est situé à l'angle de la vallée de Chambéry et de celle de Grésivaudan , traversée par l’Isère, et qui conduit à Grenoble. A quelques kilomètres plus bas, sur la rive gauche de la rivière, on trouve les ruines du château Bayard , berceau de l'illustre chevalier sans peur et sans reproche.

Montmeillan. Auberge: hôtel des Voyageurs. Cette petite ville est située sur la rive droite de l'Isère, à la jonction de quatre routes : celle du mont Cénis , sortant de la vallée de Maurienne ; celle de la Tarentaise et du Petit-Saint-Bernard ; celle qui part de Grenoble , et descend la fertile et belle vallée de Grésivaudan ; enfin , celle de Chambéry. Le château de Montmeillan fut longtemps le boulevard de la Savoie du côté de la France. En 1GOO, Henri IV, faisant alors le siège de ce château, manqua d'étre tué d’un coup de canon tiré du hantdes murs; ce prince, tout couvert de boue, fit alors un signe de croix, sur quoi Sully lui dit qu’il se trouvait heureux de voir que Sa Majesté était si bon catholique. Le comte Geoffroi Bens de Cavour défendit bravement et avec talent ce château pendant treize mois contre Louis XIII; enOn Louis XIV , qui s'en rendit maître en 1705, fit raser et démolir toutes les fortifications. Il existe encore quelques fragments de murailles couverts de ronces et d’épines , seuls restes de cette ancienne clef des Alpes savoisiennes.

Us environs de Montmeillan produisent un vin blanc estimé.

Au sortir de Montmeillan, on traverse l’Isère sur un grand pont, d’où, quand le temps est beau , le voyageur peut voir le mont Blanc. C’est le seul point do cette route d’où l’œil du touriste peut contempler ce géant des monts d'Europe. Et, après avoir côtoyé cette rivière pendant quelque temps , on aperçoit devant soi un grand rocher noir qui semble fermer la route. On se détourne un peu à droite, et l’on entre dans la vallée de la Maurienne. K gauche est la vallée de la Tarentaise , par laquelle on va aussi en Italie , en passant le Petit-Saint-Bernard. Rien de si sauvage , de si ennuyeux que la vallée de la Maurienne ; on côtoie pendant vingt lieues , et

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jusqu’au pied du montCénis, J’Arque ou l’Arche, petite rivière dont le cours est très-tumultueux , et l’on marche sans cesse entre deux lignes de rochers arides, escarpés et souvent très-rapprochés.

Les principaux bourgs ou villages qu’on traverse sont d’abord Aiguebelle et la Chambre •

Aiguebelle ( hôtel : la Poste) a d’assez belles maisons et une église considérable où l’on voit le mausolée en bronze de l’évcque qui en fut le fondateur. A 500 pas de cette église, et sur un coteau qui domine l’ Arque, on aperçoit les ruines d’une autre église et de plusieurs maisons qui furent détruites et ensevelies, le 20 juin 1700, par un éboulement subit de neiges , de terres et de rochers , qui se détachèrent de la partie supérieure de la montagne. Aiguebelle, sous le rapport de sa situation, peut ctre considéré comme la clef de la Maurienne. En elfet, depuis ce lieu la vallée se resserre, les montagnes s’élèvent, leurs sommets sont déjà couverts de neiges, et tout annonce que l’on approche de la chaîne centrale : c’est vraisemblablement entre ce lieu et Saint-Jean-de-Maurienne que les Allobroges livrèrent à Annibal le premier combat, dans lequel le général carthaginois perdit une partie de son arrière-garde. Ce même lieu est encore fameux par l’action très-vive que le duc don Philippe de Parme , à la tête des Français et des Espagnols , y engagea contre les troupes du roi de Sardaigne. Pop. 1,500 hab.

D’ Aiguebelle , si vous portez vos regards vers Chambéry , cette cité semble être placée à vos pieds , et la route, partant des Echelles , est parfaitement distincte, ainsi que la cascade de Coux , dont les eaux argentées apparaissent comme un filet blanc au milieu de ce vaste paysage. La vallée qui se trouve entre la Dent de JVivolet et le mont Granier étale aussi ses pentes richement boisées et sa belle culture ; bien peu de vues offrent à l’œil du voyageur d’aussi belles scènes.

La route &' Aiguebelle à la Chambre suit pendant quatre lieues un vallon fort étroit, cultivé autant que la nature du terrain peut le permettre , et arrosé par l’ Arque , qui y forme quelques marais. Là , les montagnes sont couvertes de sapins.

de châtaigniers et de chênes. On voit d’espace en espace , et sur des éminences isolées , des tours ruinées qui servaient autrefois à la défense des passages.

La Chambre est un bourg peu remarquable, bâti sur le bord de l’Arque. Quoique le vallon où il est situé soit fort étroit, les montagnes qui le resserrent étant moins escarpées, laissent quelques échappées de vue qui en rendent les abords assez riants.

2 lieues après vient

Saint-Jean-de-Maurienne (hôtel: de l’Europe), ville qui, quoique la plus considérable de toutes celles qu’on a rencontrées depuis Chambéry, n'a cependant pas au delà de 2,000 h. Elle n’a acquis une espèce de célébrité que parce que Charles le Chauve, roi de France, y mourut empoisonné par un médecin juif, à son retour d’Italie.

Ici , on commence à s’apercevoir qu’on est dans les Hautes- Alpes. Les montées sont beaucoup plus roides; à chaque pas on voit sur sa tête d’énormes rochers qui menacent ruine. Les débris de ces rochers que les torrrents ont déjà détachés des parois de la montagne , utilisés par l’industrie des habitants, forment des enclos pour garantir le peu de terre qui est susceptible de culture. Le printemps peut seul rendre supportable l’aspect de cette lugubre vallée. Les regards du voyageur y sont sans cesse attristés par la rencontre d'individus des deux sexes qui ont des goitres. Cette difformité est devenue presque commune en se perpétuant avec les races: on n’est pas d’accord sur la cause qui la produit ; cependant la plupart l’attribuent à l’extrême crudité de l’eau de neige fondue qui est la boisson ordinaire des paysans , des journaliers et des pauvres.

De Saint-Jean-de-Maurienne à Lans-le- Bourg , qui est au pied du mont Cénis, il y a environ 13 lieues^ 52 kilom.). Après avoir dépassé Saint-Michel , et avant d'arriver à Modane , on n’aperçoit déjà plus de traces de culture. Des rochers escarpés , de profonds abîmes , des torrents qui se précipitent avec fracas , de sombres forêts, sont les seuls objets qui s’offrent aux regards du voyageur.

Saint-Michel (hôtel : du Lion-d’Or) est un joli village traversé par de jolies maisons , et dans un site charmant.

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II semble sortir d’un bouquet de verdure. Pop. 6 à 700 h.

Modane , plus considérable que Saint-Michel y est plus peuplé , mais est triste et sans charme. Hôtels : de la Poste , des Voyageurs.

De Modane à Termignon , l’ancien chemin traversait la forêt de Dramant , et, côtoyant d’affreux abîmes, montait et descendait sans cesse pendant l’espace de cinq heures de marche. On citait plusieurs exemples d’individus qui y ont péri. En suivant la nouvelle route qui longe le cours de l’ Arque et passe par le P^erney , on n’a pas à craindre des accidents de cette espece ; cette route a toute la largeur que comporte la nature des lieux, et les pentes en sont si bien ménagées, qu’on arrive à Ter mignon , et de là à Lans-le- Bourg , sans danger et sans beaucoup de fatigue.

Tehmignon est un bourg bâti sur la rive droite de I’Arque ou Arc, qui a l’air d’un hameau et l’étendue d’une petite ville. Les femmes y sont presque toutes laides. Leur costume ne les embellit pas.

Les montagnes qu’on traverse pendant cette route offrent quelques singularités assez remarquables. Les unes sont absolument arides; déchirées par les torrents qui les sillonnent, elles présentent l’image de la décrépitude. Les autres, couvertes de bois, ont un air plus vivant; mais comme elles sont en général fort escarpées , on n’y voit aucune habitation. Au sommet de ces diverses montagnes sont des grottes qui servent de retraite aux ours. Ce qu'on y observe avec beaucoup de plaisir, c’est l’industrie de l’habitant, qui ne laisse pas un pouce de terre inculte. Au moyen des murs de soutènement qu’il pratique en divers sens, il met en valeur le peu de terre végétale que les eaux n’ont pas emportée.

C’est à Termignon que le sentier partant du col de danoise rejoint notre route.

Lans-le-Bourg. Auberge : l’hôtel Royal , bon , mais cher. Ce village est situé au pied du mont Cénis. Après avoir passé devant une grande caserne, la route traverse l’Arc, puis recommence à gravir la montagne par des zigzags faciles et bien calculés. Pour gagner le sommet , il faut prendre des chevaux d’extra. De Lans-le-Bourg il faut à une voiture,

nOUTE 3. — DE LYON A TURIN.

ponr atteindre la maison do poste du mont Cénis , 3 h. i/i. On peut y arriver en moins de temps, en évitant le zigzag, et en suivant la vieille route, qui débouche près du 20e refuge.

On trouve entre Lans-le-Bourg et Suse vingt-trois maisons de refuge, élevées le long de la route, et occupées par des cantonniers qui doivent prendre soin de la route et assister les voyageurs. Toutes ces maisons sont numérotées , en partant du pied de la montagne du côté du Piémont. Près du n° 22 il tombe quelquefois des avalanches ; on peut passer cet endroit dangereux en trois ou quatre minutes. Le no 20 est appelé la Ramasse ; il y a toujours ici un certain nombre de traîneaux , et lorsque , pendant l’hiver, la neige recouvre les inégalités de la montagne , le voyageur peut en dix minutes descendre jusqu’à Lans-le-Bourg dans un de ces traîneaux , que conduit un paysan qui se place sur le devant.

Cette descente perpendiculaire est d'environ 600 mètres, et, malgré l’extrême rapidité de sa course, elle n’offre aucun danger. Le voyageur doit compter sur l’expérience de son conducteur.

Le 17e refuge se trouve à la barrière de la Savoie : ici, on paye un droit de 6 francs par cheval, taxe qui sert à l’entretien de la route. Bientôt après, le voyageur atteint Je point culminant du passage , 2,700 mètres au-dessus du niveau de la mer; ensuite la route descend dans la plaine du mont Cénis. De Lans-le-Bourg , une personne à pied peut arriver à la poste en 2 heures 20 minutes , et redescendre par la même route en 1 heure Vs à peu près. La route passe près du bord d’un lac considérable qui reste gelé pendant six mois de l’année; il est renommé pour la bonté de ses trustes : la pèche appartient aux moines de l’hospice.

La maison de poste du mont Cénis (monte Cenisio), ainsi que l’ancienne poste, sont deux auberges passables, où le voyageur pourra manger d’excellentes truites du lac , mais qu’il payera fort cher. Cette superbe route, autre monument du génie créateur de Napoléon, fut commencée en 1803, et terminée en 1810, après avoir coûté 7,600,000 fr. ; l’ingénieur Fabbroni fut chargé de ce noble travail. C’est une

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des routes les plus sûres des Alpes, et la plus praticable pendant l’hiver.

A un kilomètre environ au delà de la poste, se trouve Y hospice fondé dans l’origine par Charlemagne , qui, dans le ix* siècle, traversa le mont Cénis avec son armée. L’édifice actuel, bâti par Napoléon, est maintenant occupé, la moitié par un corps de carabiniers piémontais qui examinent les passe-ports , et l’autre moitié par des moines bénédictins, qui exercent gratuitement l’hospitalité envers les pauvres voyageurs. Le couvent contient deux ou trois chambres à coucher très-propres, pour les personnes d’une classe plus élevée.

A l’extrémité de la plaine se trouve l’auberge de la Grande- Croix , où les voyageurs s’arrêtent souvent pour se reposer et se réchauffer. Cet endroit forme un groupe de cabarets occupés par des charretiers et des muletiers. La route, dans l’origine, suivait les côtes de la montagne; mais, comme elle était exposée à de terribles avalanches , on l’abandonna, et on en construisit une nouvelle soutenue par des chaussées élevées, qui descend directement, en serpentant , au milieu de la plaine de S ai ni- Aie o las , et se trouve tout à fait hors de la portée des avalanches, excepté entre le 3e et le 4e refuge , où il en tombe encore quelquefois dans le printemps. La galerie taillée dans la roche, par où l’ancienne route passait , est maintenant abandonnée, et offre un aspect remarquable de confusion; son toit est en partie tombé..

Les limites du Piémont se trouvent au milieu de la petite plaine de Saint-Nicolas. En quittant cette plaine, on aperçoit à gauche une montagne magnifique : c’est la Rochemelon. Sur son sommet est située la chapelle de Notre - Dame-des-Neiges , autrefois très- fréquentée par les pèlerins, mais abandonnée depuis quelque temps à cause du danger et des difficultés qu’offre son ascension. De son sommet la vue s’étend sur une partie des plaines de l’Italie, ce que ne présente aucun point delà route du mont Cénis au-dessus de Molaret. La nouvelle route ne passe plus par Ferrière et Novalèse , mais continue directement vers

Molaret, premier Tillage piémontais, près duquel se trouve une petite auberge. Une nouvelle galerie a été taillée dans la roche entre ce village et

Suse [auberge : la Poste , mauvaise et chère), petite ville de 2,000 habitants, située à la jonction des routes du mont Genèvre et du mont Cénis , est principalement remarquable pour son antiquité, ayant été fondée par une colonie romaine sous le règne d’Auguste. La seule chose digne de remarque est l'arc de triomphe , élevé huit ans environ avant J.-C., en l’honneur d'Auguste : il est situé hors de la ▼ille, dans le jardin du gouverneur. Pop. 2,000 h.

Le passage du mont Cénis est peut-être un des moins intéressants de tous les grands passages des Alpes, quoiqu’un des plus fréquentés ; on y trouve cependant quelques points de vue remarquables : entre autres, lorsque l’on porte , en montant, ses regards en arrière vers Lans-le-Dourg, du côté de la Savoie, et, en descendant, vers le Piémont, la vaste montagne de la Rochemelon , située à l'opposé de la vallée de Novalèse, la vue de la Combe de Suse, ainsi que des plaines du Piémont, présentent un beau panorama. La montée du côté de l’Italie est longue et ennuyeuse; elle demande 5 ou G heures. Les montagnes qui entourent la plaine du mont Cénis offrent des excursions intéressantes, et un jour ou deux peuvent être employés d’une manière trèsagréable. On trouve ici un excellent guide; pour l’avoir, il faut s’adresser à l’hospice du mont Cénis.

En quittant Suse, la route suit d’abord la rive gauche, en suite la rive droite de la Doire, la vallée de ce nom, qui offre un verger continuel dans Ja première lieue. La vue est ensuite attristée par la nudité des plaines de Bussolino , qu’un torrent couvre fréquemment de ses graviers. Le très-petit et très-vilain bourg de ce nom, où l’on passe la Doire , est peuplé de 5 à 600 habitants, et dépourvu de ressources. On y remarque un petit château gothique en ruine. Le pays reprend ensuite sa fraîcheur et sa fertilité : on commence â voir la vigne mariée à l’ormeau , le terrain couvert de blés et de mûriers qui annoncent l’abondance et l’excellente qualité des soies du Piémont. 11 s’améliore à mesure qu’on avance ; les canaux d’arrosage qu’on tire de la Doire l’enrichissent

GUIDE EN ITALIE

et l’embellissent à la fois : nous verrons ces canaux, qui continuent jusque dans la jolie plaine de Turin, l’arroser et la féconder de même.

Saint-George, hameau de 4 à 500 habitants, où l’on voit un reste de château gothique, comme à Bussolino. Saint- Antonin est un bourg de 6 à 700 habitants, qui renferme une auberge passable.

A peu de distance au delà, on trouve le village de Vayez , connu par ses carrières de granit, que signalent aux yeux du voyageur les nombreuses colonnes qu’il voit éparses au bord de la route.

Le bourg de Saint- Ambroise , qu’on traverse peu de temps après, renferme 7 ou 800 habitants : on y trouve une auberge passable. On remarque la nouvelle église, de ligure octogone d’un bon goût, bâtie sur le dessin d’un simple maçon. Saint-Ambroise est dominé par un ancien couvent de bénédictins, qui s’élève de la manière la plus pittoresque sur la montagne haute et pyramidale de Saint-Michel , dont il semble former le sommet.

Avigliano est un lieu plus considérable que les précédents. Il renferme 1,200 habitants , une boîte aux lettres, une auberge et beaucoup de filatures de soie.

A un quart de lieue sur la droite , sont deux lacs très-poissonneux qui se dégorgent l’un dans l’autre. C’est une trèscourte et très-agréable excursion qu’on peut faire dans sa voiture. Après ce bourg, la vallée s’élargit tellement, qu’on est tenté de se croire déjà dans les plaines du Piémont, qui cependant ne commencent réellement qu’à Rivoli. La montagne qui la borde , en s’abaissant et s’éloignant sans cesse de l’autre côté de la Doire, finit par une haute et noire cime d’une forme presque conique, d’une nudité complète et d’un aspect extraordinaire.

A une lieue et demie (6 kii.)S.-S.-0. d’Avigliano, le bourg de Giaveno est remarquable parde nombreux établissements de forges.

Rivoli, Rigulœ, la seconde ville qu’on trouve entre le mont Cénis et Turin. Elle a 5,300 habitants, et un château roval situé sur une éminence d’où il commande la *

ville et la plaine. L’édifice en est très-vaste, quoiqu’il ne

ROUTE 4, — DE PARIS A TURIN PAR NICE. lOi

soit pas achevé. Il a servi de retraite, ou , pour mieux dire , de prison à Victor- Amédée II.

C'est près de cette ville que se donna la bataille de Rivoli, célèbre dans les fastes militairés de la France.

Une allée large et parfaitement alignée, faisant face au beau dôme de la Super ga , qui s’élève majestueusement sur la colline de Turin, est la route qui conduit à cette ville , au milieu d’une plaine riche et fertile arrosée par un grand nombre de canaux creusés exprès pour y répandre les eaux de la Doire. C’est là que commence la riche plaine de la Lombardie, qui s’étend jusqu’à Venise, et qui peut passer pour une des plus belles du mondel

La pyramide qui s’élève à gauche de la route, près de l’entrée de Turin , indique une des deux extrémités de la base d’un triangle par lequel le P. Beccaria détermina le méridien de Turin. L’autre extrémité de la même base est marquée par une pyramide semblable, qui échappe à l'attention du voyageur.

Turin, [Voyez route 4. )

DE PARIS a TURIN , PAR NICE 39 myr. 3 kil. et 20 postes */*•

ï)e Paris à Lyon (t>. route lTe) ,

De Lyon à St-Fons ,

St-Symphorien , Vienne (Isère) , Auberive ,

47 m. 6 k. Derbières,

0 8 Montélimarl,

0 8 Dônzère,

1 3 La Palud ,

1 3 Mornas ,

, 0 6 Orange,

9 Sorgues ,

2 Avignon ,

4 Saint-Andiol , 8 Orgon ,

I 1 Pont-Royal ,

Loriol,

Peaçe de Roussillon, O

Valence (Drôme) , La Paillasse ,

GUIDE EN ITALIE

St-Oannat , 1 5

Aix (Bouch.-du-Rh.), 1 6

Chàteauneuf-le- Rouge , 1 2

La Grandc-Pugère , 1 1

Tourves, 2 2

BrignoJes , 1 2

Le Luc , 2 3

Vidauban , 1 i

LeMuy, 1 3

Fréjus, 1 5

L’Estérel , 1 4

Cannes, 1 9

Antibes, 1 2

Nice (poste étr.) , ou 3 postes étr.

Scarena ,

SospeJIo ,

Giandola ,

Tenda ,

Limon e , Robilante,

Cuneo ,

Sentallo , Savigliano, Racconiggi , Carignan ,

Turin ,

MOYENS DE LOCOMOTION

Voyez 1re route de Paris à Lyon.

De Lyon, diligence jusqu'à Nice, ou bien de Lyon, bateaux à vapeur pour Marseille, et de Marseille à Nice, également par la vapeur ; ensuite de Nice, voiture pour Turin.

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