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VISITE AUX COLLECTIONS SCIENTIFIQUES DE TURIN

L’Université possède les chaires suivantes : quatre de théologie, huit de jurisprudence, six de philosophie, cinq de mathématiques, deux de chimie, cinq de littérature, deux de sciences naturelles, deux d’architecture; cinq collèges des facultés de théologie, de jurisprudence, de médecine, de chirurgie, de mathématiques, philosophie, littérature; un collège de pharmacie, une bibliothèque créée par Emmanuel-Philibert, et une école d’anatomie fondée par Victor-Amédée II, laquelle étant devenue trop petite, vu le nombre toujours croissant des élèves, a été réédiliéepar le roi Charles -Albert, au même endroit., sur une plus grande échelle et beaucoup plus belle; elle est contiguë au grand hôpital. 11 y a aussi un cabinet anatomique et pathologique , des laboratoires et un amphithéâtre de chimie dans l’édifice de l’Académie royale Albertine; un jardin botanique fondé par Victor Amédée II, annexé au château royal de Valentin , et agrandi par Charles-Albert; un cabinet de physique ; un observatoire astronomique , élevé sur l’une des quatre grosses tours du château royal; un édifice hydraulique , construit par Charles -Emmanuel 111; un cabinet de zoologie , fondé par le même; un cabinet de minéralogie , l’un des plus estimés de l’Europe; un cabinet d’ antiquités , le musée Egyptien , fondé par le roi Charles-Félix en 1823, etc. Les collections d’histoire naturelle sont contenues dans une longue galerie, deux grandes salles et plusieurs autres plus petites ; les animaux y sont classés par ordre. Les vertébrés, les mollusques céphalopodes, les zoophytcs occupent de grandes tablettes; les coquilles vivantes et fossiles sont dans de grandes montres ; les crustacés , les insectes remplissent un très-grand nombre de tableaux, quelques-uns suspendus, les autres droits sur les montres. Les mammi-

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fères se distinguent, soit par la rareté, soit par la beauté des exemplaires : le siamang ( pitecus svndactilus) , le wouwou (hylobates agilis), Pouaderou ou macacus silenus, le vampire (vampirus sanguisuga), la rossette (pteropus edulis), le galeopiteco ( gaîeopitechus variegatus) , la mygale pyrenaica, l’ours maritime, le dasiure de Maugé, le tylacinus harrîsli, Pacrobata pygmaea, le kangouru (macropus labiatus), le wombat (phascolomys wombat), le hvdrochareiis capibara, Porycterus maritimus, Pacheus aï au coller noir, Porycteropus capensis, le tamanoir (mirmecophaga jubata), le pangolin (manis macroura), le phatagin (manis africana), Péchidna, Pornitorinco, le tapire américain , Phippopotame, la girafe , le zèbre , un hibride de zèbre et d’àne , le quagga , le bison avec son squelette, le mosco de Java, le tragelafe, le bouquetin , etc.

Les oiseaux exotiques sont plus complets et plus variés. On y voit : le cariame , le condor, le sarcoramphus papa , le nouveau falcon d'Éléonore , le buceros galeatus , Parapunga carunculata, la phytotoma rara, le zampilops anhelus, le licht (agrilorhinus sittaceus, Bonap.), le lira, le promerops superbus, le philedon cincinnatus, la colombe couronnée, le tragopan (phasianus satyrus, Temrn. ), l’argus, lenandu, l’émeu , le jabira du Sénégal ( mycteria senegalensis , Lath) , le marabout, le cygne noir, l’alca impennis , l’aptenodites patagonica , etc.

Ensuite viennent les oiseaux indigènes , représentés par de nombreux couples de mâles et femelles de tout âge et bien choisis.

La classe des reptiles est la moins riche ; on y trouve de très-belles tortues : la chelonia imbricata , la mata mata (chelys fimbriatus), la trionix ferox, un crocodile long de 3 2/3 mètres, plusieurs caïmans, un très-gros souroucou (lachesis rhombeata) , les deux crotales , la céraste , la sirène intermédiaire , etc., etc.

La classe des poissons contient plusieurs espèces trèsrares et bien conservées : la cephaloptera giornae , le traehypterus cristatus, le lophotes cepedianus, le bogmarus islandicus, Palepocephalus rostratus, Pastrodernus elegans, etc., etc.

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Les collections des vertébrés , et spécialement des testacés , sont très-nombreuses.

La collection conchyliologique se compose des espèces vivantes et des espèces fossiles qui se trouvent dans les terrains tertiaires de l’Italie , et surtout en Piémont. Parmi les espèces vivantes on remarque une valva d’Avicula margaritifère, dans laquelle brille une perle merveilleuse , tant par sa grosseur que par sa beauté et par sa forme; don de S. M. le roi Charles-Albert.

Au nombre de tous ces fossiles se trouvent les coquilles de Brocchi , et plusieurs centaines provenant des environs d’Asti et des collines de Turin , qui n’étaient pas connues de ce naturaliste. La collection entomologique présente la famille des brachélytres et celle des ichneumons , mises en ordre par le P. Gravenborst. Le D. Erichson de Berlin offrit dernièrement une nombreuse série de brachélytres. Le P. Géné recueillit les insectes de la Sardaigne , qui s’élèvent à six mille.

Le muséum zoologique possède une précieuse collection de squelettes , entre lesquels se distinguent ceux des animaux suivants : bison, girafe, tapire américain, capibara, ai, kangouro, autruche, casoar.

Enfin l’on doit faire mention du squelette fossile d’un cétacé intermédiaire, décrit par le D. Bruno. [V. vol. i, série h des Mémoires de l’Académie royale.)

Cette belle collection vient encore de s’enrichir des sujets recuellis en Amérique lors du voyage du prince de Carignan, par les soins de M. Caffet , qui accompagnait le prince , et dont le roi a fait don au cabinet.

Cabinet de minéralogie.

C’est au professeur Borson qu’est due la formation de ce cabinet, qu’on peut mettre au rang des plus riches de l'Europe. La partie géologique fut fondée par le professeur Sismonda. Outre les échantillons des divers terrains du Piémont , on y trouve des échantillons envoyés d’Angleterre et par le Jardin des Plantes de Paris, contenant les roches prin-

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cipales du terrain argileux jusqu’au terrain d’alluvion des alentours de cette capitale. On y remarque aussi des minéraux fort rares provenant des monts Ourals. i Cette collection est renfermée dans deux grandes salles u disposées d’après la classification de Brongniart.

Cabinet d'antiquités.

1 Depuis un demi-siècle il existe un cabinet d’antiquités I égyptiennes, grecques , étrusques et romaines.

De toutes les collections que renferme ce précieux musée, 1 celle des monnaies occupe la première place. 11 y en a de très-rares; on en compte en tout environ quinze mille. Les plus remaquables sont : les monnaies d’Égypte , une d’Athènes en or, beaucoup des rois de Syrie en argent , plusieurs arsacides et sassanides en argent ; quelques darides de Perse en or et argent ; deslagides, quelques-unes en or, beaucoup en argent , deux cents environ en cuivre ; des empereurs romains en argent , en cuivre , et autres métaux.

On remarque dans la collection des statues , bustes et têtes en marbre, Cupidon dormant sur une peau de lion; une tète d’Àntinoüs couronnée de pampres, une tête de cyciope.

On admire aussi la mosaïque qui fut découverte à Stampace, en Sardaigne, en 1766. Elle est divisée en plusieurs parties, lesquelles, étant réunies, représentaient Orphée jouant de la lyre , environné de divers animaux.

Parmi les petites statues en bronze, étrusques, grecques, romaines, sardes, on remarque principalement une Pallas, découverte en 1828 au confluent des torrents Fer sa et Stradella; un faune mutilé, découvert dans le siècle dernier; une patère d’argent, un trépied de bronze, une table de même métal , avec inscription ; deux fragments d’nne autre table aussi en bronze , avec inscription romaine ; une patère très-ancienne représentant eu relief une bataille d’Hercule et Thésée avec les Amazones ; elle fut trouvée par un pêcheur dans le lit du Pô. Des vases de bronze et d’argent au nombre de plus de soixante. Un diplôme de l’empereur Adrien ; une tête de Méduse creuse à l’intérieur et qui a du

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servir à brûler des parfums; une foudre dorée ; une aigle romaine découverte à Antius, et plus de soixante petits animaux de diverses espèces; environ 350 instruments, ustensiles, ornements, etc.

La fameuse Table isiaca , qui ornait ce cabinet , a été transportée au muséum égyptien.

Les vases d’argile appartiennent surtout au genre étrusque; beaucoup ont été découverts dans les ruines de Pollenzo et dans d’autres lieux du Piémont. Plusieurs objets d'art moderne ont été ajoutés à ces monuments anciens , dont les plus curieux sont : deux beaux groupes en ivoire représentant le Jugement de Salomon et le Sacrifice d’Abraharn.

Musée égyptien .

Cette collection est sans contredit dans son genre la plus belle qui existe au monde. 11 est triste de penser qu’après avoir été formée en Egypte par le consul de France Drovetti pour orner le Louvre , le gouvernement français , par un déplorable motif d’économie, refusa d’en faire l’acquisitiou. C’est à la munificence du roi Charles-Félix, en 1823, que Turin doit cette précieuse collection. Les objets les plus remarquables de ce riche musée sont : la statue colossale du roi Osymandias , celles de Toutmosis Ier et de 7'oulmosis II,d’u4ménophis II, connu sous lenomde Memnon , et de Iihamsès IV ou du grand Sésostris , regardée comme la plus grande des statues égyptiennes que l’on connaisse.. Toutes ces statues des anciens Pharaons sont d’un seul morceau, en granit sans taches, en granit rouge, en basalte vert ou noir. On y voit aussi une riche suite de stèles ou tableaux peints et sculptés sur pierre, au nombre d’environ 200, dont les couleurs ont conservé toute leur fraîcheur; une longue série de statues de grandeurs différentes, représentant des dieux, des déesses, des animaux sacrés, des emblèmes mythologiques et divers personnages d’âge et de sexe différents ; de nombreux ustensiles destinés aux usages de la vie; des instruments d’agriculture et des armes; une immense quantité de momies et de manuscrits sur papyrus ,

entièrement conservés, dont le nombre peut s’élever à 200; une grande quantité de fragments d’autres manuscrits : parmi ces derniers se trouvent les fragments d’un tableau chronologique de plus de cent rois, antérieurs à la 18e dynastie, indiquant la durée de leur règne. Toutes ces richesses du berceau du monde , et que nous ne faisons qu’énumérer, furent pour Champollion l’objet de savantes et précieuses recherches.

Bibliothèque.

La bibliothèque publique est une des collections les plus remarquables que l’on connaisse en Europe.

Les manuscrits hébreux sont au nombre de cent soixantedix : plusieurs sont inédits et n’ont pas été indiqués par les savants compilateurs des bibliothèques hébraïques, Buxtoriï, Bartolozzi et Wolf (1).

On y compte trois cent soixante-dix manuscrits d’ouvrages grecs ; il y a peu d’ouvrages des grands écrivains classiques. Ils sont pour la plupart relatifs à la théologie. Ceux sur la médecine, l’histoire naturelle, les mathématiques, les traités de chimie, principalement de l’art royal et de philosophie, sont assez nombreux. Quelques manuscrits traitent delà rhétorique, de l’histoire, et surtout de la diplomatique, qui en est une des bases principales. Quelques autres manuscrits sont curieux pour la connaissance des anciens caractères , ou pour leurs ornements.

Tels sont : le Commentaire de TiiéOdoret sur les douze petits Prophètes . Les caractères majuscules sont très-beaux , et les signes dont ils sont accompagnés pour indiquer les esprits et la ponctuation sont remarquables. PaSini, 1. 1, p. 74. Des Commentaires sur les Evangiles, lis sont accompagnés des figures des quatre évangélistes , assis devant leur table , qui est garnie de tous les instruments dont les copistes faisaient usage. Ces peintures sont fidèlement re-

0) MIM.1N. Depuis que cet écrivain a publié son ouvrage, le

nombre des manuscrits s’est augmenté.

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présentées en bois dans le Catalogue de Pasini , I, 92. On trouve aussi dans ce manuscrit les figures et implication des signes dont les copistes se sont servis. — La Vie de Théodore Teron , écrite en lettres d’or , et ornée de son portrait , image assez belle pour le temps où elle a été faite. Pasini, I, 235 , a donné un exemple des caractères et des ornements de ce manuscrit.

On compte douze cents manuscrits latins. Un très-grand nombre appartiennent à la théologie. On y distingue plusieurs Bibles avec ou sans commentaires. On y remarque une très-belle Bible richement accompagnée de miniatures. Elle a été prise, dans le sac de Rome, par le connétable de Bourbon, et donnée au duc Emmanuel-Philibert par un Italien appelé Jacques Goria, entre les mains de qui elle avait passé. — Un manuscrit du xne siècle , contenant V Ancien Testament , et une Exposition de V Apocalypse, accompagnée d'un très-grand nombre de figures grossièrement peintes. Pasini , II , 29 , a donné la gravure en bois d'une carte géographique qui en fait partie, pour montrer combien la géographie était alors dans l’enfance. — Un Commentaire de Béda sur V évangile de saint Luc , du même temps. Une belle vignette représente saint Luc écrivant) prés de lui est le hœufy et autour sont saint Evincent qui tient aussi un évangile , l’abbé Tf^arpert et un de ses moines . V. Pasini, II, 60. On y voit le manuscrit de l'Imitation de Jésus-Christ , connu sous le nom du manuscrit d’Arona , qui a été l’objet de tant de controverses , et un superbe livre de prières. Ce précieux manuscrit de 91 pages, fol. vélin , est orné de charmantes miniatures. A chaque mois est un petit tableau qui représente les travaux d'agriculture dont on s'occupe à cette époque de l'année. II y a ensuite 26 tableaux.

Le premier fait voir Dieu le père tenant le globe du monde. Il est sous un pavillon royal d’étoffe bleue , posé sur un soleil dans le firmament. Aux côtés sont deux anges , dont l’un tient une épée et l’autre un lis , et autour sont d’autres anges. Le tableau inférieur, un chœur d'anges qui chantent les louanges du Très-Haut en s'accompagnant de différents instruments. 11 y a dans la lettre initiale, qui est le D du mot

Deusy un homme agenouillé qui prie : c’est sans doute celui pour qui ce beau livre a été fait.

Les miniatures suivantes représentent différentes scènes de la Passion ; au bas sont les martyrs, des saints , des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

A la page 35 , on voit la mort de Jésus-Christ. La Madeleine est ligurée par derrière , embrassant la croix ; ses beaux cheveux sont épars , et elle reçoit dans sa bouche le sang qui sort des pieds du Sauveur du monde.

Page 39, est une représentation de la Trinité. Dieu le père est assis sur un beau trône dans une église. Il tient son sceptre ; le Fils porte sa croix; ils se tiennent par la main , et i’Esprit-Saint est entre eux deux sous la forme d’une colombe.

Page 43. Le Fils de Dieu tient le livre de la Loi d’une main , et de l’autre montre le ciel avec le doigt. Il est sous la porte d’une église à laquelle on monte par trois degrés sur lesquels on lit : Caritas , Spes , Fides.

Page 71. On voit un homme à cheval dans un bois où il y a des voleurs , et devant lui on lit sur une légende : Eripe mey etc. Il adresse cette prière à Dieu , qui est dans un arcen-ciel , tient d’une main le globe du monde , et a l’autre étendue. Plus bas, dans le petit tableau inférieur, est un ange qui conduit par la main deux voyageurs ; il porte un petit couteau brodé en blanc sur un manteau brun : ce qui a l’air d’un ordre de chevalerie. L’ange leur montre une croix qui porte deux autres petites croix, et au milieu de laquelle il y a une main fixée , comme pour indiquer la route. Plus loin, dans l'éloignement, on aperçoit un château, une ville ou un village. Au centre du D du mot Deus , il y a un homme dont les pieds sont retenus dans des entraves, et qui paraît dire, en croisant ses bras sur sa poitrine, ces mots qu’on lit devant lui sur une légende : Miserere mei , Deus .

Page 72. Il y a une figure très-curieuse représentant saint Thomas d’Aquin , entouré d’une auréole , occupé à écrire. L’artiste a figuré le miracle du Christ que Thomas voit devant lui, et qui se penche pour lui adresser ces mots écrits sur une légende : Te Thomay quia bene scripsisti de me.

Sa bibliothèque, son bureau, son pupitre, ses meubles, sont arrangés d’une manière particulière. Ces instruments sont bien plus nombreux que ceux qu’on remarque autour des copistes dans les autres vignettes de ce genre. L’écritoire ressemble beaucoup à celle qui est conservée dans la bibliothèque du roi de France, et qu’on attribue à saint Denis. Montfaucon , Palœogr. 23. On reconnaît ici très-bien tous les ustensiles du calligraphe; il y a de plus une espèce de calendrier.

Page 76. Louis IX en oraison dans son pavillon royal. Il n’a pour meuble qu’un oratoire, près duquel est placé le colfre qui est censé renfermer tous les bagages du saint monarque. Derrière le roi sont ses écuyers agenouillés et priant aussi. L’armée des croisés est rangée en ordre de bataille. Devant la tente, on distingue les bannières de France et d’Angleterre. J’y ai distingué celles de la maison de Dreux. Plus loin , derrière les montagnes , s’avance l’armée de Saladin.

Page 79. On voit un autre saint que rien ne me paraît caractériser. Un valet emporte ses livres déjà écrits ; un autre arrange sa chandelle. Près de lui est un bahut rempli de manuscrits ; et sur un banc il y a un chapeau de cardinal, ce qui peut faire présumer que ce personnage est saint Jérôme. Le saint a près de lui ses ciseaux et sa règle ; il est occupé à tailler sa plume avec un canif. Près de la règle est un astrolabe. La boîte destinée «à placer tous ces ustensiles est d’argent; auprès est une lanterne dont l’ouverture est à coulisse. On voit en haut un oiseau dans une cage qui a la forme de celles d’aujourd'hui. 11 y a sur la table une charte au bas de laquelle pend un sceau de cire rouge.

Un Traité du Jeûne , composé par frère Stefano delle JYotley des copies d’auteurs classiques, et des traductions accompagnées de commentaires ou ornées de belles vignettes, plusieurs poésies du moyen-âge, et un grand nombre de pièces historiques. Il y a à peu près deux cent vingt manuscrits italiens, et environ cent vingt en langue française.

Académie royale militaire . — Elle fut fondée dans le xvii* siècle, pendant la minorité de Victor-Amcdée 11 , et

terminée sous la duchesse de Nemours. Ce bel édifice, avec une cour spacieuse ornée de portiques et de galeries soutenues par des colonnes de pierre , fut érigé sur les dessins du comte de CastelJamonte. Le manège, élevé sur les plans d’Alfieri , forme une espèce de théâtre d’un carré long , orné de galeries dans l’intérieur pour placer les spectateurs. — Les nouvelles écuries royales tiennent à cet édifice , qui renferme tout ce qui peut servir aux exercices militaires.

V Académie des beaux-arts , qu’il est facile de voir tous les jours de la semaine, en donnant quelque chose au concierge ou custode. Ce musée renferme de beaux tableaux; une salle presque entière est consacrée à FAlbane. On admire un tableau original de Raphaël, un Albert Durer, des Van-Dick, un beau Luini, un Carlo Dolci, beaucoup de belles pages de l’école hollandaise, Miéris, Metzis, etc., et peutêtre ce que l’AIbane a composé de plus parfait.

Notre excursion aux quatre cabinets et aux principaux établissements scientifiques et artistiques de Turin étant terminée, d’autres établissements non moins intéressants, mais sous d’autres rapports , réclament aussi notre visite.

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