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ORDO . DEC . PRO . POPVLO VOTVM . SOLVENS . QVOD . VOVIT AN . M . DCCC . XXXV
Saint- Philippe de IVéry , la plus grande de toutes les églises de cette ville, est un édifice aussi élégant que majestueux ; il avait été commencé sur les plans du père Guarini, mais, en 1715, la voûte en tombant renversa la moitié de l’édifice. L’église actuelle a été reconstruite sur les plans de Juvara, architecte espagnol; elle est beaucoup plus belle que dans l'origine ; son fronton, qui était longtemps resté inachevé, est presque terminé aujourd’hui; il est orné de colonnes cannelées. Son maître-autel est orné de six colonnes torses, d’un beau marbre, entourées de guirlandes de pampre en bronze doré. — Deux colonnes et deux statues en marbre forment l’ornement de chaque chapelle : dans l’une, le tableau de saint Philippe de Néry est d’un excellent peintre. — Celui du maître-autel, représentant l’Assomption, ne lui est pas inférieur. La table par-devant l’autel étant couverte de pierres précieuses, de nacre, d’ivoire, offre par leur assemblage habilement combiné des tableaux, des bas-reliefs ; des fleurs et des fruits y sont figurés d’une manière surprenante.
V église de Saint-Laurent , précédée d’un péristyle où se trouve une chapelle somptueusement ornée, a la forme octogone , avec trois chapelles à droite, et trois à gauch'e. La décoration de chacune se compose d’un tableau assez commun entre deux colonnes de marbre, et d’une statue en marbre de chaque côté de l’autel. Il y en a une dans laquelle un groupe en marbre, représentant Y Annonciation , doit fixer l’attention. Le dôme sous lequel est placé le maîtreautel se compose de deux coupoles rondes établies l’une audessus de l’autre, chacune ayant huit croisées; dans le bas de ce dôme les quatre Évangélistes sont peints en fresques belles de dessin et de coloris.
Cet édifice est dû au talent de Guarini.
Corpus Domini . — Elle fut fondée par la ville en commémoration du fameux miracle du Très-Saint-Sacrement, arrivé le 6 juin 1453.
Cette église fut bAtie en 1607, par Vitozzi. Elle est remar-
quable par la riche profusion de ses décorations Intérieures , ouvrage d’Alüéri. Les colonnes du maître-autel sont torses et d’un marbre jaune fort rare.
Saint-Esprit . — Jointe à l’église du Corpus Domini , que l’on prétend fondée sur un temple de Diane ; mais cette supposition est peu vraisemblable. Ce fut dans cette église qu’en 1728 J. -J. Rousseau abjura le calvinisme.
Basilique de V ordre équestre des saints Maurice et Lazare.— Elle est l’ouvrage de Lanfranchi, et date du dix-septième siècle. Sa belle façade d’ordre corinthien est un des plus beaux ouvrages du chevalier Mosca.
Saint-Thomas . — Est une des plus anciennes paroisses de la capitale : elle n’a rien de bien remarquable , excepté deux tableaux du Moncalvo.
Sainte-Thérèse. — La façade de cette église est due â la munificence du cardinal Rovere , qui la fit ériger en 17G4 sur les dessins d’Aliberti. L’intérieur offre une nef, deux chapelles de 'chaque côté et deux près du chœur. Celle qui est adroite, dédiée à sainte Thérèse, contient deux tableaux qui ont du prix : dans celle de gauche , une petite coupole est soutenue par six colonnes en marbre de différentes couleurs; au-dessous, St Joseph tenant l’enfant Jésus dans ses bras: groupe curieux en albâtre. L’église fut bâtie en 1636 par Victor-Amédée Kr, et elle se distingue par ses décorations de stuc et de marbre.
La Très-Sainte- Trinité. — Magnifique église de forme ronde, bâtie par Vittozzi, et embellie par Juvara. Elle appartient à la confrérie des pénitents rouges, sous l’invocation de la très-sainte Trinité.
Daniel Seyter, premier peintre de la cour de Victor-Amédée II et de Charles-Emmanuel III, est enterré dans cette église.
Sainte-Marie des Carmes . — Son architecture est belle,
mais les lois de la proportion n’y sont point observées. Elle manque de façade.
Dans Tintérieur on voit une petite coupole soutenue par six colonnes de marbre de différentes couleurs, sous laquelle est une très-belle statue d’albâtre de St Joseph; les jours y
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sont si bien ménagés , que lors meme qu’il fait sombre la voûte paraît éclairée par le soleil.
Saints Solutor et compagnons martyrs , communément dite des Jésuites . — 11 n’y a pas à Turin d’église plus riche en marbres et en bronzes dorés. Elle fut bâtie sur les dessins de Pellegrini, en 1577 , pour les jésuites , qui en ont repris possession dans ces derniers temps.
Saint- François de Paule. — Fut fondée par la duchesse Christine sur les dessins de Pellegrini. Elle est fort belle : on y voit le buste du sculpteur Oarnoli.
Sainte - Croix. — Temple des dames chanoisesses. L'église est construite sur les magnifiques dessins de Juvara. Elle est de forme ovale, avec des colonnes en marbre et un dôme très-élevé.
Sainte-Marie de Place. — Est une des églises les plus anciennes de Turin. Elle existait même au temps de Charlemagne. Elle fut restaurée en 1751 par le théologien Pico, sur les dessins d’Antoine Bernard Vittone.
Saint- Charles.— Bâtie en 1619 par Charles-Emmanuel Ier, sur les dessins du baron Valperga. Cette église orne la place St-Charles et mérite aussi l’attention du voyageur. Sur la même place, du côté opposé à la rue Neuve, se trouve
S ai rite- Christine , église construite sur les dessins de Juvara; sa façade est remarquable et s’harmonise parfaitement avec l’architecture des édifices qui entourent cette belle place.
Il reste encore plusieurs églises que nous conseillons au touriste de visiter :
La Très-Sainte- Annonciation . — Sa façade, d’une belle simplicité , est de Marliny ; mais elle est en partie masquée par la terrasse qu’on a bâtie pour unir les portiques de la rue du Pô.
Saint-Dominique. — Cette église fut fondée en 1214 par saint Dominique de Gusman. Elle renferme les tombeaux de l’historien Pigone, du prince de Melfi et de Pierre de Rutila , ainsi que le Rosaire de Guercino.
Saint- Augustin. — On ne voit rien de remarquable dans cette église , si ce n’est le tombeau du célèbre Cassicn
del Pozzo , président du sénat sous Emmanuel- Philibert.
Saint- Dalmace. — Cette église n’a de remarquable que le tableau du Savillianais Molineri , surnommé le Guercino , représentant la Déposition de Jésus- Christ dans le tombeau.
Saint-François . — Fondée par saint François d’Assise en 1215. La façade est l’ouvrage de. Viitone.
Saint-Joseph . — Petite église où il y a un collège de prctres appelés Ministres des malades .
Notre- Dame-des- Anges. — Charles-Emmanuel b* en fut le fondateur en 1622.
Saint- Roch. — L’architecture de l’intérieur du temple est de Lanfranchi ; celle de la façade est de l’architecte Beria. Elle est remarquable par sa forme octogone, et elle est soutenue par huit colonnes de marbre.
Sainte- Claire. — Eglise jointe au couvent des Visitandines de l’institut de saint François de Sales.
Sainte-Marie- Madeleine. — Appartient et est annexée au couvent des Capucines.
Sainte-Pélagie. — Son architecture est du comte Bobilant. La maison y attenante est consacrée à l’instruction morale et religieuse des enfants.
Saint-Procès et Saint- Mar linien. — Cette église fut bâtie en 1678 par le comte Amédée de Castellamonte , et rétablie par l'architecte Bonvicini.
La Croiselte. — Eglise paroissiale sur le vieux chemin de Pignerol. Elle est remarquable par une Descente de Croix du Tintoretto.
Mais de tous les monuments religieux que renferme cette belle capitale, il n’en est aucun qui mérite plus l’attention du voyageur que celui appelé
La Mère-Dieu ; c’est au pied d’une verte colline, parsemée de vignes (I) ou jolies maisons de campagne , que s’élève ce beau temple. Il a été construit sur les plans du chevalier JBonsignori, architecte, et aux frais de i’adminis-
(i) Nom qu'on donne à Turin aux châteaux et maisons de plaisance situés dans les environs ; ainsi, au lieu de dire le château de la Reine, en dit la vigne de la Reine.
tratlon municipale , pour perpétuer le souvenir du retour de la maison de Savoie dans ses États. Ce temple est d’un style ancien ; c’est une jolie imitation en miniature du Panthéon de Rome. — Ce noble monument est, comme nous l’avons déjà dit, sur le prolongement de la place Victor-Emmanuel, à l’extrémité du pont du Pô.
Il y a une remarque à faire, c’est qu’on ne trouve, dans presque aucune des églises de Turin, des chefs-d’œuvre de peinture comme on en rencontre dans les grandes cités d’Italie. Toutefois on y voit des productions de Guidobono, Savonne , Alberl-Diirer , Garavaglia , Gucrcino , Proc cacini , Morazzone , Trevisan , Vanloo , Maratli, Seyter, et du Tintoretlo .
Palais. — Le palais du Roi n’a rien de surprenant au dehors : c’est un grand édifice qui forme la face septentrionale de la grande place appelée Piazza Castello% et qui ne répond pas à la beauté de la ville; mais les appartements en sont vastes, commodes, richement décorés, et de bon goût. Il est disposé de manière qu’il a la vue sur les quatre principales portes de la ville.
Cette royale demeure fut élevée par le duc Charles-Emmanuel II, sur les plans du comte Amédée de Castellamonte. La statue située en face du grand escalier représente Victor-Amédée Ie»*, père de Charles-Emmanuel. En pénétrant dans les appartements, on y remarque de beaux paysages de Bagetti , de riches collections de vases chinois et du Japon, des peintures représentant les batailles où figurent les princes de la maison royale, dues au pinceau d ’Azcglio et autres artistes piémontais. Dans les cabinets de la reine , on admire les travaux de sculpture et de marqueterie de Pitfetti.
La bibliothèque du roi est riche de 30,000 vol. imprimés : les manuscrits sont au nombre d’environ 1,800. Il y a aussi dans cette bibliothèque plusieurs lettres du duc Emmanuel- Philibert, du prince Eugène de Savoie, de Redi , quelques autographes de Napoléon et de plusieurs de ses généraux ; 2,000 dessins anciens, parmi lesquels 20 de Léonard de Vinci, plusieurs de Raphaël, du Corrcge, de Titien; une collection de IGG insectes de la Chine dessinés et peints en
miniature sur papier sérique; une collection de 80 miniatures chinoises, d’oiseaux , de iïeurs , etc , etc.
Le palais des ducs de Savoie , qui est réuni à celui du roi au moyen d‘une galerie, se fait admirer par une façade dans le goût du péristyle du Louvre. Les autres façades attendent encore la main de l’architecte. Le jardin contigu au palais du roi est trop petit; mais Le Nostre, en le dessinant, en fit disparaître les irrégularités , et l’illusion qui résulte des perspectives savamment combinées lui prête une étendue qu’il n’a pas en effet. Après les deux palais dont nous venons de parler, le plus important est le
Palais-Madame ou Château. La fondation de ce noble édifice date du commencement du xme siècle; il fut réparé et agrandi par Amédée VIII , en 141G, et forma dès lors la résidence des ducs de Savoie. Plus tard, il fut habité par Madame royale, duchesse de Savoie-Nemours, d’où il tire son nom de Palais- Madame. — En 1720, Juvara y ajouta la façade , qu’on admire aujourd’hui tant pour la grâce du style que pour les ornements dont elle est embellie; l’escalier qui conduit aux vastes appartements de ce palais est grandiose. Ces appartements ont été consacrés par le roi régnant, Charles-Albert, à l’exposition publique de la galerie royale . des tableaux. On admire dans cette riche collection , disposée par écoles, les ouvrages des plus grands maîtres, tels que Raphaël , Jules Romain , le Titien , Guido Reni , le Guerchinf le Dominiquin , Gaudenzio Ferrari , Gior gionet Benvenuto-Garaffalo , Sasso-Ferrato .
Nous empruntons àM. Emmanuel Polonceau la description complète de ce musée remarquable :
« Je monte par un magnifique escalier à double rampe éclairé par sept grandes croisées cintrées ayant jour sur la place. J’arrive à une pièce spacieuse décorée de quatre statues , de six bustes en marbre , de douze bas-reliefs audessus de la première corniche : dans le haut , des croisées établies au-dessus d’une seconde corniche éclairent cette pièce.
Je visite ensuite les treize salles, voici ce qu’elles contiennent :
La première, les quatre Eléments, très-grands moi-
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ceaux, par V Album* — L'Hermaphrodite, par le même au* teur. — Puis trois petits tableaux , encore de lui.
La deuxième, portrait en pied de Côme de Médicis, duc de Florence, par Brandisono. — Homère qui chante scs vers en s'accompagnant de sa lyre, par Murillo . — La Décollation de saint Paul , par Molineri. — Saint Jean Népomucène qui confesse une reine d'Espagne , par Crespi. — La Vierge seule , tête d’une beauté divine , par Dolci . — La Sainte Famille et Saint François, par Bourdon . — Agar dans le désert , par Ricci . — La Vierge tenant l’enfant Jésus nouveau-né , point de crèche , beaucoup de personnages , par Crespi . — Saint Jérôme , par del Sarto . — Trois Génies figurant la Philosophie , la Géométrie , l’Agriculture , par le Dominiquin . — L’Enfant Prodigue, grande machine qui a six pieds sur quatre; il est à genoux , la tête découverte , son père le soutient et veut le relever; par le Guerchin . — Une Madeleine, par le Titien ; elle met sur sa poitrine une main parfaitement belle , lève les yeux au ciel ; l’autre main tombe bien. — Samson qui défait les Philistins, a la tète levée; il regarde la mâchoire d’âne qu’il tient suspendue à sa main droite, par le Guide. — Le Martyre de saint Barthélemy, par Molineri. — Une Descente de croix , par le Guide. — Saint François qui tient un livre et fait lire un ange, par le Guerchin . — La Vierge, l’Enfant Jésus, Saint Joseph, Saint Joachim , Sainte Anne , Sainte Catherine , Saint Jean , par Bcllino. — Bacchus qui se joue de cinq Amours, et qui combat avec eux, par le Guide. — L’Annonciation, par Gentileschi : la Vierge baisse la tète, l’ange est à genoux, il tient un lis à la main gauche, et d’un doigt de la main droite montrant le ciel, il semble révéler le mystère. — Saint Thomas tient une plume , un ange dicte , par Jules Romain . — La Sainte Famille, quatre jeunes personnes regardent, par Bartolomeo. — La Vierge dite au poisson ; sainte Catherine présente une fleur , plusieurs vieillards jouent des instruments, par P aima père. — Saint Jérôme, supérieur , et de l’école vénitienne ; on ne connaît pas l'auteur.— La Vierge, l’Enfant Jésus, Saint Joseph et le portrait d’un prêtre qui a commandé le tableau, par Bcllino.— Jacob
bénissant ses enfants, par Ricci. — L’ange Gabriel seul , par MozeUi. — Rébecca près du puits, par Pietro di Cortone . — Portrait de Paul 111, par le Titien . — Flagellation du Christ , par le Bassan.
La troisième, Saint Paul, par Piolo de Gènes. — Paul et Marsyas, par le Guide. — Madeleine, les yeux baissés, une main sur son livre fermé , de l’autre tenant une couronne d'épines; l’expression de la figure est bien sentie; par le Guide . — Louis XIV à cheval , par Mignard ; tout son talent est là. — Saint Pierre joignant les mains exprime son repentir, repentir le plus profond, le plus amer : pouvait-il être rendu avec plus de vérité ? ses larmes arrachent des larmes; par Annibal Carrache. — Descente de croix, de Lageno. — Descente de croix, le dessin est différent, par Ferrari . — Saint Jérôme tenant d'une main un livre , écrit de l’autre main , par l’Fspagnolet. — Lucrèce qui veut se percer le cœur, deux femmes placées derrière elle veulent l’en empêcher, un vieillard regarde froidement; par Pietrino , premier élève de Léonard de Vinci.
La quatrième, la Vierge dite sous latente, l’Enfant Jésus et Saint Jean, par Raphaël. — La Vierge, Saint Joseph, tous deux à genoux, contemplent et adorent l’enfant Jésus qui est à terre, devant eux, par Ferrari . — Une femme tenant un enfant sur ses bras, par le Guide. — Jésus-Christ enseignant les docteurs dans le temple , par Beneventi Garafolo . — Saint Antoine et l’enfant Jésus qui semble vouloir l’embrasser , par Caravoglio . — Portrait de Louis XV à l’âge de quatorze ans, par Vanloo . — Madeleine lavant les pieds du Sauveur, par Paul Vèronèse. — Portrait d’une princesse de la maison régnante de Savoie, par le Titien. — La Cène, par Ricci. — Madeleine qui réfléchit, elle a le coude appuyé et une main sur une couronne d’épines , par le Guide . — L’Enfant Prodigue , il tient son mouchoir sur ses yeux, son père de la main droite le relève, et avec sa main gauche le couvre de son manteau , par Pompeï Baltone. — La Circoncision , par Badille. — L’Adoration des Mages, par Macriniy première manière de peinture; ce tableau a quatre cents ans. — Les trois
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Marie, par Pietro di Cortone. — Deux petits anges dan* un seul encadrement, par le même. — La Nativité du Sauveur; le lieu est bien dessiné, un berger est à genoux, d’autres accourent, par le Bassan. — La Vierge, l’Enfant Jésus, Sainte Catherine, par Léonard de Vinci , ouvrage supérieurement gracieux. — Madeleine portée au ciel par les anges, du Guide . — Histoire d’Hélène en quatre tableaux , par le Titien.
La cinquième , saint Pierre joint les mains, en les élevant; le coq, qui est vis-à-vis lui, chante; l’apôtre reste stupéfait , par Lan franc. — David dansant devant l’arche , par Massuci , grande composition qui a six pieds sur quatre. — Jugement de Salomon, môme grandeur et du même auteur. — Un jeune prince ayant la main appuyée sur son épée, par Diorjone. — Tête de saint Jean mise dans un bassin , on dirait qu'elle est encore animée , par I^uino.
— Deux têtes d’enfants sur la même toile, par Schidone .
— La Vierge a sur ses genoux l’enfant Jésus, de la main gauche elle tient une rose, l’enfant en regardant sa mère lève le doigt pour prendre la lleur , par Sassaferato.
La sixième ne contient que des ouvrages de l’école flamande : Agar renvoyée , de Rembrandt. — Madeleine ayant les yeux rouges par l’excès de la douleur, et pleins de larmes, par Rubens : la ligure de Mme de la Vallière, par L,ebruny semble copiée sur celle-ci. — Pont de la Bicoque, par PVouwermans. — Madeleine aux pieds du Sauveur paraît se confondre en repentir , par Rubens. — Portrait d’Erasme, par Wildens . — La Vierge et l’Enfant Jésus, par Wan-Dick . — Un portrait, par le même. — Jésus-Christ couronné d’épines , par Rubens . — Une femme avec un paysan , par Teniers . — Procession à Bruxelles , par Saltario. — Lazare ressuscité, par Rubens , magnifique d'effet. — Un petit garçon jouant de la vielle , par Teniers .
— Un bourgmestre, par Wolbin. — Portrait de Calvin, par le même. — Un bourgmestre , par Rubens . — Sainte Famille , superbe coloris , par Chiffrel. — La Mort d’Abel , par IVandermeer . — Trois petits portraits , par Rubens .
La septième , Pyrame et Thisbé , par Maaur. — Le Rémouleur d’Anvers, par Rfetscher . — Deux enfants de
Charles 1er, roi d'Angleterre, par Van-Dick. — Une femme, un enfant, un chien, par Mieris. — Les Joueurs aux cartes, par Teniers. — Animaux et fruits , par Jean RVith. — Deux portraits sur la même toile, par Van-Dick. — Un autre portrait, par le meme. — Toute la passion du Sauveur, sur une seule toile, représentée en différentes actions parfaitement détachées, par Albert Durer . — Des chevaux qu’un écuyer promène , par Wouwermans .
La huitième , des Bacchanales, coloris chaud, par Rubens . — Une sorcière qui veut rajeunir son père, par Wanderwieer.— Une Danse de paysans, par Teniers. — L’Intérieur d'une ferme , par le même. — Jésus Christ attaché à la colonne, par le Titien . — Portrait de trois femmes, sur une seule toile , par Van-Dick. — Une petite fille qui cueille du raisin près d’une fenêtre, par Gerardi . — Une nourrice tient un enfant, une autre femme qui est derrière elle veut embrasser l’enfant , par Mieris.
La neuvième , un vieux berger tient une jeuife fille sur ses genoux, par Van-der-Meer.— Des paysans boivent, d’autres jouent , par Teniers . — Portrait du prince de Savoie Carignan, par Van-Dick. — Une dame espagnole, par Lefranc . — Le Jugement général, grande composition commandée par Pie V, six pieds sur six pieds, par Spranger. — Le Crucifiement , par Lcghem. — Un Marché aux chevaux, par TVouwermans. — Saint Philippe de Néry, à qui un ange montre au ciel la Vierge tenant l’enfant Jésus, par Meyer.
La dixième , deux portraits , par Van-Dick. — Bacchanales de Carnaval, par liubens , Teniers , Begat qui en ont fait chacun une partie , si j’en crois le conservateur. — Portrait de Pétrarque, par Holbein . — Par le même, portrait de Luther et de la femme de Luther. — Plusieurs joueurs de violon, par Teniers. — Saint Jean dans le jeune Age, par Mignard. — Lazare ressuscité , par Rembrandt. — Un procureur a des papiers étalés sur une table, et lit un mémoire; un paysan qui est en face de lui tient une bourse à la main , sa femme a sous le bras un petit porc ; par Teniers. — Portrait de Théodore de Bèze, par Rembrandt. — La Mort de la Vierge, par Berghem. — Sainte Marguerite qui se renverse en arrière pour contempler des anges qui sont au haut du
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tableau , par le Poussin. — Portrait d’un personnage qui n’est pas connu , par Rubens.
La onzième, Bataille du prince Eugène de Savoie, par Ostenburg , école de V andermeulen. — Bataille du prince Eugène contre les Turcs , par Bourguignon.
La douzième, dix-sept petits tableaux charmants, d’un fini parfait, sur faïence, copiés d’après de grands tableaux delà galerie de Florence, par Constantin , célèbre peintre de Gênes.
La treizième, l’église de Saint Marc à Venise, par Petersneef. — Beaux paysages, par le Poussin. — Deux vues, par Lorrain. — Deux, par Vandermeulen. — Trois tableaux de Panini : Saint-Pierre de Home, Saint-Paul de Rome, le Colysée. — Deux marines, par Manglar .— Un paysage dans lequel un rocher est d’un effet très-remarquable, par Sal vator Rosa. — Quatre grands tableaux de Solimen : Jésus- Christ chassant du temple les marchands; portrait de la reine de Seba; deux batailles livrées sous la reine de Saba. — Une Foire, par le Bassan . — Suzanne jugée par Jésus-Christ, qui du haut des marches prononce qu’elle est innocente ; Suzanne prosternée a la face sur une marche ; des femmes, en faisant des gestes, s’écrient : « Voyez -vous qu’elle n’est pas coupable! » Beaucoup d'autres personnes regardent en gardant le silence, par Ricci. — Par le même, Moïse fait sortir l’eau du rocher. — Alexandre embrasse le fils de Darius, la mère est derrière son fils , par Pescheux. — Mort d’Epaminondas , par le même, d
Le conservateur, en six mois, a su mettre l’ordre le plus parfait, infiniment de goût, dans l'arrangement de deux cents tableaux d’un grand prix.
Dans une des tours de ce palais est Y Observatoire, riche en instruments d’optique et d’astronomie.
Le palais Carignan , situé sur la place du même nom, est un vaste édifice, mais dont l’architecture manque d’harmonie. Cependant son aspect est assez imposant, et on admire toujours le grand escalier et le salon. 11 servait de résidence au prince, royal, qui depuis son avènement au trône y a établi les bureaux du conseil d’Etat et de l’administration des postes.
Le palais du Sénat fut commencé bous la direction de Juvara, continué par le comte Alfieri, et terminé par Micheli; l'ensemble de l'édifice ne manque pas de noblesse.
Théâtres. — Le grand théâtre , où l’on joue l’opéra, tient au palais du roi. Point d’architecture extérieure ; mais il n’y a rien à désirer pour l'intérieur. Le théâtre est d’une grandeur peu ordinaire. La salle proprement dite a 25 mètres dans œuvre, 17 de hauteur, et six rangs de loges, dont 2G à chaque étage , sans compter celle du roi et celles des entre-colonnes du théâtre. On est assis au parterre. L’avant-scène est de 14 mètres d’ouverture; la profondeur du théâtre de 35 mètres, avec une cour de 8 mètres sur le derrière , où , en jetant un pont-levis , on peut faire monter des chevaux et des carrosses jusque sur le théâtre. On a ménagé pour la sûreté et la commodité de ce vaste édifice tout ce que la précaution et l’habileté pouvaient imaginer. Les corridors des loges sont en grandes pierres sans plancher, afin d'éviter Je bruit que pourraient causer en marchant ceux qui vont et viennent pendant le spectacle. Quatre puits avec des pompes pour remédier aux incendies ont été pratiqués, deux sous le théâtre, et deux autres à l’entrée principale. Comme les représentations durent quatre à cinq heures, on s’assemble dans les loges pour y faire la conversation , on y reçoit des visites : sans cela on ne pourrait tenir contre la longueur du spectacle et l’ennui du récitatif.
Le théâtre de Carignan , situé sur la place du même nom, est précédé d’un grand vestibule et soutenu par des colonnes. On y représente pendant l’été des opéras bouffons • et des comédies françaises.
Le théâtre d*Angennes> fort joli intérieurement, n’a aucune apparence extérieure.
La Sutera , petit théâtre gracieusement décoré à l'intérieur.
L’Université est un bâtiment très-remarquable : la cour est grande , entourée de portiques soutenus par des colonnes ornées de bas - reliefs , d’inscriptions grecques et latines, et d’autres monuments de ce genre.
La fondation de cet établissement remonte à l’an 1405 ;
on y compte environ 2,000 étudiants. Les salles supérieures contiennent la bibliothèque, formée principalement de l’ancienne collection des livres et manuscrits des ducs de Savoie, dont le nombre monte à plus de 112,000 volumes et 2,000 manuscrits.